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Couverture : Marilyn Monroe par Richard Avedon (1957)
Exposition à la Bourse de Commerce,
du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027
68 pages - Broché - 22 × 28.5 cm -
Prix : 12,90 euros
EAN : 9791020411075
À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie
Présentation du magazine hors-série :
Beaux Arts Éditions accompagne l’événement d’une publication, dans laquelle voisineront les œuvres des grands photographes d’hier et d’aujourd’hui, retraçant deux siècles d’histoire de ce médium.
Informations complémentaires sur le contenu et les commandes : ICI
Couverture : Marilyn Monroe sur le tournage de Clash By nigth,Ernest Bachrach (1951/1952)
Le magazine autrichien Funk Und Film avait déjà publié des articles sur Marilyn Monroe avant de lui consacrer cette première couverture avec le choix de cette photo sublime et expressive sur laquelle elle maitrise parfaitement cette pose intime et séduisante. Cette superbe couverture contraste avec le contenu d'un article qui révèle tout à fait autre chose.
En effet, le journaliste, dont le nom n'est pas mentionné, nous explique de manière assez violente que Marilyn Monroen'est« ni un être humain ni une femme, mais un produit industriel américain » Sur un ton profondément condescendant dans sa manière de raconter son parcours. Marilyn ne semble jamais rien décider dans sa vie. Elle aurait été découverte puis façonnée et manipulée, instruite par le studio, puis contrariée par son mari Joe DiMaggio.
Même sa célèbre réponse sur Chanel n° 5 lui est retirée pour être attribuée à un publicitaire. Le journaliste reconnaît l'existence de son immense célébrité, mais refuse presque systématiquement d'y voir le résultat du talent ou de l'intelligence de Marilyn. Ceci me rappelle un thème abordé par Sarah Chruchweel dans son livre The many lives of Marilyn Monroe sur cette difficulté à reconnaître que Marilyn pouvait construire elle-même son personnage, maîtriser son image et jouer avec les codes de la féminité hollywoodienne.
Le journaliste critique aussi l'industrie américaine du spectacle et de la publicité. Son hostilité ne vise donc pas uniquement Marilyn. Mais c'est bien elle qui finit par être déshumanisée dans son raisonnement.
L'article contient des erreurs biographiques importantes.
Le monde entier parle de Marilyn Monroe
Nouvelle vague de scandales autour de la “femme la plus impossible d'Amérique”, Marilyn Monroe.M. M. n'est ni un être humain ni une femme, mais un produit industriel américain. Du mannequin photographique à la star mondiale.
Résumé de l'article :
Depuis que Marilyn Monroe s'est récemment mariée, les lettres de fans déçus affluent chez elle. Parmi ces âmes mortellement blessées, il y a un seul cri : « Nous ne voulons plus voir de film avec Marilyn ! »
Depuis son mariage, la villa de Monroe est assiégée par des adolescents et des hommes aux cheveux grisonnants. Ils portent des pancartes : « À bas Marilyn ! »
Les origines de Marilyn sont obscures. L'histoire selon laquelle elle aurait été abandonnée dans une corbeille à linge devant la porte d'un orphelinat est probablement une invention. Mais ce que l'on sait avec certitude est tout aussi bouleversant. Son père est mort dans un accident de voiture et sa mère l'a placée dans un orphelinat.
Elle est confiée à des parents nourriciers, auxquels l'État verse une allocation de 25 dollars. Marilyn doit travailler comme domestique. À seize ans, elle doit retourner à l'orphelinat, mais elle ne le veut pas. Elle épouse donc le mécanicien aéronautiqueJim Dougherty, qui exerce accessoirement le métier de fossoyeur.
Lorsque son mari est appelé sous les drapeaux, elle entre dans la même usine d'aviation que lui. Elle est finalement découverte par un photo reporter. Sa photographie paraît dans le journal. Marilyn est découverte. Elle devient mannequin photographique, gagne bientôt beaucoup d'argent et divorce, le 2 octobre 1946, de son mari parti à la guerre.
Marilyn part pour Hollywood. Mais elle avait imaginé la vie là-bas autrement. Il y avait des réalisateurs qui en avaient assez des femmes aux formes généreuses. Marilyn, pourtant bien rembourrée, ne trouvait pas grâce à leurs yeux, et ce sont les « louves » qui purent en profiter, elles qui savaient exploiter à des fins fort peu innocentes la naïveté d'une jeune fille.
Des aventures sentimentales, qui auraient dû devenir des relations durables, se révélèrent finalement n'être que des rencontres entre deux personnes, Marilyn et son partenaire. La chronique mondaine ne dit rien de ce qui se passait et de la manière dont ces « relations » étaient fabriquées pour sa carrière.
Marilyn travailla de nouveau comme mannequin photographique. En 1947, elle découvrit Johnny Hyde, un agent avisé et chercheur de talents, qui l'amena à la Fox.
La Fox lui versait 125 dollars par semaine, sans grands rôles, mais elle pouvait en vivre. La Fox l'envoya chez Natascha Lytess, une Russe de naissance, dont la mission était de former même les personnes les moins douées. Celle-ci déclara bientôt que Marilyn était un cas désespéré.
La Fox résilia son contrat, et « la blonde stupide » se retrouva à la rue, jusqu'à ce qu'en 1950 le réalisateur John Hustonlui confie un rôle dansQuand la ville dort, un petit rôle qui provoqua une avalanche de lettres de spectateurs.
Tout le monde voulait savoir qui était cette jeune fille d'une beauté renversante. Son nom n'avait même pas figuré au générique d'ouverture.
La Fox récupéra Marilyn, qui gagnait désormais déjà 600 dollars par semaine. Puis ce furent 1 500 dollars, lorsque Joe Schenck, le grand homme de la propagande publicitaire de la Fox, prit Marilyn sous son aile.
-« Que portez-vous la nuit au lit, Miss Monroe ? »
-« Chanel n° 5 », répondit Marilyn à l'intervieweur lors de sa première conférence de presse.
Schenckavait préparé pour elle des réponses originales à toutes les questions possibles et impossibles, qu'elle devait apprendre par cœur. Il organisait dans l'appartement de Marilyn des visites de journalistes « inattendues » et veillait à ce que des livres « fortuits » de Nietzsche et de Schopenhauer soient trouvés sur son bureau.
Mais lorsque Marilyn épousa enfin son grand amour, le joueur de baseball Joe DiMaggio, il se mit en colère. Il essaya néanmoins d'utiliser aussi cet événement à des fins publicitaires.
-« Avez-vous parlé baseball avec Joe ? », demanda un jour un reporter.
-« Nous n'en avons pas encore eu le temps », répondit Marilyn conformément aux instructions.
DiMaggio, 39 ans, mesurant 1,90 m, avec ses boucles noires et ses yeux légèrement bridés, est, comme le dit Marilyn, « mon idéal : grand, fort et viril. Il a du tempérament et de la force. Mais il sait aussi ce qu'il veut et comment l'obtenir. »
Un jour, il la prit à part et lui demanda si elle accepterait durablement d'être sa femme, à condition de ne plus jamais porter de sous-vêtements en nylon, « parce qu'aucun homme n'aime voir sa femme se promener en dessous de soie et de dentelle, avec sa jupe et son chemisier descendus si bas qu'aucun être humain ne puisse douter de la douceur de sa peau »
Marilyn, « l'enfant terrible » de la ville du cinéma, dont l'apparition dans une boîte de nuit de Hollywood, avec son décolleté profondément échancré et sa robe de tulle découpée, fascina les visiteurs masculins, est, comme on l'entend dire, profondément affectée par le changement de l'opinion publique.
Elle et son mari mènent une vie retirée, ne fréquentent aucune réception, et l'on ne peut rencontrer Marilyn qu'en allant au studio ou en la croisant sur le chemin du retour.
Cette femme, qui n'est « ni un être humain ni une star de cinéma, mais un produit industriel américain », une création des publicitaires, des fabricants de cosmétiques, de pull-overs et de bas, est malgré tout si typique du goût américain contemporain que l'on a déposé une photographie en couleurs d'elle dans les fondations du Pentagone souterrain à Washington, accompagnée d'une fermeture éclair, d'un ouvre-boîte, d'un masque à gaz, de pièces de monnaie, de disques et de comprimés d'aspirine, en souvenir pour les générations futures d'une époque folle…
Traduction complète du petit encadré sur le film de Fritz LangClash By Night
« Marilyn Monroe dans un nouveau film de Fritz Lang »
Un réalisateur dont la réputation repose sur des films monumentaux - nous parlons de Fritz Lang, le créateur des Nibelungen et de Metropolis- s'est aventuré, caméra en main, dans la tranquillité d'une petite ville de pêcheurs et a mis en scène un épisode de la vie de trois personnes ordinaires. L'intrigue se raconte en quelques mots.
Une jeune femme, qui a perdu pied dans la grande ville, revient dans sa maison familiale et y fait la connaissance d'un honnête pêcheur, associé de son frère. Elle le connaît suffisamment pour savoir que la vie auprès de cet homme ne lui apportera aucune satisfaction, et pourtant elle consent à l'épouser, simplement pour trouver sécurité et protection.
À la première tentation, qui se présente sous les traits d'un homme cynique et sans principes, elle succombe presque sans résistance. Seuls l'effondrement de son mari et le destin incertain de son enfant la ramènent à la raison, éveillant en elle une profonde frayeur et des remords tardifs.
Avec le sens aigu du cinéma qui le caractérise, Fritz Lang met ici à nu les ressorts les plus subtils de l'âme des personnages. Il montre des êtres humains grossiers et violents, impulsifs, tendres et amoureux. Des gens ordinaires de notre époque.
Une distribution de grands acteurs était à la disposition du réalisateur pour ce film de la RKO. Barbara Stanwyck, surtout, rend parfaitement crédible, grâce à la maturité de son art, le personnage d'une femme qui ne parvient plus à trouver sa place dans la vie. Paul Douglas interprète un pêcheur, massif et peu dégourdi. Son rival est Robert Ryan (en haut à gauche), tandis sa partenaire, interprétée par Marilyn Monroe, est une jeune fille sensuelle (lascive avec une connotation péjorative) et curieuse.
Les autres rôles sont tenus par J. Carrol Naish (en haut à droite), Silvio Minciotti et Keith Andes.
Couverture : Marilyn Monroe par Frank Powolny (1953)
Sur les traces de Marilyn Monroe
Fourni par le journal Yomiuri Shimbun
Le ou la journaliste se demande quel est le secret de la popularité de Marilyn Monroe au Japon alors que le public japonais n'a vu que deux de ses films dans lequel elle a le rôle principal dont Niagara ? " Ses magnifiques cheveux blonds et le charme de ses lignes sont captivants, mais plus que cela elle est ouverte et totalement dépourvue de tout égoïsme."
Légendes des photographies
Page de gauche : Marilyn Monroe arrive !
La légende de la photo évoque son arrivée et l'agitation provoquée par sa présence au Japon. La fin du passage semble indiquer que Marilyn a suscité un véritable enthousiasme dans le pays.
En haut à gauche : l'arrivée de Marilyn et Joe DiMaggio au Japon, accueillis par une foule.
Grande photographie à gauche : Marilyn entourée d'admirateurs et de journalistes, dans une véritable cohue.
En haut à droite : Joe DiMaggio et Marilyn lors d'une rencontre officielle avec des Japonaises.
Au centre à droite : Marilyn sur scène, devant un micro, lors d'une représentation destinée aux militaires américains en Corée.
En bas à droite : Marilyn photographiée près d'une branche de cerisier en fleurs.
Les deux premières pagessont consacrées à une Marilyn souriante, détendue et très expressive lors de son arrivée à Tokyo le 1er février (photos en haut à gauche, page de gauche) et lors de la conférence de presse donnée le 3 février à l'hôtel Impérial de Tokyo. Les photographies montrent ses échanges avec les admirateurs, les demandes d'autographes et ses déplacements en compagnie de Joe DiMaggio.
Le tourbillon Marilyn
La dernière page est consacrée à l'effervescence provoquée par l'arrivée de Marilyn au Japon. Les photographies montrent l'affluence des journalistes et photographes, l'accueil enthousiaste du public, lors de la conférence de presse du 3 février 1954 à l'hôtel Impérial de Tokyo.
José Bolanos (1935-1994) était un scénariste et cinéaste mexicain. Il fit la connaissance de Marilyn Monroe lors de son séjour au Mexique, en février 1962. Quelques semaines plus tard, le 5 mars, il l'accompagnait à la cérémonie des Golden Globes.
Dans cet article du journaliste Frank Wood, publié dans la presse brésilienne, José Bolanos est présenté comme le nouvel amoureux de Marilyn. Le journaliste affirme qu'ils se seraient rencontrés dans une boîte de nuit mexicaine et qu'ils se comportaient comme de véritables tourtereaux lors de la cérémonie.
Marilyn aurait pourtant démenti les rumeurs d'un quatrième mariage. Un démenti que les chroniqueurs interprétaient paradoxalement comme une confirmation de leur idylle.
Ce petit reportage nous montre la manière dont la presse sentimentale de l'époque transformait une apparition publique et quelques gestes affectueux en promesse de mariage. Si leur fréquentation est bien attestée, la véritable nature de leur relation demeure incertaine.
Les récits varient selon les biographies : selon Donald Spoto (Marilyn Monroe the biography)Bolanos était un admirateur mexicain qui aurait réussi à entrer en contact avec Marilyn et son entourage pendant son séjour au Mexique, en février 1962. Il se présentait comme écrivain et l'aurait accompagnée à plusieurs sorties. Donald Spoto décrit leur relation comme brève et ne lui attribue pas de grande importance sentimentale.
Par contre, selon Xavier Navaza (El ultimo amante de Marilyn) évoque une aventure plus romantique. Il situe leur rencontre au 22 février 1962, dans un magasin de meubles de Mexico, alors que Marilyn cherchait du mobilier colonial pour sa nouvelle maison. Ils auraient vécus une relation intense de quatorze jours, puis une séparation liée notamment au contexte politique et aux soupçons entourant les sympathies communistes de Bolanos.
Marilyn Monroe sort avec un autre homme
Marilyn Monroe aime à nouveau : l'heureux élu est un Mexicain
Reportage de Frank Wood
Marilyn s'est déjà empressée de démentir que le Mexicain José Bolanos, qui l'accompagnait à la cérémonie où MM fut consacrée star préférée du monde, serait son quatrième mari.
Et ce démenti a été considéré par les principaux esprits malicieux d'Hollywood comme la meilleure démonstration que la très célèbre et très courtisée Marilyn est, en réalité, amoureuse de Bolanos et qu'elle va l'épouser.
Elle l'a rencontré au Mexique, en février, dans une boîte de nuit, alors qu'elle se remettait de l'épuisement nerveux dont elle souffrait depuis la fin de son mariage avec Arthur Miller et des rumeurs insistantes selon lesquelles Yves Montand, dont elle aurait été amoureuse, l'aurait rejetée.
Marilyn aurait d'abord cherché refuge et tranquillité auprès de son ex-mari Joe DiMaggio, au Mexique. Mais après avoir rencontré Bolanos, elle l'aurait adopté comme compagnon permanent.
Il vit au Mexique, mais s'est rendu à Hollywood afin de l'accompagner à la cérémonie où elle fut désignée star préférée du monde.
Légendes des photographies
à gauche :
MM et Bolanos se sont comportés comme de véritables tourtereaux. Et ils sont restés tout le temps main dans la main, comme des amoureux.
à droite :
Marilyn s'est déjà empressée de démentir. Le journaliste reconnaît donc explicitement qu'elle a nié un projet de mariage.
Traduction : « Peter Lawford et Marilyn Monroe formaient un duo inattendu, aussi bien au Ready Room de Johnny Wilson qu'au Mocambo. »
La chronique signale Peter Lawford et Marilyn Monroe comme un « duo inattendu », vus ensemble au Ready Room de Johnny Wilson puis au Mocambo, deux établissements fréquentés par le milieu hollywoodien. Plusieurs récits ultérieurs, notamment celui de Lawford lui-même, évoqueront quelques rendez-vous entre eux au début des années 1950, tandis que Marilyn nia avoir eu une relation sentimentale avec lui. Ce petit article contemporain permet seulement d'établir qu'ils se fréquentaient socialement dès 1950, sans permettre de préciser la nature de leur relation.
Le Ready Room, tenu par Johnny Wilson, se trouvait au 365 North La Cienega Boulevard, sur la fameuse Restaurant Row de Los Angeles.
Contemporary reports describe Peter Lawford and Marilyn Monroe as an "unexpected duo," spotted together at Johnny Wilson’s Ready Room and later at the Mocambo two venues frequented by the Hollywood crowd.Several later accounts, notably Lawford’s own, mention a few dates between them in the early 1950s, whereas Marilyn denied having a romantic relationship with him.This contemporary little article merely establishes that they socialized as early as 1950, without clarifying the nature of their relationship.
The Ready Room, run by Johnny Wilson, was located at 365 North La Cienega Boulevard, on Los Angeles's famous Restaurant Row.
Dans cet article le photographe Philippe Halsman livre son témoignage et son analyse personnelle de ses souvenirs de Marilyn Monroe.
L'un des passages les plus révélateurs de l'article est peut-être celui où Halsman raconte que, pendant qu'il photographiait Marilyn, il eut le sentiment qu'elle était éprise de lui "et de lui seul". Or Harold Lloyd et Stanley Flink, présents dans la même pièce, lui confièrent ensuite avoir éprouvé exactement la même impression. Chacun s'était même imaginé que, si les deux autres avaient quitté la pièce, "des choses incroyables" auraient pu se produire. L'anecdote est assez drôle. Halsman décrit chez elle une attention intense portée à son interlocuteur, un besoin de plaire et d'être approuvée. Mais les trois hommes traduisent cette attention de la même manière, Marilyn serait personnellement attirée par eux. Chacun se croit l'objet privilégié d'un désir qui, précisément, ne peut être exclusif puisqu'ils sont trois à le ressentir simultanément. Il y a là un remarquable phénomène de projection.
Plus intéressant encore, Halsman identifie ensuite lui-même une partie du mécanisme. Selon lui, Marilyn regardait un homme de telle façon qu'il se sentait irrésistible à ses yeux, convaincu de lui plaire, il devenait à son tour séduit par elle. Autrement dit, Halsman analyse avec beaucoup de finesse un phénomène dont son propre témoignage montre qu'il avait lui-même été victime. Le fameux pouvoir de séduction de Marilyn apparaît alors moins comme quelque chose qu'elle imposerait délibérément aux hommes que comme le résultat d'une interaction, son comportement, mais aussi ce que les hommes désiraient y voir.
Finalement, Philippe Halsman prétend répondre à la question : Quel est le secret de l'attrait de Marilyn ?
Mais plus son texte avance, moins il parle réellement de Marilyn et plus il parle de ce que les hommes voient en elle, imaginent à son sujet et projettent sur elle.
Il serait cependant réducteur de ne voir dans ce phénomène qu'une projection masculine dont Marilyn aurait été l'objet passif. Après plusieurs années passées devant les objectifs et dans un univers professionnel presque entièrement dominé par les hommes, elle connaissait nécessairement de mieux en mieux l'effet qu'elle produisait. Halsman lui-même montre une femme devenue remarquablement consciente des mécanismes de la séduction. Sa vulnérabilité et son besoin d'être appréciée pouvaient être réels sans exclure une véritable maîtrise de son image et de son rapport aux hommes. L'intérêt de ce témoignage réside précisément dans cette ambiguïté : où finit la Marilyn spontanée et où commence celle qui sait parfaitement ce que son regard, sa voix ou son attention provoquent chez celui qui se trouve devant elle ?
Copyright: Bomerang_
Trois rencontres avec une déesse de l'amour
Comment une blonde timide à l'air désemparé a conquis tout l'univers masculin
Récit et photographies de Philippe Halsman
Philippe Halsman est un photographe de femmes belles mondialement célèbre. Marilyn Monroe, qui n'est pas belle selon les critères classiques, est devenue un phénomène au même titre que le sont les raz-de-marée et les tempêtes. Aujourd'hui, elle représente l'image idéale que l'homme américain se fait de la femme belle à un degré qu'aucune autre femme n'avait jamais atteint avant elle. Quel est donc le secret de son pouvoir d'attraction ?
Il y a seulement six ans, c'était une petite créature timide et gauche, qui vivotait pratiquement dans l'anonymat, dans une chambre au fond d'un hôtel bon marché d'Hollywood. Quand et comment est-elle devenue une "fille de rêve" plus vivante que n'importe quelle autre "reine du sexe" de l'histoire d'Hollywood ?
Avec l'autorité d'un connaisseur, M. Halsman qui a photographié davantage de beaux visages pour la couverture du magazine LIFE que n'importe quel autre photographe braque sur son sujet des rayons X plutôt pénétrants. Nous pensons qu'il a découvert la clé d'une Marilyn Monroe inconnue, sauf des hommes munis d'un appareil photo qui ont fait d'elle une célébrité. Sur ce, nous vous passons la parole à lui.
Légende des photos ci-dessus :
Page de gauche : L'expérience
Six actrices inconnues, venues de nombreux studios, furent amenées dans la chambre d'hôtel de Halsman à Beverly Hills et soumises à des tests devant sa caméra. A. Entendre une histoire drôle ; B. Boire une boisson délicieuse ; C. Faire face à un amant imaginaire et invisible ; D. Rencontrer un monstre effrayant.
Marilyn page de droite : La performance de Marilyn
Marilyn fut tellement absorbée par son jeu que Halsman, dit-il, dut la rappeler à la réalité en lui lançant un faux glaçon. Mais sa caméra enregistra à quel point elle pouvait être vraiment drôle et sensuelle. Halsman estima que sa réaction à son amant imaginaire était particulièrement remarquable.
En avril 1949, le magazine LIFE m'envoya à Hollywood pour photographier un sujet que j'avais proposé. La mission consistait à placer devant l'œil clinique de mon appareil les nouvelles recrues, ces starlettes inconnues, afin d'analyser leur jeu et leurs chances de devenir les vedettes de cinéma de demain.
Les studios d'Hollywood me fournirent huit starlettes. J'installai mon appareil fixe pour enregistrer et filmer. Mon scénario comprenait les situations suivantes :
1. boire une boisson imaginaire mais délicieuse ;
2. rencontrer un monstre invisible et extrêmement effrayant ;
3. entendre une plaisanterie très drôle mais inaudible ;
4. enfin, embrasser un amant inexistant mais irrésistible.
Je photographiai les jeunes filles l'une après l'autre dans ma chambre du Beverly Hills Hotel, en les plaçant chacune dans les mêmes situations.
Je venais de terminer de photographier une rousse pleine de vivacité appelée Lois Maxwell, qui, parmi tout le groupe, se révéla la plus prometteuse. Puis arriva une petite blonde nommée Marilyn Monroe. Elle était d'une timidité maladive et son jeu était emprunté. Son désir d'être aussi provocante que possible et sa crainte de trop se montrer semblaient se livrer en elle un combat permanent.
Dans mon test en quatre parties, elle ne fut pas affectée par ma plaisanterie inaudible ; elle ne manifesta pratiquement aucune peur devant le monstre invisible et elle exprima son plaisir devant la boisson la plus délicieuse simplement en l'avalant à grandes gorgées.
Ce ne fut que lorsqu'elle tenta d'enlacer et d'embrasser l'amant invisible que Marilyn devint une actrice inspirée. Elle donna une prestation d'une sincérité et d'une intensité telles que nous en sortîmes tous deux complètement épuisés.
Je retournai à New York et - à l'exception de cette photographie où elle faisait l'amour - j'oubliai Marilyn Monroe.
Bientôt, je commençai à voir d'autres photographies de cette jeune fille. Une avalanche de photos venues de Californie déferla sur tout le pays. Ses photos en maillot de bain et en robe décolletée apparaissaient dans tous les journaux, dans tous les magazines et dans toutes les petites revues de poche.
Puis, mois après mois, Marilyn sembla s'épanouir dans ces photographies. Elle s'anima. Son visage séduisait chaque marchand de journaux, avec ses lèvres entrouvertes et ses yeux à demi clos.
Que s'était-il passé ? Voilà une jeune fille capable de jouer si mal qu'elle n'avait jamais obtenu mieux que de petits rôles de figuration, mais qui, sur ces photographies qui inondaient le pays, apparaissait plus vivante et plus désirable que la plupart des vedettes de cinéma. Elle avait échoué comme mannequin professionnel. En tant que mannequin de mode, elle était un échec complet. Pour les publicités de cosmétiques, elle était trop terre-à-terre. Même les annonceurs de bière l'avaient refusée. Pourtant, elle était en train de devenir le visage et la silhouette les plus photographiés du monde.
Que s'était-il passé ?
Des rumeurs filtrèrent jusqu'à moi par l'intermédiaire de mes collègues de la Côte (Ouest). Pour se procurer de la nourriture et joindre les deux bouts, cette petite fille avait commencé à travailler pour des photographes les laissant prendre rouleau après rouleau de pellicule tandis qu'elle bondissait sur les plages californiennes avec un ballon et accomplissait d'autres facéties prétendument artistiques.
Les photographes avaient été séduits. Une sorte d'histoire d'amour s'était développée entre Marilyn et leurs objectifs, et sous leurs regards une nouvelle personnalité avait commencé à éclore.
Alors que les studios de cinéma avaient jusqu'alors refusé de faire de cette jeune fille leur star, les photographes avaient fait d'elle la leur.
Grâce à eux, elle était devenue plus connue que beaucoup d'actrices présentes à l'écran depuis dix ans ou davantage. Voilà une fille dont personne ne se souvenait avoir vue dans un film ; pourtant, les hommes, d'un bout à l'autre du pays, sifflaient lorsqu'on prononçait son nom. L'un de ces sifflements devait être suffisamment strident pour réveiller un dirigeant de studio.
Une société de cinéma lui accorda un contrat de sept ans pour 75 dollars par semaine.
En 1951, alors que j'étais de nouveau à Hollywood, je la proposai pour une éventuelle couverture de LIFE.
On me répondit :Faites-le, et réalisez aussi un petit reportage complémentaire pour accompagner la couverture. »
J'entrai en contact avec la société avec laquelle elle avait un contrat et l'on me répondit que Marilyn serait disponible pendant une journée et demie. Je précisai que je ne voulais pas la photographier au studio et qu'une rencontre dans son hôtel était organisée.
Je fus surpris de constater qu'il ne s'agissait même pas d'un véritable hôtel. C'était une sorte d'immeuble d'appartements de second ordre où vivaient beaucoup d'acteurs sans travail. Lorsque j'appelai à son appartement, Marilyn n'était pas là. Je dus attendre une demi-heure. Très peu de vedettes de cinéma en devenir feraient attendre un photographe de LIFE pendant une demi-heure.
Finalement, elle arriva au volant de son cabriolet Pontiac d'occasion. Elle était sortie prendre son petit déjeuner. J'entrai dans sa chambre et la première chose qui frappa mon regard fut une paire d'haltères posées sur le sol. - Et ça, lui demandai-je, qu'est-ce que vous en faites ?
Marilyn baissa les yeux et murmura, presque timidement :
-Philippe, je lutte contre la pesanteur. puis elle inspira profondément pour démontrer ce qu'elle voulait dire.
Lorsque je demandai à voir sa garde-robe, je ne trouvai presque rien, seulement une robe ou deux. C'était pathétique de constater à quel point cette jeune fille possédait peu de choses. En revanche, elle avait quelques livres de Tolstoï et de Dostoïevski, ainsi qu'une collection de disques symphoniques.
Elle avait beaucoup changé depuis les années où je l'avais vue pour la dernière fois. Il était remarquable de constater à quel point elle avait changé. Elle n'essayait plus d'être sexy -elle était sexy.
Elle était devenue une petite femme chaleureuse, sensuelle, quoique toujours timide, qui éprouvait presque douloureusement le besoin de plaire, de donner tout ce qu'elle avait à offrir à celui qui se trouvait avec elle à son photographe, à l'homme derrière l'appareil, ou à n'importe quel homme qui se trouvait face à elle. Harold Lloyd, autrefois idole du cinéma et désormais célèbre photographe amateur, était avec moi ce jour-là. Il avait demandé la permission de prendre quelques photos pendant que je travaillais. Stanley Flink, rédacteur à Life, était également présent.
Pendant que je photographiais la nouvelle Marilyn, j'eus le sentiment qu'elle était éprise de moi -et de moi seul. Plus tard, Lloyd et mon rédacteur m'avouèrent que chacun d'eux avait éprouvé exactement la même impression. Chacun de nous avait cru que, si les deux autres avaient simplement quitté la pièce, des choses incroyables se seraient produites.
D'abord, je devais trouver une idée pour mon reportage, un fil conducteur général. Je pensai à la façon dont j'avais essayé de saisir l'esprit d'autres femmes : Lauren Bacall, une tigresse aux yeux ensommeillés ; Anna Magnani, une tigresse tragique ; Cécile Aubrey, mi-enfant, mi-femme, provocante et inquiétante.
Comme d'habitude, l'analyse conduisit à l'inéluctable thème. Je devais montrer dans mes photographies que le charme de Monroe ne résidait pas seulement dans ses mensurations très évidentes, mais qu'il émanait de tout ce qu'elle faisait -parler, s'asseoir, manger, s'allonger.
Je décidai de commencer par essayer d'obtenir une photographie de couverture. Il me fallait d'abord trouver une robe. Je choisis une robe du soir - une robe blanche, soyeuse - et Marilyn l'enfila.
Elle avait un énorme nœud sur la hanche gauche. J'expliquai à Marilyn que ce nœud rendait la robe moins chère, qu'en règle générale les lignes simples étaient plus élégantes. Marilyn, après m'avoir écouté avec l'attention d'une élève écoutant l'explication d'un nouveau théorème de géométrie, prit ses ciseaux et coupa le nœud.
Le lendemain, en allant déjeuner, je photographiai la remarquable démarche de Marilyn, en essayant d'en saisir l'étonnante ondulation. Mais je sentais qu'il manquait quelque chose.
Avec une caméra de cinéma, j'aurais disposé d'une succession d'images, mais pour saisir l'essence de sa démarche sur une seule photographie, il me fallait l'amplifier, la quintessencier.
Après déjeuner, nous nous rendîmes dans un restaurant drive-in afin de montrer que Marilyn paraissait sexy même lorsqu'elle mangeait.
Quelques semaines plus tard, Marilyn était assise dans le Brown Derby, entourée d'un groupe de personnes, lorsque Stanley Flink de Life lui apporta un exemplaire en avant-première du magazine contenant notre reportage. Elle fut tellement bouleversée qu'elle se mit à pleurer. Pour lui témoigner sa gratitude, elle glissa une petite main chaude dans la main de Stanley sous la table et des larmes emplirent ses yeux.
Tous les hommes dans la rue connaissaient Marilyn comme une star mais ce n'est qu'après la publication de la couverture que je compris que Twentieth Century-Fox avait reçu le message. Immédiatement, tout changea pour Marilyn. Son salaire -dirons-nous- fut ajusté. Le lendemain, elle quitta son appartement bon marché pour s'installer dans un hôtel coûteux.
Dans le cas de Marilyn, je fus témoin de l'étonnant phénomène hollywoodien consistant à voir une jeune fille caractérisée comme une blonde idiote être déjouée par une jeune femme qui ne l'était pas.
Pendant des années, Hollywood avait obstinément ignoré Marilyn. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle était complètement désorientée par ce qui se produisit ensuite. Il y avait eu des vedettes et des reines du sexe avant elle, mais aucune comme celle-ci.
Le nom de Marilyn sur la façade d'un cinéma valait de l'or pour le box-office. Elle devint une image idéalisée, une créature séduisante et tentatrice pour pratiquement tous les hommes adultes du pays. Marilyn était désormais le phénomène historique le plus extraordinaire : une déesse de l'amour.
Pourquoi ?
La plupart des gens pensent que la raison principale va de soi, surtout quand Marilyn porte une robe moulante. Mais d'autres jeunes femmes possèdent des silhouettes tout aussi remarquables.
Paradoxalement, la principale raison se trouve à l'intérieur de Marilyn. Sa faiblesse même constitue sa principale force. Son complexe d'infériorité, son manque pathétique, presque enfantin, d'assurance sont précisément les choses qui rendent son pouvoir d'attraction irrésistible.
Un soir, je vis Marilyn entrer dans un cocktail au Beverly Hills Hotel. Je me souviens avoir ressenti la peur et la tension tremblante qui l'habitaient chaque fois qu'elle se retrouvait face à un homme dont elle ignorait si elle lui plaisait ou s'il l'approuvait. Elle avait une peur mortelle de ne pas être aimée ou approuvée.
Pour un instant, elle regardait fixement l'homme, le regardant simplement timidement et avec soumission. Il semblait que c'était lui qui implorait, qui faisait la cour, qui s'offrait.
Quant à l'homme devant elle, comment aurait-il pu ne pas aimer et désirer une jeune fille si belle, qui semblait le trouver irrésistible ? Et à la lumière de son regard, Marilyn savait qu'elle avait gagné et pouvait se sentir libre de se détendre et de respirer normalement à nouveau, se réchauffant à la chaleur de cette nouvelle admiration. Être désirée la rendait heureuse et rassurée.
Marilyn ressent qu'elle doit conquérir tous les gens présents dans une pièce. Si elle sent que quelqu'un dans un groupe la critique ou se montre hostile envers elle, cela la trouble tellement qu'elle fera presque n'importe quoi pour le gagner à sa cause.
C'est si difficile pour elle d'établir une relation intime qu'elle souhaite être amie avec tout le monde ; mais une fois cette relation établie, elle déteste la quitter. C'est peut-être la raison pour laquelle elle est toujours en retard à ses rendez-vous.
Mais pourquoi cette jeune fille est-elle plus irrésistible pour les hommes que n'importe quelle autre reine du sexe de l'histoire d'Hollywood ?
Un indice réside dans l'homme américain moyen et dans l'espèce particulière de créature qu'il est. Il éprouve, bien sûr, un immense intérêt pour le sexe ; mais puisqu'il grandit dans le pays le plus puritain du monde, il est inhibé et frustré, presque effrayé par ses désirs fondamentaux.
Il se trouve une jeune fille ou une épouse et place en elle toutes ses espérances -et elle est généralement très heureuse de le rester. L'homme se contente de cette relation empreinte de respect, mais quelque part en lui naît le désir d'une compagne de jeu aussi affamée et faillible que lui-même une fille qu'il ne faudrait pas révérer, mais simplement apprécier.
La plupart des hommes jouent avec l'idée d'avoir une liaison avec une fille une liaison qui n'existera jamais autrement que dans leurs rêves.
L'homme moyen d'aujourd'hui ne crée pas ses propres filles de rêve ; celles-ci sont fabriquées pour lui par les magazines, les bandes dessinées, la télévision et, surtout, par le cinéma. Les hommes trouvent leur déesse de l'amour toute faite sur un écran de cinéma, et il leur est plus facile de s'éclipser par procuration avec Marilyn qu'avec les reines du sexe du passé. Theda Bara, la sirène de l'écran des années vingt, avait des yeux dans lesquels couvaient des trous de cigarette dans une couverture, mais elle était une vamp et une femme fatale, inaccessible à l'homme moyen. Greta Garbo, malgré toute sa beauté, n'était pas le genre de personne que l'homme ordinaire pensait pouvoir toucher. Elle était trop mystérieuse et inaccessible ; ainsi, lorsqu'elle disait : « Je veux être seule », il la laissait tranquille.
Jean Harlow était unique. Le petit homme adorait la vive mèche de cheveux qui illuminait des lieux exotiques où il n'était jamais allé. Mais il savait qu'il ne risquait pas de rencontrer une Jean Harlow en allant chercher un collier Tiffany dans son sac de pop-corn. Marlene Dietrich, il pourrait peut-être la rencontrer entre deux trains à Vienne, mais jamais au magasin du coin ; et s'il la rencontrait, que pourrait-il bien dire d'assez sophistiqué ?
Mais Marilyn Monroe ?
L'homme moyen la regarde et sent qu'il y a là une fille qu'il pourrait connaître, une fille qu'il pourrait, en fait, rencontrer au prochain coin de rue.
Il saura quoi lui dire. Il n'y a rien chez cette petite " blonde idiote" qui puisse l'effrayer ou l'intimider, et son comportement même a pour but de lui donner le sentiment d'être grand, important et fort.
Mais même lorsque son imagination fonctionne à plein régime, l'homme américain se dérobe devant ses responsabilités. Marilyn, en revanche, ressemble à une fille qui non seulement est facile à trouver, mais également facile à quitter. Aucun risque d'enchevêtrements, imagine-t-il.
Une autre caractéristique de l'homme américain est sa peur d'être observé et jugé comme amant par l'objet même de sa passion. Mais ce danger n'existe pas avec Marilyn. Une légende flatteuse de stupidité l'entoure, car Hollywood aime entourer ses belles blondes de stupidité ensorcelante et d'une vulnérabilité qui, selon lui, ne peuvent qu'ajouter à l'attrait d'une enchanteresse lorsque les complications de l'intelligence sont totalement absentes.
Marilyn, rêvent beaucoup de spectateurs masculins, ne pourrait pas jouer le rôle qu'il a toujours voulu voir jouer par sa femme idéale, non pas celui d'une mère ou d'une épouse, mais celui d'une amante.
Et dans aucun film elle n'a joué un rôle de mère ou de jeune fille bien comme il faut. Au contraire, elle est la tentatrice blonde que les hommes préfèrent dans les films de ce genre.
Dans The Seven Year Itch, elle interprète dans tant d'imaginations masculines le rôle qu'elle joue la maîtresse simple et peu compliquée dans une aventure brève et en partie hallucinatoire. Elle constitue le parfait faire-valoir pour le petit homme qui rêve.
À mesure que les mois passaient, la stature de Monroe continuait de croître à chaque succès de ses films au box-office.
À la fin de l'été 1954, je lus que Marilyn allait tourner à New York. Finalement, je reçus un télégramme et une invitation de la Twentieth Century-Fox à un cocktail en l'honneur de Marilyn.
J'arrivai avec une heure de retard et trouvai la salle complètement pleine. J'avais rarement vu autant de célébrités réunies dans une même pièce : acteurs, compositeurs, écrivains, producteurs, réalisateurs, mêlés aux innombrables photographes et à leurs appareils à flash.
Dans le hall, un groupe de personnes munies de carnets d'autographes attendait impatiemment.
Marilyn était -bien entendu - en retard.
J'avais vu de nombreux grands artistes attendre qu'une personnalité importante arrive à une réception, mais je n'avais jamais observé une tension et une attente plus nerveuses.
Finalement, une heure plus tard, une sorte de décharge électrique parcourut la foule. La porte s'ouvrit. Les ampoules des flashes commencèrent à éclater sans interruption.
Au milieu de cette tempête électrique entra une blonde, l'air légèrement effrayé le corps enveloppé dans une robe serrée, de la tête aux pieds, les yeux à demi fermés, la bouche humide et entrouverte.
J'ai revu Marilyn depuis, mais c'est l'image d'elle que j'aimerais conserver : celle d'une jeune fille dont la faiblesse l'a conduite au sommet du succès.
Philippe Halsman
La façon dont MM aborde les hommes
Au début de sa carrière, Marilyn Monroe décida que son talent particulier et sa profession résidaient dans le fait d'être, comme le permettrait la nature, aussi femme que possible.
Lors de sa deuxième visite avec elle, le photographe Philippe Halsman pensa qu'il serait intéressant de mettre en scène un incident montrant comment Marilyn, la Reine du Sexe, aborderait un homme pour postuler à un emploi.
Comme le montrent ses yeux, l'approche de Marilyn est lente mais constante ; les yeux toujours fixés sur l'homme qu'elle cherche à conquérir. Pour renforcer les ondulations de son corps semblables à celles d'un lynx, elle utilise sa voix, non pas comme un klaxon surpuissant, mais comme un appel miaulé et faiblement murmuré.
Elle dit à Halsman :
« Ce n'est pas nécessaire d'utiliser votre voix d'une façon particulière. Si vous pensez quelque chose de sexy, la voix devient naturellement sexy. »
Marilyn était suffisamment intelligente. Il ne fallut pas longtemps avant qu'elle devienne une figure marquante dans le monde impitoyable du glamour. Les candidats à un emploi pourront trouver quelques conseils utiles dans cette parodie des qualités de Monroe.
Fugitive de The Seven Year Itch
À l'abri de la foule, Marilyn, pieds nus, exprime « toute sa personnalité »
Lorsque Marilyn rendit visite à Halsman dans son studio new-yorkais, il décida de réaliser une étude émotionnelle de la Marilyn modèle 1955.
Marilyn arriva avec seulement une blouse pour servir de costume pour les prises de vues de Halsman. - Philippe, lui dit Marilyn, j'ai économisé cette blouse spécialement pour vous. Personne ne m'a jamais photographiée avec.
Et Halsman, perplexe, fouilla dans la garde-robe de sa femme pour trouver une jupe qui irait avec la blouse.
La photographie "sans jambes" ci-dessous a une autre histoire. Juste avant son départ, Halsman lui demanda de sauter pour lui, puisqu'il aime sauter lui-même et photographier des gens en plein vol.
Marilyn accepta volontiers de sauter ; ses jambes n'apparaissaient pas et Halsman lui demanda de nouveau de sauter. De nouveau, elles n'apparurent pas. -Marilyn, se plaignit-il, ne peux-tu pas sauter et exprimer toute ta personnalité ?
Déconcertée, elle protesta : -Mais Philippe, je ne sais pas comment faire.
Il était compréhensible que le photographe Halsman soit frustré. Plus tôt dans la journée de midi à trois heures du matin, la fille n°1 du sexe en Amérique s'était tenue devant une grille de métro du centre de New York et avait laissé sa jupe être soulevée presque jusqu'à la taille par le courant d'air, tandis que des milliers de personnes acclamaient et lorgnaient ses jambes pendant le tournage d'une scène de The Seven Year Itch.
À présent, chaque fois qu'elle sautait pour lui, aucune jambe n'apparaissait dans son appareil.
Finalement, il décida que cette photo montrait que seul son torse exprimait réellement la personnalité de Marilyn.
N'était-elle pas la plus célèbre « Torso of the Century » ?
1953 marque un véritable changement d'échelle dans la carrière de Marilyn Monroe.
L'année commence avec la sortie de Niagara, film dans lequel la Fox exploite sa sensualité et la couleur, puis viennent Gentlemen Prefer Blondes qui la transforme en véritable star musicale et lui donne une image immédiatement reconnaissable, et How to Marry a Millionaire confirme qu'elle peut tenir sa place parmi des vedettes déjà établies.
Le 26 juin, quelques semaines avant la sortie de Gentlemen Prefer Blondes, Marilyn Monroe et Jane Russell inscrivent leurs empreintes dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre. À 27 ans, Marilyn entre ainsi symboliquement dans le panthéon hollywoodien. Sa célébrité, elle, a déjà largement dépassé les frontières des États-Unis.
Ce n'est pas seulement l'année où Marilyn enchaîne trois films importants, c'est celle où son image change d'échelle géographique. Marilyn Monroe était déjà très présente dans la presse américaine, mais 1953 est l'année où cette célébrité devient véritablement internationale dont l'image est partout.
Marilyn fait la couverture de magazines européens de cinéma pour la première fois, comme Cine Mundo en Espagne, Cahiers du cinéma en France. La France qui dès le mois de février la présente dans le magazine populaire Noir et Blanc, comme la femme la plus photographiée du monde.
Aux États-Unis, les récompenses et distinctions décernées par des magazines tels que Photoplay, Look ou Redbook témoignent de sa popularité croissante auprès du public.
Son succès est également commercial : le 31 octobre 1953, The Independent Film Journal, publication professionnelle de l'industrie cinématographique américaine, la place en tête de son classement des « Ten Money Actresses », devant Rita Hayworth, Esther Williams et Ava Gardner.
Cinéma, box-office, photographie, presse et popularité auprès des lecteurs convergent ainsi au cours de la même année. Cette explosion médiatique se reflète directement dans le nombre de couvertures : plus de 460 couvertures et quatrièmes de couverture recensées pour 1953, contre 224 en 1952 soit une augmentation d'à peu près 100%.
Les couvertures sont réparties par mois de l'année compte tenu de l'importance du nombre de publications.
The issues are organized by month, given the large number of publications.
Régalest une petite revue française de charme destinée à un lectorat masculin, publiée à Paris par les Éditions Extensia. Elle appartient à cette vague de petits magazines français de pin-up et de charme de l'après guerre, avec des photographies de modèles, nus ou semi-nus, de dessins, histoires et nouvelles.
Première publication : vers 1949
Il s'agit d'un magazine de petite taille format poche.
Le magazine paraissait le 1er de chaque mois.
Les dates sont exactes et sont clairement mentionnées sur la quatrième de couverture du magazine.
Marilyn Monroe fait deux couvertures consécutives de ce magazine en mai et juin 1953.
Derrière la quatrième de couverture du N°44 est mentionné que le N°45 paraitra le 1er juin 1953. Par conséquent le N°44 date du 1er mai 1953.
Il n'y a pas d'article sur Marilyn Monroe à l'intérieur des deux exemplaires.
Régal is a small French glamour magazine aimed at a male audience, published in Paris by Éditions Extensia. It is part of the post-war wave of small French pin-up and glamour magazines, featuring photographs of models nude or semi-nude, drawings, stories, and short fiction.
First published: around 1949
Pocket Magazine, small format.
The magazine appeared on the 1st of each month.
Marilyn Monroe appeared on two consecutive covers of this magazine in May and June 1953.
The dates are accurate and are clearly stated on the back cover of the magazine.
Behind the back cover of No. 44 it is mentioned that No. 45 will appear on June 1, 1953.
Consequently, No. 44 dates from May 1, 1953.
There is no article about Marilyn Monroe inside the two copies.
Photographe des deux couvertures : Lazslo Willnger.
Publication d'août 1953 (Tantei Kurabu – Detective Club) était une revue japonaise mensuelle publiée par Kyōeisha (Japon) au début des années 1950.
Consacrée aux récits policiers, aux faits divers et aux histoires vraies, elle utilisait régulièrement des photographies de vedettes hollywoodiennes en couverture afin d'attirer le lectorat. Des numéros sont attestés au moins de 1953 à 1956.
Marilyn Monroe photographiée pour The asphalt Jungle, 1950.
Tantei Kurabu (Detective Club), published in August 1953, was a Japanese monthly magazine published by Kyōeisha during the early 1950s. Dedicated to detective fiction, sensational news stories, and true-life tales, it frequently featured photographs of Hollywood stars on its covers to attract readers.Issues are known to have been published from at least 1953 to 1956.
Marilyn Monroe, photographed for The Asphalt Jungle (1950).
Sepid O Siah était un hebdomadaire généraliste illustré iranien fondé à Téhéran en août 1953. Consacré à l'actualité, à la société, à la culture, à la littérature et au divertissement, le magazine connaît une longue carrière et paraît jusqu'en 1979.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une revue spécialisée dans le cinéma, Sepid O Siah accorde une place à la culture populaire et aux vedettes internationales. Marilyn Monroe apparaît notamment sur plusieurs quatrièmes de couverture au cours des années 1950, parfois dans un contexte publicitaire.
En Iran dans les années cinquante l'image des vedettes internationales et particulièrement des stars hollywoodiennes, occupait une place importante dans la culture populaire et la presse illustrée. Marilyn Monroe s'inscrit dans cette circulation internationale des images de stars, aux côtés notamment d'Elizabeth Taylor, Ava Gardner, Audrey Hepburn et d'autres vedettes occidentales.
La publication de Sepid O Siah a stoppé en 1979 lors de la révolution iranienne.
21/02/1954 Elizabeth Taylor cover
21/02/1954 Back-cover
13/03/1955 cover
13/03/1955 Back-cover
03/04/1955 cover
03/04/1955 cover
22/12/1955 Sepid O Siah- back-cover
22/12/1955 back-cover (Publicité pour de l'huile d'Olive)
22/06/1979 Sepid o Siah -cover- cp
Quelques autres couvertures et back-covers d'Elizabeth Taylor, Audrey Hepburn et Ava Gardner
Dans cet article Ben Ross accompagné de son frère Sid, nous raconte la folle journée promotionnelle de Marilyn Monroe lors de son voyage à Atlantic City pour la première de Monkey Business.
Ben Ross nous montre la machine publicitaire de la Fox, qui transforme son déplacement en opération quasi militaire.
Il commence son article avec une certaine ironie, en rappelant le retard de Marilyn, puis il nous montre une Marilyn qui apparaît nerveuse et submergée par l'événement. Il observe aussi le trac et l'épuisement de Marilyn lorsqu'elle est sur le point de s'effondrer et tente de maîtriser ses nerfs avant de monter sur scène.
À la fin, ce sont les publicistes, les photographes et les journalistes qui sont quasiment détruits par cette mécanique promotionnelle, quant à Sid et Ben Ross ils sont "bons pour l'asile".
Ben Ross nous explique également l'effet que produisait Marilyn Monroe en insistant sur le fait que les journalistes présents sont blasés et habitués aux célébrités et pourtant, lorsqu'elle entre dans la pièce, il décrit tout le monde comme "chloroformé". Pus tard, il confirme que ce sont les 2 000 spectateurs qui restent bouche bée à s'en décrocher la mâchoire, décrivant cette scène comme une "paralysie collective".
Photos : Ben Ross
Un rendez-vous avec Marilyn
par Ben Ross
Lorsque le rédacteur en chef annonça à mon frère et à moi que nous allions faire un reportage sur Marilyn Monroe, il eut pratiquement un petit sourire narquois.
-« Vous avez de la chance ! » lança-t-il. « De passer une journée de folie avec elle, hein ? Ha ha ! »
Tout avait été organisé avec une précision logistique par les services de publicité de la 20th Century-Fox. Marilyn devait se rendre en train à Atlantic City, où elle serait accueillie, acclamée et entourée par le maire, divers responsables municipaux et une foule en délire. Dans une voiture découverte, elle parcourrait les rues d'Atlantic City, ferait une apparition personnelle à la première mondiale de son nouveau film Monkey Business, et ainsi de suite.
Le service de publicité de la Fox à New York, par l'intermédiaire de Bob Fleisher, avait assuré de tout cœur à mon rédacteur en chef une « exclusivité » : je devais obtenir toutes les photos que je voulais de la pulpeuse demoiselle dans le train, après quoi Sid devait tranquillement obtenir une interview - sur ce qu'est vraiment tout ce battage publicitaire.
Tôt le matin de cette journée fatidique, nous attendîmes Marilyn et sa suite à Penn Station. Le train partait à 9 heures. Quelque peu sceptique quant à son arrivée à l'heure - j'avais déjà eu quelques expériences avec la tendance notoire de Monroe à être en retard - je me disais qu'elle arriverait au moins à temps pour prendre le train. Marilyn Monroe ne prit pas le train.
Selon Roy Craft, le représentant du studio qui l'accompagnait depuis Hollywood, leur taxi s'était « retrouvé pris dans les embouteillages ». (Hmmm.)
Mais si Marilyn n'était pas dans le train, nous, nous y étions. Supposant peut-être qu'elle était montée par une autre entrée, nous descendîmes précipitamment les marches et sautâmes à bord au moment où le train commençait à partir. Une inspection rapide du wagon-salon ne révéla personne. À ce moment-là, je commençais à avoir une violente migraine. Nous descendîmes à Newark avec nos appareils et un visage de circonstance.
Sid s'enferma dans une cabine téléphonique et appela le rédacteur en chef.
-« Où êtes-vous ? » demanda-t-il. - « À Newark », répondit Sid. - « Qu'est-ce que vous fichez à Newark ? » exigea-t-il. - « Marilyn Monroe est à Penn Station. Elle a raté le train. »
Comme si nous ne le savions pas !
Après une série frénétique d'appels téléphoniques triangulaires entre Newark, le rédacteur en chef et Penn Station, on établit que les gens de la Fox remuaient ciel et terre pour trouver des escortes motocyclistes, des avions affrétés et tout ce qui pourrait permettre d'amener Monroe à Atlantic City avant l'arrivée du train.
Nous devions prendre le train suivant pour retourner à Penn Station, retrouver Monroe dans le bureau du chef de gare, prendre avec elle un taxi jusqu'à l'aéroport de La Guardia et nous envoler vers l'inconnu dans un Eastern Airlines Falcon spécialement affrété.
À Penn Station, nous remontâmes l'escalier quatre à quatre et nous précipitâmes dans le bureau du chef de gare. Pas de Monroe. Ma migraine était en train de me tuer. Un employé bien intentionné nous informa nonchalamment que Monroe était partie huit minutes plus tôt. Nous courûmes comme des fous à travers la gare et, haletants, nous nous effondrâmes dans un taxi.
À La Guardia, nous courûmes comme des dératés jusqu'à la porte d'embarquement et apprîmes que Monroe était partie cinq minutes auparavant. Je le dis à l'éditeur. Il appela Holliwood [sic] et lui passa la facture des deux taxis.
J'en conclus que des têtes allaient tomber, mais pendant ce temps, nous étions là -et Monroe, elle, n'y était pas.
L'avion affrété de Marilyn avait coûté 800 dollars à la Fox.
- « Louez un avion et suivez-la ! »ordonna le rédacteur en chef.
-« Un petit avion », ajouta-t-il, en pensant à son budget.
Je louai un monomoteur Bonanza, pour 57 dollars.
Nous nous entassâmes avec plusieurs autres photographes tandis que je courais acheter de quoi déjeuner pour le vol d'une heure jusqu'à Atlantic City. Nous arrivâmes là-bas après « l'arrivée triomphale » à la gare et, bien entendu, nous avions raté le défilé dans les rues.
En réalité, Marilyn était entrée dans la gare par une escorte motocycliste depuis l'aéroport d'Atlantic City, à seulement trois minutes du train. Le maire et le groupe qui l'attendaient ne furent donc pas déçus.
Nous montâmes en titubant jusqu'à la porte de la suite de l'hôtel et fûmes accueillis par Roy Craft et Fleisher, échevelés, épuisés, battus, fouettés et les yeux creux. Ils venaient juste de discuter - et cela dura toute la journée -de la possibilité et de l'opportunité de jeter le chauffeur de taxi fautif du haut d'un immeuble de quarante étages, et ils nous supplièrent de leur remonter le moral. Nous leur assurâmes que les choses ne pouvaient pas être pires.
Elles le furent.
Cette suite d'hôtel était en ébullition. Les téléphones sonnaient frénétiquement, on frappait aux portes et une procession de responsables municipaux, d'attachés de presse, de personnes venues accueillir Marilyn, de grooms et de deux jeunes filles de la société locale Junior Miss entrait et sortait, tandis que Craft se demandait comment il avait bien pu se retrouver dans une telle situation.
Le représentant de la Fox pour la côte Est surgit et commença à reprocher à ses subordonnés d'avoir organisé un cocktail pour la presse locale à l'étage inférieur. Monroe prenait une douche, lui dirent-ils. Les garçons vont attendre, lui assurâmes-nous. Prenez un verre et détendez-vous. Ne vous inquiétez pas pour un petit cocktail : quand Marilyn arrivera, il y aura largement assez de temps pour la voir avant la première mondiale, ce soir-là.
- « Mon Dieu ! Je ne sais pas si elle sera à l'heure pour la première mondiale ! » cria-t-il.
Nous éclatâmes tous de rire diaboliquement. La moitié de ma tête avait déjà scié l'autre moitié et était tombée par terre. Je lui donnai un coup de pied et continuai.
Monroe arriva au cocktail avec une heure de retard. Je pris quelques photos d'elle dans une robe rouge moulante et scintillante, avec laquelle - eh bien, lorsqu'elle entrait dans une pièce, on pouvait entendre les mâchoires tomber.
Les hommes blasés et cyniques, ainsi que les dames du quatrième pouvoir, réagirent comme s'ils avaient été instantanément chloroformés. Ma Leica me semblait peser une tonne, mais je pris quand même une pellicule en lumière naturelle.
De retour à l'étage, entre les téléphones qui se disputaient, davantage de gens des relations publiques et une vedette de cinéma nerveuse et fébrile qui semblait prête à s'évanouir, je me faufilai à travers deux rouleaux de film jusqu'à la Leica. Puis Sid fit irruption dans la pièce en criant par-dessus l'épaule de Roy Craft pour rappeler à Marilyn :
-« Chérie, tu ne crois pas que tu ferais mieux de commencer à t'habiller pour la première ? »
J'étais allongé sur le lit de Monroe, en train de changer la moitié restante de ma tête, lorsque la petite fille aux grands yeux bleus entra. Alors que je tentais faiblement de me relever, Marilyn m'assura que je pouvais rester là. Malgré le fait qu'elle allait s'habiller dans une pièce attenante, étant un gentleman de la vieille école, je sortis courtoisement.
Pendant que Marilyn se pomponnait pour le gala du soir, Sid et moi prîmes un taxi jusqu'au Stanley Theatre, situé juste sur la promenade. Avant même que j'aie eu le temps de commencer, la foule se mit à hurler et je dus me battre, coude et épaule en avant, pour ne pas être piétiné.
Les sirènes de l'escorte motocycliste retentirent et annoncèrent l'arrivée de la vedette. Au moment où la limousine de Marilyn s'arrêta devant la promenade, un orchestre local, accompagné d'une majorette qui caracolait, se mit à jouer à tue-tête une marche au tempo martial. Pour une raison que je ne comprends toujours pas, ils jouaient « My Country, 'Tis of Thee ».
À ce moment-là, Sid et moi étions bons pour l'asile.
Tout comme Marilyn.
Quant à Craft et Fleisher, ils n'étaient même plus capables de prononcer leur propre nom. Rassemblant le peu d'énergie qui me restait, je réussis à prendre quelques photos sur scène. Les clichés les plus intéressants n'étaient pas ceux de Marilyn, mais ceux du public. Rangée après rangée, 2 000 mâchoires restaient béantes devant la vision qui s'offrait à elles. Personne ne bougeait. Personne ne riait aux numéros comiques. C'était une paralysie collective. Sid réussit à arracher quelques mots à Marilyn tandis qu'elle tentait de combattre son trac. Puis, dans la minuscule loge, nous la préparâmes encore une fois, nous lui souhaitâmes une bonne première mondiale et, accompagnés de Roy Craft épuisé, nous nous éloignâmes.
J'espérais qu'un jour il retrouverait suffisamment de forces pour se consacrer à l'élevage des dindes.
Nous prîmes le dernier train au départ d'Atlantic City, complètement brisés.
La semaine suivante, je rencontrai un ami dans la rue et lui racontai que j'avais photographié Marilyn Monroe.
-« Et vous êtes payés pour faire des trucs comme ça ? Dis-moi, c'est vrai qu'elle ne porte rien sous ses robes ? »
Magazine populaire italien de fotoromans, nouvelles et rubriques.
Photo de couverture : Marilyn Monroe, photographie de John Florea (1953).
Cette couverture est fréquemment et incorrectement datée du 10 mai 1953 sur le web et dans le livre de Clark Kidder (Marilyn Monroe cover to cover).
La date imprimée est 10 mai 1959.
Traduction de l'encadré de la couverture : « Marilyn Monroe est apparue plus belle que jamais à la première de son dernier film, Certains l’aiment chaud. L’actrice, qui est depuis trois ans heureusement mariée au célèbre dramaturge Arthur Miller, a décidé de s’installer à Paris, où son mari mettra en scène sa dernière pièce. On dit que la nouvelle de l’arrivée de Marilyn a fortement bouleversé Brigitte Bardot. »
A popular Italian magazine featuring photo-romances, short stories, and regular columns.
Cover photo: Marilyn Monroe, photographed by John Florea (1953).
This cover is frequently and incorrectly dated May 10, 1953, on the web and in Clark Kidder's book (Marilyn Monroe: Cover to Cover).
The printed date is May, 10, 1959
Marilyn Monroe looked more beautiful than ever at the premiere of her latest film, Some Like It Hot.The actress, who has been happily married to the famous playwright Arthur Miller for three years, has decided to settle in Paris, where her husband will be staging his latest play.Rumor has it that the news of Marilyn’s arrival has greatly upset Brigitte Bardot.
Le magazine brésilien Carcara dans son numéro d'automne 2026 consacre sa couverture à Marilyn Monroe ainsi qu'un reportage de 12 pages de photographies d'Allan Grant, à l'occasion de la publication du livre : Marilyn Monroe The lost photographs the last interview de Richard Meryman et Allan Grant.
Numéro spécial de magazine célébrant le centenaire de la naissance de Marilyn Monroe, contenant des photos rares et glamour, d'après la description de l'article. Comprenant une photo en double page centrale.
Malgré mes recherches je n'ai pas trouvé de meilleur visuel de photo de couverture, ni de photos sur le contenu.
Special magazine issue celebrating the centenary of Marilyn Monroe's birth, featuring rare and glamorous photos, according to the item description.Includes a double-page centerfold photo.
Despite my research, I haven't found a better cover image or any photos of the content.