Bienvenue sur ce blog entièrement consacré aux couvertures de magazines, livres, catalogues, la presse en général, sur Marilyn Monroe, depuis 1946 jusqu'à nos jours.
Welcome to this blog entirely devoted to magazine covers, books, catalogs, press in general, on Marilyn Monroe, from 1946 to the present day.
En avril 1947, Marilyn Monroe apparaît dans la presse américaine vêtue d'un étonnant maillot de bain dont l'originalité réside dans un volumineux nœud placé à l'arrière, évoquant les tournures féminines du XIXe siècle.
Ce modèle, attribué à Charles Le Maire s'inscrit dans la mode balnéaire hollywoodienne de l'après-guerre, où le maillot de bain devient autant un accessoire de mode qu'un vêtement destiné à la baignade.
Les journalistes s'amusent de cette nouveauté, soulignant que le modèle est davantage conçu pour attirer les regards sur la plage que pour pratiquer la natation.
Les photographies de Marilyn sont diffusées dans les journaux dès le 1er avril 1947, alors que la jeune actrice commence sa carrière à la 20th Century-Fox. Certaines légendes de photographies les associent déjà à Scudda Hoo! Scudda Hay!, film qui ne sortira pourtant qu'en 1948.
Cette série photographique connaîtra également une diffusion internationale, notamment à travers quatre couvertures de magazines français et italiens.
Traduction de la description du maillot de bains (photo à gauche)
Grand-mère n'approuverait certainement pas, maisMarilyn Monroe, actrice de cinéma, pense que ce modèle lancera une nouvelle tendance dans la mode balnéaire.
Elle ne le recommande pas pour la pratique de la natation sportive, mais estime qu'il fera très bel effet sur la plage.
Les photographies de gauche et de droite nous montrent deux vues de cette petite tournure espiègle. »
Traduction de la photo inédite (deuxième en partant de la gauche)
Une nouvelle vedette
« Une toute nouvelle vedette dans un étonnant maillot de bain, aussi nouveau qu'audacieux. Cette ravissante débutante blonde estMarilyn Monroe,qui tient son premier rôle à l'écran dans le film en Technicolor Scudda Hoo, Scudda Hay. »
L'intérêt de cet article c'est qu'il est inédit, les photos également.
Juillet 1952 : un admirateur gagne un déjeuner avec Marilyn Monroe pendant le tournage de Niagara. Le concours demandait aux lecteurs de choisir la nouvelle reine des pin-up d'Hollywood et de justifier leur choix. Ralph a gagné grâce à sa lettre, que Marilyn a absolument voulu lire.Finalement, le jeune homme de 21 ans était tellement intimidé qu'il n'a pratiquement rien mangé.
What makes this article, and the accompanying photos,noteworthy is that they have never been published before.
July 1952: A fan wins a lunch with Marilyn Monroe during the filming of Niagara.The contest invited readers to choose Hollywood’s new "pin-up queen" and explain their reasoning.Ralph won thanks to his letter—which Marilyn insisted on reading herself. In the end, the 21-year-old was so intimidated that he barely ate a thing.
Une doctrine Monroe qui mérite un prix
Par Dick Williams
Récemment, j'ai organisé un sondage auprès de mes lecteurs afin de déterminer qui était la nouvelle reine des pin-up d'Hollywood. Et, sans grande surprise, c'est Marilyn Monroe qui a remporté le titre, exactement comme ses attachés de presse n'ont cessé de nous le répéter.
Chaque votant devait expliquer les raisons de son choix, avec la promesse que l'auteur de la meilleure lettre gagnerait un déjeuner en studio avec l'élue de son cœur.
Samedi, Ralph J. Melaragno, de Burbank, un jeune homme de 21 ans originaire de l'Ohio, installé ici depuis seulement quatre mois après avoir quitté les Marines, et auteur de la meilleure lettre, a obtenu son déjeuner à la cantine des studios 20th Century-Fox.
Il n'a pas avalé une seule bouchée.
Nous sommes d'abord allés sur le plateau, où Marilyn tournait une scène particulièrement dramatique avec Jean Peters pour son nouveau film, Niagara. Marilyn y interprète une femme qui trompe son mari.
Dès qu'elle a rencontré Ralph, Marilyn a voulu lire la lettre gagnante.
« J'aime votre lettre »
Cette lettre était astucieuse, mais aussi franche et directe. Et c'est justement cette même réticence qui m'avait poussé à ne pas la publier lors de l'annonce des résultats qui m'a maintenant amené à hésiter à la lui remettre.
Ralph a également déclaré que cela lui conviendrait tout aussi bien qu'elle ne la lise pas.
Mais Marilyn a insisté.
Je n'ai encore jamais rencontré de femme aussi douée qu'elle pour obtenir ce qu'elle veut à force d'insistance.
En un temps remarquablement court, je lui ai remis la lettre.
Elle l'a lue, puis a pris Ralph par la main et l'a conduit jusqu'à sa loge.
Lorsqu'elle eut terminé, elle lui lança ce fameux regard en coin, typiquement Monroe.
-Vous êtes un homme comme je les aime, lui dit-elle avec un sourire.
Une fine rosée de transpiration apparut sur le front de Ralph.
Ralph, qui avait passé dix-huit mois à Camp Pendleton, affirme que les militaires ne placardent plus autant de photographies de jeunes femmes aux formes généreuses.
Les quelques photos qu'il avait vues au camp représentaient principalement Marilyn. Et il ne s'agissait pas de sa célèbre photographie de calendrier.
« C'est celle où elle se tient devant le bureau d'un producteur, les jambes écartées. Elle porte une jupe ou une robe et un chemisier. C'est la photographie la plus sexy d'elle que j'aie jamais vue. »
-Je vois laquelle, répondit spontanément Marilyn. Elle a été prise avec Jerry Wald et publiée dans Life. Ce n'était pas une robe. Juste une jupe moulante.
Pour déjeuner, Marilyn, qui expliqua qu'elle mangeait léger parce qu'elle travaillait beaucoup ses répliques pour une scène difficile du film, prit un verre de babeurre et un plat de carottes crues.
Ralph commanda une salade du chef, mais n'y toucha pas.
« Personne n'a mangé son déjeuner »
Ralph, qui travaille actuellement comme employé chez Lockheed Aircraft Service en attendant d'entrer à l'UCLA en septembre, raconta que tout le monde à l'usine s'était bien moqué de lui en apprenant qu'il avait gagné le concours.
-Ils voulaient tous savoir ce que j'avais écrit, avoua-t-il. Et neuf filles sur dix m'ont dit que je ne valais pas grand-chose si je ne demandais pas au moins à Marilyn de sortir avec moi.
Il contempla un instant ses yeux bruns, profonds et insondables.
- Et si nous sortions ensemble ? murmura-t-il.
- Bien sûr, répondit-elle aimablement. Revenez ici samedi prochain. Seuls. Sans tous ces hommes.
Et elle nous désigna d'un mouvement de tête, l'attaché de presse, le photographe et moi.
Pendant un instant, j'eus l'impression très amusante que Ralph allait s'évanouir.
Mais non.
Ce n'était que le regard hébété qu'il avait dans les yeux.
Crédit photo à l'intérieur du magazine : Crantson and Klein
Traduction : Marilyn Monroe, une jeune actrice prometteuse qui fait ses débuts au cinéma, est la vedette de la couverture de la section Colorotod'aujourd'hui.
Née à Los Angeles le 1er juin 1929, elle s'appelle en réalité Norma Jean Dougherty. Orpheline dès sa petite enfance, elle fut placée sous la tutelle de l'État de Californie. Au cours de son enfance, elle fréquenta sept établissements scolaires et eut dix mères d'accueil.
Après avoir obtenu son diplôme de fin d'études secondaires à 17 ans, Marilyn commença à travailler dans une usine aéronautique. C'est là qu'elle fut remarquée par des photographes de l'armée de passage, qui prirent d'elle des clichés publiés par la suite dans plusieurs magazines.
Cela lui permit de travailler comme mannequin, et la publication de ses photographies lui valut rapidement des propositions au cinéma.
Son premier film fut Scudda Hoo! Scudda Hay!.Elle tint ensuite un rôle important dans Ladies of the Chorus.Son film le plus récent est Love Happy, des Marx Brothers.
La photographie couleur de Marilyn Monroeest l'œuvre des photographes du News, Cranston et Klein.
NB : J'ai toujours pensé que cette séance photo était entièrement attribuée à Weegee, mais Il est tout à fait possible que plusieurs photographes aient photographié Marilynau même endroit. Le fait queWeegee ait réalisé des photographies de Jones Beach ne suffit donc pas à lui attribuer toute la série.
NB: I have always tought that this photo session was entirely the work of Weegee, but it is quite possible that several photographers captured Marilyn at the same location.Therefore, the mere fact that Weegee took photographs at Jones Beach is not sufficient to attribute the entire series to him.
1934–1957 De Haardvriend
1957–1970 Mimosa
1970–1978 Mimo
Hebdomadaire féminin belge de langue néerlandaise, publié par les éditions Dupuis, avec des romans, des illustrations, des bandes dessinées et des photographies de vedettes.
Mimosa était l'équivalent néerlandophone de Bonnes Soirées, également publié par Dupuis.
Il s'agit, à l'heure actuelle, de l’article le plus ancien sur Marilyn Monroe paru en France le 20 mai 1947.
Le journaliste présente le métier de Baby Sitter, qui met les jeunes filles dans l'ambiance des studios de cinéma :
« Le personnage touchant de près ou de loin le cinéma réclame une Baby Sitter, c'est une jeune fille de 18 ans, née en Californie, y a gagné un contrat de sept ans à la 20th Century Fox, il y a quelques semaines. »
L'article n'écrit pas correctement son prénom et les détails biographiques comme son age, sont erronés car repris dans biographie rédigée le 30 décembre 1946, par Harry Brandchef de service de publicité pour la 20TH Century Fox. Cette biographie a été diffusée dans la presse afin de promouvoir la nouvelle recrue du studio.
L'article ne contient pas de photo.
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"A small-scale pursuit destined for greatness : The stay-at-home star"
As of now, this is the earliest known article about Marilyn Monroe to have appeared in France, published on May 20, 1947.
The journalist introduces the profession of "baby sitter" -a term used here to describe a young woman immersed in the atmosphere of film studiosn:
"A figure with ties-direct or indirect-to the cinema industry is calling for a 'baby sitter': an 18-year-old girl, born in California, who just a few weeks ago secured a seven-year contract with 20th Century Fox."
The article misspells her first name, and the biographical details, such as her age, are incorrect; they were taken from a biography written on December 30, 1946, by Harry Brand, the head of the publicity department at 20th Century Fox.This biography had been circulated to the press to promote the studio's new recruit.
Couverture : Marilyn Monroe par Philippe Halsman (1952)
Le 29 août 1953, le magazine italien Le Ore consacre sa couverture et quatre pages intérieures à Marilyn Monroe, illustrées de photographies réalisées par Philippe Halsman en 1952. La construction de l'article et les formulations ne correspondent pas avec l'article de Shooting Marilyn paru dans le magazine Photography en juin 1953. C'est davantage une adaptation journalistique inspirée du travail du photographe.
Alors que le magazine américain Life avait choisi pour sa célèbre couverture du 7 avril 1952 un portrait glamour de Marilyn, souriante dans une robe blanche, Le Ore privilégie une photographie beaucoup plus inhabituelle sur laquelle Marilyn pieds nus est vêtue d'un jean se penche en avant et regarde l'objectif par-dessus son épaule.
Ce choix éditorial offre une représentation très différente de l'actrice. La rédaction italienne délaisse le portrait traditionnel au profit d'une pose plus audacieuse, jouant sur la silhouette et l'attitude de Marilyn.
Sous le titre « L'incroyable Marilyn dans son intimité », le magazine publie également plusieurs photographies la montrant lisant, marchant, mangeant ou faisant des exercices physiques. Ces images, issues du reportage réalisé pour Life, illustrent les différentes facettes que Philippe Halsman avait souhaité saisir.
La comparaison entre les deux couvertures montre combien le choix d'une photographie peut modifier la perception d'une personnalité. Si le portrait de Life est devenu emblématique, celui de Le Ore,est resté unique dans l'histoire des couvertures de magazines. Deux photographies issues d'une même séance, mais deux postérités radicalement différentes. J'ai toujours préféré le choix de photo du magazine italien.
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On August 29, 1953, the Italian magazine Le Ore dedicated its cover and four interior pages to Marilyn Monroe, featuring photographs taken by Philippe Halsman in 1952. The structure and wording of the piece do not match the article "Shooting Marilyn," which appeared in Photography magazine in June 1953; rather, it is a journalistic adaptation inspired by the photographer’s work.
While the American magazine Life for its famous April 7, 1952, issue chose a glamorous portrait of a smiling Marilyn in a white dress, Le Ore opted for a far more unconventional photograph: Marilyn, barefoot and wearing jeans, leans forward and looks toward the camera over her shoulder.
This editorial choice presents a very different image of the actress.The Italian editors moved away from the traditional portrait in favor of a bolder pose, one that highlights Marilyn’s silhouette and demeanor. Under the headline "The Incredible Marilyn in Her Private Life," the magazine also included several photographs showing her reading, walking, eating, or exercising.
These images drawn from the same shoot commissioned by Life capture the various facets that Philippe Halsman sought to reveal. Comparing the two covers demonstrates how the choice of a single photograph can shift the perception of a public figure.While the *Life* portrait became iconic, the one featured in Le Ore remains unique in the history of magazine covers.Two photographs from the same session, yet with radically different legacies.I have always preferred the Italian magazine’s choice of image.
L'incroyable Marilyn dans son intimité : photographies exclusives de Halsman
Sous le titre « La petite blonde qui sonne la cloche pour sauver Hollywood de la crise », Le Ore présente Marilyn Monroe comme l'une des nouvelles personnalités capables de raviver l'intérêt du public pour le cinéma américain.
Le reportage, accompagné de photographies de Philippe Halsman, insiste sur le contraste entre l'image de blonde séduisante associée à Marilyn et une personnalité moins superficielle qu'il n'y paraît. On la découvre notamment devant sa bibliothèque, plongée dans la lecture, mais aussi dans des situations plus quotidiennes ou inattendues.
Les quatre pages intérieures reprennent ainsi plusieurs aspects du portrait photographique réalisé par Halsman pour Life en 1952. Toutefois, leur présentation et le titre choisi par la rédaction italienne orientent davantage le regard vers Marilyn comme phénomène médiatique et nouvelle attraction de Hollywood.
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The Incredible Marilyn in Private: Exclusive Photographs by Halsman
Under the headline "The Little Blonde Who Rings the Bell to Save Hollywood from Crisis," Le Ore presents Marilyn Monroe as one of the new figures capable of reviving public interest in American cinema. The feature, accompanied by photographs by Philippe Halsman, highlights the contrast between the image of the seductive blonde so often associated with Marilyn, and a personality that is far less superficial than it might appear.
She is shown, for instance, in front of her bookshelf, immersed in a book, as well as in more everyday or unexpected settings. The four inside pages draw upon various aspects of the photographic portrait series created by Halsman for Life magazine in 1952. However, the way they are presented along with the headline chosen by the Italian editorial team tends to frame Marilyn more as a media phenomenon and a new Hollywood attraction.
Couverture : Marilyn Monroe photographiée par Philippe Halsman (1952)
Au-delà de son importance dans la carrière de Marilyn Monroe, cette première couverture de Life est devenue l'une des plus emblématiques et des plus recherchées par les collectionneurs. Initialement vendu 20 cents en avril 1952, le magazine se négocie aujourd'hui à des prix très variables. Sur eBay, les exemplaires vendus récemment montrent des tarifs allant d'environ 30 à 265 dollars voire plus, sans compter les frais de port, selon leur état et les attentes des vendeurs. Malgré une présence régulière sur le marché, cette couverture conserve un attrait particulier auprès des collectionneurs de Marilyn Monroe.
Si cette couverture de Life est aujourd'hui devenue emblématique, le choix de la photographie de Philippe Halsman reste une question de goût et de sensibilité éditoriale. Le 29 août 1953, le magazine italien Le Ore publie à son tour des photographies de Marilyn issues de la même séance, mais choisit pour sa couverture une pose beaucoup moins conventionnelle, jamais reprise par la suite, à ma connaissance. Deux couvertures, deux regards sur Marilyn, et une question intéressante : pourquoi certaines photographies deviennent-elles cultes tandis que d'autres restent presque oubliées ?
Beyond its significance in Marilyn Monroe’s career, this first Life magazine cover has become one of the most iconic, and highly sought-after by collectors.Originally sold for 20 cents in April 1952, the magazine now fetches a wide range of prices.
On eBay, recent sales have spanned from approximately $30 to $265 or even more, excluding shipping costs, depending on the item's condition and the seller's expectations.Despite appearing on the market with some regularity, this cover retains a special appeal for Marilyn Monroe collectors. While this Life cover has become iconic, the decision to use a photograph by Philippe Halsman was ultimately a matter of taste and editorial sensibility.
On August 29, 1953, the Italian magazine Le Ore also published photographs of Marilyn from the same session; however, for its cover, it chose a far less conventional pose, one that, to my knowledge, was never used again.Two covers, two different perspectives on Marilyn, and an intriguing question: why do some photographs achieve cult status, while others fade into near-oblivion ?
Le 7 avril 1952, Marilyn Monroe apparaît pour la première fois en couverture du célèbre magazine américain Life, photographiée par Philippe Halsman. Le reportage de quatre pages, intitulé Hollywood Topic A-Plus -Whole Town's Talking About Marilyn Monroe, révèle l'intérêt grandissant que lui porte Hollywood.
L'article revient sur ses débuts difficiles, ses premiers rôles au cinéma et la récente révélation de ses photographies de calendrier. Il présente également une série de clichés dans lesquels Marilyn joue avec les attitudes d'une jeune actrice cherchant à obtenir un rôle.
Sous le titre The Monroe Doctrine, les journalistes s'intéressent à sa personnalité, à son enfance et à ses ambitions.
Mais l'articlecherche à opposer deux images de Marilyn, celle de la blonde supposément naïve et la jeune femme qui possède davantage d'intelligence et de lucidité que son personnage public ne le laisse croire. Mais cette volonté de dépasser les stéréotypes reste ambiguë. Le reportage continue de s'attarder sur son physique, ses relations avec les hommes et ses déclarations les plus suggestives.
Les journalistes affirment que Marilyn n'est pas simplement une jolie blonde, tout en utilisant largement les arguments qui alimentent cette réputation.
Le reportage reste représentatif du regard que la presse porte alors sur Marilyn car même lorsqu'il cherche à souligner son intelligence et sa personnalité, il continue de privilégier son pouvoir de séduction.
Cette première couverture de Life constitue une étape importante dans son ascension médiatique, quelques mois avant qu'elle ne devienne l'une des grandes stars de Hollywood.
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Le sujet numéro un à Hollywood : toute la ville parle de Marilyn Monroe
de Stanley Flink et Robert Wernick
Résumé
Le reportage commence avec la fascination qu'exerce Marilyn à Hollywood. Les journalistes soulignent que les studios annoncent régulièrement de nouvelles beautés destinées à devenir des vedettes, mais que Marilyn semble cette fois susciter un intérêt inhabituel.
Ils rappellent ses débuts modestes, ses petits rôles, puis évoquent le fameux calendrier photographique pour lequel elle avait posé nue lorsqu'elle avait besoin d'argent. Le magazine reproduit la photo du calendrier, ce qui est particulièrement significatif, en avril 1952, l'affaire du calendrier fait déjà partie intégrante de la construction médiatique de Marilyn.
La suite du reportage présente Marilyn Monroe jouant avec les attitudes qu'on attend d'une actrice cherchant à obtenir un rôle. Cette série de photographies est accompagnée d'une remarque sur sa voix, Marilyn explique qu'il n'est pas nécessaire de chercher artificiellement à la rendre séduisante.
Enfin, dans une partie intitulée The Monroe Doctrine, les journalistes abordent sa personnalité et son enfance difficile puis ses lectures et son ambition professionnelle.
La phrase de conclusion est particulièrement révélatrice, malgré l'attention que lui porte Hollywood, Marilyn souhaite avant tout devenir une actrice.
Dans cet article publié dans Photography en juin 1953, Philippe Halsman revient sur sa séance photographique avec Marilyn Monroe, réalisée pour le magazine Life du 7 avril 1952.
Le photographe raconte avoir réalisé entre quarante et cinquante clichés avant d'obtenir le portrait finalement choisi pour la couverture. Mais son témoignage montre surtout que la sélection des photographies ne dépend pas uniquement du photographe, et qu' elle répond également aux intentions éditoriales du magazine.
Philippe Halsman souhaitait présenter Marilyn Monroe sous différentes facettes, au-delà de son image de blonde séduisante. Il l'avait photographiée lisant, marchant dans la rue, mangeant un hamburger ou effectuant des exercices physiques. Il cherchait à montrer que son pouvoir de séduction se manifestait jusque dans les gestes les plus ordinaires.
Or, lorsqu'il découvre le reportage publié dansLife, Halsman constate que la rédaction a privilégié une approche différente. Pour ouvrir l'article, elle a choisi la célèbre photographie du calendrier nu de Marilyn, plutôt que l'un de ses portraits. Le photographe reconnaît néanmoins l'efficacité journalistique de cette décision.
Ceci montre le rôle déterminant des rédactions dans la construction de l'image publique d'une célébrité. Une photographie peut devenir emblématique non seulement par ses qualités esthétiques, mais aussi par le contexte de sa publication et par les choix de ceux qui la diffusent.
Cette question prend tout son intérêt lorsqu'on compare la couverture devenue culte de Life avec celle du magazine italien Le Ore, publiée le 29 août 1953. À partir de photographies issues de la même séance, les deux rédactions ont retenu des images radicalement différentes : Life privilégie un portrait glamour immédiatement séduisant, tandis que Le Ore choisit une pose plus inattendue et plus audacieuse.
Deux choix éditoriaux, deux représentations de Marilyn, mais une postérité photographique très différente.
Shooting Marilyn
par Philippe Halsman
Résumé
Philippe Halsman commence par expliquer qu'il n'était pas particulièrement enthousiaste lorsque Photography lui demanda de raconter son travail avec Marilyn Monroe car il considère qu'une revue consacrée à la photographie devrait avant tout instruire ses lecteurs, et Marilyn ne lui paraît pas, à première vue, le sujet le plus pédagogique.
Il revient ensuite sur leur première collaboration, pour Life, en 1952. Marilyn est alors une jeune actrice ambitieuse, encore au début de sa célébrité. Halsman la découvre beaucoup plus intelligente, spontanée et pleine d'humour que ne le laisse supposer l'image de blonde écervelée qui commence à l'entourer.
Il remarque surtout une particularité que Marilyn possède, sa sensualité qui ne dépend pas uniquement de ses vêtements ou de ses poses. À ses yeux, elle reste séduisante lorsqu'elle parle, marche, mange ou lit. Il décide donc d'en faire le fil conducteur de son reportage.
La séance commence dans sa chambre d'hôtel, avec les photographies destinées à la couverture de Life. Halsman raconte qu'il plaisante avec elle, la taquine et la provoque gentiment pour obtenir des expressions naturelles. Il réalise entre quarante et cinquante clichés avant d'obtenir celui qui sera retenu pour la couverture du 7 avril 1952.
Il cherche ensuite à photographier Marilyn dans des situations variées, devant sa bibliothèque, en train de lire, dans la rue, au restaurant ou réalisant quelques exercices physiques. Son objectif n'est pas seulement de montrer sa beauté, mais de construire un portrait photographique cohérent.
Philippe Halsman raconte avoir découvert dans la chambre de Marilyn une bibliothèque contenant notamment des ouvrages de philosophie, de psychologie, d'histoire et de littérature. Il photographie Marilyn lisant et choisit également d'intégrer au reportage le portrait de la tragédienne Eleonora Duse, qu'elle admirait.
Ce passage est important parce qu'il contredit directement le cliché de la blonde sans cervelle. Halsman reconnaît d'ailleurs qu'il avait lui-même été surpris.
Il explique avoir tenté de photographier Marilyn marchant dans la rue. Il découvre qu'un geste ou une expression fugitive est beaucoup plus difficile à saisir qu'une pose immobile. Il poursuit l'expérience en la photographiant mangeant un hamburger, puis effectuant des exercices.
Ce passage montre comment Halsman transforme sa perception de Marilyn en véritable projet photographique. Il affirme avoir rencontré une jeune femme franche, intelligente et dotée d'un grand sens de l'humour. Il relève aussi sa bienveillance et l'absence de jalousie qu'il croit percevoir chez elle.
Ce reportage est assez différent des portraits habituels de Marilyn. Le magazine se sert d'elle comme modèle de réussite féminine, avec une succession de conseils adressés directement aux lectrices.
On y retrouve les conventions de l'époque comme plaire aux hommes, entretenir sa féminité, savoir écouter, susciter l'instinct protecteur masculin. Mais l'article insiste aussi sur des qualités qui ne sont pas purement physiques comme la lecture, l'amélioration personnelle, la diplomatie, la santé, l'adaptabilité et la connaissance de soi.
Les différentes rubriques de cet article de Movielandsont conçues pour s'enchaîner, chaque conseil se poursuivant dans le suivant. Ce n'est donc pas une série de légendes indépendantes, mais un véritable article construit autour de plusieurs principes de réussite.
Ce que les femmes peuvent apprendre de Marilyn
Lorsque ces lignes paraîtront, la plus obstinée des réfractaires aura compris qu'il ne sert à rien d'être anti-Monroe. Car comment peut-on s'opposer à une femme si agréable à regarder, à écouter, et dont il est plaisant de parler ?
Et tout cela est un fait -non une fiction -comme le prouvent les derniers films de Marilyn Monroe.
Cette jeune femme aux formes généreuses possède ce qu'il faut pour parvenir au sommet dans le domaine qu'elle a choisi. Aussi, Movielandestime-t-il que le moment est venu de montrer à ses lectrices que le succès de Marilyn ne repose ni sur la magie ni même sur un charme indéfinissable qui fait que tout le monde parle d'elle lorsqu'une nouvelle personnalité blonde apparaît soudainement et prend le dessus.
En résumé, nous conseillons à toutes celles qui souhaitent être non seulement la blonde que les hommes préfèrent, mais aussi la jeune femme qu'ils choisissent, de suivre les principes fondamentaux et toujours valables que nous avons mis en évidence au cours des six pages suivantes.
La courbe reste le meilleur angle…
Un seul regard sur cette photographie de Marilyn suffit à comprendre que nous ne parlons pas de baseball !
Cette blonde aux formes généreuses vient de rappeler au public, de manière spectaculaire, que les courbes féminines douces et généreuses offrent le meilleur angle qui soit pour une femme.
Et cet angle est le même, que l'on soit née avec ces formes ou que l'on travaille à les obtenir…
Ce ne sont pas les vêtements qui font la femme…
… ni même cette personnalité accomplie, du moins pas au sens le plus complet du terme. Marilyn est une femme qui a appris à se faire des amis et à influencer les autres -en particulier l'homme que vous aimeriez pouvoir appeler le vôtre -, et qui sait qu'il faut être quelqu'un de vraiment spécial. Et la première étape pour devenir quelqu'un de spécial consiste à reconnaître que…
On peut toujours s'améliorer…
…
en tant qu'être humain. Bien que Marilyn soit, de toute évidence, d'une beauté saisissante, elle a sagement choisi de ne pas se reposer sur cette seule facette de sa personnalité.
Elle a entrepris un programme de lecture organisé afin de devenir plus intéressante aux yeux des autres.
De plus, elle a déjà appris qu'il est possible de…
Tirer profit de ses erreurs passées…
… car les erreurs peuvent être utilisées de manière constructive.
Par exemple, une tenue trop flamboyante ou une approche trop timide peuvent provoquer un désastre social. Mais on peut apprendre de ce désastre pourquoi les vêtements — ou le compte en banque, ou le milieu social, etc. — ne devraient pas être considérés comme essentiels, et pourquoi…
Il est sage de faire preuve de diplomatie…
… et pas seulement les jours où l'on est amenée à se montrer en public. Lorsque vous êtes une politicienne heureuse -et nous entendons par là une personne qui a appris à s'entendre avec les autres - vous n'agissez pas au détriment de votre intégrité personnelle. Vous avez également appris que…
Ce n'est pas ce que vous faites, mais la manière dont vous le faites…
… qui compte. Que vous vous rendiez à l'hôpital pour une appendicectomie ou que vous espériez obtenir un meilleur emploi, ou encore que vous cherchiez à prendre la vedette avec élégance, vous n'arriverez à rien si vous ne vous intéressez pas activement et concrètement à vous-même et à votre bien-être.
C'est naturellement une astuce très habile à mettre en pratique, et Marilyn en est passée maîtresse. Parfois, l'approche féminine est directe ; parfois, elle est intellectuelle ; et parfois, il s'agit simplement de savoir…
Tout le monde - et nous disons bien tout le monde - aime les personnes qui savent écouter…
Et pourquoi pas ? Cela flatte l'ego d'avoir quelqu'un qui reste suspendu à chacune de vos paroles.
Et celui ou celle qui écoute n'y perd rien non plus (nous supposons que vous ne soyez pas ennuyeuse), car il ou elle apprend à vous connaître, et à…
Comprendre l'importance de savoir s'adapter…
… suffisamment pour s'entendre avec toutes sortes de personnes. Lorsque vous maîtrisez l'art de vous entendre avec les autres et d'être importante aux yeux d'un certain nombre de personnes, il devient difficile de n'intéresser qu'une seule personne.
Bien sûr, si toutes les autres qualités font défaut, souvenez-vous que…
La féminité est indispensable…
… et pour de bonnes raisons. Peu importe les efforts que vous consacrez à un homme, peu importe l'impressionnant palmarès qui pourrait le pousser à devenir votre esclave, son respect pour vous ne saurait remplacer l'attrait d'une femme charmante et féminine, qui lui rappelle constamment que vous êtes une femme.
Ajoutez à cela vos délicates attentions personnelles, un parfum inoubliable dont l'odeur lui rappelle votre présence, et les petites manières et habitudes qu'il ne peut associer qu'à vous — et vous êtes sur la bonne voie.
Toutefois, si vous désirez qu'il néglige ses amis, hommes et femmes, pour vous, il est sage de savoir comment garder votre homme pour vous seule tout en…
Sachez jouer le jeu…
… soyez de celles qui participent à toutes les activités sans faire d'efforts apparents, qui prennent leur part de travail pour faire vivre une soirée.
Et à propos de vie et d'entrain, cela nous amène au problème de…
La santé est primordiale…
… dans toute entreprise. Il faut être présente jusqu'au bout pour récolter la récompense, pour ainsi dire. Même la beauté ne peut être séparée de la santé, car…
La beauté ne se limite pas à l'apparence…
… comme chacun le sait. La plupart des véritables beautés bénéficient également d'une bonne santé, ou s'efforcent de la préserver.
Bien sûr, même si votre médecin affirme que vous êtes fragile…
Éveillez l'instinct protecteur des autres…
… et vous vous en sortirez probablement aussi bien que n'importe quelle Amazone robuste et farouchement compétitive.
En dernière analyse, toute l'astuce pour réussir dans la vie consiste d'abord à essayer de…
Connais-toi toi-même…
… car une fois que vous aurez évalué vos qualités personnelles et uniques, vous pourrez commencer à organiser et à préparer votre avenir aussi brillamment que Marilyn.
Il y a de fortes chances que, si vous parvenez à égaler son parcours, ce soit parce que vous…
Restez fidèle à votre personnalité…
… et cela signifie bien davantage qu'il n'y paraît. Cela signifie avant tout que vous avez découvert comment devenir une personne pleinement épanouie.
Et c'est là, en vérité, le secret du formidable succès de Marilyn : car il existe de nombreuses imitatrices, mais une seule Marilyn !
Couverture : Marilyn Monroe ( photographe Bob Landry)
Dans cet article de trois pages, le journaliste britannique Connery Chappell revient sur l'ascension rapide de Marilyn Monroe, de ses débuts difficiles à son succès grandissant à Hollywood. Il évoque notamment ses photographies de pin-up, le célèbre calendrier nu, ses films et les rumeurs entourant sa vie sentimentale.
Mais le titre souligne surtout la dimension commerciale de cette célébrité car au début de l'année 1953, Marilyn représente déjà, aux yeux du journaliste, une véritable mine d'or pour Hollywood.
Une mine d'or nommée Marilyn Monroe
Par Connery Chappell
Marilyn Monroe n'est pas uniquement présentée comme une jolie blonde devenue célèbre grâce à son physique. Connery Chappell retrace également son parcours professionnel, ses débuts difficiles et sa progression dans le cinéma. Il souligne l'importance de ses photographies de pin-up dans son ascension et rapporte plusieurs anecdotes illustrant sa manière de répondre aux questions parfois indiscrètes des journalistes, notamment avec humour.
La page suivante présentecinq couvertures américaines : Life, Movie Pix, People Today, Screenlandet Focus.
La légende de ces couvertures indique : "Grâce à ses poses de cover-girl et à une succession rapide de nouveaux films, elle s'est précipitée vers la célébrité".
Couverture : Marilyn Monroe, il n'y a pas de mention de crédit du photographe dans le magazine.
Probablement Bob Willett (1952)
Contenu : article d'une page
Dans cet article publié en octobre 1960, Yves Montand parle de Marilyn Monroe en tant qu'actrice. Il lui reconnaît une véritable intelligence professionnelle, une exigence artistique et une capacité à émouvoir que d'autres acteurs ne possèdent pas.
Lorsqu'il évoque la personnalité de Marilyn, il reste sur des thèmes déjà bien connus comme son insécurité, le perfectionnisme, la gentillesse, la simplicité. Il ne révèle finalement rien de très personnel. Montandaffirme que le visage négatif de Marilyn a été fabriqué par les chroniqueurs malveillants, tandis que lui aurait découvert une femme généreuse et une grande actrice. C'est aussi un témoignage à lire avec une certaine distance car Montand avait à l'époque des raisons personnelles et professionnelles de présenter leur collaboration sous un jour favorable et surtout de rester discret suite à la révélation de son aventure avec Marilyn.
Les deux visages de Marilyn Monroe
Par Yves Montand,
propos recueillis par Bob Willett.
Marilyn n'est pas capricieuse. En tant que partenaire à l'écran, j'ai découvert une perfectionniste, mais aussi une femme très peu sûre d'elle. »
Je n'avais jamais vu de film de Marilyn Monroe avant d'être engagé pour jouer à ses côtés dans Let's Make Love, mon premier film américain.
Mais, comme beaucoup d'autres, je m'étais souvent demandé à quoi ressemblait réellement l'actrice la plus populaire, la plus glamour et la plus fascinante du monde. Je me demandais si elle était aussi hostile, égoïste et capricieuse que les chroniqueurs de potins voulaient nous le faire croire.
Après avoir travaillé avec elle pendant neuf mois, je ne trouve qu'un seul mot pour décrire Marilyn, âgée de 34 ans : extraordinaire. Elle est bien plus qu'une simple femme glamour ; c'est une comédienne intelligente et une actrice accomplie. C'est une perfectionniste, un trait de caractère qui donne souvent l'impression qu'elle est capricieuse.
Lorsque tout le monde est satisfait d'une scène qui vient d'être tournée, Marilyn insiste pour la refaire, encore et encore, parce qu'elle pense pouvoir faire mieux. Un acteur doit faire preuve de patience avec elle. Dans son esprit, il n'y a que la conscience professionnelle, pas le caprice.
Marilyn cherche soit à atteindre l'inaccessible, soit, lorsqu'elle l'a atteint, ne se rend pas compte qu'elle y est parvenue. C'est là la principale différence entre Marilyn et Simone Signoret, mon épouse de 38 ans, récemment récompensée par un Oscar pour Room at the Top. Ma femme possède l'assurance et la confiance que Marilyn souhaiterait tant avoir.
Cela ne m'a jamais dérangé que Marilyn arrive avec plusieurs heures de retard sur le plateau de Let's Make Love. Une fois, elle a laissé tout le monde attendre pendant qu'elle se précipitait chez son médecin. Mais elle avait toujours une bonne raison ; et lorsqu'elle travaillait, personne ne prenait son travail plus au sérieux ni plus minutieusement.
Elle travaille avec sa tête et avec son cœur. Les acteurs qui ne travaillent qu'avec leur tête ne touchent que l'esprit du public. Il n'y a rien qui vienne du cœur pour toucher celui des spectateurs.
Marilyn n'a jamais l'air ridicule
Tout ce que fait Marilyn est original. Personne ne lui ressemble en Europe, d'où je viens. Nous avons Brigitte Bardot, mais elle n'est célèbre que pour son corps.
Le grand talent de Marilyn, contrairement à celui de certains des meilleurs acteurs et actrices, est qu'elle ne paraît jamais ridicule. Tous les acteurs, tôt ou tard, s'attaquent à une scène avec une interprétation particulière en tête. Ils passent à côté et deviennent ridicules.
Mais pas Marilyn. Comme le dit George Cukor, notre réalisateur : « Elle possède une remarquable façon de jouer la comédie, avec une sorte de curiosité et d'honnêteté qui s'enregistrent à l'écran et rendent les choses drôles. Elle joue comme si elle ne savait pas si ce qu'elle fait est drôle ou non. Comme le temps qu'il fait : cela arrive, tout simplement. »
Pendant le tournage, Simone et moi sommes devenus très amis avec Marilyn et Arthur Miller, son mari dramaturge, nos voisins dans un bungalow d'hôtel à Beverly Hills.
Comme nous, Arthur et Marilyn sont des gens simples et directs, qui apprécient les choses simples et évitent l'agitation et les mondanités d'Hollywood.
Un dimanche, ils nous ont invités à un dîner de spaghetti que Marilyn avait préparé elle-même. Nous nous sommes tous assis par terre dans nos vieux vêtements, avons bu du vin rouge et mangé des spaghetti. C'était la première fête familiale à laquelle j'assistais.
Peck et Grant ont refusé mon rôle
J'ai eu beaucoup de chance d'obtenir le rôle dans Let's Make Love face à Marilyn.
À 39 ans, j'étais bien connu dans toute l'Europe comme chanteur populaire, surnommé « le roi des troubadours français », et comme vedette de films tels que Le Salaire de la peur et Les Sorcières de Salem, deux drames sérieux.
Puis, l'année dernière, je suis parti en Amérique à la recherche d'un rôle chantant dans un film américain qui me permettrait de passer de la côte Est à la côte Ouest comme un diapason vibrant.
Il se trouvait justement que j'étais à Hollywood lorsque le producteur Jerry Wald cherchait un acteur de premier plan pour remplacer Gregory Peck, qui s'était retiré de Let's Make Love.
Cary Grant avait refusé le rôle parce que le public ne l'accepterait pas dans le personnage d'un milliardaire naïf amoureux d'une danseuse de revue new-yorkaise. Rock Hudson voulait le rôle, mais son studio refusait de le libérer. Charlton Heston et les producteurs n'étaient pas parvenus à un accord financier.
Wald m'a alors vu à la télévision dans The Dinah Shore Show et m'a engagé pour 125 000 dollars.
Il n'y avait qu'un seul problème : je ne parlais pas anglais.
Après un cours intensif et accéléré d'anglais, j'ai commencé le tournage avec mon scénario réécrit en français pour me donner une idée de la réplique que je prononçais phonétiquement.
Puis, avant même la sortie du film, Hollywood a commencé à me présenter comme une vedette dotée des « qualités de Humphrey Bogart ».
Aujourd'hui, tout le monde me réclame.
Je tourne actuellement Time on Her Hands avec Ingrid Bergman en Europe. On m'a également proposé un film avec Brigitte Bardot, et un autre avec mon épouse et Laurence Harvey.
Édith Piaf m'a conseillé de chanter
J'ai voulu travailler dans le spectacle depuis aussi longtemps que je me souvienne.
Je suis né près de Milan, en Italie, mais j'ai déménagé avec mes parents à Marseille, en France, lorsque j'avais deux ans.
J'ai quitté l'école à onze ans ; j'ai appris à danser et à chanter en regardant les films de Fred Astaire et de Maurice Chevalier, et j'ai fait mes débuts professionnels à dix-huit ans, en imitant Donald Duck dans un music-hall marseillais.
Pendant la guerre, j'ai travaillé comme mime et chanteur avec la chanteuse française Édith Piaf, qui m'a conseillé de me concentrer sur les chansons dramatiques. Mon prochain rôle au cinéma sera dans des films français après la guerre.
J'ai rencontré et épousé Simone Signoret il y a douze ans. Lorsque nous ne sommes pas en tournage, nous vivons dans un château normand du XVIe siècle. Simone a une fille de quatorze ans, née de son premier mariage.
En vingt années de spectacle, je dois reconnaître que c'est au cours des neuf mois passés sur le plateau avec Marilyn que j'ai le plus appris. Elle respecte énormément l'art dramatique, à tel point qu'une partie d'elle-même reste toujours sur scène, grâce à la distance entre ce qu'elle accomplit et l'objectif qu'elle s'est fixé.
Marilyn a peut-être deux « visages », comme certains le disent. Mais l'un est fabriqué par des chroniqueurs malveillants. J'ai vu son vrai visage : celui d'une bonne personne et d'une grande actrice.
Légende de la photographie : « Sur le plateau avec Marilyn Monroe dans Let's Make Love, où je fais mes débuts américains. J'ai 39 ans et je suis un chanteur français de premier plan. »
Une notice historique consacrée au magazine brésilien Mancheterapporte qu'une photographie de Marilyn Monroenue aurait provoqué la saisie du magazineen 1953, sur ordre de la censure fédérale. En réalité il s'agit d'unManchete du 30 janvier 1954,suivie d'une plainte évoquée par le magazine le20 février.
Cependant, je n'ai pas trouvé de preuve concrète que ce numéro en particulier de janvier 1954 ait été réellement censuré.
Dans son numéro 93 du 30 janvier 1954, le magazine brésilien Manchete publie un reportage de Maurício Vaitsman intitulé "Marilyn Monroe nue pour un demi-dollar", accompagné d'une reproduction en couleurs, sur une pleine page, de la célèbre photographie Golden Dreams, réalisée par Tom Kelley en 1949.
Le journaliste commence son récit à New York, où un groupe de Brésiliens découvre, chez une jeune Américaine, un portrait de Marilyn Monroe nue accroché au mur. La photographie attire immédiatement leur attention. Leur hôtesse leur explique qu'il s'agit bien de la célèbre actrice.
Le journaliste explique alors sur les circonstances dans lesquelles Marilyn avait accepté de poser nue, au début de sa carrière, contre une rémunération de 50 dollars. À cette époque, encore peu connue et confrontée à des difficultés financières, elle avait réalisé ces photographies pour gagner sa vie.
Devenue une star internationale, Marilyn voit ces images de jeunesse ressurgir et connaître une diffusion considérable. Le journaliste souligne le contraste entre la modeste somme initialement perçue par l'actrice et l'immense succès commercial de sa photographie. Il affirme que celle-ci est devenue l'un des portraits les plus répandus au monde, évoquant même cent millions d'exemplaires vendus au prix d'un demi-dollar chacun. Ce chiffre, rapporté par le magazine, doit toutefois être considéré avec prudence.
L'auteur évoque également la récupération idéologique de cette photographie. Selon lui, certains communistes y voient un exemple de propagande capitaliste destinée à détourner l'attention des difficultés sociales.
Mais le reportage dépasse rapidement le cas de Marilyn Monroe. Sa photographie sert de point de départ à une réflexion sur les mœurs américaines, les enquêtes du docteur Alfred Kinsey et la vie nocturne de New York. Vaitsman décrit notamment Greenwich Village, ses établissements fréquentés par une clientèle bohème et les comportements qui étonnent les visiteurs étrangers.
Ainsi, malgré son titre provocateur, l'article n'est pas véritablement un portrait de Marilyn Monroe. Il utilise surtout la célébrité de sa photographie de calendrier pour introduire un reportage sur la sexualité et la société américaine des années 1950.
Manchete 20/02/1954
Trois semaines plus tard, dans le numéro de Manchete du 20 février 1954 un petit encart revenait sur cette publication, qui avait suscité la plainte d'une lectrice auprès du ministre de l'époque Tancredo Neves.
Traduction de la réponse du rédacteur en chef de Manchete qui tourne en dérision la plaignante:
"Une certaine dame pudibonde a présenté au ministre Tancredo Neves une plainte contre Manchete,pour avoir publié une photographie de Marilyn Monroe dans le costume que Dieu lui a donné. (ce « lui » se rapporte à Marilyn, et non à la dame).
Le ministre, alarmé, dans une attitude très antiaméricaine et empiétant sur les attributions de son collègue des Affaires étrangères, décide d'abolir la doctrine Monroe, qui se consolidera autour de la photographie en question.
Il décrétera que les statues de la Justice, de la Patrie, de la Gloire, de la République et d'autres dames dénudées que le positivisme républicain a disséminées sur nos places publiques devront être convenablement habillées.
Quant aux jeunes filles des fresques de Visconti, qui ornent le Théâtre municipal de Rio de Janeiro, elles seront remplacées par de pudiques Xanthippes fournies par les Diários Associados."
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1953 est l'année où Marilyn Monroe s'impose au cinéma, ellen'est plus seulement un modèle photographié, elle devient un objet de consommation, avec cette formule très explicite : « She can be yours »(Elle peut être à vous).
Cover Grils Models est un magazine de photographies de pin-ups et de cheesecake qui ne cherchait évidemment pas à présenter Marilyn comme une intellectuelle ou à analyser son talent d'actrice. Il vendait avant tout une certaine représentation de la féminité, fondée sur la beauté, les courbes et la séduction.
Petit encart sur Marilyn Monroe dans le magazine.
"Marilyn Monroe est presque aussi éloquente lorsqu'elle écrit des lettres au rédacteur en chef que lorsqu'elle s'exprime avec son corps. La voici assise devant sa machine à écrire, réfléchissant à une formule particulièrement savoureuse."
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Les photographes dont les photos de cette back-cover étaient souvent publiées dans ce magazine : André de Dienes, Bruno Bernard et Lazslo Willinger.
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03/1953 Back-cover
Cette publicité en quatrième de couverture est également publiée en mai 1953.
Selon un article du Valley Times du 24 novembre 1950, Marilyn fut convoquée par la Fox le soir de la première hollywoodienne d'All About Eve le 9 novembre 1950, mais y renonce après avoir été appelée par la 20th Century-Fox pour se présenter tôt le lendemain matin à un test/audition concernant un rôle qu'une importante vedette féminine du studio ne pouvait assurer. Elle se couche afin d'être reposée… mais, anxieuse à l'idée de ce test, ne réussit finalement à s'endormir que vers quatre heures du matin. L'identité du film, du rôle et de la vedette remplacée demeure, à ce stade, inconnue.
Ce petit aperçu de la vie hollywoodienne n'a pas vraiment d'intérêt, mais comme il est si représentatif du stress que peut ressentir une jeune star en quête de célébrité, je pense qu'il mérite d'être raconté.Il s'agit de Marilyn Monroe, une starlette de la 20th Century-Fox qui décroche son premier vrai rôle dans « All About Eve ».Elle touche un salaire dérisoire pour Hollywood et, sans autres ressources, elle a autant de problèmes de garde-robe que n'importe quelle autre jeune femme.« All About Eve » bénéficiant de la première la plus fastueuse depuis des années, la logique commerciale voulait qu'elle soit présente.Elle s'était donc fait confectionner une robe de soirée des plus coûteuses et avait même loué une étole en hermine.Environ une heure avant son départ pour la première, elle reçut un appel du studio.L'une des plus grandes stars féminines de la compagnie ne pourrait pas assurer un rôle prévu ;c'est elle, Marilyn Monroe, qui devait passer une audition pour le rôle tôt le lendemain matin.Marilyn réfléchit frénétiquement.Il était important d'être vue à la première, mais l'examen l'était encore plus, et elle devait absolument bien dormir pour être en pleine forme.À regret, elle posa sa robe de soirée, enfila son pyjama et alla se coucher.Et là, elle resta allongée, préoccupée par cet examen si important, tandis que l'horloge sonnait les heures.Il était quatre heures avant qu'elle ne parvienne enfin à s'endormir !