Bienvenue sur ce blog entièrement consacré aux couvertures de magazines, livres, catalogues, la presse en général, sur Marilyn Monroe, depuis 1946 jusqu'à nos jours.
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Cet article n'est pas vraiment intéressant pour expliquer que la presse en Europe ne savait rien en 1953 de Marilyn Monroe, car ce n'était pas le cas. Ce qui est intéressant de noter, c'est que cet article est le premier sur Marilyn Monroe publié dans le magazine Pour tous, magazine populaire à cette époque en Suisse, et comment le journaliste choisit malgré tout de construire une contre-vérité.
En effet, en février 1953, Marilyn Monroe n'est déjà plus une inconnue en Europe. Le magazine sait parfaitement qu'il parle d'une vedette. Il choisit plutôt de la rabaisser légèrement au moment même où sa célébrité explose.
C'est donc avec une certaine surprise que l'on découvre cet article intitulé :
« La Vérité sur Marilyn Monroe »
Cet article qui prétend rectifier sa biographie tout en accumulant des approximations, des affirmations fausses le tout avec un ton très sarcastique, voire méprisant.
En réalité ce journaliste (dont le nom n'est pas cité dans l'article) ne démontre rien. Il affirme que son enfance malheureuse aurait été imaginée par un impresario, (lequel ?) et va jusqu'à nier la réalité de son enfance en affirmant qu'elle « n'avait absolument rien eu de dramatique »,
qu'elle avait vécu « le plus normalement du monde »...
sans jamais citer aucune source.... "On" prétend, "On" dit, "On raconte"...Comme dirait ma grand-mère "On" est un idiot, pour rester polie.
De plus, ce journaliste qui prétend révéler la véritable Marilyn ne donne même pas correctement son nom puisqu'il explique qu'elle s'appelle Mary Jean Baker. Il nous parle d'une enfant qui « n'avait plus ni père, ni mère ». Malgré cette biographie qui aurait été inventée par un impresario ce journaliste conclue que Marilyn aurait trompé le public, avant d'être rapidement pardonnée parce qu'« on pardonne beaucoup aux jolies filles ».
La boucle se referme sur la « femme la plus solitaire d'Hollywood », dont le journaliste demande quand elle trouvera enfin son « prince charmant ».
En conclusion, ce qui est surprenant dans cet article c'est qu'il ressemble davantage à ceux publiés après son décès dans les décennies qui ont suivies, qui ont la prétention à nous révéler enfin « la vraie Marilyn ». En réalité, en février 1953, certains journaux dasn certains pays avaient déjà commencé.
Yves Montand vous parle de new-York, de Hollywood et de Marilyn Monroe
Du 8 septembre 1960 au 22 septembre 1960, le magazine Suisse L'Illustré publie sur trois numéros consécutifs, le témoignage d'Yves Montand qui évoque son séjour en Amérique, sa rencontre avec Marilyn Monroe et le tournage de Let's Make love.
NB : Ne sont retranscrits que les passages qui parlent de Marilyn.
08/09/1960
Dans le premier article de trois pages, du 8 septembre 1960 Yves Montand raconte par écrit « dans un style qui n’appartient qu’à lui » les circonstances de son voyage en Amérique, sa conquête de Broadway et évoque brièvement le soir où Marilyn Monroe se trouvait dans la salle pendant son "one man Show," Ces souvenirs ont été rédigés dans l'avion pendant les treize heures de vol Los Angeles -Paris quand Montand regagna la France après la fin du tournage.
La Monroe tout ce que je pouvais rêver
Pendant de longs moments, je contemplais dans la pénombre l’immense salle pleine de fauteuils vides. Je pensais à tous les gens qui, ce soir, viendraient s’assoir pour m’entendre dans mon « One man Show ».
Dans l’après-midi, pendant la pause des musiciens, tandis que je réglais pour la dernière fois les micros et les éclairages, Norman Granz vint annoncer une nouvelle formidable : Marilyn Monroe avait décidé d’assister à la générale !
Marilyn Monroe ! Eh bien Oui ! Marilyn « soi-même » ! Je ne vais pas vous faire de baratin, mais je vous demande de me croire, quand je vous jure que, sur le moment, ça m’a coupé les jambes. La Monroe viendrait donc ce soir poser sa ravissante personne dans un des fauteuils vides que je contemplais toute à l’heure ! Quel travail ! Car la Marilyn, ça m’impressionnait. C’était tout ce que je pouvais rêver de mieux ! C’était la réincarnation de la merveilleuse Clara Bow, dont j’avais, du temps que j’étais môme, épinglé la photo sur le mur de ma chambre de la Coburcelle, à Marseille.
J’étais fou de joie !
Montand explique son angoisse avant de monter sur scène, et regarde par le trou du souffleur la salle qui se remplit peu à peu :
- Je fouille la salle pour essayer de découvrir Marilyn. Tiens, tiens, tiens, mais c’est Montgomery Clift qui entre...Dis donc ! Quelle salle ! Et ce diable de trac qui me tort le ventre.
Montand raconte son concert, son ovation lorsqu’il se termine, les félicitations de Simone et son retour dans sa loge :
-Dans ma loge, ce fut aussitôt la ruée. Une ouvreuse réussit à se frayer un chemin à travers la cohue pour m’apporter un petit papier sur lequel étaient griffonnés ces quelques mots « Bravo ! C’était sensationnel ! Je suis obligée de me sauver parce qu’Arthur est malade, mais à bientôt ! Love, Marilyn »
16/09/1960
Second article du 16 septembre 1960
Elle me fait des spaghetti
Un soir de ma première semaine au Henry Miller Theater, une surprise merveilleuse m’attendait dans ma loge. Ce qu’était cette surprise ? Je vous le donne en mille...C’était Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller, qui venaient d’assister au spectacle et qui voulaient à tout prix nous emmener, Simone et moi, souper chez eux !
Vous parlez d’un truc ! Je ne vais pas vous faire un dessin, mais vous n’imaginerez jamais ce que ca m’a fait de me trouver soudain en face de Marilyn Monroe. Quelle femme ! Un charme, une beauté, une allure...Hou là là ! Et le « père » Miller, quelle gentillesse, quelle simplicité ! Je bichais comme un collégien de seize ans !
Croyez-le ou non, eh bien, c’est Marilyn elle-même qui mit le couvert, qui fit la cuisine et qui nous servit à table. En trois coups de cuiller à pot, la plus fabuleuse des stars s’était transformée en une exquise petite femme d’intérieur, toute simple et tout attentionnée.
-Yves, do you like spaghetti ?
Dites-donc, quand vous entendez Marilyn Monroe vous demander si vous aimez les spaghetti, vous avez envie de vous pincer pour vous assurer que vous n’êtes pas en plein rêve ! Bravo, Marilyn, tes spaghetti, je les ai trouvés formidables et je crois ...que je n’étais pas le seul. Pas vrai Simone ? Pas vrai, Arthur ?
Après le dîner on a mis quelques disques. Puis, grâce à Simone dont les talents d’interprète faisaient merveille, nous sommes restés de longs moments à bavarder avec l’un des couples les plus charmants que nous ayons jamais rencontrés. Devant nous, au-delà des immenses baies vitrées, s’étalait l’un des plus beaux spectacles du monde : Les gratte-ciel de New-York dont les millions de lumière créaient dans le ciel un formidable halo rouge.
En se quittant, on se fit tous les quatre une grosse bise et on jura de se revoir à Hollywood où Marilyn partait le surlendemain pour tourner « Let’s make Love » avec Gregory Peck.
…..
A l’hôtel le téléphone n’arrêtait pas de sonner. Comme je ne parlais toujours pas un mot d’anglais, c’était Simone qui répondait chaque fois…
-Sinatra nous invite à souper ! Gary Cooper aimerait nous avoir dimanche dans son ranch ! Le metteur en scène Billy Wilder donne une party pour nous !
C’était merveilleux ! C’était Incroyable ! Parfois aussi, on entendait soudain frapper à la porte.
-Je peux entrer ?
Et c’était Marilyn Monroe, dont le bungalow était situé en face du nôtre, qui venait demander à Simone un peu de beurre.. Comme ça...Timidement.
Un jour, que le téléphone sonnait, encore, je vis le visage de Simone s’animer d’une telle façon que je compris qu’il s’agissait de quelque chose de très important.
-Yves, Dinah Shore te propose de faire une télé …
.....
Re-dernière soirée avec les Miller. Le film de Marilyn était toujours en panne et le « père » Arthur s’arrachait les cheveux. Tous les impresarii d’Amérique «étaient sur les dents» pour découvrir un partenaire pour la belle Marilyn, mais sans succès. .. En toute circonstance, je me serais peut-être mis sur les rangs. Mais là, je vous assure que je n’ai pas pensé à moi une seconde. Cela me semblait tellement gros de jouer avec Marilyn, et puis j’étais tellement sûr de prendre l’avion pour Paris le jeudi suivant que le rôle pour lequel on cherchait désespérément une vedette masculine..;je ne songeais même pas à la solliciter. Non, tous les contrats de la terre, au paradis du cinéma, ne valaient pas à mes yeux les deux billets pour Paname que je tripotais des doigts au fond de ma poche !
C’est alors que ce sacré téléphone se mit à sonner…
Je deviens le milliardaire
La chambre du bungalow N°18 du Beverly Hills Hotel n’avait sûrement jamais connu pareil champ, de bataille.
« Les montand » faisaient leurs valoches. Car après demain, c’était le départ, l’avion pour Paname.
C’était chouette de rentrer et j’étais ravi d’arriver à temps pour passer les fêtes de fin d’année dans notre maison d’Auteuil, en Normandie, où tout nous attendait sous le sapin de Noël, la dinde dans la cheminée et tout et tout, quoi…
….
Mais voilà que « drelin, drelin... » le téléphone s’est mis à sonner. Je laissai à Simone le soin de répondre.
-Allo ? Ne quittez pas, je vous passe Mr Budly Adler, directeur de la 20th century Fox, lui dit au bout du fil une voix féminine.
-Allo ! Madame Montand ?
-Oui !
-Dites-donc, nous avons une proposition à faire à votre mari…
-Une proposition ? Mais ...Nous partons dans deux jours, dit Simone.
Un truc duquel tout comédien rêve
-C’est très important, très, très important ...Nous avons vu Yves dans son show d’Hollywood et à la télévision et nous aimerions lui demander s’il accepterait d’être le partenaire de Marilyn dans « Let’s make love ».
-Le partenaire deMarilyn Monroe ! S’étrangla Simone, le partenaire de Marilyn Monroe...Évidemment...mais….c’est embêtant, nous partons dans …
-Écoutez, mon mari n’est pas là pour l’instant ; il peut vous rappeler ?
Le visage de Simone était écarlate : « Tu as entendu ! Cria -t-elle. Dis, tu as entendu ! « On te propose de tourner le Milliardaire avec Marilyn ! ».
Nous partîmes tous les deux d’un fantastique éclat de rire !
Tourner avec Marilyn ! Non, c’est pas vrai ! C’était pas possible ! Je vous jure sur la tête de ma mère que sur le moment, je ne réalisais pas. J’étais comme assommé, hébété. Je ne savais pas si j’avais envie de rire, de râler ou de sauter au plafond. Car, vous devez comprendre que ce que cela peut vouloir dire pour un artiste de se voir tout à coup donner la possibilité de tourner un film avec la plus grande vedette de cinéma mondial. C’est un truc auquel tout comédien, tout acteur, tout mec qui a un peu d’ambition rêve, rêve toute sa vie. Quand j’ai fini par croire que tout ça était sérieux, que vraiment un gars venait de téléphoner pour faire cette proposition, qu’en somme ce n’était pas un rêve, sous savez quelle a été ma toute première réaction : Eh Bien ! Je me suis dit : « Zut !...Notre Noël à Auteuil est fichu ! » Croyez-moi, c’est vrai !
Et puis, tout à coup j’ai explosé de joie ! Une joie à en crever ! Vous ne pouvez pas savoir ! Non ; c’était pas possible...C’était trop beau. J’en avais les larmes aux yeux. Toute ma vie, je me souviendrai de cet extraordinaire moment. Je serrais dans mes bras Simone, Simone qui ne pouvait que répéter ces mots : Formidable ! C’est Formidable !. Je hurlai de joie, de quoi ameuter tout le quartier.
Une dégelée de coups de poing ébranla alors la porte du bungalow. A peine Simone avait-elle ouvert que les Miller débouchèrent en trombe dans la chambre.
-Fantastique, c’est une idée fantastique ! Criait Marilyn.
Oui, fantastique, renchérissait Miller. Nous sommes de vrais imbéciles de ne pas y avoir pensé plus tôt !
Et hop ! En moins de deux, Marilyn avait couvert la table de caviar et de champagne pour célébrer l’évènement comme il convenait !
Adieu notre petit Noël normand ! Adieu la tournée au Japon (à qui la Fox versa sans hésiter soixante briques de dédommagement). Nous voilà lancés dans une nouvelle aventure qui risquait de durer un bon bout de temps. Une aventure grand style qui démarra à l’école.
Car vous devez vous en douter, ce n’était pas avec les quatre mots d’anglais que je baragouinais que j’allais pouvoir donner la réplique à Marilyn. Donc, ici Berlitz s’il vous plaît : douze heures par jour, je deviens un forçat de l’anglais : « Papa ouvre la porte....maman ferme la porte... » Enfin, vous voyez le travail.
Par chance-pardon Marilyn- ma partenaire tomba malade pour trois semaines, ce qui arrangeait bien mes oignons : c’était trois semaines de répit pour potasser mon anglais.
Puis un beau matin, une voiture de la production vint me chercher pour me conduire au studio. Ce studio ! Une ville dans la ville !
A l’entrée, un policier examina d’abord soigneusement le laisser-passer du chauffeur et de la voiture. Précaution indispensable pour se protéger des « fans » qui, à tout moment, envahiraient les plateaux.
Je passai ensuite au milieu d’un gigantesque parc automobile où se trouvent les échantillons de tous les véhicules possibles et imaginables, depuis la « trèfle » Citroën jusqu’aux autobus londoniens à impériales. Puis, tout à coupe je longeai un village français avec son église, son lavoir, sa mairie, son petit pont qui enjambe une rivière. C’était, m ‘indiqua le chauffeur, la réplique exacte du village où vécu Bernadette Soubirous. Il avait servi au film qui avait été tourné sur sa vie. Plus loin, je dépassai une gigantesque chaudière qui brûlait sans arrêt des tonnes de vieux décors et j’arrivai au pied des murailles d’un énorme château-fort, le décor du film « Les vikings »….
…. Nous abordâmes ensuite une colline et dans la descente, j’aperçus devant moi un village du far-West. Toute y était : la maison du shérif, la prison, le petit temple, le salon. C’était incroyable. Et puis, Hop ! La voiture s’arrêta. Plateau N°14 : c’était là qu’on tournait Let’s make love.
Silence. Marilyn Monroe est là.
Troisième article du 22 septembre 1960
Ma première scène d'amour avec Marilyn
Finis les cocktails, les dîners, les parties. Finie, la dolce vita, californienne. Pour tourner Let’s make love avec Marilyn Monroe, je suis devenu un forçat de l’anglais qui se lève à six heures du matin et se couche souvent tard après minuit…..
Dans le passage qui suit, Yves Montand raconte l’histoire du film.
Notre première séance de travail fut la répétition d’une scène dont je me souviendrai toute ma vie. Car ce genre de souvenir, croyez-moi se plante à jamais dans votre crane ! Elle avait pour cadre le plateau 14 dont les décors représentaient la scène d’un music-hall. Allongés côte à côte sur un praticable, Marilyn dans sa tenue de girl et moi dans mon sévère costume de « milliardaire » nous bavardions.
Marilyn était aussi intimidée que moi
A un certain moment, le metteur en scène ordonna à Marilyn de passer son bras autour de mon cou et de se blottir contre moi. Je devrais, moi, prendre un air extrêmement gêné.
-Oui, précisa le metteur en scène, vous devez avoir l’air très gêné parce qu’à ce point du scénario vous êtes follement amoureux de Marilyn, vous avez une envie terrible de l’embrasser, mais vous voulez que ces étreintes aient lieu dans l’intimité et non pas dans ce décor...comme ça se passerait réellement dans la vie.
« question gêne, pensais-je en moi-même, inutile de vous faire de la bile ! Je n’aurai pas besoin d’être un grand acteur pour avoir l’air gêné ! »
Car, je l’avoue, cette première étreinte de cinéma m’avait fait rougir. Pourquoi, parce que Marilyn, jusqu’à ce moment, ce n’était pour moi qu’une copine ! Et voilà que tout à coup, c’était devenu une partenaire dans un film d’amour ! Et quelle partenaire ! Donc, pour « l’air gêné » du scénario ; on ne pouvait pas faire mieux. Et pourtant, sans vouloir jouer les caïds, parce que ce n’est pas mon genre, je vous assure que j’ai déjà tenu dans mes bras pas mal de jolies filles !
Je sentis donc le bras de Marilyn Monroe glisser lentement derrière ma nuque et se refermer autour de mon cou. Puis, tout son corps se rapprocha du mien. Dans un coin du plateau, Arthur Miller regardait la scène avec attendrissement. Jamais je n’avais vu d’aussi près le merveilleux visage de la star la plus célèbre du monde. Eh bien, savez-vous ce que je découvris au cours de cette première scène d’amour inscrite au scénario du film ? Je découvris avec ravissement que Marilyn Monroe rougissait, elle aussi, comme une petite fille.
Vous n’imaginerez jamais l’extraordinaire impression que me fit cette découverte. Ainsi donc, la plus grande pin-up de l’écran, cette femme qui fait rêver des dizaines et des dizaines de millions d’hommes, sans chercher à rien cacher, qu’elle était aussi intimidée que moi…
C’était formidable !
C’était aussi très émouvant. C’était en tout cas, la preuve que tous les mythes qui font de la Monroe le « monstre » que vous savez sont des mythes absurdes. Marilyn , je venais de l’apprendre, est une femme, une vraie femme. Une femme qui peut rougir devant un homme.
Encore une fois, cette expérience confirmait ce que j’avais toujours pensé : les gars qui jouent les gangsters à l’écran sont dans la vie les plus paisibles des pères de famille. De même que les femmes qui incarnent les plus terribles vamps sont, en général, dans la vie des êtres « fleur bleue »des êtres tout ce qu’il y a de plus simple et d’humain.
Les retards de Marilyn
Chaque matin, à huit heures précises, une Cadillac de la production venait me cueillir devant notre bungalow et m’emmenait par le Sunset Boulevard, le boulevard du crépuscule, au studio de la fox.
Confortablement installé au fond de cette luxueuse voiture, les jambes allongées jusqu’au strapontins, heureux et détendu, j’apercevais chaque jour au fond de leur parcs les somptueuses demeures des caïds d’Hollywood.
J’arrivais toujours au studio longtemps avant Marilyn, car Marilyn, c’est de notoriété publique, arrive toujours et partout en retard. Chez elle, c’est pathologique. C’était déjà comme ça du temps où elle n’était qu’une petite figurante quasi famélique qui gagnait dix dollars par jour.
Cette « manie » lui a valu des histoires célèbres.
« Un jour, me raconte-elle, pour que je sois à l’heure au moment où je devais être présentée à la reine d’Angleterre, Laurence Olivier alla jusqu’à m’envoyer deux motards à mon hôtel pour m’ouvrir la route jusqu’au palais. Eh Bien ! Il s’en fallu de peu d’une seule minute que je n’arrive en retard : à l’instant où la reine faisait son entrée, j’arrivais pas une autre porte ! »
Ce qui m’a frappé chez Marilyn
Personnellement, les retards de Marilyn Monroe au studio arrangeaient bien mes oignons ! Car ils me donnaient un répit supplémentaire pour répéter dix fois, vingt fois, cent fois mon texte. Ce n’était pas de la tarte, je vous assure, de jouer la comédie dans une langue dont, voici quelques semaines encore, je ne baragouinais pas un traître mot.
Je vous ai dit quel effet extraordinaire elle m’a fait. C’est normal, n’est-ce-pas ? Quel homme normalement constitué n’eût pas ressenti devant la ,plus grande star de cinéma mondial, devant la pin-up N°1 du monde entier, ce que j’ai moi-même ressenti ? Hein, je vous le demande ? Mais ce que je voudrais que vous compreniez aussi, c’est ceci : » ce n’est pas seulement son extraordinaire côté « anatomique » qui m’a frappé chez Marilyn Monroe, c’est toute sa personnalité. Je ne vais pas vous faire un cours, mais quand mes amis de « Paris-Jour » m’ont demandé ce qui m ’avait spécialement frappé chez Marilyn, je leur ai répondu :
« un tas de choses ». Ce « tas de choses », le voilà en vrac :
- « Anatomiquement », ce sont d’abord ses mains qui m’ont le plus impressionné. Des mains très longues, très fines, très expressives. Des mains qui me rappelaient celles de Piaf. Puis, ce sont ses yeux. Des yeux d’un bleu très pur, des yeux qui vous regardent avec une extraordinaire intensité, une extraordinaire profondeur quand vous racontez quelque chose qui l’intéresse.
Ensuite, ce qui m’a frappé, c’est le côté paysan de Marilyn, un coté sain et naturel. A l’exception d’un petit collier d’ambre, je ne l’ai jamais vu de bijoux. Elle ne fume pas et ne boit pas. Mais elle mange énormément. Elle a l’appétit des gens qui ont eu faim. Je lui ai vu s’envoyer des pantagruéliques petits déjeuners avec des œufs, du jambon, du Haddock, des toasts, etc.. ;
-Professionnellement, Marilyn est une bosseuse comme j’en ai rarement rencontré. Elle n’est pratiquement jamais satisfaite de ce qu’elle a fait et demande toujours au metteur en scène une prise supplémentaire pour chaque plan tourné. Comme dit Simone, Marilyn c’est aussi le genre de chic fille, le genre « partageuse » « tu veux l’adresse d’un coiffeur ? Tu veux ce chapeau ? Tu veux cette recette de ci ou de ça ? « Ce qui m’a aussi beaucoup impressionné chez Marilyn, c’est cette impression de bonheur, de sérénité qui se dégage d’elle. Avec son Arthur, elle est merveilleuse. C’est l’amour. Pas une bavure. On en fait de l’œil à personne. On s’aime. C’est très joli, je vous assure, de les voir ensemble. Lui n’en revient pas d’être avec elle et elle n’en revient pas d’être avec lui. Ils s’épatent à longueur de journée. »
Sacré Marilyn ! Oui c’était vraiment formidable toutes ces semaines de travail ensemble ! C’était trop beau ! Car voilà qu’au bout de deux mois de tournage, un événement vint tout interrompre. La grève !
Je pleure comme un môme
Dans cette partie Yves Montand raconte l’Oscar de Simone, la mort du réalisateur Jean Becker, et son retour sur Paris.
.....
A la question :
-La fille que j’ai préféré ? Yves Montand répond
-Marilyn ! Je crois vous l’avoir assez dit.
Le gars qui m’a le plus impressionné ? Arthur Miller. Il se dégage de cet homme une profondeur, une sérénité, une simplicité extraordinaires ! Il m’a vraiment épaté le « père » Miller !
....
Parfois, peut-être, j’ai pu vous paraître un tantinet prétentieux ou ...faussement modeste. Eh bien, j’en suis navré. Car pour moi ces confidences, c’était simplement quelque chose que j’avais envie de vous donner, de vous offrir. Pourquoi ? Pour une raison bien simple : parce que si j’ai pu réussir en Amérique, c’est dans une grande mesure parce que j’ai d’abord pu franchir le difficile cap du français, le difficile cap qui porte le nom le plus prestigieux du monde qui s’appelle « Paris » !
Aie Aie Aie ! En relisant cette dernière phrase, je me dis : » Ca y est, tu remets ça ! » Alors, bonsoir, j’arrête.
En février 1960 le magazine Screenland consacre un article de deux pages sur les raisons qui ont poussé Gregory Peck à abandonner le film Let's Make Love pour lequel il avait été engagé aux côtés de Marilyn Monroe. Les répétitions de danse avaient déjà commencé et la publicité l'annonçait comme la vedette masculine principale du film. (Photo ci-contre)
La tonalité de l'article est à la fois moqueuse et révèle une vraie contradiction. Marilyn est "une sacrée chipie" parce qu'elle veut modifier son rôle alors que Gregory Peck est exigeant parce qu'il veut contrôler ses scénarios. L'article, à première vue est défavorable envers Marilyn puis étonnamment équilibré à la fin car ne donnant pas entièrement raison à Peck. Après avoir longuement expliqué que Marilyn veut modifier son personnage, Screenland reconnaît que Peck fait exactement la même chose lorsqu'il estime qu'un scénario ne lui convient pas.
En 1960, l'ancien récit médiatique sur Marilyn commence à ne plus suffire à expliquer son comportement professionnel. Elle reste « le problème Marilyn », mais le journaliste est obligé de reconnaître que derrière ce problème, Marilyn est devenue une actrice suffisamment puissante pour défendre la conception qu'elle a de ses rôles et de son travail.
L'auteur finit par donner au lecteur suffisamment d'éléments pour constater lui-même que la frontière entre « capricieuse » et « perfectionniste » dépend beaucoup de la personne dont on parle.
In February 1960, Screenland magazine published a two-page article detailing the reasons why Gregory Peck dropped out of the film Let's Make Love, for which he had been cast alongside Marilyn Monroe.
Dance rehearsals had already begun, and publicity had already billed him as the film's male lead.(Photo opposite)
The tone of the article is mocking while also revealing a genuine contradiction. Marilyn is labeled "quite a handful" for wanting to alter her role, whereas Gregory Peck is seen as demanding for wanting control over his scripts.
While the article initially appears critical of Marilyn, it proves surprisingly balanced by the end, as it does not entirely side with Peck.After explaining at length that Marilyn wants to change her character, Screenland acknowledges that Peck does exactly the same thing whenever he feels a script does not suit him.
By 1960, the old media narrative surrounding Marilyn was no longer sufficient to explain her professional behavior.She remained "the Marilyn problem," yet the journalist was compelled to admit that, behind this issue, Marilyn had become a powerful enough actress to stand up for her own vision of her roles and her work. Ultimately, the author provides the reader with enough information to realize that the line between being "capricious" and a "perfectionist" depends largely on the person being discussed.
Copyright :Boomerang_
Pourquoi Gregory Peck a quitté Marilyn Monroe
Par Mark Dayton
Traduction
S'ils avaient été attentifs en septembre, ils n'auraient peut-être pas été aussi stupéfaits en novembre. Ce n'est pas que la glamour Marilyn Monroe n'ait pas donné son avertissement. En septembre, alors qu'il était jugé trop risqué de laisser Khrouchtchev visiter Disneyland, mais sans danger de laisser le dirigeant soviétique assister à une scène de « Can-Can » avec Frank Sinatra et Shirley MacLaine aux studios de la 20th Century Fox, Marilyn avait déjà lancé un premier signal d'alarme, resté lettre morte. Le problème, c'est que tout le monde prêtait trop d'attention à la visite de Nikita et pas assez à celle de Marilyn.
S'ils avaient gardé un œil sur Marilyn plutôt que sur Nikita lors du déjeuner donné en l'honneur du chef d'État russe, la surprise aurait été bien moindre. Tandis que Nikita se trouvait incapable, du moins rétrospectivement, de supporter la vue d'une pléiade de danseuses de « Can-Can » souriantes et apprêtées, Marilyn, quant à elle, accumulait discrètement les points en coulisses. Elle avait accepté de partager l'affiche avec Gregory Peck dans « Let's Make Love », et lors de la visite de Khrouchtchev, elle s'est entretenue en toute discrétion avec son réalisateur préféré, George Cukor, le patron du studio, Buddy Adler, le producteur Jerry Wald et Norman Krasna, scénariste de son dernier film en tant qu'actrice sous contrat avec la 20th Century Fox, malgré ses réticences.
L'un des points essentiels qu'elle a réussi à faire passer lors de cette réunion avec les pontes de la production était qu'elle estimait que son rôle nécessitait d'être étoffé. Ce fut un véritable tour de force. À cet instant précis, si les pontes d'Hollywood n'avaient pas été de vieux voyants, ils auraient pressenti les troubles à venir. Mais tous étaient tellement occupés à connaître l'avis de Nikita qu'ils ont oublié de demander à Gregory Peck ce qu'il pensait de l'évolution du personnage de Marilyn.
Avant même que Marilyn ne s'impose plus ou moins comme actrice principale, les employés du studio, même les plus modestes, se préparaient à un véritable tollé.
« On se demandait », confia un vétéran du studio, « s'ils finiraient un jour le film. L'idée qu'ils ne le commenceraient même pas ne nous avait jamais effleurés. »
Ce pressentiment était dû à la conscience des attitudes fondamentalement différentes que Greg et Marilyn avaient cultivées envers leur art.
« Peck est très précis », fit-on remarquer. « Il est ponctuel. Il prend son travail au sérieux et attend la même chose des autres. Marilyn, bien sûr, peut décider en cours de tournage de ne pas venir. Avec elle, il est toujours possible qu'elle ne se présente pas à un rendez-vous. »
« Greg s'inquiète beaucoup », observa mon informateur VJT. « Il a beaucoup changé, et Marilyn aussi, comme chacun sait. Peck répète énormément maintenant. Il ne veut pas que quiconque sur le plateau le voie répéter. Il n'était pas comme ça avant. »
Marilyn, bien sûr, est comme ça depuis un bon moment.
Elle est célèbre pour ses crises de trac pendant le tournage d'un film. C'était la crainte de deux personnes hypersensibles, trop impliquées dans leurs propres phobies. En bref, la crainte était qu'une bombe à retardement soit sur le point d'exploser au milieu du tournage. Personne ne se doutait qu'il s'agissait en réalité d'un ananas à mèche courte, qui brûlait déjà joyeusement vers le point de détonation. Quand Marilyn arrivait au travail, elle était bien protégée.
D'un côté, sa professeure d'art dramatique, Paula Strasberg. De l'autre, son mari, le dramaturge Arthur Miller, la protégeait farouchement. Il semblait aussi obsédé par le bien-être de Marilyn que par les malheurs du monde. Arthur et Marilyn jetèrent un coup d'œil au scénario de travail – le « script bleu », comme on l'appelle au studio – et confirmèrent aussitôt le diagnostic de Marilyn. Son rôle, sinon son anatomie, nécessitait d'être étoffé. Miller, lauréat du prix Pulitzer, s'y attela, et plus Marilyn était satisfaite des modifications, plus Peck, curieusement, s'assombrissait.
Non pas que Peck, justement réputé pour sa magnanimité, n'en ait pas fait preuve au début. Il concéda que le rôle de Marilyn, dans le scénario original, pouvait être étoffé sans que cela nuise à son prestige. Et ce, malgré le fait que ce soit lui, et non Marilyn, qui avait le droit de regard sur le scénario.
Cependant, même lorsque la campagne menée pour plaire à Marilyn lui sembla prendre des proportions démesurées, Peck ne fit pas d'esclandre. Il expliqua son départ précipité par le fait que le début du tournage retardé – retardé, soit dit en passant, par des modifications du scénario en faveur de Marilyn – repousserait d'une semaine la date de fin de tournage initialement prévue.
Dans ces circonstances… Greg affirmait, comme si rien d'autre ne le préoccupait, qu'il ne pourrait pas terminer à temps pour rencontrer son prochain collègue.
Le film « Les Canons de Navarone », qui devait être tourné en Grèce, était déjà engagé. Peck était certes lié par un contrat solide, mais il ne faisait aucun doute qu'un arrangement concernant les dates de tournage aurait pu être trouvé si Greg avait souhaité poursuivre le projet.
C'était à peu près au moment où le titre du film fut changé en « Let's make love ».
La réplique cinglante de Peck fut : « Non, pas du tout. »
Personne, au fait des querelles en coulisses, n'était assez naïf pour se demander ce qui avait réellement provoqué son départ.
Rapidement après, Hollywood se remit à son joyeux jeu posthume : prendre parti.
Curieusement, Marilyn trouva plus de soutien qu'on aurait pu l'imaginer au sein même du studio – un studio dont elle avait maintes fois décliné les faveurs et dont la main bienveillante avait plus d'une fois subi les foudres de son ingratitude.
« Arthur Miller a travaillé sur certaines scènes », m'a confié une source objective du studio. « Le studio estimait qu'il ne s'agissait pas de changements importants. Peck, lui, les jugeait essentiels et a donc préféré se retirer. »
L'avis général des observateurs impartiaux du studio ayant pris connaissance des modifications du scénario était qu'elles n'altéraient pas substantiellement le film ni ne dévalorisaient le rôle de Peck. Cela laissait inévitablement place à l'hypothèse que Greg, ayant un droit de regard sur le scénario, aurait pu estimer qu'il aurait dû être consulté et/ou que, comme tout être humain, il ait mal vécu le fait d'être négligé alors que Marilyn était encensée. Rien ne permettait de supposer l'existence d'une querelle ou d'un différend personnel.
La seule fois où Greg et Marilyn se sont rencontrés, c'était lors d'une réunion.
Lors des répétitions de danse, ils étaient parfaitement cordiaux. Même s'ils auraient pu finir par s'agacer mutuellement, ils n'en ont pas eu l'occasion. Aux yeux du public, Marilyn est plus sujette aux crises que l'apparemment imperturbable Peck.
Sa violente altercation avec Sir Laurence Olivier pendant le tournage du « Prince et la Danseuse » a fait la une des journaux internationaux, donnant un aperçu de ce à quoi on pouvait s'attendre de la nouvelle Marilyn, plus affirmée, mais apparemment toujours fragile.
On a murmuré que le scénario du « Prince et la Danseuse » avait été adapté pour Marilyn, et elle n'a pas été lésée par le scénariste dans « Certains l'aiment chaud ».
Marilyn, aussi attachante et câline soit-elle, peut être un problème. Il est vrai que Peck est fondamentalement toujours aussi fiable. À bien des égards, il ne semble pas avoir une once d'instabilité dans son physique athlétique. Mais ce qui est généralement moins connu, c'est que Greg est devenu plus exigeant dans l'exercice de son métier – même si ce n'est pas désagréable.
C'est lui qui a insisté pour réviser le scénario de « Beloved Infidel » avec Deborah Kerr. Il n'a eu aucun scrupule à déformer l'image du dernier F. Scott Fitzgerald pour l'adapter à sa propre personnalité et à son registre d'acteur.
« Non monsieur », acquiesça l'homme de la 20e rue, « ce n'est pas nouveau avec Peck. Il a fait énormément de changements sur "Belove Infidel"et il est très pointilleux sur ses scénarios depuis un certain temps. En fait, c'est le sujet de conversation du milieu ces dernières années. Lui et Willie Wyler ont eu une sacrée altercation sur "Big Country". Apparemment, il a l'impression de savoir ce qu'il veut faire au cinéma. Je suppose que tant qu'il peut le faire fonctionner, pourquoi pas ? Bien sûr, Marilyn est une sacrée chipie, elle aussi. »
Quels que soient les mérites de la tempête, les volontaires pour remplacer Peck ne manquaient pas. La perspective de jouer face à Marilyn, même en tant que partenaires moins prestigieux, ne semblait pas dissuader certains des acteurs les plus en vue d'Hollywood de se proposer comme remplaçants. En moins de 24 heures, une liste impressionnante de possibilités était publiquement envisagée, parmi lesquelles Cary Grant, Charlton Heston, David Niven et Rock Hudson.
Si certains se sentaient offensés par la suggestion de reprendre le rôle que Peck avait refusé de jouer dans « The Storm » avec Marilyn, ils omettaient d'en informer leurs attachés de presse. Au moment où ces lignes étaient écrites, Rock Hudson était courtisé avec le plus grand ardeur et, selon les informations, était si désireux de tenter sa chance avec un scénario centré sur Marilyn qu'il suppliait son studio de lui accorder un prêt. Pendant ce temps, une fois sorti de cette situation, Peck s'efforçait de conserver une jovialité détachée. Il était même philosophe quant aux ardues répétitions de danse qui avaient eu lieu.
« Au moins, » dit-il en souriant, « j'ai appris à faire le buck and wing, le double wing, le time step, off to Buffalo et le fly away. »
Et, malgré son mécontentement, il exécuta le fly away avec une grâce remarquable.
Le soir du 20 février 1954, Marilyn Monroe et Joe Di Maggio (Le couple séjourne deux jours à l'Oriental Hôtel de Kobé) se rendent au restaurant traditionnel Isami, aujourd'hui disparu, dans le quartier de Hanakuma, qui était alors un quartier de divertissement particulièrement animé. Leur présence provoque une véritable effervescence : selon un article du Kobe Shimbun publié à l'époque, 40 à 50 personnes parmi lesquels des clients étrangers, des soldats américains et des employés de l'hôtel, les attendent dans le hall avant leur départ. Le journal publie alors également une photographie de Marilyn dégustant des tempuras à l'Isami.
Marilyn : A Local Memory of Kobe
On the evening of February 20, 1954, Marilyn Monroe and Joe DiMaggio (who were staying for two days at the Oriental Hotel in Kobe) visited the traditional Isami restaurant in the Hanakuma district, an area that was particularly lively with nightlife at the time.Their presence caused quite a stir: according to a Kobe Shimbun article published at the time, 40 to 50 people, including foreign guests, American soldiers, and hotel staff, were waiting for them in the lobby before they left.The newspaper also published a photograph of Marilyn enjoying tempura at Isami.
La soirée à l'Isami
« Un régal de sukiyaki -Réception de remerciement de la Central League en l'honneur d'O'Doul et de ses compagnons -Mais Marilyn Monroe est au centre de toutes les attentions »
The Evening at Isami
"A sukiyaki feast-Central League appreciation reception honoring O'Doul and his companions-but Marilyn Monroe is the center of attention."
Sports Nippon du 21 février 1954, édition d'Osaka
Marilyn accompagne Joe DiMaggio et Leftie O'Doul ainsi que les personnalités liées à la délégation américaine et au baseball japonais, mais comme le souligne le titre de l'article, c'est elle qui accapare l'attention durant la soirée qui se déroule dans le restaurant traditionnel Isami, à Hanakuma.
La photo ci-dessus :
« Monroe participe elle aussi un petit peu à la conversation sur le baseball. À l'extrême gauche : Seizo Noda, président de Hanshin. »
Seizo Noda était à l'époque le président de la compagnie ferroviaire Hanshin Electric Railway.
Plusieurs photographies privées prises au cours de cette soirée ont survécu. Elles montrent Marilyn partageant le repas avec des geiko et différentes personnalités japonaises, puis Marilyn recevant des cadeaux, un bouquet de fleurs ainsi qu'une étoffe aux motifs floraux.
Marilyn accompanied Joe DiMaggio and Lefty O'Doul, along with figures associated with the American delegation and Japanese baseball; however, as the article's title suggests, she was the one who commanded the spotlight during the evening held at the traditional Isami restaurant in Hanakuma.
Photo above : "Monroe also joins in the conversation about baseball a little. Far left: Seizo Noda, president of Hanshin."
Several private photographs taken during the evening have survived.They show Marilyn sharing a meal with *geiko* and various Japanese dignitaries, and later receiving gifts—a bouquet of flowers and a piece of floral-patterned fabric.
25/11/2016 Kobe Shimboun
Article du journal Kobé Shimboun daté du 25 novembre 2016
Ces photographies ont ensuite été conservées pendant plus de soixante ans dans la famille de Shime Fukushima,la geisha figurant à l'extrême gauche de l'image. Sa nièce, Junko Fukushima,qui tient un restaurant dans l'arrondissement de Tarumi à Kobe et est la nièce de Shime Fukushima (aujourd'hui décédée), est devenue propriétaire des clichés, les a prêtés en novembre 2016 pour une exposition consacrée à l'histoire et à la culture de Hanakuma, organisée dans le cadre du Hanakuma Modern Town Festival.
D'après le Kobe Shimbun, c'était la première fois que ces photographies étaient présentées publiquement.
« C'est une photographie qui reflète l'atmosphère de Hanakuma à son apogée, une époque empreinte de glamour », se souvient Junko Fukushima.
« Ma tante évoquait souvent Monroe en ces termes : "C'était une femme vraiment adorable, avec un fin duvet blond qui semblait scintiller."»
Cette photographie est devenue un document de l'histoire locale de Hanakuma.
Marilyn n'y est pas seulement considérée comme une vedette de passage : sa présence à l'Isami en 1954 sert à illustrer l'époque où Hanakuma était encore un quartier très animé et prestigieux.
En 2017 le festival semble avoir continué à utiliser le passage de Marilyn comme élément de mémoire locale.
« À travers cet événement, nous voulons mettre en valeur les meilleurs atouts de Hanakuma et faire revivre l'animation qui caractérisait autrefois ce quartier, véritable lieu de rencontre et de vie -bien plus qu'une simple zone résidentielle proche de Sannomiya. Marilyn Monroe elle-même s'est rendue à Hanakuma en 1954. »
Photographie exposée en 2016
Article from the Kobe Shimbun dated November 25 These photographs were subsequently kept for over sixty years by the family of Shime Fukushima, the geisha appearing on the far left of the image.
Her niece, Junko Fukushima, who runs a restaurant in Kobe's Tarumi Ward and is the niece of the late Shime Fukushima, came into possession of the photos and lent them in November 2016 for an exhibition on the history and culture of Hanakuma, held as part of the Hanakuma Modern Town Festival.
According to the Kobe Shimbun, this was the first time these photographs had been shown to the public.
"This photograph captures the atmosphere of Hanakuma in its heyday-an era steeped in glamour," recalls Junko Fukushima.
"My aunt often spoke of Monroe, saying, 'She was a truly lovely woman, with fine blonde down that seemed to shimmer. "
This photograph has become a record of Hanakuma’s local history.
Marilyn is viewed not merely as a visiting celebrity; her presence at the Isami establishment in 1954 serves to illustrate the era when Hanakuma was still a bustling, prestigious district.
It appears that the festival continued to highlight Marilyn’s visit as a key element of local memory in 2017 : ""Through this event, we aim to showcase Hanakuma’s finest qualities and revive the vibrant atmosphere that once defined the neighborhood-a true hub of social life and activity, and far more than just a residential area near Sannomiya. Marilyn Monroe herself visited Hanakuma in 1954."
« Une inscription manuscrite au verso de l'un des tirages montrant Marilyn Monroe et Joe DiMaggio lors de cette soirée mentionne également M. Noda et attribue la photographie à un certain M. Kinoshita, une personne qui reste à identifier.
A handwritten inscription on the back of one of the prints showing Marilyn Monroe and Joe DiMaggio during that evening also mentions Mr. Noda and attribute the photograph to a certain Mr. Kinoshita-an man who remains to be identified.
Joe et Marilyn photographiés par M. Kinoshita.
sources :
article Article original du Kobe Shimbun, 25 novembre 2016 ICI
Couverture : M.Clift et Marilyn Monroe, The misfits, 1960 Photographiés par Frank Worth
Il ne s'agit pas d'un magazine au sens traditionnel du terme, mais bien d'un véritable dossier -comme le mentionne la couverture- qui se présente sous forme de pochette agrafée contenant les articles du sommaire. Celui sur Marilyn Monroe est un feuillet de quatre pages.
This is not a magazine in the traditional sense, but rather a genuine dossier-as the cover indicates-presented as a stapled folder containing the articles listed in the table of contents.
The one about Marilyn Monroe is a four-page leaflet.
Les photos sont issues de ma collection personnelle.
The photos are from my personal collection.
Mort d'une femme de génie
Marilyn
Par Jean-Pierre Leonardini
Extraits
"Si j"écris le mort chagrin, vous m’accuserez d’idolâtrie. J'écris "douleur". Vous n'en pensez pas moins. Les reproches ne changent rien. Plaignons ceux qui ne savent pas aimer, même cette image mouvante sur la toile".
Marilyn était la reine de nos loisirs, crucifiés que nous sommes entre la course au salaire et le gout du bonheur, un phare de la chair, notre femme collective. Nous lui devons des rêves violents ou l'attendrissement le disputait au désir. Elle fut l'éveilleuse, à l'age de seize ans, quand nous menions la double vie : les mille amours éventuelles de la rue et les amour de cinéma. Trop jeunes pour avoir connu Louise Brooks, dont nos ainés étaient si fiers, nous connaissions une Marlène un peu effrayante, miracle d'énergie, vivante, affiche pour la méthodse Gaylord Hauser, et de Greta Garbo nous ignorions tout, sinon qu'elle se cachait derrière des lunettes noires. Rita Hayworth ne fut qu'une passade. Cyd Charisse et Ava Gardner ne nous appartiennent pas totalement, mais nous savons notre Marilyn par cœur, de "Love Happy" à "Misfits", en passant par "Clash by night" et "Niagara", nous ne pouvons oublier le corps au ventre large, les cheveux de platine, la bouche rouge humide et les moindres nuances de sa voix, comme un feulement très doux.
Créatrice d'une nouvelle manière de susciter l'amour et le désir, beaucoup plus souple que le vampirisme" cravacheur, elle était comme un chat qui se frotte à vos jambes, s'éloigne, revient"....
" Son génie par la force des choses, un type de femme bouleversante, socialement proche des élèves de nos cours Pigier ou des serveuses de drogstore, des danseuses débutantes et des chanteuses de boui-boui. Elle faisait preuve dans le choix de ses rôles d'un sentiment voisin de la conscience de classe, du moins d'une fidélité à la communauté des gens de la rue. Marilyn détruisit au cinéma la femme de caste, elle semblait être d'un abord facile, à cause de cela plus excitante que les impératrices d'antan". ...
" C'est l'histoire d'un crime, Marilyn exploitée, tourmentée, pouliche qu'on bichonne pour le saut final. Souvenez-vous cette photo, l'une des dernières, on y voit la fille disloquée qu'un masseur pétrit à pleine mains, elle, sur l'écran, nous, témoins de cette existence vécue au rythme de l'incendie ? Exigeante,, dévorée par le gout de l'absolu, elle voulait de toutes ses forces être la meilleure et la plus belle : elle le fût. Femme libre, elle eût une attitude courageuse lors de l'affaire des "activités anti-américaines", elle n'hésita pas à changer de religion pour l'amour d'un homme".
"Nous n'aurons pas l'aigre plaisir de guetter une à une les rides sur son visage, ainsi attentifs à notre propre vieillissement. Il faut voir et revoir les films qu'elle a tourné sous la direction de Mankiewicz, Huston, Lang, Hawks, Wilder, Preminger, Cukor, Négulesco, Logan, les autres aussi, de l'indéfrisable des débuts au mal de vivre de "Misfits" et même "The prince and the showgirl" où elle écrasait un Laurence Olivier plus pontifiant et couperosé que jamais. Il nous reste la brève résurrection du film, mais sa mort recommence, au bout d'une heure trente. Marilyn c'est une icône de moins dans nos chapelles sombres, elle était la plus lumineuse."
Death of a Woman of Genius
Marilyn
By Jean-Pierre Leonardini
excerpts
"If I write of 'deadly sorrow,' you will accuse me of idolatry. I write 'pain.'You think it anyway. Reproaches change nothing. Let us pity those who do not know how to love, even this moving image on the screen."
Marilyn was the queen of our leisure hours, rucified as we were between the race for a paycheck and the longing for happiness, a beacon of the flesh, our collective woman.We owe her intense dreams where tenderness vied with desire.She was the one who awakened us at sixteen, when we led a double life : the thousand potential loves of the street and the loves of the cinema. Too young to have known Louise Brooks, of whom our elders were so proud, we knew a slightly frightening Marlene, a miracle of energy, alive, a living advertisement for the Gaylord Hauser method ; and of Greta Garbo, we knew nothing other than that she hid behind dark glasses. Rita Hayworth was merely a passing fancy. Cyd Charisse and Ava Gardner do not belong to us entirely, but we know our Marilyn by heart, from *Love Happy* to *The Misfits*, via *Clash by Night* and *Niagara*; we cannot forget that full-bellied body, the platinum hair, the moist red mouth, and the slightest nuances of her voice, like a very soft purr.
Creator of a new way to inspire love and desire, far more supple than the whip-cracking 'vamp' style, she was like a cat that rubs against your legs, wanders off, then returns...
"Her genius lay in the very nature of her being: a deeply moving type of woman, socially akin to the students at our Pigier business schools or drugstore waitresses, novice dancers, and singers in dive bars."
In her choice of roles, she displayed a sentiment akin to class consciousness-or at least a loyalty to the community of ordinary people.On screen, Marilyn shattered the image of the aloof, high-born woman; she seemed approachable, and for that very reason, more exciting than the empresses of old. It is the story of a crime: Marilyn exploited, tormented, a young filly groomed and pampered for the final leap.Remember that photograph, one of the last ones, showing her body, seemingly unhinged, being kneaded by a masseur’s firm hands?
There she was on screen, while we bore witness to a life lived at the feverish pace of a blazing fire.Demanding, consumed by a hunger for the absolute, she strove with all her might to be the best and the most beautiful, and she succeeded.A free spirit, she showed great courage during the "un-American activities" investigations, and she did not hesitate to change her religion for the love of a man. We are spared the bitter pleasure of watching the wrinkles appear one by one on her face, a process that would have made us acutely aware of our own aging.We must watch, and watch again, the films she made under directors like Mankiewicz, Huston, Lang, Hawks, Wilder, Preminger, Cukor, Negulesco, and Logan, as well as the others, ranging from the unmanageable curls of her early days to the existential anguish of *The Misfits*, and even *The Prince and the Showgirl*, where she completely overshadowed a Laurence Olivier who was more pompous and ruddy-faced than ever.
We still have the brief resurrection provided by film, yet her death begins anew after ninety minutes.Marilyn is one less icon in our dim shrines; she was the most luminous of them all."
Ci-dessous la liste des titres de magazines et certains programmes avec des couvertures multiples de 1963 à 2026. Les magazines sont classés par ordre alphabétique.
Les magazines qui n'ont qu'une seule couverture ne sont pas répertoriés.
Cette page est en construction.
Below is a list of magazine titles including some program guides featuring multiple covers from 1963 to 2026.
The magazines are listed in alphabetical order.
Magazines with only a single cover are not included.
Article d'une page parue dans le magazine People (Australie) du 13 juillet 1955.
07/1955 People (Australie)
Les légendes des photos :
Photo de gauche, en haut :
« Tout d'abord, le spécialiste de la publicité parcourt le scénario avec elle afin de lui expliquer ce que l'on attend d'elle. »
Photo de gauche, en bas :
« Pas une seule mèche de cheveux ne doit être déplacée. »
Grande photo du bas :
« Obtenir un effet et un impact maximum : tel est l'objectif des dernières retouches apportées au mobilier — et à la coiffure. »
« Marilyn pose pour une affiche »
Personne ne semble vraiment s’en soucier si elle arrive avec une heure de retard
Un jour, au début de cette année, les studios de la 20th Century-Fox à Hollywood se préparèrent pour un événement important. Marilyn Monroe devait venir poser pour les affiches publicitaires de Sept Ans de réflexion.
Chaque star a prévu dans son contrat qu’elle doit consacrer une journée, à la fin du tournage d’un film, à ce que Hollywood appelle les « poster art » : des photographies destinées à faire la publicité du film dans les journaux et les magazines, sur les panneaux d’affichage et les cartes placées dans les halls de cinéma.
La journée de pose de Marilyn était particulièrement importante, car tout laissait penser que ce serait sa toute dernière journée dans les studios. Peu de temps auparavant, elle avait annoncé, lors d’une conférence de presse à New York, qu’elle se lançait à son compte avec Marilyn Monroe Productions, Inc.
Marilyn arriva à la galerie de portraits avec environ une heure de retard. Cela ne dérangea évidemment personne. Elle se montra aimable avec l’équipe et, comme toujours, arpenta la pièce avec les allures d’une reine de la pin-up chevronnée.
Et, comme à son habitude, elle lâcha une petite perle de sagesse. Elle fit remarquer, avec désinvolture, à une femme chargée de sa garde-robe :
« Je me sens tellement bien. Je suis indépendante, vous savez. »
La 20th Century-Fox, elle, ne se sent pas aussi bien. Depuis, le studio a annoncé qu’il considère toujours Marilyn comme liée par son contrat.
Dans un article de Modern screen du mois d'avril 1955 de la journaliste Louella Parsons (à lire ci-dessous) mon regard est attiré par la photo dans la colonne de gauche d'un bébé lisant un magazine. En regardant de plus près je m’aperçois que cette photo est régulièrement publiée dans plusieurs articles et dans plusieurs livres comme étant une photo de Norma Jeane bébé. Sauf que cette photo avec la légende démontre qu'il ne s'agit pas de Norma Jeane.
traduction : "Elinor Stjtty, de Hudson (New York), m'écrit : « Voici une photo de ma nièce, Susan Lynn Yasinski, en train de lire votre rubrique. À trois mois, je crois qu'elle est l'une de vos plus jeunes admiratrices.» Pas seulement l'une de mes plus jeunes admiratrices.Assurément l'une des plus mignonnes !"
In an April 1955 Modern Screen article by journalist Louella Parsons (reproduced below), my eye is drawn to a photo in the left-hand column showing a baby reading a magazine.Upon closer inspection, I realize that this image frequently appears in various articles and books identified as a photo of Norma Jeane as an infant.However, the photo, along with its caption, demonstrates that the baby is not Norma Jeane.
__________________
légende de la photo : "Marilyn Monroe et Joe DiMaggio passent tellement de temps ensemble dans l'Est, y compris de longs séjours chez la famille de Joe, que l'on commence à parler d'une réconciliation rapide. Marilyn déclare : « Rien n'est prévu dans l'immédiat » mais ils ont assurément l'air heureux ensemble.
L'article ci-dessous est très révélateur de l'habileté de Marilyn Monroe dans ses relations avec la presse.
Après près d’un an sans contact avec Louella Parsons, elle revient vers elle précisément au moment où son conflit avec la Fox et la création deMarilyn Monroe Productions font la une. Plutôt que de défendre frontalement sa décision, elle réactive leur ancienne relation, rappelle à Parsons qu’elle fut l’une des premières journalistes à croire en elle et sollicite son « amitié et ses conseils ». Elle présente surtout sa rupture avec le studio non comme une rébellion, mais comme la conséquence de sa peur de retrouver un jour l’insécurité et la pauvreté qu’elle avait connues.
Parsons n’est pourtant pas dupe de la dimension stratégique de cette visite : elle souligne elle-même l’opportunité de l’appel et rappelle à Marilyn que ses décisions semblent déjà prises. Mais la démarche fonctionne malgré tout même si Parsons avoue que le léger ressentiment qu’elle éprouvait disparaît presque immédiatement en la revoyant, Marilyn semble ainsi avoir su mêler sincérité, vulnérabilité et sens aigu de la communication, sans que l’un exclue nécessairement les autres.
L’article révèle enfin une sorte de jeu d’influence réciproque d'un côté Marilyn rétablit un lien précieux avec l’une des chroniqueuses les plus puissantes d’Hollywood, tandis que de l'autre côté Parsons conserve sa position d’autorité en lui donnant des conseils et en montrant à ses lecteurs qu’elle comprend parfaitement la manœuvre tout en se laissant séduire par elle. C’est un très bon exemple de la manière dont Marilyn pouvait prendre elle-même en main son image publique, au moment même où elle cherchait à s'émanciper du contrôle de la Fox.
The article below vividly illustrates Marilyn Monroe’s skill in handling the press. After nearly a year of no contact with Louella Parsons, she reached out to her precisely when her conflict with Fox and the launch of Marilyn Monroe Productions were making headlines.
Rather than defending her decision head-on, she rekindled their old relationship, reminded Parsons that she had been one of the first journalists to believe in her, and asked for her "friendship and advice."
Above all, she framed her break with the studio not as an act of rebellion, but as a reaction to her fear of one day falling back into the insecurity and poverty she had once known.
Parsons, however, was not fooled by the strategic nature of the visit; she herself noted the timing of the call and pointed out to Marilyn that her mind seemed already made up.Yet the approach worked nonetheless-even though Parsons admitted that the slight resentment she had felt vanished almost immediately upon seeing her again.
Marilyn thus appeared to have successfully blended sincerity, vulnerability, and a keen sense of public relations, with none of these qualities necessarily excluding the others. Finally, the article reveals a dynamic of mutual influence: on one hand, Marilyn restored a valuable connection with one of Hollywood’s most powerful columnists; on the other, Parsons maintained her position of authority by offering advice and showing her readers that she fully understood the maneuver, even while allowing herself to be won over by it.It is a prime example of how Marilyn could take charge of her own public image, even as she sought to break free from Fox’s control.
copyright:boomerang_
Traduction de l'article
Un matin, mon téléphone a sonné (que dis-je ? Il sonne mille fois chaque matin, mais cet appel était particulier, comme vous allez le voir).
Une voix douce a dit :
« Louella ? C'est Marilyn.»
Tiens, tiens, me suis-je dit.À mon avis, cela faisait bien un an que je n'avais pas eu de nouvelles de ma blonde amie.Dire que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis lors serait un euphémisme bien banal. À ce moment précis, le journal posé sur mon bureau publiait mon article de une sur la suspension de Marilyn par la 20th Century-Fox, suite à son refus de se présenter sur le tournage de Comment épouser un millionnaire.Et, depuis dix jours, je ne cessais de relayer les nouvelles fracassantes concernant la création de sa propre société, Marilyn Monroe Productions, et tout le reste -à tel point que je me disais que l'agitation qu'elle suscitait ne connaîtrait jamais de fin.
J'ai répondu : « Eh bien, quelle surprise. Je pensais que nous étions de bonnes amies, mais cela fait une éternité que je n'ai pas eu de tes nouvelles, Marilyn.»
« C'est justement pour cela que j'appelle maintenant », a poursuivi la voix douce.« Puis-je venir te voir ?»
Je lui ai dit de passer vers dix-sept heures ce jour-là et, aussi incroyable que cela puisse paraître, elle est arrivée à l'heure (je ne l'attendais pas avant dix-huit heures ; elle a généralement une heure de retard). Si j'avais éprouvé un brin de dépit envers cette jeune femme devenue une star planétaire — elle qui, à l'époque où je l'ai connue, était le grand amour de l'agent Johnny Hyde et luttait avec acharnement pour percer —, ce sentiment s'est évanoui dès que je l'ai vue. Elle portait un tailleur noir, une tenue qu'elle affectionnait particulièrement hors écran ; nous n'avions pas discuté cinq minutes qu'elle m'apparaissait déjà aussi séduisante -et, d'une certaine manière, aussi vulnérable-qu'autrefois.
« Je n'ai jamais oublié que tu as été ma première amie dans la presse à Hollywood », a-t-elle dit avec une sincérité évidente.
« Vous avez cru en moi alors que peu d'autres le faisaient, et vous avez toujours été franc avec moi, allant même jusqu'à me parler de mes tenues -qui étaient totalement inappropriées », dit-elle avec un sourire.
« J'avais fini par croire que vous aviez oublié tout cela, Marilyn », fis-je remarquer.
« Je ne l'ai jamais oublié et je ne l'oublierai jamais », répondit-elle vivement.« C'est pour cela que je suis là.Je veux votre amitié et vos conseils. »
« Vous avez mon amitié », lui assurai-je, « mais n'est-il pas un peu tard pour des conseils ?Vous semblez avoir pris vos propres décisions et vous être remise entre les mains d'inconnus.»
Je faisais allusion au photographe de magazine Milton Greene et à un avocat new-yorkais, qui sont les véritables moteurs de la nouvelle société M.M.
Soudain, elle lâcha : « Laissez-moi vous expliquer pourquoi j'ai créé ma propre société, apparemment si précipitamment. Je ne suis pas fâchée contre la 20th Century-Fox. Je considère que Sept Ans de réflexion est le meilleur film de ma carrière. Mais j'ai une peur viscérale de mal gérer mes affaires et de me retrouver seule -et sans le sou - quand je serai plus âgée.J'ai connu trop d'insécurité dans ma vie pour ne pas vouloir, par-dessus tout, une véritable sécurité pour le jour où l'on ne voudra plus de moi.»
Je ne pouvais pas lui dire grand-chose, car ce qui est fait est fait.
Mais j'avais un dernier mot pour la jeune femme la plus médiatisée au monde.« Marilyn », dis-je, « allez voir Joseph Schenck et suivez ses conseils. C'est l'un des hommes les plus avisés de l'industrie -et l'un des meilleurs amis que vous puissiez avoir.»
Le lendemain matin, elle vit effectivement Joe.L'après-midi suivant, son studio la suspendait.Je me demande dans quelle mesure cette jeune femme -qui a si désespérément besoin de bons conseils-a écouté cet homme qui sait toujours ce qu'il convient de faire lorsqu'il s'agit d'Hollywood.
Au début de cet article, l'auteur William Barbour prétend répartir équitablement les fautes entre Marilyn Monroe et Joe DiMaggio concernant les raisons de leur divorce en élaborant une thèse apparemment équilibrée :
« Il n'y a pas de méchant [...] Joe et Marilyn sont tous deux à blâmer. »
Mais progressivement, il installe une asymétrie évidente. La personnalité et les exigences de Joe DiMaggio sont présentées comme des données fixes auxquelles Marilyn aurait dû s'adapter, tandis que la carrière et les aspirations de Marilyn sont présentées comme des choix qu'elle aurait pu modifier.
Bien que le journaliste retranscrive les déclarations sous serment de Marilyn lors du procès de son divorce, révélatrices quand elle décrit son mariage comme fait de « froideur et d'indifférence ». l'auteur accumule cette phrase cinq fois dans sa conclusion : "Elle aurait dû"
Elle aurait dû renoncer à The Seven Year Itch.
Elle aurait dû aider Joe à trouver une nouvelle carrière.
Elle aurait dû flatter son ego.
Elle aurait dû sacrifier sa propre carrière.
Elle aurait dû quitter provisoirement la lumière afin que son mari cesse d'être dans l'ombre.
L'auteur ne formule pratiquement jamais l'équivalent : "Qu'aurait du faire Joe DiMaggio ?
Il ne pose jamais des questions comme : Joe aurait dû accepter le métier qu'elle exerçait avant leur mariage ? ou bien Joe aurait dû accepter qu'elle soit célèbre ? ou encore Joe aurait dû respecter son besoin de travailler ?
Au contraire, l'auteur explique que :
"Joe DiMaggio est prisonnier de sa nature profonde. Il ne peut pas changer. »
Voilà Joe exonéré par sa personnalité. Il est comme ça. Marilyn, elle, doit changer.
Malgré que l'auteur reconnaît explicitement que Marilyn n'a jamais caché que sa carrière était essentielle à son identité. Il reconnaît également que Joe s'est « bercé de l'illusion » et qu'elle changerait. Et pourtant, au moment de distribuer les responsabilités, c'est finalement à elle qu'il demande de devenir la femme que Joe espérait qu'elle deviendrait.
Le journaliste nous propose également une petite phrase d'un psychiatre consulté par le magazine :
« Lorsqu'une femme devient une grande vedette, elle s'engage sur une voie certaine vers l'autodestruction. »
C'est presque une formulation parfaite de l'angoisse culturelle entourant la femme célèbre et autonome dans cette presse des années 1950. La réussite professionnelle féminine devient elle-même pathologique.
Un autre psychiatre va jusqu'à expliquer qu'une actrice doit épouser soit un homme « très effacé », soit un homme « très éminent », avant d'affirmer que Marilyn est intellectuellement incapable de juger le caractère des autres. Autrement dit, même son choix amoureux devient la preuve d'une sorte de déficience chez elle.
En revanche, la déclaration attribuée à Natasha Lytess inverse totalement les données car pour elle, ce n'est pas la carrière de Marilyn qui constitue le problème, mais l'incompatibilité fondamentale des deux personnes.
En conclusion, cet article n'est pas une simple misogynie basique du style "Marilyn était une mauvaise épouse", elle est davantage structurelle, "Joe ne peut pas changer, mais Marilyn elle aurait dû changer".
C'est un document formidable sur la manière dont la presse de 1955 pouvait reconnaître l'ambition professionnelle légitime d'une femme tout en continuant à considérer qu'en définitive, son devoir conjugal devait primer sur cette ambition.
At the beginning of the article, author William Barbour claims to fairly apportion blame between Marilyn Monroe and Joe DiMaggio regarding their divorce, putting forward a seemingly balanced thesis: "There is no villain [...] Joe and Marilyn are both to blame." Yet, he gradually introduces a clear imbalance.
Joe DiMaggio’s personality and demands are presented as fixed realities to which Marilyn should have adapted, whereas Marilyn’s career and aspirations are portrayed as choices she could have altered.
Although the journalist quotes Marilyn’s sworn testimony from the divorce proceedings, the author repeatedly uses the phrase "She should have" in his conclusion :
She should have given up *The Seven Year Itch*.
She should have helped Joe find a new career.
She should have stroked his ego.
She should have sacrificed her own career.
She should have stepped out of the limelight temporarily so her husband would no longer be in the shadows.
The author almost never poses the corresponding question: "What should Joe DiMaggio have done?"
He never asks questions such as: Should Joe have accepted the profession she practiced before their marriage?Should Joe have accepted her fame?Or should Joe have respected her need to work ?
On the contrary, the author explains: "Joe DiMaggio is a prisoner of his own nature. He cannot change."
Thus, Joe is absolved by his personality;that is simply how he is.Marilyn, however, is the one who must change.
This is despite the author explicitly acknowledging that Marilyn never hid the fact that her career was essential to her identity.He also admits that Joe "deluded himself" into thinking she would change.Yet, when it comes to assigning responsibility, it is ultimately she whom he expects to become the woman Joe had hoped she would be.
The author also shares a quote from a psychiatrist consulted by the magazine:
"When a woman becomes a major star, she embarks on a sure path to self-destruction."
This is an almost perfect articulation of the cultural anxiety surrounding the famous, independent woman in the press of the 1950s. A woman's professional success is itself framed as pathological.
Another psychiatrist goes so far as to explain that an actress must marry either a "very unassuming" man or a "very eminent" one, before asserting that Marilyn is intellectually incapable of judging other people's character.In other words, even her choice of partner becomes evidence of some sort of deficiency on her part.
In contrast, the statement attributed to Natasha Lytess completely flips the script; for her, the problem is not Marilyn's career, but the fundamental incompatibility between the two individuals.
Ultimately, this article does not merely display run-of-the-mill misogyny-the "Marilyn was a bad wife" variety-but rather a structural bias : "Joe cannot change, but Marilyn should have."
It is a fascinating document that illustrates how the press in 1955 could acknowledge a woman's legitimate professional ambition while still maintaining that, ultimately, her marital duty should take precedence over that ambition.
Copyright:Boomerang_
Pourquoi Joe l'a laissée partir ?
par William Barbour
crédit photos : Ben Ross, 1953
À peine 263 jours après le mariage de Marilyn Monroe et Joe DiMaggio à San Francisco, Marilyn, par l'intermédiaire de son avocat, déposa une demande de divorce à Santa Monica, invoquant la cruauté mentale. Quelques heures plus tard, ceux qui avaient suivi leur histoire se demandaient :
« Pourquoi ? Que s'est-il réellement passé ? Nous pensions que c'était l'un des mariages les plus heureux d'Hollywood. »
Il y eut de la désillusion, du désenchantement et de la désapprobation. Et les réponses ne manquèrent pas de la part de ceux qui avaient induit le public en erreur pendant des mois avec des récits dégoulinants de bons sentiments sur ce mariage soi-disant idyllique. Les raisons avancées pour expliquer la rupture du mariage de Marilyn étaient les suivantes : Joe était jaloux de Hal Schaefer, le coach vocal de Marilyn ; Joe était jaloux de Natasha Lytess, la coach d'art dramatique de Marilyn ; Joe était jaloux de l'équipe de relations publiques de la 20th Century-Fox ; Joe était jaloux de Hugh French, Charlie Feldman et plusieurs autres agents s'occupant de Marilyn ; Joe était jaloux de Marilyn ; Joe était jaloux des hommes -certains très en vue -du passé de Marilyn ; il y avait un conflit de carrières.
En bref, Joe DiMaggio a été désigné comme le « méchant » de ce divorce. C'est injuste et cela ne correspond pas aux faits. Il n'y a pas de « méchant » dans cette rupture. Joe et Marilyn sont tous deux à blâmer. Au moment où ils avaient le plus besoin l'un de l'autre, ils se sont laissé tomber. Ils tenaient un certain discours sur leur mariage, mais agissaient à l'opposé. Plus important encore, ils ressentaient le contraire. Marilyn ne cessait de dire :
« Dans notre mariage, Joe passe avant tout. C'est lui le chef. Nous voulons des enfants dès que possible. »
Joe répétait :
« Sa carrière n'interférera pas avec notre mariage, car nous ne le permettrons pas. »
De grandes paroles, de bonnes intentions... mais comment ont-elles été mises en pratique ? Quelques minutes avant de se marier, Marilyn avait téléphoné à Harry Brand, le responsable de la publicité de son studio.
« Joe et moi sommes en route pour la mairie afin de nous marier », annonça-t-elle. « J'avais promis de vous prévenir. C'est ce que je fais. »
Ce qui est significatif dans cette conversation s'adressait à un employé du studio qui a joué un rôle important dans la carrière de Marilyn. N'importe quelle autre jeune femme aurait téléphoné à sa mère, à son oncle, à sa colocataire ou à une ancienne camarade d'école. Il est triste et navrant que Marilyn n'ait eu personne au monde à qui annoncer l'un des événements les plus heureux de sa vie. Personne, sauf Harry Brand. C'est Harry qui a prévenu le reste du monde ; c'est par cette annonce que Joe DiMaggio a connu sa première désillusion. Joe voulait un mariage intime.
« Juste en famille », disait-il. Il avait tout organisé avec précision et un soin méticuleux.
Il s'était entretenu avec Reno Barsocchini, le gérant du restaurant des DiMaggio à Fisherman's Wharf. Il avait appelé le juge Charles Peery, un vieil ami du tribunal municipal, et, au cours d'un déjeuner au restaurant, lui avait demandé de célébrer la cérémonie « très discrètement, très rapidement, sans fioritures ».
Vous savez tous ce qui s'est passé. Le mariage a pris des allures de spectacle public : photographes, flashs, journalistes, questions en rafale. Le juge Peery a dû faire évacuer son bureau, ne gardant auprès de lui que les principaux intéressés. Après la cérémonie, la foule, bruyante et félicitante, s'est refermée sur eux. Tom, le frère de Joe, et Lefty O'Doul, son vieil ami, ont dû former un coin humain pour frayer un passage aux jeunes mariés. Pendant ce temps, le studio de Marilyn tentait par tous les moyens de découvrir où Joe et leur starlette blonde allaient passer leur lune de miel. Joe refusait de le dire à qui que ce soit. Il en avait assez de la publicité. Marilyn n'a jamais aimé révéler le lieu exact de sa retraite pour sa lune de miel. Si vous lui demandez aujourd'hui où Joe et elle ont passé les deux semaines les plus heureuses de leur mariage, elle répondra :
« Idyllwild, un endroit charmant dans les montagnes, à une cinquantaine de kilomètres de Palm Springs. »
Elle vous parlera du « joli chalet que nous avions... des longues promenades dans la neige... les gens et les studios semblaient si loin... Joe et moi avons beaucoup discuté... nous avons vraiment appris à nous connaître ».
Mais elle ne dira pas à qui appartenait ce chalet. C'était le chalet de son avocat, celui qui l'avait aidée dans ses diverses négociations avec le studio. Toujours le studio, toujours la carrière, même lorsqu'elle était sous le coup d'une suspension au moment de leur lune de miel. Beaucoup affirment que si Marilyn avait renoncé à sa carrière cinématographique après avoir épousé Joe, ils vivraient encore ensemble aujourd'hui. C'est peut-être vrai, mais Joe DiMaggio aurait-il jamais épousé Marilyn si elle n'avait pas été une star ?
Si elle était restée la simple Norma Jean Dougherty, employée dans une usine d'aviation, aurait-il jamais posé les yeux sur elle ? L'aurait-il même remarquée ? Pour être tout à fait juste envers Marilyn, il faut dire qu'elle n'a jamais eu l'intention de renoncer à sa carrière. En fait, si Joe avait fait de l'abandon de sa carrière une condition sine qua non du mariage, Marilyn l'aurait quitté. Quelles qu'aient pu être ses déclarations lors de moments d'euphorie, la carrière est la force motrice de la vie de Marilyn Monroe. Elle a tout donné à sa carrière. Dans ces conditions, qui aurait pu lui demander d'y renoncer ? Certainement pas Joe. Il s'était bercé de l'illusion qu'une cohabitation était possible.
Comme Marilyn l'a dit à New York :
« Je ne suis qu'une jolie fille, mais Joe est une légende. »
Elle savait alors que le mariage battait de l'aile et elle a tenté désespérément d'enrayer cette dégradation. Mais il était déjà trop tard. Joe était convaincu qu'il devrait jouer les seconds rôles face à la carrière de sa femme. Il savait au fond de lui que cette carrière représentait tout pour elle. C'est cette prise de conscience qui lui causait tant d'angoisse alors qu'il couvrait les World Series pour une agence de presse de Los Angeles. L'un des journalistes sportifs qui accompagnaient Joe à Cleveland et à New York raconte :
« Joe était tendu et morose presque en permanence. Nous étions certains que le couple allait mal, mais chaque fois que nous posions la question, il nous rembarrait. « Au bout d'un moment, il en est arrivé à n'arriver au stade que quelques minutes avant » le début du match. Il ne voulait parler à personne. La seule personne qui connaissait vraiment les coulisses de l'affaire était George Solotaire, un revendeur de billets new-yorkais. Joe logeait dans la suite de George à New York ; plus tard, George a pris l'avion pour Cleveland avec lui et a écouté ses confidences douloureuses. « En fait, Joe n'est même pas resté jusqu'à la fin du dernier match des World Series. Il est parti à la huitième manche, est retourné à son hôtel, a pris ses affaires et a repris l'avion pour rejoindre Marilyn. « À mon avis, les histoires selon lesquelles il aurait reçu une lettre anonyme l'avertissant que Marilyn faisait des siennes et qu'il ferait mieux de rentrer au plus vite ne sont que des foutaises. « Joe a simplement fini par réaliser qu'avec Marilyn, il n'avait pas une épouse, mais une sorte de bien public. Je pense qu'il en a pris conscience en voyant les foules qui s'amassaient à New York pour la regarder tourner en extérieur. »
À ce jour, DiMaggio a toujours refusé d'évoquer sa vie privée en public, et il est peu probable que quiconque puisse, sans sa version des faits, reconstituer les événements immédiats ayant conduit à la rupture du mariage. On sait qu'à son retour à la maison de Palm Drive, à Beverly Hills, une violente dispute a éclaté. Les voisins ont raconté qu'ils pouvaient entendre Joe ..et Marilyn se criaient dessus.
« Bien des soirs, a raconté un voisin, nous voyions Marilyn faire les cent pas dans la rue, toute seule. Il était une heure ou une heure et demie du matin. Une nuit, alors que je garais ma voiture, je l'ai aperçue qui marchait dans l'allée... des larmes coulaient sur ses joues. »
Le vendredi soir, Marilyn a dîné chez Natasha Lytess, son professeur d'art dramatique. Elle a pleuré tout au long du repas. Natasha comprend Marilyn. C'est elle qui est principalement responsable du talent d'actrice que Marilyn a pu manifester. Marilyn lui a avoué qu'elle et Joe se disputaient depuis des semaines. Natasha s'en doutait depuis le début. Lorsque Marilyn a épousé Joe sans la prévenir, Natasha -veuve de l'écrivain allemand Bruno Frank -a confié à une amie :
« Ce mariage ne peut pas durer à moins que Marilyn ne renonce à sa carrière. Elle et Joe n'ont rien en commun. Cette jeune femme a de l'intellect. Elle a soif des belles choses de la vie : la musique, la littérature, l'art. Cette soif est authentique et sincère, et je tente de l'assouvir depuis des années. « Je sais que DiMaggio ne m'apprécie pas, et je le regrette. Mais je suis convaincue que cette jeune femme ne se contentera pas de rester allongée sur un canapé toute la soirée à regarder des westerns à la télévision. Elle est en pleine évolution intellectuelle. Ce mariage est l'exemple type d'une union mal assortie. Il ne peut pas réussir et ne réussira pas. »
Le soir où Marilyn a avoué que son couple avec Joe battait de l'aile, Natasha s'est peut-être souvenue de sa prédiction. Elle a tenté de consoler Marilyn, mais celle-ci était inconsolable, en proie à une douleur frisant l'hystérie. Joe semblait tout simplement ne pas la comprendre. Il ne voulait pas comprendre. Ces exigences liées à son emploi du temps -répétitions, cours de chant, mémorisation des textes, rencontres professionnelles - faisaient partie intégrante de son travail. On attendait cela d'elle. Pire encore, le mariage ne s'améliorait pas. Il n'y avait aucune adaptation possible, rien que des disputes, des querelles de plus en plus acerbes. Tandis que Marilyn pleurait toutes les larmes de son corps, Joe s'installait au Hollywood Knickerbocker Hotel, l'établissement où il avait séjourné lorsqu'il était célibataire.
Quand il est revenu, sa décision était prise. Il ne pouvait tout simplement pas être le faire-valoir d'une star montante du cinéma. Il a conseillé à Marilyn de demander le divorce. Jerry Giesler, le célèbre avocat spécialisé dans les divorces, a accepté de la représenter. Marilyn avait déjà parlé à Giesler auparavant. Le lundi matin, alors que Marilyn devait se rendre au studio pour poursuivre le tournage de Sept ans de réflexion, elle a téléphoné à Billy Wilder, le réalisateur, peu après huit heures.
« Je… je ne pourrai pas venir travailler », a-t-elle sangloté.
« Pourquoi ? » a demandé Wilder.
« Joe et moi avons eu une… » À ce moment-là, Marilyn s'est effondrée.
« Je ne vous entends pas », a insisté Wilder.
« Joe et moi nous sommes séparés », a finalement réussi à articuler l'actrice. « Je ne sais pas quand je pourrai venir. »
Wilder a appelé Harry Brand et le responsable de la communication du studio a fait l'annonce à la presse, invoquant comme raison officielle « une incompatibilité due à leurs exigences professionnelles contradictoires ».
« De quelles carrières parle le studio ? » demanda un journaliste.
« Il n’y a qu’une seule carrière, celle de Marilyn. »
La carrière de Marilyn Monroe est immense, certes, mais elle ne pouvait pas subvenir aux besoins spirituels de deux personnes. Elle en était sans doute consciente. Pourtant, elle n’a rien fait. Aurait-elle pu faire quelque chose ?
Selon un proche de Di Maggio :
« Bien sûr, Marilyn aurait pu faire beaucoup, mais cela aurait impliqué des sacrifices. Après No Business Like Show Business, pourquoi a-t-elle dû jouer dans Sept ans de réflexion ? Pourquoi n’a-t-elle pas simplement… »
« Pourquoi n'est-elle pas partie quelque part avec Joe ? Je comprends que Sept ans de réflexion ne puisse sortir qu'en 1956. Pourquoi tant de précipitation ? Elle aurait peut-être perdu le rôle. Et alors ? Ils auraient peut-être dû renégocier le contrat. Et alors ? « Un homme a droit à un peu de temps avec sa femme. Pendant toute sa carrière dans le show-business, Marilyn rentrait épuisée. Joe est en pleine forme. J'imagine qu'ils commençaient déjà à se disputer à cette époque. Finalement, c'est sans doute mieux ainsi. Ça ne sert à rien de vivre dans la misère. » Pourquoi remuer le couteau dans la plaie ?
Le mercredi 6 octobre, Joe Di Maggio fit ses valises et quitta Marilyn et Hollywood. Son ami Reno Barsocchini était descendu de San Francisco la veille au soir, et tandis que Joe quittait la maison de Palm Drive, Reno prit ses bagages et les jeta sur la banquette arrière. Joe se retrouva alors face à une soixantaine de journalistes.
« Salut les gars », dit-il. « Je n'ai rien à dire. »
« Mais où vas-tu ? »
« À San Francisco », répondit Joe avec entrain.
« Tu reviendras un jour chez toi ? »
Joe secoua la tête. « San Francisco », annonça-t-il, « c'est chez moi. » « Ça a toujours été ma maison. »
Il jeta un dernier regard au cirque à trois pistes qui avait envahi ce qui était autrefois sa pelouse. Puis il se précipita vers la voiture. Environ quarante-cinq minutes plus tard, Marilyn sortit de la même maison, appuyée sur le bras de son avocat, Jerry Giesler. Journalistes et cameramen se précipitèrent vers elle et Marilyn chancela, comme si elle allait s'évanouir. Son visage, malgré son maquillage épais, paraissait blême et tiré. Elle pleurait tandis que les caméras des actualités cinématographiques commençaient à crépiter. Cedric Hardwicke, à Rome où il interprétait le roi Priam dans Hélène de Troie, confia à Art Buchwald qu'il souhaitait remporter un Oscar un jour afin de pouvoir prononcer ce discours :
« Ne lui posez aucune question », dit Giesler. Les journalistes ne prêtèrent aucune attention à ses paroles. L'un d'eux demanda : « Dans quel film jouez-vous en ce moment ? »
« Je suis désolée », sanglota Marilyn. « Je ne peux rien dire. »
Giesler hocha la tête. « Mlle Monroe n'a rien à déclarer ce matin », annonça-t-il. « En tant qu'avocat », ajouta-t-il, « je dirais qu'il s'agit d'un conflit de carrières. Tout le reste sera exposé au moment et à l'endroit appropriés. »
Personne ne comprenait vraiment la raison de cette conférence de presse. Marilyn était manifestement incapable d'évoquer ses déboires conjugaux. Elle était si souffrante que, lorsqu'elle se présenta au studio une heure plus tard, on la renvoya chez elle pour qu'elle se mette au lit. Deux jours plus tard, toutefois, elle était de retour devant les caméras du studio. On tenta d'interroger le psychanalyste de Marilyn. Il l'avait traitée par intermittence pendant trois ans, mais, naturellement, il refusa de parler de sa patiente. D'autres psychiatres, en revanche, s'exprimèrent.
L'un d'eux affirma : « Je doute que Marilyn soit capable d'entretenir une relation durable avec un homme. Lorsqu'une femme devient une grande vedette, elle s'engage sur une voie certaine vers l'autodestruction. » Un autre déclara : « Dans ce cas précis, nous avons affaire à deux personnes en proie à une insécurité tant émotionnelle qu'intellectuelle. Pour que son mariage fonctionne, une actrice de cinéma doit trouver un mari soit très effacé, soit très éminent. Le problème avec Marilyn, c'est qu'elle a épousé un homme qui "avait été" éminent. C'est précisément le genre d'homme qu'elle n'aurait jamais dû épouser. Sur le plan intellectuel, cependant, elle est incapable de juger le caractère d'autrui. »
Natasha Lytess, pour sa part, affirma :
« Ce mariage était une grave erreur dès le départ. Marilyn le savait depuis longtemps. On ne décide pas de divorcer après une simple dispute. Il y a eu de nombreuses querelles, vraiment beaucoup de querelles. » « Pourquoi ? Certaines personnes supportent mal la réussite d'autrui. » « M. DiMaggio n'a jamais pu -ou jamais voulu -prendre en compte les sentiments et la sensibilité de Marilyn. »
Et qu'en est-il de la sensibilité de Joe ? Combien de temps un homme élevé dans un foyer religieux pouvait-il supporter de voir le sex-appeal de sa femme ainsi exploité ? Vous dites que Joe était parfaitement au courant pour les photos du calendrier de Marilyn lorsqu'il l'a épousée ? Qu'il savait à quoi s'attendre avec une actrice dont le principal atout était sa silhouette ? Il aurait dû le savoir. Mais ce n'était pas le cas. Joe pensait qu'une fois au sommet, Marilyn se contenterait de ralentir la cadence. Il imaginait peut-être qu'ils pourraient bâtir une relation semblable à celle de Laraine Day et Leo Durocher, Marilyn finissant par ne tourner qu'un seul film par an. Il se berçait d'illusions, ce qui est compréhensible, car Joe était amoureux de Marilyn. Il pensait, d'une certaine manière, que le mariage amènerait Marilyn à accepter des rôles plus sages.
Lorsqu'il lui a rendu visite sur le tournage de There's no Business Like Show Business et a vu la tenue très légère qu'elle portait pour le numéro « Heat Wave », il a refusé de poser à ses côtés. La nudité, ou la quasi-nudité, le mettait mal à l'aise. Des millions de jeunes Américains idolâtraient encore DiMaggio, le voyant comme un athlète intègre et à la vie exemplaire. Joe ne voulait pas qu'ils le voient poser aux côtés d'une pin-up, même s'il s'agissait de sa propre femme. En expliquant au juge les raisons de sa demande de divorce,
Marilyn a déclaré : « Votre Honneur, mon mari était sujet à des sautes d'humeur durant lesquelles il refusait de m'adresser la parole pendant des jours. Cinq, voire sept jours. Parfois jusqu'à dix jours. Lorsque j'essayais de le raisonner, il me lançait : "Arrête de me harceler !" Il m'était interdit de recevoir des visites, quelles qu'elles soient. Je ne crois pas avoir demandé à recevoir quelqu'un plus de trois fois en neuf mois. Une fois, alors que j'étais malade, il a bien autorisé une visite, mais cela s'est fait dans une tension extrême. J'ai proposé d'abandonner ma carrière, mais cela n'a absolument rien changé à son attitude. » « J'espérais trouver dans mon mariage de l'amour, de la chaleur, de l'affection et de la compréhension, mais notre relation n'était faite que de froideur et d'indifférence. »
Jerry Geisler demanda : « Quel effet cette situation a-t-elle eu sur votre santé ? »
Marilyn répondit : « J'étais suivie par un médecin. »
Elle a ensuite quitté la barre des témoins, et son témoignage a été corroboré par Inez Nelson, son agente. Quelques minutes plus tard, le divorce était prononcé. À tort ou à raison, DiMaggio est prisonnier de sa nature profonde. Il ne peut pas changer. Pour sauver son mariage, Marilyn aurait dû renoncer au film Sept ans de réflexion. Elle aurait dû aider Joe à se lancer dans une nouvelle carrière, ou dans un domaine lié au sport. Elle aurait dû flatter son ego. Elle aurait dû, pendant un certain temps, sacrifier sa propre carrière. Elle aurait dû renoncer, du moins temporairement, à cette lumière des projecteurs qui reléguait son mari dans l'ombre. Elle a tenté d'y parvenir par les mots. Elle déclarait aux journalistes que Joe était le meilleur, le plus attentionné, le plus compréhensif et le plus véritablement célèbre. Elle affirmait que son mariage passait avant tout. Pourtant, elle consacrait toute son énergie à sa carrière plutôt qu'à son mariage.
Ce que Marilyn possède de plus important, il lui a fallu de l'intelligence pour l'acquérir. Et désormais, elle ne laissera plus personne l'oublier !
Résumé de l'article
Dans « Don't Call Me a Dumb Blonde » (« Ne m'appelez pas une blonde idiote »), publié dans Modern Screen en avril 1955, la journaliste Alice Finletter revient sur le chemin parcouru par Marilyn Monroe depuis ses débuts à Hollywood. Cinq ans auparavant, lorsqu'elle obtient son petit rôle dans The Asphalt Jungle, elle est encore considérée comme une aspirante actrice parmi tant d'autres. Son talent est sous-estimé et son ambition prise à la légère. En 1955, constate l'auteure, la situation s'est complètement inversée : Marilyn est devenue l'une des plus importantes attractions du box-office et l'une des actrices dont on parle le plus en Amérique.
L'article insiste sur le fait qu'elle a réussi sans argent, sans éducation privilégiée, sans relations influentes et malgré une succession de revers professionnels. Après The Asphalt Jungle, son nom est même omis de la distribution et un journaliste demande qui est cette « blonde idiote bien roulée ». Lorsqu'on lui assure qu'elle était très bonne dans le film, Marilyn répond alors avec inquiétude :
« Tout le monde dit que j'étais plutôt bonne dans le film. Est-ce que je l'étais vraiment ? », avant de demander pourquoi personne ne lui propose alors de contrat ou de nouveau rôle.
Finletter retrace ensuite son ascension, d'All About Eve aux premiers rôles à la Fox, puis s'attarde surtout sur le conflit qui l'oppose désormais au studio. Marilyn refuse certains projets et cherche davantage d'indépendance professionnelle. Avec Milton Greene et l'avocat Frank Delaney apparaît alors Marilyn Monroe Productions. L'article prend clairement au sérieux cette volonté de contrôler sa carrière et souligne qu'elle s'intéresse désormais aussi aux mécanismes économiques de l'industrie, observant notamment les acteurs devenus producteurs indépendants.
L'auteure rejette également l'idée selon laquelle Marilyn serait simplement une star ayant eu de la chance :
« Il n'existe à Hollywood aucune actrice ayant travaillé plus dur que Marilyn Monroe pour apprendre son métier. »
Elle rappelle ses années de travail avec Natasha Lytess, ses efforts sur la diction et le mouvement, mais aussi l'éducation qu'elle s'est construite elle-même. Marilyn lit beaucoup, écoute de la musique, prend des cours de chant et cherche à comprendre les aspects financiers du cinéma.
L'article revient longuement sur l'étiquette de « dumb blonde » qui lui a été imposée. Selon Finletter, beaucoup d'hommes d'Hollywood se souviennent encore de la jeune Marilyn sans argent, terrifiée par les interviews et apparemment naïve. Mais ils ont également contribué à fabriquer cette image en transformant chacune de ses réparties en élément de la « légende Marilyn Monroe ». L'auteure cite notamment la célèbre réponse concernant le calendrier nu : « J'avais la radio allumée » et explique comment ce genre de formule était immédiatement repris par la presse.
Pour Finletter, Marilyn recherche désormais, plus encore que l'argent, « la reconnaissance en tant qu'artiste, actrice et femme intelligente et cultivée ».
L'article oppose ainsi explicitement la "stupidité" qu'on lui attribue à ce qu'il considère comme sa véritable caractéristique : son naturel. Interrogée sur sa voix sensuelle, Marilyn explique :
« Si vous pensez que quelque chose est sexy, vous exprimez simplement ce que vous ressentez. J'essaie de ne pas trop y penser. Si je devais y penser, je suis certaine que cela sortirait mal. »
La journaliste relate également que Marilyn n'a pratiquement aucune amie intime, mais une femme qui la connaît depuis quatre ans expliquait pourquoi :
« Ces dernières années, elle affirme que Marilyn a grandi. Elle ne pense peut-être pas ainsi, mais elle a changé énormément. D'une jeune fille désorientée, elle est devenue une star de cinéma qui réfléchit. »
Elle pense que Marilyn n'est plus une blonde idiote. À bien des égards, elle ne l'a jamais été. Beaucoup d'hommes à Hollywood se souviennent d'elle comme d'une jeune femme en difficulté, au corps bien fait et au sourire apparemment vide.
L'article évoque également son humour, notamment à travers sa réponse devenue célèbre lorsqu'on lui demanda ce qu'elle portait pour dormir : « Du Chanel Numéro Cinq. » Finletter considère précisément ces réparties comme la preuve que la femme réelle est beaucoup plus spirituelle que le personnage de « blonde idiote » fabriqué autour d'elle.
L'article se termine par une anecdote qui illustre cette évolution. Lors d'une soirée chez Romanoff's, Gary Cooper, Jimmy Stewart, Bill Holden, Claudette Colbert, Doris Day et d'autres viennent féliciter Marilyn pour The Seven Year Itch :
« J'ai entendu dire que dans The Seven Year Itch, tu es absolument merveilleuse. » L'auteure affirme que cinq ans auparavant, Marilyn aurait simplement rougi et murmuré « Merci ». Désormais, elle répond avec assurance tout en attribuant une partie du mérite à son réalisateur :
« Merci. Mais c'est vraiment le film de Billy Wilder. C'est un grand réalisateur, et il me met en valeur. À tel point que je voudrais qu'il me laisse jouer dans son prochain film. Mais son prochain film est The Lindbergh Story, et il dit que je ne peux pas jouer Lindbergh ! »
Finletter choisit ainsi de terminer son portrait par une plaisanterie de Marilyn elle-même, comme pour apporter la démonstration finale au titre de son article : la « blonde idiote » possède suffisamment d'esprit pour se moquer à la fois d'elle-même, de son image et de ses nouvelles ambitions.
Marilyn Monroe avec son avocat Frank Delaney, a déclenché une vive polémique en refusant un contrat en or proposé par Darryl Zannuck, le patron de son studio 20 th century Fox. Motif : elle veut jouer des drames intenses; fini les comédies musicales.Elle a crée sa propre société de production et la bataille fait toujours rage.
Contenu : Reportage de 4 pages sur le tournage de Bus Stop
« Shake, Rattle and Roll! »
« Ça bouge, ça balance et ça roule ! »
Plusieurs photos de Marilyn Monroe sur le tournage de la chanson "That Old black magic" dans le film Bus Stop.
Shake, Rattle and Roll est une chanson enregistrée par Elvis Presley en 1956. Le journaliste fait un petit jeu à plusieurs niveaux entre le titre de la chanson, Elvis et les mouvements de danse de Marilyn.
Légende de la photo à droite :
« Même Elvis Presley paraît bien sage en comparaison lorsque Marilyn s'échauffe. Bus Stop est le premier film de Marilyn depuis son séjour d'un an à New York. »
Les deux dernières pages insistent sur la fatigue de Marilyn après le tournage de la scène :
Après sa danse, Marilyn, épuisée, se retire à l'arrière-plan pour reprendre son souffle et rêver un peu.
« La fatigue du tournage se lit sur Marilyn, qui semble perdue dans ses pensées. Bus Stop est sa première tentative pour être reconnue comme une actrice « sérieuse ».
Controverses autour du livre de Bernard of Holywood en 1993
Des photographes d'Hollywood ont accusé Susan Bernard, la fille de célèbre photographe, d'avoir pillé plusieurs dizaines de leurs clichés.Par ailleurs, un représentant de la succession de Marilyn Monroe a affirmé qu'une dédicace et la signature de l'actrice figurant dans le livre semblaient être des faux. Des photographes et des archivistes ont remis en question l'origine d'au moins 79 des quelque 130 photos de Monroe présentes dans l'ouvrage.
Malgré ces controverses les livres de Bruno Bernard qui sont parus après 1993, dont le dernier en date paru pour le centenaire de la naissance de Marilyn cette année The Marilyn Monroe Century, contiennent des photos qui ne sont pas de Bruno Bernard.
Controversies surrounding the Bernard of Hollywood book in 1993
Hollywood photographers accused Susan Bernard—the daughter of a famous photographer—of having misappropriated dozens of their shots.Furthermore, a representative of the Marilyn Monroe estate claimed that a dedication and the actress's signature appearing in the book appeared to be forgeries.Photographers and archivists questioned the provenance of at least 79 of the approximately 130 photos of Monroe featured in the work.
Despite these controversies, the books by Bruno Bernard published after 1993 including the most recent one, ,The Marilyn Monroe Century, released this year to mark the centenary of Marilyn's birth—contain photos that are not by Bruno Bernard.
Titre : Bernard of Hollywood's Marilyn
Autrice : Susan Bernard
Éditeur / Pays : St Martins Pr, USA
Date de publication : 1993
128 pages
ISBN : 9780312088828 (ISBN10: 0312088825)
Contenu :
La fille du regretté photographe de Sunset Boulevard raconte un hommage illustré qui retrace la relation professionnelle entre Marilyn Monroe et Bernard à travers les clichés qu'il a pris d'elle sur une période de dix-sept ans.
Plusieurs portraitistes d'Hollywood — dont certains ont photographié Norma Jeane Dougherty et même contribué à sa transformation en Marilyn Monroe — affirment que nombre d'images du livre leur appartiennent et ont été publiées sans autorisation, sans rémunération ni mention de leur nom.« Entre 50 % et 60 % des photos de ce livre ne sont pas de Bruno Bernard », déclare Sid Avery, 74 ans, photographe-biographe de Bogart, Dean et Gable, et fondateur du *Motion Picture and Television Photo Archive* dans l'ouest de Los Angeles.
Il met en cause Susan Bernard, une habitante de Hancock Park, fille du photographe et ancienne actrice de feuilletons télévisés, qui a compilé cet ouvrage vendu 29,95 dollars et publié par St. Martin’s Press :
« De toute évidence, elle ne disposait pas d'assez d'images de son père ; elle a donc puisé dans le travail de dix ou quinze autres photographes pour étoffer le livre.»
Le mois dernier, le photographe new-yorkais Sam Shaw, 81 ans, a intenté un procès réclamant 4 millions de dollars de dommages et intérêts à Susan Bernard et à St. Martin’s.Shaw soutient que le livre attribue à tort neuf de ses clichés à Bernard, dont une image emblématique : celle de Marilyn Monroe, la jupe soulevée par le souffle d'une bouche de métro, prise lors du tournage de Sept ans de réflexion.
Susan Bernard rejette toutes ces accusations : « Au fond, ce livre est un hommage à mon père, à son intégrité, à son talent artistique et à son œuvre légendaire. Je défends le travail de mon père. Je défends mon livre.»
Un porte-parole de St. Martin’s déclare pour sa part : « Nous soutenons Susan Bernard. »...
Richard Miller, 81 ans et retraité à Malibu, Joe Jasgur, 74 ans, de Palms, ainsi que d'autres photographes ayant immortalisé Marilyn Monroe, affirment que Susan Bernard a obtenu les clichés destinés à son livre en les empruntant de manière détournée auprès de collectionneurs, de galeries et d'agences photographiques.
Il y a un an, Mme Bernard a sollicité la John Kobal Collection à New York, ainsi que l'agence Globe Photos (basée à Los Angeles et New York), les archives Avery’s Motion Picture and Television Photo Archive et d'autres organismes. Certains contacts ont été établis par téléphone, d'autres par courrier envoyé au nom de « Suzanne Sommer Productions », l'expéditrice affirmant être « en train de produire un documentaire et un livre illustré sur la vie de Norma Jeane-Marilyn ».
Mme Bernard reconnaît avoir envoyé ces courriers et explique que « Sommer » est son nom de famille, hérité d'un père né sous le nom de Bruno Bernard Sommer.Ce nom présente toutefois une ressemblance frappante avec celui d'une célébrité bien connue des agences.« J'ai cru qu'il s'agissait de l'actrice Suzanne Somers », se souvient Bob Cozenga, de la Kobal Collection.
« En fait, la femme au bout du fil a affirmé être l'actrice en question.» M. Cozenga a envoyé « quelques centaines » de photos de Marilyn Monroe à Suzanne Sommer.Avery en a expédié soixante, et Globe Photos a également fourni une sélection de clichés. Il a fallu attendre un an et brandir la menace de poursuites judiciaires pour que les photos soient restituées à Globe, Kobal et Avery.
Entre-temps, l'ouvrage Bernard of Hollywood’s Marilyn était prêt à être commercialisé en Europe, et la campagne de promotion orchestrée par St. Martin’s Press suscitait des articles élogieux dans *Mirabella*, *Newsweek* et *Los Angeles Magazine*.
Sam Shaw ne s'en est pas senti flatté.
En 1953, la 20th Century Fox a engagé Shaw pour réaliser les photos promotionnelles du film Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch).Une séquence en particulier représentait une aubaine pour un photographe : Marilyn Monroe, debout sur une grille de métro, sa jupe se soulevant sous l'effet du courant d'air venant du sous-sol. La scène a été tournée plus de trente-six fois, aussi bien sur place à New York qu'à Los Angeles, dans les studios de la Fox.Shaw affirme qu'il connaissait bien Bernard, qu'il ne l'a aperçu lors d'aucune des deux séances de prise de vues et que ce dernier ne figurait certainement pas parmi les photographes de studio et de presse qu'il avait invités à assister au tournage.
Pourtant, le livre de Susan Bernard contient 28 photographies prises durant le tournage de Sept ans de réflexion, dont 16 de la fameuse séquence de la jupe.Shaw soutient que neuf de ces photos de la jupe sont les siennes.L'une d'elles a servi d'affiche pour le film et a été publiée dans cinq ouvrages consacrés à Monroe ;le crédit photo a toujours été attribué à Sam Shaw. Deux autres clichés sont restés gravés dans la mémoire de Shaw car ils montrent Monroe de face, la jupe relevée au-dessus de la taille et laissant apparaître sa culotte.
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Il explique avoir écarté ces deux photos, les jugeant « trop vulgaires » pour la promotion du studio.Shaw ignore comment Susan Bernard a pu se procurer ces clichés non retouchés qui avaient été initialement rejetés.Il ne se souvient pas non plus que Bruno Bernard ait jamais revendiqué la paternité de ces images précises.Il a donc intenté un procès à la fille du photographe et à son éditeur devant le tribunal fédéral de district de New York pour violation du droit d'auteur et concurrence déloyale.
Ou, pour reprendre les termes de Shaw : « Pour avoir utilisé mes photos en les attribuant à un autre photographe et en en tirant profit.»
Susan Bernard affirme toutefois que son père avait bel et bien revendiqué les clichés de la jupe et que la photo montrant la culotte avait figuré dans une exposition consacrée à son œuvre en 1984, à l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Cette exposition a depuis été démantelée.Cependant, une porte-parole a indiqué que les archives de l'Académie concernant le film contenaient un tirage (format 20 x 25 cm) de la photo de la jupe en question, portant au dos le tampon « Bernard of Hollywood ».
La confusion semble moindre concernant les autres photos figurant dans le livre de Bernard.Dans des entretiens accordés au *Times*, des photographes et des archivistes remettent en question l'origine d'au moins 79 des quelque 130 photos de Monroe présentes dans l'ouvrage.
L'une des photos du livre est un montage montrant le mannequin Norma Jeane Dougherty en couverture de magazines tels que *Salute*, *Parade*, *Laff*, *Family Circle*, *Personal Romances*, *Pageant*, entre autres.
Jasgur se souvient avoir réalisé ce cliché en 1946, dans les bureaux hollywoodiens de l'agence Blue Book Models.
Une autre photo montre Monroe vêtue d'un sac de pommes de terre de l'Idaho.Elle a déjà été publiée dans des ouvrages tels que *Marilyn Monroe and the Camera* et *Marilyn, a Hollywood Life*, avec le crédit attribué au regretté Earl Theisen.
Monroe en déshabillé de dentelle.Prise sur le tournage de Clash by Night, cette photo est déjà apparue dans *Film Star Portraits of the Fifties* ainsi que dans quatre autres livres consacrés à Monroe.Crédit : Ernest Bachrach, photographe ayant travaillé vingt-cinq ans pour RKO Radio Pictures.
Monroe dans une pose plus pudique, où sa jupe se soulève.Depuis 1954, cette photo a figuré dans sept ouvrages, tous attribuant le crédit à Sam Shaw.
Monroe dans la plupart de ses films, de Niagara à The Misfits.Il s'agit de photos de plateau identifiées, lors de publications antérieures, comme étant l'œuvre de Frank Powolny, John Florea,Jimmy Mitchell, Bert Reisfeld et d'autres photographes de studio.
Enfin, Monroe posant en 1954 aux côtés de Bruno Bernard.L'inscription indique : « N'oublie pas, Bernie, tout a commencé avec toi... Marilyn Monroe.» L'écriture et la signature ne semblent pas correspondre à l'écriture de Marilyn Monroe telle qu'elle apparaît sur plusieurs documents examinés par le *Times* — sa correspondance, ses chèques, son journal intime, ses photos dédicacées, ses autorisations de droit à l'image et même ses papiers de divorce.
Par ailleurs, Roger Richman, agent de licence à Beverly Hills pour la succession Monroe, affirme qu'il semble que l'écriture et la signature « ne soient pas celles de Marilyn Monroe ».
Susan Bernard évite de commenter la signature, se contentant de dire : « Je peux vous montrer ce que mon père a écrit (dans son journal) à propos de la photo et tout le reste. Mais je m'aventure sur un terrain où je ne devrais pas aller. C'est-à-dire... aborder toute l'affaire (Sam Shaw), et je ne suis pas sûre de devoir en parler dans ce genre d'interview. »
Elle nie avec véhémence avoir piraté des photographies et affirme avoir contacté les banques d’images parce qu’elle pensait qu’elles vendaient les clichés de son père sans le créditer ni le rémunérer.Elle ajoute d’ailleurs avoir reconnu certaines photos de son père parmi celles reçues de la part de ces agences. Pourquoi ne s’est-elle pas adressée à ces banques d’images en se présentant sous son véritable nom, Susan Bernard ?
« Parce que... ils me mentiraient en disant qu’ils ne possèdent pas les photos de mon père... alors que je les vois ensuite les commercialiser. Mais pas au nom de mon père.» Elle pense donc que d’autres photographes ont vendu le travail de son père en le faisant passer pour le leur ?« Oui. Mon père aurait été furieux de cela », dit-elle.« Il aurait dit : "Mon Dieu, c’est à moi." Et l’une de ses dernières paroles à mon égard a été : "S’il te plaît, récupère ces négatifs auprès de ces agences ; s’il te plaît, récupère-les pour moi." »
Voici une brève chronologie des faits relatés dans la presse de l'époque concernant la "proposition" d'Harry Cohn à Marilyn Monroe.
8 septembre 1952 dans le journal "Daily News" : première publication de « Wolves I Have Known », où Marilyn raconte elle-même l'épisode du « loup » de Columbia sans le nommer. Elle raconte la proposition, sa façon de l'éconduire en évoquant son épouse, et les conséquences professionnelles qui suivent.
Janvier 1953 dans Motion Picture and Television Magazine : reprise du récit, qui n'est donc pas la publication originale.
1954 dans le magazine Rave : When Marilyn Missed the Boat. Le magazine reprend l'épisode mais, cette fois, identifie formellement Harry Cohn, publie sa photographie et développe la scène. Ce qui n'est pas tout à fait anodin. En 1954, Cohn est alors toujours à la tête de Columbia et l'un des hommes les plus puissants d'Hollywood.
Here is a brief timeline of events reported in the press at the time regarding Harry Cohn’s "proposition" to Marilyn Monroe.
September 8, 1952, in the Daily News: first publication of "Wolves I Have Known," in which Marilyn herself recounts the episode involving the Columbia "wolf" without naming him.She describes the proposition, how she rebuffed him by mentioning his wife, and the ensuing professional consequences.
January 1953, in Motion Picture and Television Magazine: the story is reprinted; this was not the original publication.
1954, in Rave magazine: "When Marilyn Missed the Boat."The magazine revisits the episode but, this time, explicitly identifies Harry Cohn, publishes his photograph, and elaborates on the scene.
This is by no means insignificant.In 1954, Cohn was still at the helm of Columbia and one of the most powerful men in Hollywood.
« Quand Marilyn a raté le bateau »
L'histoire vraie d'un yacht, d'une jeune fille et d'un monsieur très important
De temps à autre, un magazine à scandales s'écarte de sa ligne habituelle et publie quelque chose de gentil à propos de quelqu'un. Cette attitude, aussi cruelle qu'elle puisse être pour l'un de nos principaux concurrents dans la diffusion de ragots destinés à dénigrer nos célébrités bien-aimées, nous laissons généralement passer de telles niaiseries et poursuivons notre chemin en riant.
Mais puisque la vertu peut être récompensée, nous publions ici une histoire vraie et inédite à propos d'une jeune fille qui fut sage.
Elle s'appelle Marilyn Monroe, et nous espérons qu'elle acceptera ce cadeau de mariage tardif. Comme toutes les belles histoires, celle-ci commence par : « Il était une fois... »
Il était une fois une jeune fille nommée Marilyn Monroe, dont presque personne n'avait jamais entendu parler. Elle essayait de percer dans le cinéma, mais la route était difficile, très difficile. Elle essaya la 20th Century-Fox, mais cela ne donna rien, alors Joe Schenck, président du conseil d'administration de la Fox, lui suggéra d'essayer Columbia.
Le directeur de casting de Columbia fut aussi gentil qu'il pouvait l'être. Il ne se contenta pas de dire à Marilyn qu'il était certain qu'elle irait loin : il lui donna quelques coups de téléphone pour lui trouver du travail.
Puis, un après-midi, il appela personnellement Marilyn et lui demanda de venir dans son bureau à 16 heures. Marilyn, pratiquement transportée de joie, était certaine que c'était la grande chance.
Mais lorsque Marilyn arriva, le directeur de casting n'était pas dans son bureau. Elle attendit un moment, puis une porte au fond s'ouvrit et un autre homme entra.
C'était Harry Cohn.
Harry l'invita dans son propre bureau -une immense pièce digne d'un grand ponte -pour discuter de choses ordinaires.
Il la regarda très attentivement. Puis il appela sa secrétaire pour lui apporter quelques appels téléphoniques et sortit une photographie de son bureau. La photo montrait un yacht.
M. Cohn posa sa main sur celle de Marilyn et lui demanda si elle voulait venir faire une croisière sur son yacht.
Il expliqua tout très clairement. La femme de M. Cohn ne participerait pas à la croisière, qui devait partir dans une heure et se poursuivre toute la nuit. Il y aurait à bord un groupe choisi pour la croisière.
En fait, à l'exception de M. Cohn et de Marilyn, et d'autres dirigeants de Columbia, tous les passagers seraient des hommes.
Alors qu'il terminait ses explications comme si elles n'étaient pas assez claires, M. Cohn se pencha et passa le bras autour de la taille de Marilyn.
Marilyn ne répondit rien pendant un moment. Puis elle se leva.
Elle remercia M. Cohn de l'avoir invitée, mais lui dit qu'elle était désolée, elle ne pourrait pas venir cet après-midi-là.
Peut-être une autre fois, lorsque sa femme pourrait être présente...
M. Cohn devint violet de rage.
Il lui dit que c'était sa dernière chance. Si elle ne partait pas « en croisière » avec lui, elle pouvait être certaine qu'elle ne travaillerait plus jamais pour Columbia Pictures.
Marilyn sortit et retourna dans sa chambre meublée.
Voilà toute notre histoire.
Nous aimons et admirons Marilyn pour avoir tourné le dos à cet horrible Harry.
Elle peut venir faire une croisière sur notre yacht quand elle veut -et elle peut même amener Joe, si une barque à rames est assez grande pour trois.
La forme des rêves
Il était une fois une fille nommée Marilyn...qui pensait que c'était sa grande chance
Le directeur de casting était très gentil...mais il n'était pas dans bureau quand elle est arrivée...
Alors notre question est : qui a fait de qui un singe ?
Crédit photographies de l'article: André de Dienes (1952)
Nous sommes en avril 1954 quand ce texte écrit par Marilyn Monroe signé sous son nom de femme mariée à Joe DiMaggio, parait dans le magazine Pageant. Spontanément Marilyn Monroe évoque Arthur Miller parmi les dix hommes qui l'intéressent et parle déjà de lui en termes particulièrement admiratifs.
Ce qui est intéressant c'est la diversité des noms évoqués par Marilyn. Chekhov pour l'art et la transmission, Miller pour l'écriture, Huston pour la confiance qu'il lui donne comme actrice, Sidney Skolsky pour sa fidélité lorsqu'elle n'était personne, Milton H.Greene pour son regard photographique, Marlon Brando pour sa recherche intérieure, Nehru pour son envergure intellectuelle, Jerry Lewis pour son sex-appeal, Robert Mitchum pour sa sensibilité cachée, et Joe DiMaggio pour son honnêteté, son calme et son humanité.
It was April 1954 when this article written by Marilyn Monroe under her married name from her union with Joe DiMaggio, appeared in Pageant magazine.Spontaneously, Marilyn Monroe lists Arthur Miller among the ten men who interest her, already speaking of him in terms of deep admiration. What is interesting is the diversity of the names Marilyn mentions: Chekhov for art and the passing on of knowledge;Miller for writing; Huston for the confidence he instilled in her as an actress; Sidney Skolsky for his loyalty when she was a nobody; Milton H. Greene for his photographic eye; Marlon Brando for his inner searching; Nehru for his intellectual stature; Jerry Lewis for his sex appeal; Robert Mitchum for his hidden sensitivity; and Joe DiMaggio for his honesty, calmness, and humanity.
Les hommes qui m'intéressent
par Miss Joe DiMaggio
Pratiquement tous les hommes au monde qui ont entendu parler de Marilyn Monroe, ou qui l'ont vue, la trouvent intéressante. Mais quels sont les hommes que la nouvelle Mme DiMaggio trouve les plus intéressants ? Pageant le lui a demandé, et sa réponse, présentée dans l'ordre dicté par Marilyn elle-même, est aussi surprenante que la liste elle-même. Voici, dans ses propres mots, les raisons pour lesquelles Marilyn les a choisis.
Michael Chekhov acteur, metteur en scène et professeur d'art dramatique
« Tout d'abord, c'est un être humain rare et un grand artiste. Je ne sais pas grand-chose de son passé. C'est le neveu d'Anton Tchekhov, mais il est lui-même l'un des plus grands artistes de notre époque. C'est un acteur superbe. Il était au Théâtre d'Art de Moscou il y a des années.
Il y a quelque chose de très noble chez lui... récemment, il a écrit un livre, et il y a tout ce qu'il a appris sur lui-même en tant qu'artiste, écrivain et metteur en scène. Il l'a publié pour les jeunes acteurs : ce qu'il a découvert par ses propres expériences, dans un livre intitulé To the Actor.
Ce qu'il a appris, il veut le transmettre aux jeunes. J'ai étudié avec lui... avec sa classe, et j'espère continuer à le faire. Pour une personne sérieuse, il possède le plus merveilleux sens de l'humour. Je l'aime en tant que personne. »
Arthur Miller : dramaturge, romancier
« C'est l'un des rares dramaturges contemporains à avoir trouvé une manière de dire avec succès les choses qu'il veut dire. J'aime Death of a Salesman. Ou bien, il a aussi adapté An Enemy of the People d'Ibsen.
J'aime sa nouvelle pièce, qui parle d'une chasse aux sorcières. Dans ses pièces, il a une façon de faire travailler ensemble les gens qui jouent ses pièces. Je sais qu'il y a encore des choses merveilleuses à venir de lui. Oui, je l'ai rencontré.
Il est très séduisant, sur le plan personnel. Je pense que sa pièce qui a compté le plus pour moi était Death of a Salesman, mais ce que j'ai préféré était un livre qu'il a écrit, intitulé Focus. Il parlait d'antisémitisme. J'aimerais qu'il écrive davantage de livres. C'était un livre très sérieux et merveilleux. »
John Huston réalisateur
« Toute femme qui l'entoure ne peut s'empêcher d'être amoureuse de lui, au moins pendant le temps où elle est avec lui. Je me souviens, quand je suis allée auditionner pour lui, qu'on ne pouvait pas être plus à l'aise avec quelqu'un. C'était mon premier grand rôle.
J'étais tellement nerveuse. J'avais l'impression que si je pouvais enlever mes chaussures, je me sentirais mieux. Il m'a dit : “Oui, s'il vous plaît.” Dans la scène, j'étais censée être étendue sur un canapé. Il n'y avait pas de canapé, alors j'ai demandé si je pouvais m'étendre sur le sol. Il a dit : “Oui.” Et je l'ai fait.
Puis j'ai voulu lire une fois de plus... Je pensais pouvoir faire beaucoup mieux. Il m'a dit : “Vous n'êtes pas obligée.” J'ai répondu : “S'il vous plaît.” Il est très patient et je n'ai pas du tout eu peur de lui.
Il m'a dit ensuite que j'avais obtenu le rôle dès la première fois. C'était The Asphalt Jungle. Je crois que la majeure partie de mon rôle a été coupée à cause du Breen Office.
C'était simplement l'angle qu'ils avaient choisi. Non, je ne dirai rien de plus... c'était simplement l'angle. »
Sidney Skolsky chroniqueur hollywoodien
« Sidney est l'une des personnes les plus intéressantes avec qui parler. Peut-être que cela paraît étrange, mais je peux passer une heure et demie avec lui et j'ai l'impression que cela ne fait que dix minutes.
J'ai un sentiment affectueux pour Sidney. Quand personne ne faisait attention à moi, il disait : "tu seras l'une des plus grandes stars de Hollywood.
Je n'avais même pas de travail. Je ne mangeais pas. Il lançait toutes sortes de déclarations à l'emporte-pièce.Vous voyez... du genre « Vous n'allez pas le croire », disait-il, mais « Vous allez faire ceci ou cela ».
Je l'ai rencontré lorsque je sortais pour la première fois du bureau du commissaire de la Fox. Je n'avais même pas de travail à l'époque, mais je traînais dans les studios à la recherche d'un rôle.
Il m'a dit : “Pour une fille que je n'ai jamais vue à l'écran, je vois davantage de photos de vous que de n'importe qui d'autre.”
Il m'a dit : “Quand est-ce que vous allez faire un film ?”
J'ai répondu : “Quand j'aurai un travail.”
C'est ainsi que nous sommes devenus amis. Il a toujours eu énormément confiance en moi. Je lui ai parlé de temps en temps après cela pendant de longues périodes. J'ai toujours eu l'impression que je pouvais tout lui dire.Il n'aimerait probablement pas que je le qualifie de figure paternelle, alors je ne le ferai pas...mais il est adorable et je l'aime profondément. »
Milton Greene photographe de magazine
« La première fois qu'ils m'ont montré un portfolio contenant les plus belles photographies que j'aie jamais vues de personnes qu'il avait photographiées, j'ai dit : “Elles sont magnifiques. Qui les a prises ?”
Il y avait ce jeune homme qui se tenait à côté. J'ai répondu : “J'aimerais qu'il me photographie.”
J'ai dit que j'avais un emploi du temps chargé, mais que je pouvais poser toute la nuit.
J'ai demandé : « Où est-il ? » C'était ce jeune homme qui se tenait là.
“C'est ce jeune homme qui se tient là”, m'a-t-on répondu.
J'ai dit : “Il n'est qu'un garçon.”
Il a 32 ans, mais je pense qu'il en paraît 19. J'aimerais qu'il puisse me photographier tout le temps. On m'a souvent photographiée, mais Milton Greene m'a donné un nouvel espoir et une nouvelle perspective.
Je n'ai jamais vraiment aimé la façon dont on me photographiait jusqu'à ce que je voie les clichés de Milton Greene.Milton a une approche bien à lui... Ce n'est pas seulement un photographe, c'est un véritable artiste.Même lorsqu'il fait de la photo de mode, un genre souvent ennuyeux, il parvient à créer quelque chose de magnifique.
Je travaille avec d'autres photographes, mais cet homme est un grand artiste.Il est très singulier... on entendra beaucoup parler de lui.L'une des choses qui font de lui un tel artiste, c'est sa grande sensibilité et son introspection.
C'était la première fois que je n'avais pas besoin de poser.Il me laissait simplement réfléchir tout en continuant à photographier... sans que je m'en rende compte.
J'ai rencontré Milton juste avant qu'il ne se marie, deux jours plus tard.Quand je l'ai appris, j'en ai été très triste, mais seulement pendant cinq minutes."
Marlon Brando acteur
« Vous savez, on parle de magnétisme animal. Je pense qu'il possède quelque chose sans faire quoi que ce soit pour cela. Mais ce qui est le plus intéressant chez Marlon, c'est sa sensibilité.
Vous avez l'impression qu'il cherche à découvrir quelque chose sur lui-même. Il cherche sous tout ce qui est visible... pendant qu'il vous parle. Pendant qu'il joue une scène, il cherche toujours.
Je ne sais pas s'il essaie de découvrir quelque chose chez la personne à qui il parle, mais il cherche toujours.
Il bouge magnifiquement. On ne pense pas à un homme qui bouge comme à un danseur. Je pense qu'il se découvre réellement en tant que personne et en tant qu'artiste. Vous avez l'impression qu'il essaie de comprendre tout ce qu'il y a... C'est inhabituel... particulièrement chez un jeune homme. »
Jawaharlal Nehru Premier ministre de l'Inde
« Je pense qu'il est très séduisant. Je ne l'ai vu qu'en photo. Il capte toujours votre regard... Les mots ne suffisent pas pour que je puisse le décrire.
Il doit être admiré pour ce qu'il représente, ce qu'il est. On sent que c'est un homme d'une telle envergure... qu'il n'a pas de frontières.
C'est un homme qui réfléchit. Ce qu'il essaie de faire... Je l'admire énormément. J'aimerais le rencontrer. »
Jerry Lewis comédien
« Je pense simplement qu'il est sexy. Vous savez, je n'arrive pas vraiment à analyser cela, mais c'est là. Je ne suis pas certaine que cela ait quelque chose à voir avec sa vitalité.
Je pense qu'il a un visage très sympathique. Je pense qu'il ne fait des grimaces que parce que les gens le lui demandent.
Lui et Dean Martin se mettent toujours à crier et à s'agiter dans tous les sens quand ils me voient, et je les adore pour ça.
Certaines personnes m'ont critiquée pour ma façon de m'habiller et ma façon de marcher... Et à propos de la marche, j'ai appris cela quand j'étais très jeune, et je marche ainsi depuis.
J'ai rencontré Jerry une fois lors d'une émission. C'était une répétition. Il m'a souhaité bonne chance et m'a dit que l'essentiel était de ne pas être nerveuse.Je crois qu'il l'avait deviné.Ce n'était pas tant ce qu'il disait, mais la sincérité avec laquelle il le disait."
Robert Mitchum acteur
« Avec son extérieur rude et effronté, c'est probablement l'une des personnes les plus sensibles intérieurement.
Je l'ai rencontré pour la première fois en tournage pour River of No Return. Nous étions au Canada pendant un mois et demi.
Il y a tellement d'ironie dans tout ce qu'il dit. On ne perd jamais de vue la vérité avec lui, la manière dont les choses sont réellement.
Il ne se protège jamais. Il choque la plupart des gens, mais ce qu'il dit, c'est réellement ce qu'il pense.
Je crois qu'il pourrait être poète. »
Joe DiMaggio joueur de baseball et commentateur
« J'ai mis les autres en premier, mais j'ai gardé Joe pour la fin uniquement parce que c'est un homme tellement modeste. Je pourrais avoir à répondre à Joe si je le mettais en premier.
Vous dites toujours que le meilleur vient en dernier, n'est-ce pas ? Comme le dessert.
Tout d'abord, l'une des choses qui ressort chez lui... il possède, je pense, la grâce et la beauté d'un Michel-Ange. Il se déplace comme une statue vivante. Je pense que c'est très séduisant.
Ensuite... il possède une honnêteté presque enfantine. Il peut comprendre les gens tellement rapidement... instantanément. Mais sans jamais rien dire.
Il est très observateur... il assimile tout, comme le ferait un écrivain. Il le fait très naturellement.
Il possède une tranquillité qu'on ne peut s'empêcher d'envier. Je ne sais pas comment l'expliquer. Cela lui donne du magnétisme.
Je vais vous dire une chose... il a un grand cœur.
Je pense que c'est merveilleux qu'il représente tout ce qu'il représente avec la jeunesse américaine. Il possède une chaleur humaine qui vous donne le sentiment d'être protégé.
On dit qu'il est timide, mais il ne fuit que la prétention.
Quand je parle de lui, je perds mes mots.Et je ne vois pas d'homme plus formidable avec qui se retrouver dans cette situation."