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Marilyn Cover Girl

Présentation du blog

 

Marilyn Cover Girl 

 

Bienvenue sur ce blog entièrement consacré aux couvertures de magazines, livres, catalogues, la presse en général, sur Marilyn Monroe, depuis 1946 jusqu'à nos jours. 

 

 

Welcome to this blog entirely devoted to magazine covers, books, catalogs, press in general, on Marilyn Monroe, from 1946 to the present day. 

 

 

 

 

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24 juillet 2026

Marilyn Cover Girl en ligne

 

Informations aux lecteurs de ce blog

 

 

 Marilyn Cover Girl, est passé en mode privé pendant un petit mois, après avoir été plagiée sur plusieurs pages Facebook. Le temps pour moi de faire une pause pour réfléchir à la suite. 

Le plagiat ne se réglera malheureusement pas en claquant des doigts, car il existe sur terre une catégorie de personnes qui n'ont rien dans la tête, qui n'ont rien à dire par eux-mêmes, qui se contentent de pomper les autres, cela prouve que leur nombre de neurones est limité. Mais personnellement cette situation est quand même problématique pour moi. Si un jour ce blog est supprimé, vous saurez pourquoi. 

Plusieurs personnes pendant ce laps de temps se sont abonnées à mon blog (merci à ces personnes, elles ne sont pas nombreuses, cela fait plaisir) . Cette action ne devait pas être possible, le staff de Canalblog n'a pas compris non plus, c'est dire le niveau de compétence pour un service payant. Bref, c'est un autre sujet.

Je suis désolée pour un utilisateur qui se prénomme Jérôme, qui s'est abonné et qui a subit un bug, et qui a été supprimé.  

De plus j'ai appris recemment qu' il est facile pour n'importe qui de contourner la privatisation des blogs, donc j'ai préféré remettre ce blog en ligne. En attendant certains albums photos de covers de 1952 à 1962 sont privés le temps de trouver une autre solution pour un visuel plus clair. 

Merci de votre compréhension. Merci à ceux qui prennent la peine de commenter, car de nos jours c'est assez exceptionnel pour le souligner.

 

 

A note to readers of this blog

 

 

"Marilyn Cover Girl" went into private mode for about a month after being plagiarized on several Facebook pages.

I needed the time to take a break and think about what to do next. Unfortunately, plagiarism isn't something that can be fixed overnight; there is a certain breed of person out there with nothing going on upstairs—people with nothing original to say who simply rip off others—which just goes to show their limited brainpower.

Still, the situation is problematic for me personally. If this blog ever gets deleted, you’ll know why.

During that time, several people subscribed to my blog (my thanks to them—there aren't many, but it’s truly appreciated). That shouldn't have been possible; even the Canalblog staff didn't understand how it happened—which speaks volumes about the level of competence for a paid service. Anyway, that’s a topic for another time.

I’m sorry for a user named Jérôme who subscribed but was removed due to a glitch.

I also recently learned that it’s easy for anyone to bypass the "private" setting on blogs, so I decided to put this blog back online.

In the meantime, some photo albums featuring covers from 1952 to 1962 are set to private while I look for a solution that offers a clearer visual display.

Thank you for your understanding. And thank you to those who take the trouble to leave comments; these days, that’s rare enough to be worth noting.

 
 
24 juillet 2026

Mailles à la mode – Pourquoi nous tricotons à nouveau

 

Titre : Masker på mode – Derfor strikker vi igen

FR : Mailles à la mode – Pourquoi nous tricotons à nouveau

Autrice : Lone Birgitte Sønderby

Éditeur / Pays : Olivia / Danemark 

Langue : Danois

Date de publication : 2007

ISBN : 978-87-567-7779-7

118 pages, relié

Genre ; Mode 

Contenu et informations : Ouvrage consacré à l'histoire du tricot dans la mode des années 1950 à nos jours, il utilise en couverture une photographie de Marilyn Monroe tricotant dans Let's Make Love (1960). Marilyn n'y est pas le sujet principal, mais une véritable référence historique dans l'évolution de la mode du XXᵉ siècle. Un chapitre, intitulé « Marilyn Monroe som sweatergirl », lui est consacré, faisant d'elle l'un des symboles de la mode du tricot et de la célèbre image de la « Sweater Girl » des années 1950. 

 

 

 

En Title: Fashionable Knits – Why We Are Knitting Again

Author : Lone Birgitte Sønderby

Publisher / Country: Olivia / Denmark

Language : Danish

Publication Date: 2007

ISBN: 978-87-567-7779-7

118 pages, hardcover

Genre : Fashion Content and Information: This book explores the history of knitting in fashion from the 1950s to the present day; its cover features a photograph of Marilyn Monroe knitting in the film *Let's Make Love* (1960). While Marilyn is not the primary subject, she serves as a key historical reference point in the evolution of 20th-century fashion. A chapter titled "Marilyn Monroe som sweatergirl" is dedicated to her, establishing her as an icon of knitwear fashion and the famous "Sweater Girl" image of the 1950s.

 
 
16 juillet 2026

16/07/2026 : Le temps (Suisse)

 

 

 

 

16/07/2026 : Le temps (Suisse) 

Journal / Newspaper

Couverture : 1951

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marilyn Monroe, un volontarisme à toute épreuve

Par Stéphane Gobbo

CHRONIQUE. Mannequin rêvant de cinéma, Marilyn Monroe fit tourner la tête de Groucho Marx, avant de s’imposer devant la caméra de John Huston et Joseph L. Mankiewicz.

 

«I want you to help me, some men are following me.»

 

J’aimerais que vous m’aidiez, certains hommes me suivent… Une brève réplique pour une entrée fracassante dans la mythologie hollywoodienne. Marilyn Monroe a 23 ans lorsqu’elle apparaît furtivement dans La Pêche au trésor (1949), une comédie de David Miller avec les Marx Brothers. Femme fatale blond platine débarquant dans le bureau d’un détective privé, elle irradie dans une robe moulante mettant en valeur son affolant déhanché. A cette époque-là, c’est sa sixième apparition à l’écran, elle n’est qu’une starlette, un mannequin qui rêve de 7e art, et pour certains hommes une proie.

 

 

16 juillet 2026

10/07/2026 : Madame Figaro (France)

 

 

10/07/2026 : Madame Figaro (France) 

Article de 4 pages en ligne ICI

 

 

 

Marilyn Monroe et Salvatorre Ferragamo : Le glamour eternel

par Marion Dupuis

 

L'actrice mythique et le chausseur star de Hollywood inaugurent la série de l'été du magazine français Madame Figaro, sur les duos légendaires de cinéma et de mode. 

"En 1948, le chausseur ouvre sa première boutique en nom propre à New York, sur Park Avenue. «En 1954, Marilyn Monroe s’installe à Big Apple pour suivre des cours à l’Actors Studio, et dès son arrivée, elle fréquente la boutique Ferragamo, précise Stefania Ricci. La star y achète ou commande des chaussures, qui étaient ensuite fabriquées à Florence puis expédiées aux États-Unis. Marilyn Monroe appréciait tant le génie créatif de Ferragamo qu’elle deviendra l’une de ses plus grandes clientes».

«Salvatore Ferragamo était réputé pour créer des modèles adaptés à la personnalité et au style de ses clientes. Dans le cas de Marilyn Monroe, sa principale source d’inspiration était son image de sex-symbol, celle d’une femme à la fois sensuelle et charismatique, mais aussi douce et fragile», nous éclaire Stefania Ricci.

 

 

 

L’artisan virtuose et visionnaire du soulier va donc lui créer un modèle à bout fermé et décolleté, d’une hauteur vertigineuse, mais non inconfortable grâce à un talon spécial breveté par son entreprise en 1956, composé en partie de bois et en partie d’acier, ce qui le rendait à la fois élancé et solide. «Sa forme et sa hauteur, d’environ 11 cm, contribuaient à mettre en valeur la posture et la démarche ondulante si caractéristique de Marilyn, à la fois sensuelle et élégante, qui deviendra l’une des marques distinctives de son image et l’accompagnera tout au long de sa carrière», poursuit la commissaire d’exposition. Mais l’actrice aimait aussi le modèle Bertilla, nous apprend-elle. Une ballerine à lacets dotée d’une semelle «coquille», l’un des brevets les plus importants de Ferragamo dans les années 1950, inspirée de la fabrication des «opanke» amérindiennes.

 

Willy Rizzo, 1962.

 

Alors que la ballerine était portée par l’actrice dans des moments plus intimes, comme le montrent certaines photographies de Willy Rizzo datant de 1962 qui la représentent chez elle à Beverly Hills, chaussée de ce modèle avec pantalon et chemise Emilio Pucci (autre créateur italien qu’elle adorait), les escarpins, seront, eux, les chaussures qui, plus que toutes autres, vont incarner son personnage de diva, contribuant à rehausser sa taille (1,66 m) et son sex-appeal inégalé. Elle les chaussera aussi bien à la ville qu’à l’écran, notamment dans Bus Stop de Joshua Logan (1956), Certains l’aiment chaud de Billy Wilder (1959), Le Milliardaire de George Cukor (1960), Les Désaxés de John Huston (1961) ou encore le film inachevé Something’s Got to Give de George Cukor (1962).

 

 

 

 

Marilyn Monroe, une Vénus selon Ferragamo

 

«La pointure du pied révèle aussi le caractère de sa propriétaire», raconte Salvatore Ferragamo dans son autobiographie Le Chausseur des rêves parue en 1957. J’ai rangé les femmes que j’ai chaussées en trois catégories : les Cendrillons, les Venus et les Aristocrates». Les Vénus, selon le chausseur, chaussent du 6 (36 en taille européenne) comme Marilyn Monroe. Signes particuliers : «La Vénus est généralement très belle, fascinante et sophistiquée ; pourtant, derrière cette apparence glamour, il y a souvent une femme d’intérieur aimant les choses simples ; ces deux caractéristiques étant contradictoires, la Vénus est souvent incomprise : on l’accuse de trop aimer le luxe et la frivolité». S’il ne parle pas spécifiquement de Marilyn Monroe, sa description rappelle singulièrement celle de l’icône mondiale de la pop culture. Une jeune femme curieuse et cultivée comme on l’a redécouvre aujourd’hui, bien éloignée du cliché de la blonde écervelée forgé par les studios de Hollywood.

 

 

 

À gauche, escarpins avec empeigne en daim noir, découpes décoratives ovales laissant apparaître une doublure en veau fuchsia. À droite, escarpins en veau jaune avec talon aiguille. Ces chaussures Ferragamo ont été achetées lors de la vente aux enchères chez Christie’s à New York, provenant des biens personnels de Marilyn Monroe, le 28 octobre 1999. Musée Salvatore Ferragamo, Florence.

 

24 juin 2026

03/06/2026 : Nok Lapja (Hongrie)

 

03/06/2026 : Nok Lapja (Hongrie)

Couverture : Stirling Henry Nahum alias Ted Baron / 1954

 

article sur le site : Ici

 

 

 

Le magazine Hongrois Nok Lapja du 3 juin 2026 a publié un article de plusieurs page pour rendre hommage à Marilyn Monroe à l'occasion du centenaire de sa naissance. 

 

Marilyn Monroe féministe ? 

 

Marilyn Monroe était sans aucun doute bien plus qu'une simple star de cinéma ; elle était aussi bien plus qu'une blonde naïve érigée en sex-symbol de la culture pop. Véritable féministe, elle a dénoncé le harcèlement sexuel et défendu le droit à disposer d'elle-même bien avant l'ère #MeToo.

La vie personnelle tourmentée de Marilyn Monroe a été largement documentée au fil des décennies : chosification, mariages ratés, fausses couches et avortements, abus de drogues, liaisons très médiatisées et, finalement, suicide ou overdose. Ces dernières années, toutefois, une autre image de l'ancienne star de cinéma a commencé à émerger, celle d'une femme évoluant à une époque où il ne suffisait pas de dicter soi-même ses propres conditions, même en étant l'actrice la plus célèbre de la planète....

 

24 juin 2026

06/2026 Professional Photo (Uk)

 

06/2026 Professional Photo (Uk) (Digital magazine)

Couverture : Eve Arnold, The misfits (1960) 

 

Le magazine anglais Professional photo publie un dossier de plusieurs pages sur Marilyn Monroe à l'occasion du centenaire de sa naissance. Ce dossier est consacré à la photographe Eve Arnold

 

A century of Marilyn Monroe

 

 

La légendaire Marilyn Monroe aurait fêté son centenaire le 1er juin ; plus de soixante ans après sa disparition, elle demeure une icône culturelle internationale. Elle a régulièrement posé pour Eve Arnold, avec qui elle a noué une relation forte au fil de plusieurs séances révélatrices.

Pour lire l'article complet rendez-vous sur le site du magazine : ICI

 

 

 

23 juin 2026

03/06/2026 : The Hollywood reporter( Usa)

 

 

03/06/2026 : The Hollywood reporter( Usa) 

Contenu : article de 10 pages

 

 

 

 

 

La magazine américain The Hollywood reporter consacre un article de 10 pages à la relation entre le photographe Bruno Bernard et Marilyn Monroe

 

 

L'homme qui a inventé Marilyn 

 

 

Traduction de l'article : 

 

Au printemps 2025, mon co-auteur, Mark A. Fortin, et moi avons commencé à travailler sur Le Siècle de Marilyn Monroe, un livre qui détaillerait l'amitié et la collaboration entre mon grand-père, Bruno Bernard, un immigrant allemand, l'un des plus grands photographes de l'âge d'or d'Hollywood, et celle que le monde allait connaître sous le nom de Marilyn Monroe.

En fouillant les archives de Bruno, nous avons trouvé d'innombrables transcriptions manuscrites des conversations de mon grand-père avec Monroe. Nous avons appris que le duo avait conspiré pour créer l'image de bombe qui allait finalement lui assurer la célébrité. Au début de ses écrits sur Monroe, en septembre 1945, la peinture de son enseigne « Bernard of Hollywood » pour son studio photo de Sunset Boulevard était encore fraîche ; ses années passées à essayer de percer dans l'industrie comme acteur ou réalisateur l'avaient amené à devenir photographe pour les familles des patrons de studios, puis pour de jeunes acteurs en herbe. Il venait à peine d'ouvrir sa boutique lorsqu'il aperçut pour la première fois la femme qui allait captiver son imagination avant même la nôtre.

Vers la fin de sa vie, dans les années 1980, Bruno se remémorait cette rencontre fatidique à partir de ses notes de journal : Ma première séance photo avec Marilyn Monroe a eu lieu il y a quarante ans, mais je m'en souviens encore aussi clairement que si c'était hier. Les événements qui ont précédé notre première rencontre et nos nombreuses séances suivantes étaient si inhabituels qu'ils les distinguaient de toute séance photo ordinaire en studio.

C'était un matin de fin septembre 1945. La chaleur de l'été indien avait fait grimper le mercure du thermomètre au-dessus de 32 degrés. Un rendez-vous à 10 heures chez mon dentiste, Léon Lazar, pour un traitement de canal, me plongeait dans une humeur un peu déprimée. Le volubile Léon, une vieille connaissance, essayait de me distraire de ses fichus problèmes de plomberie par un flot incessant de conversations superficielles sur la dernière génération de filles glamour qui avaient franchi la porte de mon studio de Sunset Strip. Rolf, son grand et magnifique berger allemand, mon seul compagnon dans le bungalow de style mexicain, fit irruption dans le salon et confirma les dires de son maître en me léchant les mains. Rolf et moi étions devenus de bons amis depuis que je l'avais parfois utilisé comme modèle en échange de quelques livres de viande de cheval.  

Célibataire endurci, je quittai le bureau encore ensommeillé et commençai lentement à remonter vers mon studio, situé à quelques rues à l'ouest. Une vision éblouissante me distraya instantanément : une adolescente à la silhouette voluptueuse, avec des courbes parfaites, se déhanchait avec des mouvements ondulatoires que je n'avais jamais vus pratiqués que par la danseuse burlesque Tempest Storm sur le parvis du Burbank Theater, rue Main. Le visage innocent et enfantin, au teint translucide couleur pêche, contredisait nettement ma première impression… pourtant, la juxtaposition provocante de ce visage angélique et de cette silhouette à couper le souffle éveilla mon instinct de chasseur professionnel, toujours à l'affût de sujets inédits pour mes couvertures et mes livres de photographie. Je me surpris à agiter le bras et à siffler, interrompant ainsi la contemplation de cette vision enchanteresse.
Cette méthode peu conventionnelle et plutôt grossière de découvrir de nouveaux talents photogéniques me rappelait, je dois bien l'avouer, les réflexes conditionnés des célèbres chiens de Pavlov. À ma grande surprise, le Petit Chaperon rouge n'y voyait aucun inconvénient.
Elle se retourna aussitôt, m'adressant un sourire chaleureux et amical, comme si elle était habituée à ce genre d'attention. Alors que j'allais me présenter en lui tendant ma carte de visite, comme excuse professionnelle pour mon comportement puéril, j'ai été surpris par Rolf qui, sans perdre une seconde en préliminaires, posa ses pattes sur ses épaules et lui lécha le visage. Dans mon état second, j'avais oublié ma casquette de golf, et Léon, ouvrant sa porte d'entrée pour m'appeler, avait involontairement laissé sortir Rolf, lui donnant ainsi l'occasion de me surpasser. La réaction tendre de la fillette face à Rolf laissait présager qu'elle aimait les animaux. Bien que je me sois retrouvé relégué à la deuxième place, j'ai utilisé ce deus ex machina pour une approche désormais plus diplomatique en nous présentant tous les deux :
« Excusez-moi, Mademoiselle, de vous interrompre si brutalement, mais Rolf et moi sommes tout aussi fascinés par vous. J’ignore quelle est son excuse, mais mon intérêt est strictement professionnel. Il se trouve que je suis photographe publicitaire ici sur le Strip, et je suis toujours à la recherche de nouveaux visages frais pour des séances photo. »
La jolie inconnue sembla m’ignorer, concentrant toute son attention sur mon compagnon canin, qu’elle caressait affectueusement. Son teint faisait d’elle une publicité ambulante pour le savon Ivory, et son visage d’écolière était encadré par des boucles naturelles, lui arrivant aux épaules, comme Jeanie aux cheveux châtain clair [de la chanson de Stephen Foster].
Je décidai d’insister : « Vous feriez sans aucun doute une excellente couverture, et j’aimerais beaucoup faire quelques photos d’essai avec vous. Mon studio est à quelques rues d’ici. »
Sur ces mots, Mon instinct de photographe a pris le dessus et je lui ai tendu ma carte. L'évocation d'une couverture s'est avérée être le mot de code, attirant l'attention de la jeune fille qui s'est présentée d'une voix enfantine comme Norma Jeane Dougherty. Bernard et la jeune mannequin en devenir ont poursuivi leur conversation au comptoir du Thrifty pharmacie pour parler de la vie de Norma Jeane comme ouvrière mariée à l'usine — et de leurs histoires communes d' enfances désespérées passées dans des orphelinats. Comme un volcan en éruption lente, elle a commencé à me raconter son histoire dans un murmure. Elle était orpheline et n'avait jamais connu son père. Sa mère avait été internée à Norwalk, en Californie, et y était décédée. Norma Jeane a été élevée dans plusieurs familles d'accueil peu accueillantes jusqu'à ce qu'elle soit envoyée à l'âge de 9 ans dans un orphelinat de Los Angeles. Là-bas, elle devait faire la vaisselle et nettoyer les toilettes pour gagner quelques sous.
Une amie de sa mère, Grace McKee, qui devint plus tard Mme Goddard, la sauva de l'orphelinat lorsqu'elle avait 11 ans [Bruno se trompe dans son texte ; Norma Jeane avait en réalité 9 ans à l'époque] et l'accueillit chez elle, puis l'envoya vivre chez sa tante, Mlle Ana Lower, à Brentwood.

À l'âge avancé de 16 ans, Norma Jeane avait épousé Jim Dougherty, le beau fils des voisins des Goddard, mais était retournée vivre chez Mlle Lower après l'engagement de Jimmy dans la marine marchande. « Si cela peut vous rassurer, j'ai moi aussi été élevé dans un orphelinat après l'âge de 12 ans. Et ce, bien que je ne sois pas orphelin. Mon père est revenu de la Première Guerre mondiale avec une grave crise d'asthme qui a affecté ses poumons, et dont il ne s'est jamais remis. Ma mère était elle-même malade et n'avait ni la force ni les moyens de subvenir aux besoins d'une famille de sept personnes. Un organisme social nous a donc orientés, mon frère Heinz et moi, vers l'orphelinat Baruch-Auerbach à Berlin. Ce fut une bénédiction déguisée pour nous deux, même si le mot « orphelinat » a eu un effet traumatisant sur moi pendant longtemps. » Ce détail de mon passé a été accueilli par un silence plus éloquent que des mots. Ses yeux se sont remplis. Nous étions sur la même longueur d'onde spirituelle. À partir de ce moment, je suis devenu son grand frère et son confident. Les deux amies, qui partageaient non seulement des passés similaires, mais aussi une détermination farouche à réussir, décidèrent de se retrouver le mardi suivant pour une séance photo de présentation. Elles découvriraient ainsi le travail de l'autre.

Aucune des deux ne s'attendait à une collaboration aussi fluide. Le mardi matin suivant, à six heures précises, une vieille Ford noire s'arrêta net devant mon studio, au 9055 Sunset Boulevard. C'était encore la période Norma Jeane, toute la complexité psychologique que ses analystes avaient mise au jour concernant son retard compulsif était encore à venir.

Vingt minutes plus tard, nous étions à Griffith Park et je commençai à déballer mon matériel photo devant la charpente métallique de l'Observatoire. « Commençons par ton maillot de bain deux pièces multicolore », suggérai-je. Avant même que j'aie fini d'installer mon imposant appareil photo Eastman 5x7 sur son trépied, Norma Jeane émergea de sa grande serviette de plage, prête à l'action.

Je commençai à lui donner des instructions : « Pourriez-vous monter sur la poutre avant, pour que je puisse avoir un meilleur angle sur vos jambes, Angel ? »

« Oh, vous voulez faire de moi une Varga girl », commenta Norma Jeane d'un air entendu.

« Que des jambes et une tête toute petite. Je sais ce que vous manigancez, Monsieur Bernard ! »

Je remarquai peu à peu qu'elle me déstabilisait en se contorsionnant, me pressant d'appuyer sur le déclencheur avant qu'elle ne perde une pose si exigeante. Son enthousiasme et sa ténacité étaient contagieux, mais lorsque, après trois heures de prises de vue quasi ininterrompues, j'étais prêt à en finir, elle était encore fraîche comme une rose et me supplia de prendre encore quelques photos, car elle venait d'avoir une idée. C’est pourquoi je l’ai surnommée la première « fille de plus », en accord avec nous autres photographes, qui avions toujours besoin d’« une de plus pour nous protéger ».

Son instinct pour les exigences de l’appareil photo, associé à une souplesse corporelle presque acrobatique et à des changements d’expression faciale fulgurants, faisait d’elle un exemple parfait de beauté photographique, par opposition à la beauté naturelle. Au fil de nombreux déjeuners chez Barney’s Beanery ou Hamburger Hamlet, Bruno et Norma Jeane se sont rapprochés. À propos d’une de ces rencontres, Bruno a écrit : « Sous quel signe astrologique es-tu né ?» m’a-t-elle demandé avec une curiosité enfantine.

« Ne me dis pas que tu es une fanatique d’astrologie ! Tu crois vraiment à toutes ces choses qu’on lit dans les journaux, comme des millions d’autres personnes qui se font des illusions ?» ai-je demandé en plaisantant. « Allez », a-t-elle supplié, l’air irrésistible. « Je n'y crois pas du tout, mais il doit bien y avoir une part de vérité si des gens y ont cru pendant des milliers d'années, comme les anciens Égyptiens. »

« Très bien, petit génie, comme tu veux. Je suis né le 2 février, ce qui fait de moi un Verseau. »

« Je m'en doutais ! » s'exclama Norma Jeane, ravie. « Vous êtes un humanitaire, comme le président Roosevelt ! »

« Non, sérieusement, Monsieur Bernard. Vous ne savez pas que les Verseaux peuvent être d'une grande aide aux Gémeaux ? » « Cela signifie que les astres semblent bénir notre rencontre fortuite… » Je voulais conclure cette partie de notre conversation, mais j'ai été interrompu.

« Le hasard n'existe pas ; tout est prédestiné », répondit-elle. « Comme le destin. »

Le rôle de Bruno dans l'ascension de Monroe est passé largement inaperçu grâce à son refus de participer au tourbillon de ragots et de révélations qui a suivi sa mort ; lorsqu'il a finalement commencé à parler de Monroe dans des émissions comme People Are Talking à San Francisco au milieu des années 1980, il rechignait à rejoindre le club des « révélations », déclarant que « la plupart de ceux qui insistaient sur le fait qu'ils l'avaient séduite » — « séduite » signifiant avoir couché avec elle — prétendaient à un trône imaginaire.

Ses journaux, tour à tour affectueux et cliniques, montrent clairement combien les conseils et les encouragements qu'il a prodigués à la jeune starlette se sont avérés inestimables à ses débuts. J'ai conduit Norma Jeane chez sa tante Ana, sur l'avenue Nebraska, dans l'ouest de Los Angeles. Après quelques minutes de silence pendant lesquelles elle semblait regrouper ses idées, elle reprit là où nous nous étions arrêtées au Beanery : « Ce divorce… plus vite ce sera fini, mieux pour nous deux. Bien sûr, je vais perdre mon allocation de sa part, et c’est pourquoi je vous ai demandé si vous pensiez que je pouvais faire l’affaire comme mannequin. » Elle resta bouche bée, les yeux suppliants.

Après un autre court silence, je lui dis : « En ce qui concerne vos talents de mannequin, je n’ai pas le moindre doute que vous réussirez. » Une gifle spontanée sur mes joues fut ma récompense.

« Attention à ne pas distraire le chauffeur », l’exhortai-je avec une fausse irritation. « La vie que vous ôtez pourrait être la vôtre. »

Nous étions arrivés devant la jolie maison ancienne à deux étages de tante Ana.

« Êtes-vous religieux, Bernie ? » demanda-t-elle. « Pas selon vos critères, j’en ai bien peur. Je suis un agnostique convaincu. »

« Vous êtes… ? Cela signifie-t-il que vous ne croyez pas en Dieu ? »

Elle semblait visiblement préoccupée par le salut de mon âme.

« Je ne peux pas aborder une question aussi importante en quelques minutes seulement, mais je vais tenter de clarifier ma position pour toute conversation future sur ce sujet par un court vers de Goethe, le plus grand poète allemand : Si je connaissais le chemin du Seigneur, j’aimerais le suivre. Si quelqu’un me conduisait à la Maison de la Vérité, par Dieu, je ne la quitterais plus jamais. »

Norma Jeane avait écouté attentivement. Puis elle murmura, à moitié pour elle-même :

« J’aimerais pouvoir parler des langues étrangères. Mais j’ai eu une si mauvaise scolarité à cause de tous ces déménagements. Et puis, je suis peut-être tout simplement bête. » Elle rit d’un rire enfantin, battant des cils comme une poupée.

« Qu’as-tu pensé de ma réponse ? » J’ai demandé, me joignant à son rire d’un sourire ironique. Je me suis délibérément abstenue de verbaliser la contradiction qu’elle attendait si manifestement. J’ai trouvé Norma Jeane d’une grande intelligence naturelle, et son sens de l’humour faisait d’elle une partenaire de joute verbale formidable. Elle était douloureusement consciente de son manque d’instruction formelle, et elle s’est engagée dans une tentative de toute une vie pour combler ces lacunes. Son ambitieux désir d’excellence dans le domaine intellectuel et de perfection dans sa profession, allait bientôt devenir les forces dominantes de son existence.

Avant de m'embrasser pour me dire au revoir, elle conclut notre conversation d'un air pensif :

« Je suppose qu'il y a un certain intérêt à être un ag — un agon — comment vous appeliez-vous déjà ?» « Agnostique !» « Ag-nos-tique », répéta-t-elle en allongeant les syllabes du nouveau mot, qu'elle souhaitait apparemment intégrer à son vocabulaire désormais. Environ six mois plus tard, je reçus une carte postale portant le cachet de Las Vegas, avec ce bref message : Cher Bernie, Dans une semaine, je serai une femme libre. À bientôt à Hollywood. Bisous, Norma Jeane Un avantage collatéral de ce détour par le Nevada fut que Norma Jeane put étudier les performances de la reine du burlesque de Las Vegas, Lili St. Cyr. Se rendant religieusement à ses rendez-vous, à la demande insistante de Bernard, elle commença à imiter la démarche de « Miss Swivelhips », ce changement physique étant le premier signe de la détermination de Norma Jeane à se transformer en une bombe. Elle y parvint si bien, en fait, que lorsqu'elle apparut à nouveau à la porte de son studio de Sunset, Bernard la reconnut à peine. La fois suivante où Norma Jeane vint à mon studio, son apparence et sa voix avaient sensiblement changé. Adieu la « Jeannie aux cheveux châtain clair », et avec elle son innocence enfantine. La nouvelle Norma Jeane s'était éclaircie les cheveux sur les conseils de son agent de mannequins, expliqua-t-elle d'un ton quelque peu d'excuse lorsque je la regardai avec un amusement émerveillement. Mais mon sourire n'était pas dû à sa teinture. En tant que photographe de charme, je savais que la couleur des cheveux était surtout une affaire saisonnière pour mes clientes. Mon sourire était dû au ton faux de sa voix avec lequel elle avait entamé notre conversation. Ça sentait les cours de voix et d'élocution à plein nez et ça menaçait de mettre un grain de sable dans l'engrenage de notre relation personnelle jusque-là parfaite. « Tu as un problème de gorge ?» Je n'ai pas pu m'empêcher de la taquiner. « Non, rien du tout », répondit-elle, apparemment sans se rendre compte que je plaisantais.

« Tu ne trouves pas que ma voix s'est améliorée depuis la dernière fois que tu m'as vue, Bernie ?» Elle se mit à répondre à sa propre question.

« J'espère bien. Ça me coûte un dollar par leçon, tu sais, et comme le mannequinat est au point mort en ce moment, ça fait beaucoup de do-ré-mi. De toute façon, j'ai envie d'arrêter le mannequinat ; ça commence à m'ennuyer. C'est juste de la boxe dans le vide, pas du vrai travail, tu ne trouves pas ?» « Le vrai travail, c'est… »

Ignorant délibérément de mon sarcasme, elle dit avec un sérieux qui ne souffrait aucune contradiction :

« Je veux devenir une star. C’est mon rêve depuis l’enfance, et tu dois m’aider, Bernie. N’ai-je pas lu récemment que la photographie professionnelle a pour but principal de vendre l’acteur ou l’artiste professionnel aux producteurs, aux réalisateurs et bien sûr, au public ? »

Elle récitait ma propre brochure publicitaire, que l’agence théâtrale N.C.A.C. (National Concert and Artists Corporation) lui avait donnée.

« Tu dois prendre encore quelques photos sexy de moi, insista-t-elle, ce sera mon sésame pour les studios. » Puis, elle a imité le titre de ma brochure en incarnant sa vision de Miss Glamourpuss : lèvres entrouvertes, la langue effleurant ses dents avec sensualité, les yeux mi-clos renforçant le regard irrésistible et aguicheur qui, plus tard, deviendra sa marque de fabrique.

L’homme en moi n’a pas été séduit par cette performance, mais le réalisateur frustré en moi l’a mise en garde : « Ma chérie, quoi que tu fasses, ne mélange pas sensualité et sensualité. Ce serait vulgaire et rebuterait un vrai homme. Laisse tes courbes parler d’elles-mêmes et contrebalance ce langage corporel par une expression d’innocence totale. Tes yeux devraient se demander : “Pourquoi les hommes me regardent-ils ?” Mélange l’innocente et la Vénus et tu feras un effet explosif sur les photos.»

Mes conseils ont porté leurs fruits, du moins pour cette séance, et elle a adopté une variété d’expressions irrésistibles qui ont rendu fous les directeurs de casting et les producteurs. Sans perdre de temps, je soumit les résultats de notre travail d'équipe à mes voisins du Strip, les agents avisés de la N.C.A.C. La directrice de la région Ouest de cette agence nationale, Helen Ainsworth, [dont le bureau] les soumit à Ben Lyon, chef du département des nouveaux talents de la 20th Century Fox. Ces essais eurent l'impact visuel d'un phénomène naturel. Après les premiers mètres de pellicule, le caméraman chevronné murmura à son ami Ben :

« La prochaine fois que tu m'amènes une dame comme ça, préviens-moi à l'avance, que je puisse blinder mon objectif avec de l'amiante. » Et c'est ainsi qu'en août 1946, Norma Jeane obtint son premier contrat de sept ans avec un salaire de départ de 125 dollars par semaine et des augmentations semestrielles de 25 dollars — à condition que le studio lève ses options unilatérales.

 

Extrait de *Le Siècle de Marilyn Monroe* (Abrams), photographies de Bruno Bernard ; texte de Joshua John Miller et M.A. Fortin. Texte © 2026 Joshua John Miller. The Hollywood reporter. 

 
 
 
23 juin 2026

16/06/2026 : Amateur Photographer (Usa)

 

16/06/2026 : Amateur Photographer (Usa) 

Contenu : article de 6 pages 

 

 

 

 

Les anges gardiens de Marilyn 

 

 

Le magazine américain Amateur Photographer, publie un article de 6 pages à l'occasion du centenaire de la naissance de Marilyn Monroe. L'article évoque la parution du livre Marilyn Monroe 100 : The Official Centenary Book, qui présente des clichés de Marilyn réalisés par 17 photographes différents, parmi lesquels Milton Greene, Eve Arnold, Sam Shaw, Bert Stern, Henri Cartier-Bresson, Elliott Erwitt, Alfred Eisenstadt, Cecil Beaton et George Barris.

Le magazine a rencontré deux des gardiens de la mémoire de Marilyn : Michael Arnold, petit-fils de la photographe de l’agence Magnum Eve Arnold et responsable de ses archives, et Melissa Stevens, petite-fille du photographe américain Sam Shaw et gestionnaire de ses archives depuis une vingtaine d’années. 

 

 

 

 

Traduction de l'article : 

 

Melissa Stevens rit en s’exprimant via Zoom depuis son bureau de New York : « C’est un club, celui de ceux d’entre nous qui exerçons cette activité. » Elle fait référence aux personnes responsables des fonds photographiques consacrés à Monroe, qui cumulent diverses missions : préserver l’héritage des photographes, découvrir et documenter leurs archives, restaurer des images anciennes et collaborer avec des galeries et des éditeurs pour mettre en valeur ces clichés. Dans un rôle similaire, Michael Arnold, basé à Londres, conjugue une longue carrière d’acupuncteur avec la gestion de l’œuvre et de la succession d’Eve Arnold. Rencontre avec Monroe Ce qui frappe chez Eve Arnold comme chez Sam Shaw, c’est que, bien qu’ils aient réalisé de nombreux autres travaux au cours de leur carrière, tous deux ont noué une amitié longue et durable avec Marilyn Monroe.

Michael Arnold explique les origines de la relation entre Eve Arnold et Monroe :

« Eve venait de photographier [Marlene] Dietrich et, en 1952, elle a rencontré Marilyn lors d’une soirée organisée par le réalisateur John Huston. Monroe s’est approchée d’Eve et lui a dit : "J’ai vu les photos de Dietrich dans le magazine *Esquire*. Si vous avez pu faire cela avec elle, imaginez ce que vous pourriez faire avec moi."

Eve a trouvé cette assurance chez Monroe tout à fait remarquable, car elle se considérait avant tout comme une photojournaliste très sérieuse. Je crois qu’au départ, elle hésitait à travailler avec Monroe, ne voulant pas se laisser entraîner dans l’univers des célébrités, et de la photographie. Elle se considérait davantage comme une documentariste. » Quant à Sam Shaw – que Monroe surnommait « Sam Spade » en référence à un personnage du film *Le Faucon maltais* – Melissa Stevens rappelle que Shaw a rencontré Monroe sur le tournage du film d’Elia Kazan, *Panique dans la rue*. Monroe ne jouait pas dans le film, mais elle était la muse de Kazan.

Stevens révèle : « À l’époque, Sam la surnommait "la chérie d’Elia Kazan". *Panique dans la rue* fut le premier film que Sam photographia. C’est alors qu’il rencontra Marilyn ; elle fut la première "beauté professionnelle" qu’il photographia, car auparavant, il était photojournaliste. » Elle ajoute : « Sam a fini par passer plus de temps avec Marilyn Monroe sur le film suivant d’Elia Kazan dont il assurait la photographie,

 

Viva Zapata!

 

Sam a commencé à se lier d’amitié avec Marilyn car il n’avait pas de permis de conduire ; Marilyn a proposé de l’emmener sur le plateau et de le ramener dans sa propre voiture, à ses frais. Ils sont devenus amis au fil de ces trajets et en passant du temps ensemble après le travail. Kazan a demandé à Sam de la photographier, mais ces premiers clichés ont disparu. C’était au début des années 50 ; elle était alors inconnue. Je pense que ce qui a créé un lien entre Sam et Marilyn — un lien qui a perduré tout au long de leur relation — c’est qu’ils étaient tous deux artistes, issus de milieux modestes, et qu’ils cherchaient à gagner leur vie. Dans le cas de Sam, il s’agissait de subvenir aux besoins de sa famille, tandis que Marilyn [subvenait à ses propres besoins] par elle-même. »

Première séance photo Après avoir rencontré Monroe lors de la fête hollywoodienne de John Huston mentionnée plus haut, Eve Arnold fut chargée, plus tard en 1952, par le magazine *Esquire* de photographier Marilyn. La séance eut lieu à Long Island, où Arnold vivait à l’époque et où Monroe, par coïncidence, séjournait chez un ami. Fait notable, Monroe avait apporté avec elle un exemplaire du roman *Ulysse* de James Joyce. Michael Arnold explique : « Eve avait remarqué que Monroe avait le livre dans la voiture en route vers l’aire de jeux où elles se rendaient. Eve déchargeait ses appareils et préparait la prise de vue pendant que Monroe lisait ce livre.

Eve a demandé : “Ça vous dérange si je vous photographie pendant que vous lisez ce livre ? Ne changez rien.” C’était totalement naturel. Je pense qu’elles avaient toutes deux conscience que cela venait bousculer le stéréotype de la blonde écervelée. En ce sens, on peut dire que la scène était un peu mise en scène, mais elle lisait réellement le livre et l’avait avec elle. »

Cette première séance photo d’Eve Arnold avec Marilyn Monroe fut réalisée en couleur — un support inhabituel pour Arnold, mais exigé par *Esquire*. « C’était en fait la première incursion d’Eve dans la photographie couleur ; elle utilisait de la pellicule Kodachrome », explique Michael Arnold.

« Cela confère aux images ce rendu vibrant, digne du Technicolor. À l’époque, et même jusque dans les années 80, la photographie en noir et blanc était considérée comme de l’art, tandis que la couleur était perçue comme de la simple photo amateur. » Il ajoute : « C’est évidemment au cinéma que le public voyait Monroe sur grand écran, mais je pense qu’elle était très avisée : elle avait compris que ses apparitions dans les magazines jouaient un rôle majeur dans la construction de son mythe et de son statut de star. Pour beaucoup, il s’agissait de promouvoir le film, mais c’était aussi une façon d’offrir un aperçu de sa vie privée. C’était l’époque des débuts de la presse people et de ces magazines fascinés par la vie des célébrités. »

 

Sept ans de réflexion

 

Au cours de sa carrière, Sam Shaw s'est bâti une réputation en tant que photographe de plateau, travaillant souvent sur les productions du réalisateur John Cassavetes ; il a ainsi photographié les tournages de plus de 100 films. Mais Shaw n'était pas seulement photographe : il avait également exercé comme dessinateur d'audience au tribunal, directeur artistique pour des magazines, producteur et concepteur d'affiches de films et de campagnes publicitaires. Melissa Stevens évoque les appareils utilisés par Shaw : « Nous possédons ses appareils Nikon, dont le célèbre Nikon F. Mais il utilisait toutes sortes de modèles et, je pense, louait souvent du matériel. Il se servait aussi de Hasselblad.

« Dans nos archives, les formats de pellicules sont presque exclusivement du film 120 et du 35 mm… il n'y a pas, à ma connaissance, de grand format. La plus ancienne pellicule couleur, que nous avons découverte récemment lors de la préparation de notre autre ouvrage, *Dear Marilyn*, date des années 1940 ; il s'agit d'un format 3x4 et d'un portrait couleur d'une femme. » L'image de Marilyn Monroe la plus emblématique de Shaw est sans aucun doute la photographie en noir et blanc de 1954 montrant sa jupe se soulevant alors qu’elle se tenait au-dessus d’une bouche d’aération à New York – la photo a été prise avec un appareil Rolleiflex vers 2 heures du matin.

Melissa Stevens explique : « C’est Sam qui a imaginé cette scène de la jupe qui se soulève ; c’était sa création. Elle s’inspirait d’une photographie de 1941 qu’il avait prise à Coney Island et qui avait fait la une du magazine *Friday* ; il a donc repris cette idée avec Marilyn. La photo en noir et blanc est issue de la scène new-yorkaise, un événement promotionnel organisé par Sam. Elle l’interpelle en disant "Salut, Sam Spade" – c’était le surnom qu’elle lui donnait. Il y avait une foule immense ainsi que d’autres photographes ; plus de 1 000 curieux, des policiers et l’équipe de tournage. Marilyn adopte cette pose très particulière, et Sam disait toujours que cette pose était sa propre composition. »

Stevens ajoute : « Cela témoigne de cette relation où il tenait souvent à reconnaître le rôle qu’elle jouait dans la création de sa propre image, de sa propre célébrité, ainsi que dans la gestion de sa presse et de sa promotion. Elle avait le sens de la répartie, savait poser et maîtrisait véritablement son art et, d’une certaine manière, son propre destin. » En fait, la scène new-yorkaise a dû être retournée en studio en Californie car, en raison de la foule, l’enregistrement sonore n’avait pas été exploitable. Sam Shaw a donc photographié le tournage en couleur sur le plateau ; l’une de ces photos, inédite, figure dans le livre.

 
 
23 juin 2026

19/07/1955 : Al Kawakeb (Égypte)

 

19/07/1955 : Al Kawakeb (Egypte) 

Contenu : article de deux pages 

 

 

 

Article consacré à Marilyn Monroe, signé par le correspondant hollywoodien Salim Ammar. Illustré par trois photographies promotionnelles de Frank Powolny en 1953 de la 20th Century-Fox, l'article témoigne de la popularité internationale croissante de Marilyn Monroe au milieu des années 1950. Sa présence dans l'un des principaux magazines de cinéma du monde arabe montre que son image circulait largement bien au-delà de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

 

 

 

22 juin 2026

Bettina auf Schloss Seecurt

 

Titre : Bettina auf Schloss Seecurt

Auteur : Sonja Lind (probablement un pseudonyme, l'auteur réel est souvent difficile à identifier) 

Pays : Allemagne

Date de publication : 50's-60's 

Style : roman sentimental pour femmes

Informations : s'agit-il d'une couverture rigide ou d'une couverture style fascicule en vente en kiosques style Romanhefte ?

Les Romanhefte étaient de petits romans populaires qui racontaient des histoires sentimentales, des romans de château, des romans médicaux, des romans policiers, des romans d'amour.

Publié dans la catégorie des livres dans les romans divers, qui n'ont aucun rapport avec Marilyn Monroe

Couverture : Photo publicitaire pour le film Love Nest, 1951. 

 

 

21 juin 2026

13/01/1951 : Publicité Chili

 

 

Cette annonce témoigne de la diffusion précoce de son image dans la presse sud-américaine, avant même son accession au rang de star internationale.

 

 

20 juin 2026

10/1954 : Art Photography (Usa)

 

 

 

10/1954 : Art Photography (Usa) 

Couverture : Frank Powolny (1952) 

Contenu : article de 6 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

Traduction de l'article 

 

HAMBURGERS ET CHEESECAKE

Par Emmeline Snively


Directrice de Blue Book Models
Photographies créditées aux auteurs mentionnés.

 

 

 

Les photographies  Évolution d'une reine du cinéma. De gauche à droite :

 

1945 - en bas à gauche : Début d'une carrière : première photographie de Marilyn prise par David Conover.

1946 -en bas au milieu : Premier travail de mannequin : campagne réalisée par Larry Kronquist pour American Airlines.

1946 -en bas à droite : Une rencontre avec un coiffeur apporte les changements que Richard Miller immortalise en photo.

1954 -(page de droite) Aboutissement d'un conte de fées moderne : Marilyn aujourd'hui.


 

 

Légendes des photographies

 

Page de gauche en haut à droite :

Voici à quoi ressemblait sa fiche d'inscription avant d'être dactylographiée.

Norma Jean Dougherty, 20 ans, mariée, taille 1,68 m environ, mensurations 36-24-34, cheveux blonds bouclés, yeux bleus, dents parfaites.)

 

Photographie de gauche (Richard Miller et Marilyn)

Le bikini a peut-être commencé avec Marilyn. Le photographe Richard Miller, que l'on voit ici avec son modèle favorite, la photographiait sur une plage lorsqu'elle retira la jupe d'un maillot de bain trois pièces pour la photo visible à droite.

 

Photographie de droite (maillot deux pièces)

(Pas de légende propre ; elle est directement liée au commentaire précédent.)

Photographie du bas

La photo préférée de Miller, présentée à un concours de magazines, fut ignorée par les rédacteurs.

 

Page de droite : 

Photos du milieu :

Coopérative et sachant bien suivre les instructions, Marilyn devint rapidement la favorite des photographes. Malgré l'opinion générale selon laquelle elle était trop mince — ils lui faisaient manger des hamburgers — chacun l'interprétait différemment, comme on peut le voir ici :

en haut à gauche, John Randolph la voyait comme un type de beauté de plein air ;

à droite, Farr-Hueth comme un mannequin de mode ;

en bas à gauche, Earl Leaf la représentait comme une vedette sophistiquée ;

à droite, Joe Jasgur comme une jeune femme « peu sexy ».

 

 

Légendes page de gauche : 

 

Le panneau de couvertures : Symbole du succès : le panneau d'affichage de Marilyn présente les résultats de dix-huit mois de carrière comme mannequin. Les couvertures de magazines et les coupures de presse l'ont aidée à remporter le concours tant convoité des cover girls.


Légende de la photo en maillot

Le cheesecake est indispensable aux jeunes vedettes. Cette photo d'Earl Leaf a été prise alors que Marilyn se préparait pour son rôle.

Page de droite : Marilyn Monroe en Corée. 

 

 

 

J'ai un petit bureau, avec seulement deux téléphones, mais ils sonnent tous les deux sans arrêt.

En août 1945, alors que je venais tout juste de raccrocher les deux combinés, je levai les yeux de mon bureau et vis le photographe Potter Hueth accompagné d'une jeune fille que je n'avais jamais vue auparavant. Son nom, disait Potter, était Norma Jean Dougherty. Elle observait attentivement les couvertures de magazines accrochées à mon mur.

-« Ces filles sont si jolies », dit Norma Jean, aujourd'hui connue sous le nom de Marilyn Monroe. « Pensez-vous que je pourrais un jour devenir cover girl ? »

Mon ami Potter Hueth amena Marilyn à l'école de mannequins Blue Book afin que je puisse juger de ses possibilités dans le mannequinat. Il l'avait rencontrée par l'intermédiaire de David B. Conover, qui travaillait dans la même usine de défense où Marilyn était employée.

Elle avait participé à un concours de beauté organisé dans l'usine et, bien qu'elle n'en ait pas été la gagnante, elle lui semblait posséder un excellent potentiel photographique.

Nous remplîmes alors une fiche d'inscription pour Marilyn pour l'appliquer au coût de sa formation.

Son cursus comprenait à la fois le mannequinat de mode et le mannequinat photographique, mais après l'avoir vue en maillot de bain, je savais qu'avec un minimum de préparation je pouvais déjà commencer à l'envoyer chez les photographes. Marilyn était une élève enthousiaste et préféra dès le départ le mannequinat photographique au mannequinat de mode. Elle suivait régulièrement ses cours et se rendait à chaque entretien que je lui obtenais sans jamais se plaindre.

Les mannequins se découragent souvent lorsqu'elles passent beaucoup de temps à des entretiens qui n'aboutissent à rien. Mais ce n'était pas le cas de Marilyn. Bien des fois, elle fut refusée pour un travail de mode parce qu'elle ne correspondait pas à une taille 12. Les vêtements étaient souvent trop serrés au niveau de la poitrine alors qu'ils lui allaient parfaitement partout ailleurs. Pourtant, elle continuait d'essayer. Qu'elle obtienne ou non le travail, elle se faisait un ami à chaque entretien.

Marilyn avait remarqué les magnifiques mannequins Blue Book qui ornaient les couvertures de magazines affichées sur les murs du bureau. Elle voulait devenir une cover girl.

Le photographe Potter Hueth, qui avait été le premier à la présenter à Marilyn, s'associa avec Bob Farr pour réaliser des couvertures « spéculatives ». Cela signifie que les photographes fournissent les idées et la pellicule, tandis que le mannequin apporte les vêtements ou costumes et son temps. Si les photos sont vendues, elle reçoit un pourcentage du produit de la vente.

Grâce à cette formule, Marilyn acquit une expérience précieuse devant l'appareil, expérience indispensable à un mannequin photographique. Farr et Hueth lui remettaient ensuite les tirages noir et blanc ainsi que les sélections issues de leurs diapositives couleur afin qu'elle les étudie, s'améliore et les conserve dans son album personnel.

Cette expérience précoce porte aujourd'hui ses fruits.

Potter appréciait son allure de « fille d'à côté » et son naturel, mais il ne parvenait pas à vendre les photos. Elles étaient trop naturelles, pensait-il. Plus tard, lorsque ses cheveux furent lissés et transformés en un blond plus uniforme et plus doré, Farr et Hueth essayèrent de nouveau avec de bien meilleurs résultats.

À cette époque, Marilyn déclara qu'elle aimerait peut-être faire de la figuration ou obtenir de petits rôles au cinéma. Potter et Bob lui répondirent tous deux qu'ils ne le conseilleraient pas à une si jolie jeune fille.

Les photographes amateurs comme professionnels furent responsables de la première ascension de Marilyn Monroe vers la célébrité. Peu de gens réalisent qu'elle était déjà un mannequin confirmé et une cover girl bien établie avant même de lire son premier scénario.

Le premier travail photographique rémunéré de Marilyn lui fut obtenu par Larry Kronquist pour American Airlines et fut réalisé dans les installations de Douglas Aircraft. Comme beaucoup d'autres photographes, Larry rencontra d'abord Marilyn à l'hôtel Ambassador puis l'engagea pour une séance montrant l'intérieur d'un avion, ses couchettes aménagées et Marilyn. Pour cette séance, elle portait une nuisette noire très sexy et conservait encore sa coiffure naturelle.

Kronquist avait toujours eu l'intention de l'utiliser en extérieur avec une planche de surf afin de mettre en valeur son allure saine et sportive, mais il ne trouvait jamais le temps nécessaire.

Le photographe de magazine Joe Jasgur utilisa Marilyn pour un reportage photographique. Sa réaction à son égard fut différente de celle des autres photographes. Il la trouvait trop mince et pas assez séduisante. Pour cette raison, il l'enveloppa dans un costume très couvrant sur le toit de la station de télévision Don Lee. Inquiet de sa maigreur, Joe lui acheta des hamburgers chaque fois qu'il pensait qu'elle avait faim.

Et elle les mangeait !

Marilyn acceptait facilement les indications qu'on lui donnait. Son grand sourire, ses yeux ouverts et expressifs - la plupart de ses lèvres-ses expressions s'améliorèrent constamment.

Elle étudiait ses photographies, analysait ses poses et ses angles. Elle prenait son métier de mannequin aussi sérieusement qu'elle prend aujourd'hui son métier d'actrice.

La plus grande amélioration chez Marilyn fut obtenue grâce à un changement de coiffure. Elle avait toujours cru au naturel et rejetait toute suggestion visant à éclaircir ses cheveux ou même à les coiffer différemment.

Ses cheveux étaient très bouclés et donnaient un aspect difficile à discipliner. Ils l'empêchaient de porter correctement les chapeaux et étaient tout sauf la coiffure lisse et soignée exigée dans le mannequinat.

La chance prit la forme d'une publicité nationale pour un shampoing. Marilyn fut sélectionnée et confiée aux célèbres coiffeurs Frank et Joseph. Ils lui prodiguèrent exactement les soins nécessaires pour tirer le meilleur parti de ses cheveux blonds. D'abord une permanente destinée à les rendre plus faciles à coiffer, puis une autre permanente réalisée uniquement aux pointes afin de leur donner davantage de forme. Enfin, ils furent décolorés afin d'éliminer leur teinte de blond terne. À la suite de ce traitement, Marilyn apparut comme une véritable blonde dorée.

Nous étions alors en février 1946.

Chez Blue Book Models, nous n'avons jamais inscrit Marilyn à un concours de beauté - bien que j'aie toujours pensé qu'elle aurait été une excellente candidate -parce qu'elle était déjà mariée à cette époque.

Beaucoup d'autres élèves remportaient des cadeaux, des voyages et une reconnaissance qui auraient demandé des années de travail autrement. Le fait d'être mariée la disqualifiait dès le départ et lui ôtait l'avantage supplémentaire que ces concours auraient pu lui apporter. Richard C. Miller rencontra Marilyn après qu'elle eut éclairci et lissé ses cheveux. Il l'apprécia davantage que n'importe quel autre mannequin qu'il avait photographié.

La photographie reproduite page 6, réalisée à partir d'une transparence couleur, était sa préférée. Il l'inscrivit au concours « My Favorite Picture » du magazine Cosmopolitan.

Imaginez la consternation de Dick lorsque les juges estimèrent que la jeune femme n'était pas assez jolie.

Leur jugement ne modifia cependant pas son opinion. Dick photographia Marilyn dans ce que l'on appelle aujourd'hui un « bikini ». À l'origine, il s'agissait pourtant d'un maillot de bain trois pièces ; elle avait simplement retiré la jupe. Il n'est donc pas étonnant que cette photographie ait fait sensation. Escalader un amas de rochers et réaliser des autoportraits faisaient partie du quotidien d'une cover girl, et Marilyn ne faisait pas exception. Son esprit coopératif et sa bonne humeur lui furent très utiles lors de ces séances en extérieur, comme le montrent ces clichés réalisés avec Dick Miller.

Dick photographia Marilyn lors de nombreux déplacements et dans une grande variété de costumes. La première couverture de magazine qu'il vendit avec elle la montrait portant sa propre robe de mariée pour un numéro de Personal Romances. J'avais beaucoup d'amis parmi les photographes et les illustrateurs. Ils étaient toujours à la recherche de nouveaux visages. Naturellement, Marilyn et moi étions intéressées par le fait qu'elle soit découverte ; aussi je les appelais pour leur parler d'elle et leur expliquer qu'elle était toute nouvelle. Elle changeait si rapidement qu'elle semblait nouvelle en permanence.

De nombreuses photos de couverture représentant Marilyn furent publiées à la même période, mais elles paraissaient toutes très différentes les unes des autres. Si vous ne l'aviez pas connue, vous n'auriez pas reconnu certaines de ces images, bien qu'elles aient été réalisées dans un intervalle d'à peine dix-huit mois.

André de Dienes réalisa sa première couverture, avec un agneau, pour The Family Circle en avril 1946.

Vinrent ensuite rapidement les photographies de Bernard of Hollywood pour Salute et Laff, celles de De Dienes pour Pageant, celles de Miller pour ses couvertures, et..Déjà ici, on voit quelque chose d'intéressant : contrairement à beaucoup de récits ultérieurs qui présentent Marilyn comme une découverte miraculeuse, Snively décrit un véritable travail de construction d'image. Elle insiste sur les photographes, la coiffure, les essais, les couvertures vendues progressivement, et surtout sur la diversité des images produites en seulement dix-huit mois, et les photographies de Lazlo Willinger pour Parade.

(Nota Bene : Emmeline Snively se mélange un peu les pinceaux entre les photographes et les magazines, par exemple La couverture Salute est attribuée à Willinger, Parade à André de Dienes, etc...) 

Cela peut sembler contradictoire, mais ses photographies étaient difficiles à vendre. Les agences photographiques de New York n'étaient pas particulièrement enthousiastes à son sujet. Les directeurs artistiques des magazines soulignaient certains défauts dans ses angles de pose. Pourtant, les photographes eux-mêmes, depuis les amateurs jusqu'aux professionnels les plus réputés, avaient confiance dans son attrait naturel. Ils étaient séduits par sa personnalité dynamique, sa photogénie et son apparence de jeune Américaine propre et saine. Ils reconnaissaient qu'elle possédait ce petit quelque chose qui passe bien à l'écran.

Certes, elle dut apprendre à ne pas sourire trop largement, ce qui avait tendance à élargir son nez, mais elle conserva toujours son sourire spontané. Elle dut également surveiller ses genoux hyperlaxes afin de ne pas les verrouiller complètement, ce qui donnait une posture raide et peu naturelle. Cette particularité est même devenue par la suite un atout. De nombreuses photographies récemment publiées ont utilisé cette pose, qui aurait été inacceptable pour la plupart des mannequins. Le regretté John Randolph fut l'un des premiers photographes importants à utiliser Marilyn pour des couvertures couleur.

Sa photographie prise durant l'hiver 1945 la montre avec ses cheveux bouclés naturels, lesquels photographiaient plus foncés qu'ils ne l'étaient réellement. Plus tard, à mesure qu'elle progressait et que sa coiffure changeait, John reprit ses idées de séances en extérieur, cette fois en couleur. À cette époque, Marilyn était devenue l'une des cover girls les plus populaires. Malgré cela, son avenir restait loin d'être assuré. Avec toutes les jolies mannequins d'Hollywood, il n'y avait tout simplement pas assez de travail pour tout le monde. Alors qu'elle poursuivait sa carrière de mannequin, elle était constamment approchée par de petits agents de cinéma.

Afin de se protéger de toutes ces offres contradictoires et parfois confuses, elle signa avec l'agence Helen Ainsworth, qui l'envoya rapidement passer un essai à la Twentieth Century-Fox.

Il faut se rappeler que Marilyn n'avait alors aucune formation dramatique. Tout ce qu'elle possédait, c'étaient les coupures de presse de ses travaux de mannequinat publicitaire, ses couvertures de magazines et plusieurs diapositives couleur que les photographes lui avaient offertes avec leurs meilleurs vœux. Les photographes et les couvertures de magazines l'avaient aidée à mettre un pied — et même une jolie jambe — dans la porte menant à la célébrité cinématographique.

À partir de ce moment-là, la petite blonde adorable baptisée Norma Jean Dougherty, qui se demandait autrefois si elle pourrait un jour devenir cover girl, céda définitivement la place à une autre personnalité.

Il ne s'écoula que dix-huit mois entre le jour où Potter Hueth l'amena dans mon bureau et celui où elle passa son premier essai au cinéma. Les résultats furent si convaincants qu'on lui fit immédiatement signer un contrat de comédienne sous contrat. Elle n'avait pas seulement réussi.

Elle avait établi un nouveau record.

 


 

Il existe une version espagnole et une version allemande de ce magazine. 

La version espagnole "Fotografia artistica" a été publiée en janvier 1955. 

la version allemande Kunst und fotografie en novembre 1954. 

 

 

version espagnole
version allemande

 

16 juin 2026

04/1952: Filmland : MMMM- C'est Marilyn !

 

04/1952 : Filmland (Usa)

Couverture : Ava Gardner

Contenu : reportage de 5 pages

 

 

Staff photographes : 

 

 

 

 

Le texte de cet article n'est pas particulièrement original. En réalité, il recycle déjà le récit promotionnel que la Fox commence à diffuser en 1951-1952 : l'orpheline devenue star, Van Nuys, le contrat Fox non renouvelé, Natasha Lytess, le travail acharné, la volonté de devenir une « vraie actrice ».

Ce qui est intéressant dans cet article c'est le reportage photos. Depuis longtemps, ces photos ont été découpées et sorties de leur contexte, alors que Filmland essaie déjà de convaincre ses lecteurs que Marilyn travaille sérieusement pour devenir actrice. Quand ces photos circulent isolément sur Internet, on voit seulement  Marilyn en maillot,  Marilyn en pin-up, Marilyn en robe moulante, Marilyn coupant un gâteau une Miss Cheesecake, ou Marilyn posant pour un photographe. Sorties de leur contexte, elles semblent confirmer le cliché habituel  celui d'une "Marilyn n'était qu'une pin-up sexy des années 1950."

Quand on replace ces mêmes images dans le reportage complet publié dans ce magazine, le sens change complètement. Le reportage construit délibérément un récit, les photos de Natasha Lytess, Phil Moore, l'étude des scénarios, le retour au lycée, les exercices physiques et les essais devant la caméra. Les séances photo sont décrites comme une étape de préparation à sa carrière. Filmland essayait de construire un portrait plus complet que celui d'une simple pin-up. La légende de la photo de Marilyn coupant son gâteau de Miss Cheesecake est révélatrice car elle montre que dès 1952 le magazine évoque déjà son désir d'échapper à l'image de simple pin-up.

 

The text of this article isn't particularly original. In fact, it recycles the promotional narrative that Fox began airing in 1951-1952: the orphan turned star, Van Nuys, the non-renewal of her Fox contract, Natasha Lytess, the hard work, the determination to become a "real actress."

What's interesting about this article is the photo report. For a long time, these photos have been cropped out of context, even though Filmland was already trying to convince its readers that Marilyn was working seriously to become an actress. When these photos circulate in isolation on the internet, all you see are: Marilyn in a swimsuit, Marilyn as a pin-up, Marilyn in a tight dress, Marilyn cutting a Miss Cheesecake cake, or Marilyn posing for a photographer. Taken out of context, they seem to confirm the usual cliché that "Marilyn was just a sexy pin-up girl of the 1950s."

When you put these same images back into the complete report published in this magazine, the meaning changes completely. The report deliberately constructs a narrative, featuring photos of Natasha Lytess and Phil Moore, script studies, a return to high school, physical exercises, and screen tests. The photo shoots are described as a step in preparing her for her career. Filmland was attempting to create a more complete portrait than that of a simple pin-up girl. The caption of the photo of Marilyn cutting her Miss Cheesecake cake is revealing because it shows that as early as 1952 the magazine was already evoking her desire to escape the image of a simple pin-up.

 

copyright Boomerang_

 

 

Légende des photos 

 

Page de gauche : 

Quelque chose qui donne envie de siffler : voici Marilyn au meilleur de sa forme aujourd'hui.

Photos : Globe et Art Weismann.


Marilyn remet des vêtements d'écolière et retourne dans son ancien collège pour une visite. À l'époque, elle n'osait même pas rêver à une carrière au cinéma.

Page haut gauche

Elle s'arrête pour bavarder avec quelques élèves actuels du lycée Emerson Junior High et constate que les choses n'ont pas beaucoup changé parmi les amateurs de manuels scolaires.

Page de droite  (haut centre)

Marilyn rejoue son « pointage à l'embauche » à la Radio Plane Company de Van Nuys, Californie, où elle travailla en 1944 et 1945. Bien loin des studios de cinéma !

Page haut droite

À l'époque où elle essayait de percer à Hollywood, Marilyn vivait avec d'autres jeunes femmes ambitieuses au Studio Club. Elle y faisait sa lessive ; elle la fait toujours.

Page de droite bas

La jolie silhouette de Marilyn n'est pas un hasard. Elle prend l'exercice physique très au sérieux et passe des heures à courir et à s'entraîner avec des poids.

 

 

 

Légendes des trois dernières pages 

Photo Natasha Lytess

Natasha Lytess, professeur d'art dramatique de Marilyn, est également devenue son amie proche. Les amis sont une nouveauté pour Marilyn, qui a connu une enfance solitaire.

Marilyn lisant un scénario sur son lit

Chez elle, Marilyn étudie le scénario de l'un de ses films récents, Let's Make It Legal (Chéri, divorçons). Son tout dernier succès est Clash by Night pour la RKO.

Phil Moore

Le professeur de chant Phil Moore considère la voix de Marilyn comme l'une des plus séduisantes d'Amérique. Il lui donne des cours hebdomadaires et estime que son talent est exceptionnel.

Séance photo pin-up

La préparation de Marilyn à une carrière cinématographique a notamment comporté du mannequinat pour des photographies publicitaires, des pin-up et des couvertures de magazines. C'est ainsi qu'elle a appris l'aisance et le maintien qui la caractérisent.

Page de milieu 


Marilyn devant son courrier

Le visage et la silhouette de la jeune vedette blonde sont bien connus des militaires ; en témoignent les piles de courrier de fans qu'ils lui envoient chaque jour.

Marilyn avec Robert Wagner

Parmi les obligations de studio de Marilyn figurent des essais devant la caméra avec d'autres jeunes acteurs sous contrat, comme Robert Wagner, lui aussi destiné à devenir une vedette. Une bonne chose pour Bob !

Marilyn coupant un gâteau

La "Reine du Cheesecake" Marilyn découpe un gâteau qui lui est dédié. Un jour, elle espère laisser derrière elle les rôles sexy et accéder à de véritables rôles dramatiques.

 

Page de droite 


Marilyn marchant dans la rue

Ces messieurs ne sont pas les seuls à s'arrêter pour regarder lorsque Marilyn Monroe passe dans la rue. Elle attire tous les regards, impossible de le nier.

Marilyn avec des chapeaux

Les maillots de bain ne mentent pas ! Les 118 livres (environ 53,5 kg) de Marilyn se répartissent harmonieusement sur une poitrine de 36½ pouces, une taille de 23 pouces et des hanches de 34 pouces. Une silhouette remarquable.

 

Marilyn dans une robe en toile de sac

Un directeur de casting déclara un jour : "Cette fille serait belle même dans un sac." Nous l'avons pensé nous aussi ; et pour le prouver, la voici.

Marilyn assise dans un arbre

Cette photo ne possède pas de légende individuelle.

 

Légende générale qui conclue le reportage :

Le sourire provocant qui a rendu Marilyn célèbre trouvera un jour sa place parmi les femmes les plus belles et les plus talentueuses d'Hollywood.

 

 

Traduction de l'article : 

 

Mmmm -c'est Marilyn !

 

D'orpheline à reine des pin-up ("cheesecake queen"), puis actrice sérieuse... est-ce là l'histoire du succès de Marilyn Monroe ? La jeune vedette provocante a déjà franchi la première étape et travaille maintenant avec acharnement à une prometteuse carrière dramatique...

Hollywood regorge d'histoires où les rêves deviennent réalité, mais l'ascension phénoménale de Marilyn Monroe est celle d'une jeune fille qui n'osait même pas rêver. Orpheline durant son enfance, ballottée d'une famille d'accueil à une autre, maladroite et peu sûre d'elle comme beaucoup d'adolescentes, elle s'est soudain transformée, presque miraculeusement, en une jeune femme d'une beauté saisissante, tant par son visage que par sa silhouette.

Mais les difficultés de Marilyn n'ont pas disparu simplement parce qu'elle s'est retrouvée dotée d'un charme physique exceptionnel, d'une voix sensuelle et d'une nouvelle assurance.

Sachant que les jolies filles étaient très nombreuses à Hollywood, elle est allée travailler dans une usine aéronautique afin de s'assurer un revenu régulier. En parallèle, elle a posé comme mannequin et appris de nombreux trucs de maquillage et de maintien qui lui ont ensuite été utiles dans le cinéma. Pendant un seul mois, sa photo est apparue sur quatre couvertures de magazines, et Howard Hughes en remarqua une.

Les occasions se sont ensuite présentées toutes ensemble. Avant que Hughes ne puisse la recruter, la 20th Century-Fox lui fit signer un contrat d'un an. Comme tant d'autres jeunes espoirs du cinéma, Marilyn était folle de joie ; elle croyait avoir enfin sa grande chance. Mais son premier rôle à la Fox finit sur le plancher de la salle de montage et, après un an, elle se retrouva à nouveau hors du système des studios.

À ce stade, une jeune fille moins déterminée aurait peut-être abandonné tout espoir de carrière cinématographique. Marilyn décida au contraire qu'il était temps de mener une véritable campagne pour devenir une actrice dont les rôles ne seraient plus destinés à être supprimés au montage.

« C'est alors que j'ai compris qu'une actrice devait réellement savoir jouer », explique la jolie vedette en parlant de cette période difficile de sa vie.

Elle suivit les cours de Natasha Lytess, l'une des meilleures professeures d'art dramatique d'Hollywood, et passa des heures à étudier les techniques de jeu.

Et cela porta ses fruits. Un petit rôle dans A Ticket to Tomahawk puis des rôles modestes mais solides dans The Asphalt Jungle et All About Eve,  deux des films les plus remarqués de 1950. Dans ces deux productions, la silhouette séduisante de Marilyn — cinq pieds quatre pouces et demi (environ 1,64 m) — était soutenue par un talent authentique et indéniable.

À nouveau sous contrat avec la 20th Century-Fox, Marilyn est désormais soigneusement préparée à la célébrité. Ses nouveaux rôles dans Let's Make It Legal et Night Without Sleep sont de plus en plus exigeants. Enfin, Marilyn a l'occasion de prouver qu'elle est bien davantage qu'une simple pin-up.

Elle ne considère pas son succès récent comme quelque chose d'acquis. Après de longues journées au studio, elle consacre la plupart de ses soirées à des cours de diction, d'expression corporelle, d'art dramatique et de littérature à l'université. Elle admire les grandes tragédiennes du passé et possède une photographie d'Eleanor Duse.

Et l'amour ? Un mariage précoce -Marilyn avait à peine seize ans - motivé par sa solitude prit fin deux ans plus tard.

« Nous étions des enfants », dit-elle. « Nous ne savions pas ce que nous faisions. »

Depuis, elle a été trop occupée à construire sa carrière pour consacrer beaucoup de temps à une relation sérieuse. Mais il serait difficile de croire qu'une jeune femme aussi séduisante que Marilyn Monroe, à vingt-trois ans, restera longtemps célibataire, même dans le Hollywood du glamour !

 

16 juin 2026

12/ 1952 : Calendrier

Mission Orange drink 

 

 

Publicité et calendrier de décembre 1952, pour une publicité pour du jus d'orange américaine Mission orange drink. 

 

Marilyn Monroe photographiée par Paul Parry un photographe hollywoodien peu documenté aujourd'hui, Paul Parry dirigeait un studio sur Sunset Boulevard en 1946. Il réalisa plusieurs séances avec Norma Jeane Dougherty en 1946, alors mannequin à l'agence Blue Book. Ses négatifs et transparents originaux, longtemps restés inédits, ont refait surface lors d'une vente Bonhams en 2019.

 

Advertisement and calendar from December 1952, for Mission Orange Drink, an American orange juice brand.

Marilyn Monroe photographed by Paul Parry, a little-known Hollywood photographer who ran a studio on Sunset Boulevard in 1946. He did several photo shoots with Norma Jeane Dougherty in 1946, then a model with the Blue Book agency. His original negatives and transparencies, long unseen, resurfaced at a Bonhams auction in 2019.

 

 

 

 

 

12/ 1952 : Calendrier
12/ 1952 : Calendrier
12/ 1952 : Calendrier
12/ 1952 : Calendrier
12/ 1952 : Calendrier
14 juin 2026

1950 : Berman's The house of style

 

Publicité pour les vêtements Berman, publiée dans diverses journaux américains en mai 1950. 

Marilyn Monroe dans The fireball, 1950

 

 

Advertisement for Berman clothing, published in various American newspapers in May 1950.

Marilyn Monroe in The Fireball, 1950

 

 

 
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