Marilyn Cover Girl

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Marilyn Cover Girl 

 

Bienvenue sur ce blog entièrement consacré aux couvertures de magazines, livres, catalogues, la presse en général, sur Marilyn Monroe, depuis 1946 jusqu'à nos jours. 

 

 

Welcome to this blog entirely devoted to magazine covers, books, catalogs, press in general, on Marilyn Monroe, from 1946 to the present day. 

 

 

 

 

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15 septembre 2026

08/1952 : Movies (Usa)

 

08/1952 : Movies (Usa) 

Couverture : Janet Leigh

 

 

 

Photos du reportage sur Marilyn : Mel Traxel 

 

Ce reportage de 4 pages dans le magazine Movies, nous permet de suivre Marilyn Monroe sur une journée quand elle ne travaille pas. On nous montre une femme active, qui fait quotidiennement de l'exercice (les photos sont mises en scène pour illustrer le thème du reportage), travaille comme actrice, suit deux soirées de cours d'interprétation dramatique par semaine, prend un cours de danse, suit une formation universitaire à UCLA, passe des heures à faire des recherches en bibliothèque, gère un courrier international considérable sans compter ses obligations professionnelles. Les éléments permettant de comprendre qu'elle est travailleuse et intellectuellement curieuse sont déjà là, noir sur blanc, dans les magazines contemporains. Ils ne sont pas une reconstruction biographique apparue vingt ou trente ans après sa mort.

 

 

 

 

Comment suivre le rythme de Marilyn 

 

Quand Marilyn travaille, il est facile de savoir où elle se trouve ; mais pendant ses jours de repos, cette blonde explosive mène un emploi du temps effréné, et il n'est pas facile de la suivre...

 

Photos : Mel Traxel

 

Légendes des photos

 

En haut page de gauche : 

La jeune femme qui fait saliver tous les loups d'Hollywood est Marilyn Monroe, une jeune femme bien faite qui entretient sa silhouette grâce à des exercices quotidiens avec des poulies et des haltères. Qui peut se permettre de prendre du temps pour une telle corvée, alors qu'elle est tellement sollicitée ?

Photo en haut à droite page de gauche : Originaire de Los Angeles, Marilyn a fréquenté l'University and Van Nuys High Schools, a passé ses années de guerre dans une usine d'assemblage d'avions.

Photo de Marilyn au téléphone, page de gauche : Marilyn vit dans un petit appartement d'une seule pièce au Beverly Hills Hotel ; deux murs sont marron, les deux autres blancs. Elle possède un téléphone intégré dans un petit meuble recouvert de peinture rose.

Photo en bas à gauche, page de gauche : Le courrier des admirateurs qu'elle adore, et elle reçoit beaucoup de courrier de fans, principalement de Corée et des pays d'Extrême-Orient,  avec énormément de propositions de mariage dans chaque lot. Le téléphone sonne constamment, mais pour l'instant, Marilyn est trop occupée pour répondre à des appels ou pour penser au mariage.

 

Photos : Mel Traxel

 

Suite, Marilyn et son Henrietta Award : 

Le bien le plus précieux de Marilyn est son « Henrietta » (à gauche), qui lui a été décerné par la Foreign Press Association.

Non satisfaite de son emploi du temps chargé (deux soirs par semaine, Marilyn étudie l'interprétation dramatique ; un soir, elle suit des cours de danse), le jeudi, elle assiste également à une séance de huit heures à l'U.C.L.A., dans le cadre du cours d'extension « Building of Backgrounds in Literature » ; elle passe des heures à la bibliothèque à faire des recherches sur le sujet.

 

Photos de Marilyn chez le dentiste : Maintenant que la 20th Century-Fox réalise quelle personnalité exceptionnelle elle a (le studio l'avait autrefois laissée partir), Marilyn passe quatre jours sans rien manger. Pas de problème : le Dr Marten, dentiste.

Les dents entièrement nettoyées par le Dr Louis Armann, Marilyn termine l'après-midi en rangeant un Will Wright's hot fudge sundae. Elle adore ça !

 

Photo de droite (Marilyn en 1951 à la soirée des Oscars) : 

Pour les premières et les grandes soirées, Marilyn revêt des robes très décolletées, attire tous les regards et reçoit toutes sortes de propositions.

Lorsque Joe DiMaggio était à Hollywood, elle sortait avec lui ; elle fréquente également Vince Edwards, mais seulement comme ami.

 

 

13 septembre 2026

 

Daily Bulletin, 18 octobre 1952

 

 

Mel Heimer (1915–1971) était un journaliste, chroniqueur et écrivain américain. Il travaillait pour King Features Syndicate et lança en 1947 sa chronique My New York, qui était ensuite publiée dans de nombreux journaux américains. 

En octobre 1952 Marilyn Monroe est en train d'exploser médiatiquement. Apparaît déjà dans la presse un récit qui explique que le succès pourrait lui monter à la tête. 

Heimer commence par raconter qu'il avait précédemment écrit un article désobligeant sur Marilyn dans lequel il soupçonnait la jeune star de lire sa propre presse et de commencer à se croire importante. Puis Ava Gardner, qui explique ne pas connaître personnellement Marilyn, lui répond de manière très subtile, que la presse contribue à fabriquer une star, puis lui consacre des colonnes entières dans les journaux, tout Hollywood lui répète qu'elle est importante et la presse finit par lui reprocher de finir par le croire.  

La presse participe à fabriquer le phénomène Marilyn, puis lui reproche certains des effets du phénomène qu'elle a elle-même contribué à créer.

Ava Gardner résume remarquablement la célébrité : tout le monde vous regarde, tout le monde vous juge, tout le monde parle de vous, et ensuite on vous reproche éventuellement d'avoir fini par prendre conscience que tout le monde vous regarde.

Les trajectoires d'Ava et Marilyn s'étaient déjà croisées à plusieurs reprises avant 1952, sans que l'on puisse établir une véritable amitié entre elles. Ava semble plutôt parler ici comme une collègue qui reconnaît chez Marilyn les effets d'une célébrité qu'elle a elle-même expérimentés.

 

 

 

Ava Gardner voit d'un mauvais œil les feux de la rampe.

Par Mel Heimer

 

 

 

New York - Miss Ava Gardner, une jeune femme aux yeux verts, sans maquillage, vêtue d'une jupe rayée marron et noire et d'un chemisier jaune, et affichant une intelligence aimable qui contrastait fortement avec son maquillage de cinéma sophistiqué, posa son sandwich aux œufs et prit aussitôt la défense de Marilyn Monroe.

Nous étions assis dans sa suite du Hampshire House, et le maître des lieux, un chanteur (Frank Sinatra), venait de sortir.

Miss Gardner avait lu les remarques plutôt sombres que j'avais faites à propos de Miss Monroe, dans lesquelles je soupçonnais Marilyn de lire les coupures de presse qui lui étaient consacrées et de s'être mise à se considérer comme quelqu'un d'important.

« Écoutez », dit Mrs Sinatra. « Je ne suis pas vraiment en train de défendre Marilyn, parce que, pour commencer, je ne la connais pas. Mais arrêtez-vous un instant et réfléchissez. Avez-vous jamais connu un métier au monde comparable au cinéma pour vous monter à la tête ?

C'est un métier dans lequel tout le monde, dans le pays, vous connaît, et certains pensent que vous êtes ce qui est arrivé de plus extraordinaire depuis… je ne sais quoi. Il est extrêmement facile de finir par penser que c'est le seul métier qui compte au monde et que vous y êtes l'une des personnes les plus importantes. »

Cela a même failli arriver un jour à Miss Gardner. C'est assez surprenant, car Miss Gardner n'est guère impressionnée par son statut de reine du cinéma ; elle pense qu'elle pourrait mériter vingt ans de prison pour la manière dont elle a joué certaines scènes dans The Snows of Kilimanjaro et elle possède ce qu'elle appelle un manque total de confiance en ses capacités.

 

« Pourtant, lorsque je suis allée en Espagne il y a quelque temps pour tourner un film, je me suis réveillée un matin et j'ai soudain réalisé que je n'avais pas lu les chroniques de potins sur le cinéma - parce qu'il n'y en avait pas.

Alors je me suis arrêtée, glacée, en me rappelant que, pendant des mois, chaque matin en me levant, la première chose que je regardais, c'étaient ces chroniques. Avant même la première page du journal.

Croyez-moi, j'étais vraiment passée tout près de me mettre à croire que j'étais importante. »

 

Pour Ava, c'est particulièrement difficile pour les femmes.

« C'est une façon terriblement éprouvante de gagner sa vie et, si vous voulez avoir une quelconque vie de famille, comme les femmes en ont envie, vous êtes fichue, dit-elle.

Vous transpirez toute la journée sur le plateau et vous rentrez chez vous trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Et si vous sortez malgré tout… vous vivez dans la vitrine de Macy's. »

Son beau visage plein de vie prit une expression un peu sombre.

« Sauf moi, ajouta-t-elle. Je travaillerai sur les plateaux, j'aiderai à faire la publicité de mes films et tout le reste - mais, bon sang, ma vie privée m'appartiendra. Je le jure. »

Pour Ava, si vous possédez la moindre sensibilité, vous finissez forcément par avoir des ennuis à cause de cette impression de vivre constamment dans la vitrine de Macy's.

« C'est pour cela que Frank et moi avons parfois eu des difficultés avec la presse, dit-elle avec un petit sourire. Nous sommes tous les deux assez sensibles et nous avons une légère obsession pour notre vie privée. Nous avons accepté de jouer le jeu avec les journaux jusqu'à un certain point, mais parfois nous estimons qu'ils vont trop loin. Alors nous nous mettons en colère et ça finit en dispute. »


J'ai demandé à Miss Gardner si elle pouvait me dresser une liste des stars de cinéma qui semblaient avoir gardé les pieds sur terre malgré leur succès.

Elle dut réfléchir un peu, mais finit par en citer quelques-unes. Van Heflin arrivait tout en haut de la liste.

« Van est acteur et il joue tout le temps la comédie, dit-elle, mais c'est le type le plus adorable et le plus gentil du monde et, croyez-moi, il porte toujours la même taille de chapeau. »

Clark Gable et Robert Taylor, ajouta Ava, sont eux aussi des hommes qui ne semblent pas lire avec trop d'attention les coupures de presse qui leur sont consacrées.

Elle eut davantage de difficultés à trouver des femmes qui étaient parvenues à rester saines d'esprit dans ce métier complètement fou, mais elle finit par citer Esther Williams et Lana Turner.

« Maintenant, ne riez pas parce que j'ai cité Lana, dit-elle. Je pense qu'elle aurait connu toutes ses difficultés sentimentales et conjugales même si elle n'avait pas travaillé dans le cinéma. En réalité, au fond d'elle-même, c'est l'une des filles les plus gentilles et les plus simples qui soient.

Pendant son récent séjour à New York pour la première de The Snows of Kilimanjaro, Ava reçut la visite de son neveu de vingt ans, venu de Caroline du Nord.

Il supporta ce rythme pendant environ une journée. Finalement, il explosa :

« Bon Dieu ! Comment peux-tu supporter cette course de rats ? »

Ava me raconta l'anecdote, puis me regarda.

« Comment faisons-nous, d'ailleurs ? » demanda-t-elle d'un air sombre.

 

13 septembre 2026

12/1953 Movie Stars Parade (Usa)

 

12/1953 Movie Stars Parade (Usa) 

Couverture : Janet Leigh

 

 

 

Contenu : article de deux pages sur Marilyn Monroe sur le tournage de La rivière sans retour. Les photos ne sont pas créditées dans le magazine. Le ou la journaliste n'est pas identifié. 

 

Très ancré dans les normes sociales du début des années 1950, ce petit portrait est ouvertement sexiste. Dès sa première phrase, il rappelle cette vieille idée selon laquelle "une femme ferait mieux de garder la bouche fermée", avant de réduire largement Marilyn à son pouvoir de séduction, son corps et l'effet qu'elle produit sur les hommes. Marilyn Monroe explique clairement qu'elle veut être une bonne actrice et qu'elle est heureuse d'être une femme. Le (ou la) journaliste nous explique que c'est un paradoxe typiquement Monroe, alors qu'il n'y a aucun paradoxe dans cette affirmation. L'auteur crée un paradoxe parce que sa façon de penser et les normes sociales de l'époque supposent qu'être une actrice ambitieuse et une femme accomplie sont deux aspirations potentiellement incompatibles. Plus révélatrice encore est la conclusion, qui présente comme inévitable le choix qu'elle devrait un jour effectuer entre carrière et bonheur conjugal. 

 

 

M-M-M- c'est pour Marilyn 

 

On dit qu'une femme ferait mieux de garder la bouche fermée. Mais Marilyn Monroe, la femme la plus sensuelle à charmer les hommes depuis Ève, a fait fortune en gardant la sienne ouverte. 

 

Peu de reines du cinéma ont été capables de vendre au public une telle quantité de marchandises grâce à leur seule beauté. Mais Marilyn Monroe, relativement nouvelle venue, n'a eu qu'à sourire, bouche ouverte, pour que les hommes commencent à fondre et que les femmes se précipitent sur leur bouteille de peroxyde.

Née Norma Jean Baker à Los Angeles il y a vingt-sept ans, elle a défendu son calendrier de nus, son audacieuse façon de s'habiller et son mariage d'enfance avec une franchise qui lui a valu aussi bien des reproches que de l'admiration.

Mais si son comportement peut prêter à controverse, la puissance de son sex-appeal, elle, ne l'est pas. Son attaché de presse affirme "qu'elle est sexy même lorsqu'elle respire".

Un photographe l'a un jour entendue déclarer : " Elle réagit plus volontiers à un appareil photo qu'à une bobine de film." Ses admirateurs ajoutent qu'ils se contenteraient parfaitement de la regarder marcher.

Que pense Marilyn de tout ce tapage ? Une réaction typiquement paradoxale à la Monroe :

" Je veux être une bonne actrice", dit-elle,  "puis je suis simplement heureuse d'être une femme."

Peu de femmes ont réussi à concilier les deux avec succès et, inévitablement, Marilyn devra choisir entre une carrière et le bonheur conjugal. Peut-être qu'avec Joe DiMaggio, elle a déjà fait son choix.

 

Légendes des photos 

 

Page de gauche photo avec Mitchum et Winters : Sur le tournage canadien de River of No Return, son partenaire Bob Mitchum sauva Marilyn de la noyade. À proximité, Shelley Winters faisait du ski à Moose, en Saskatchewan.

Photo du milieu Marilyn seule : Bien qu'elle ait subi une grave blessure à la jambe, Marilyn insista pour continuer à tourner. Taille : 1,66 m, 53,5 kilos ; poitrine 92,7 cm ; taille : 58,4 cm; hanches : 94cm. 

Photo de droite : Marilyn en train de lire : Actuellement, Marilyn étudie la danse d'interprétation, le métier d'acteur, l'histoire et suit un cours de littérature anglaise à l'U.C.L.A.

Page de droite : Elle joue au solitaire seulement après le départ de Joe. D'habitude, elle aime nager et s'entraîner avec des haltères.

 

12 septembre 2026

12/1953 : Movie Life (Usa)

 

 

12/1953 : Movie Life (Usa) 

Couverture crédit : Marilyn Monroe par Trindl et Woodfield 

 

 

 

 

 

 

Contenu : Le magazine Movie Life publie un reportage de plusieurs pages sur diverses acteurs qui tournent à Banff au Canada : Stewart, Monroe, Laff et Winters. Le reportage sur Marilyn Monroe  pendant le tournage de La rivière sans retour contient deux pages. La grande photo couleur est de John Vachon. Les photos du reportage ne sont pas créditées. 

 

 

 

 

Aventures canadiennes

Le mauvais temps et la blessure à la cheville de Monroe ont ralenti le tournage de son film.

 

 

Photo ci-contre : Elle séjournait au Banff Springs Hotel lorsque l'équipe ne tournait pas. Son entorse à la cheville inquiétait le studio : la présence de Marilyn était requise pour toutes les scènes du film de la 20th Century Fox, Rivière sans retour. Son petit ami, Joe DiMaggio, est resté avec elle pendant une semaine. Après son départ, ils ont continué à communiquer par courrier. La rumeur court qu'ils se seraient déjà mariés.

 

Photo ci-dessus : 

Le maillot de bain était un accessoire dont Marilyn n'avait pas besoin ! Trois films étant tournés au même endroit, les stars se côtoyaient de près ; certaines logeaient dans le même hôtel et dînaient ensemble la plupart du temps.

 

 

 

Le travail devant la caméra toute la semaine ne laissait que le dimanche pour la lessive. Le temps a été si mauvais durant les deux dernières semaines de présence de l'équipe que le réalisateur a failli interrompre la production. Dans le film, Marilyn incarne une beauté de saloon et interprète deux chansons. Sa prestation vocale dans Les Hommes préfèrent les blondes lui a valu un contrat d'enregistrement chez RCA.

 

 

 

Une photo pleine page de l'affiche de Comment épouser un millionnaire 

 

 

11 septembre 2026

08/1951 : Television and Screen guide (Usa)

 

08/1951 : Television and Screen guide (Usa) 

Couverture : Tony Curtis 

Contenu : article de 4 pages + une grande photo pleine page en couleur.

Il n'y a pas de crédit des photos à l'intérieur du magazine.

 

 

Cet article de février 1951 nous parle de la vie de célibataire de Marilyn Monroe quand elle vivait au au Beverly Hills Carlton Hotel.  Le magazine pose dès la première ligne une image de femme moderne, indépendante, mais contrôlée selon les normes de l'époque. La solitude est présentée comme acceptable et non menaçante-tant qu'elle reste temporaire en supposant toujours l'idée d'un futur mariage. Le texte insiste sur son enfance difficile, ce qui est une sorte de stratégie classique des magazines de cette époque pour justifier son indépendance sans remettre en cause les normes sociales. Le journaliste nous décrit le décor de son appartement au "luxe modéré", ce qui nous renvoie l'image d'une actrice accessible et presque ordinaire. L'article nous présente une Marilyn cultivée, qui aime lire et écouter de la musique, ce qui contraste volontairement avec son image publique de Pin-up. Le rapport à l'argent est également évoqué : Marilyn est présentée comme une femme indépendante mais raisonnable et disciplinée. Le texte nous montre clairement son ambition artistique réelle, celle d'une actrice qui veut être prise au sérieux. Ce dernier point rejoint un autre texte publié dans Modern screen en fevrier 1951 : I was an orphan (J'étais orpheline).

 

 

Vie à la maison d’une célibataire hollywoodienne

La liberté -et le fait d’avoir un endroit où être seule avec ses pensées -comptent beaucoup pour Marilyn Monroe. C’est pourquoi elle vit seule- et aime ça.

 

 

 

Résumé de l'article : 

 

Quand une jeune actrice d’Hollywood réussit suffisamment pour quitter un foyer ou un dortoir, elle s’installe généralement dans une petite maison de banlieue et y crée une atmosphère chaleureuse.
Mais pas Marilyn. Elle vit seule. Et elle insiste : « C’est ainsi que j’aime vivre. »

Une enfance difficile et solitaire lui a appris la valeur de l’indépendance. Elle a donc décidé d’organiser sa vie en conséquence. Elle est, à tous points de vue, une “bachelor girl” moderne.

Un élément essentiel de son indépendance est son appartement moderne, situé près des studios de la 20th Century Fox, où elle est sous contrat et travaille actuellement sur un film intitulé A WAC in His Life.

L’appartement n’est pas luxueux. Le salon possède de grandes fenêtres laissant entrer la lumière et donnant une impression d’espace. Les murs sont dans des tons doux -gris et vert pâle- et le mobilier est moderne et simple. Un tapis gris argenté couvre le sol. Un grand canapé bas occupe la pièce, parfait pour s’allonger. Marilyn dit que cela donne l’impression d’avoir « presque un hectare de lit ».

Des lampes élégantes, des reproductions de tableaux célèbres et des plantes complètent la décoration.
Même si des étagères étaient fournies, Marilyn en a ajouté pour ses livres. Les livres, magazines et disques sont les seules choses qu’elle accumule. L’appartement comprend une cuisine, une chambre, un dressing spacieux. L’immeuble offre aussi une piscine et des services pratiques.

Marilyn choisit ses vêtements avec soin :


« Je n’aime pas les vêtements intermédiaires. Je veux soit du simple et confortable, soit du très habillé. »

Elle essaie de gérer son budget, même si elle reconnaît ne pas être très douée avec les chiffres. Elle préfère acheter peu mais bien. Marilyn ne cuisine pas beaucoup. Elle prend des repas simples et mange souvent à l’extérieur. Elle aime lire, écouter de la musique et rester tranquille chez elle.

Marilyn pense qu’une femme doit apprendre à vivre avec elle-même avant de vivre avec quelqu’un d’autre.

Elle explique qu’elle a été très timide et qu’elle apprend peu à peu à s’affirmer. Le métier d’actrice lui permet d’exprimer son véritable moi. Elle dit qu’elle apprend à se comprendre grâce à cela.

Malgré sa vie occupée, Marilyn apprécie profondément ses moments de solitude.
Cette indépendance lui permet de réfléchir, de travailler sur elle-même et de construire sa propre identité.

 

 

Dans le magazine une grande photo couleur de Marilyn Monroe en maillot de bain à la plage,en 1950, photographie non créditée dans le magazine, mais dont le photographe est Joseph Hepner. . 

 

 

9 septembre 2026

09/2026 : Harvard Lampoon (Usa)

 

09/2026 : Harvard Lampoon (Usa) 

 

The Harvard Lampoon magazine publie un cyborg de Marilyn Monroe (The seven year itch)  en couverture de leur numéro de septembre 2026, en parodiant le magazine The Hollywood reporter. 

Pour lire le numéro en ligne c'est : ICI

Il n'y a aucun article sur Marilyn Monroe dans ce magazine de 24 pages. 

 

09/2026 The Harvard Lampoon (Usa)

 

7 septembre 2026

09/08/1952 : Weekend Picture magazine( Canada)

 

09/08/1952 : Weekend Picture magazine( Canada) 

Couverture : Marilyn Monroe par Jock Carroll

 

 

Weekend picture magazine était distribué au Canada sous plusieurs titres différents, selon le journal pour lequel il était affilié. (Clique sur le lien pour voir les versions différentes) Le contenu était identique. 

 

 

 

 

 

 

Les réparties de Marilyn Monroe dans cet article sont souvent très drôles. Jock Carroll raconte  une amusante scène entre Marilyn et Richard Allan, son amant dans Niagara. Allan lui propose, sous prétexte de préparer leur prochaine scène, de "répéter" leur long baiser passionné. Marilyn lui répond qu'elle ignore quelle expérience il possède en la matière, mais qu'elle-même n'a pas besoin de s'entraîner. Difficile de savoir quelle part de cette scène relève d'un véritable flirt, d'un jeu entre les deux acteurs ou de la mise en scène narrative de Carroll. L'anecdote est d'autant plus intrigante que des témoignages beaucoup plus tardifs font état des relations homosexuelles de Richard Allan, mais rien ne permet toutefois d'en déduire avec certitude son orientation exclusive, ni ce que Marilyn en savait.

Puis, l'air innocent de Marilyn feignant de connaitre véritablement le sens du surnom qu'on lui a attribué : AC/DC qui signifie littéralement courant alternatif/courant continu.  

Sur le lit de Marilyn, le journaliste note la présence de deux livres : "Letters to a Young Poet". et surtout "The  Thinking body". Jock Carroll ne voit qu'une occasion de faire un jeu de mots :" l'idée de Miss Monroe pensant avec son corps était intrigante". Mais, il passe à côté du sujet. Le livre de Todd parle d'un corps intelligent et sensible, capable de traduire les émotions avant même les mots. Ce livre n'est pas un ouvrage de beauté, c'est un traité de psychologie du corps qui montre que Marilyn s'intéressait déjà à la dimension expressive du mouvement, bien avant son immersion à l'Actors Studio. Le journaliste, lui, n'y voit qu'un prétexte à un jeu de mots sur son " corps pensant".

A la fin de l'article sont retranscrites deux phrases qui sont des citations très connues de Marilyn : "Je m'habille pour les hommes" et  "Ça ne me dérange pas que ce soit un monde d'hommes, du moment que je peux y être une femme." Deux phrases qui expriment et revendiquent la possibilité d'exister, d'agir et de choisir en tant que femme sans pour autant devoir renoncer à sa féminité pour le faire. Une affirmation d'identité et d'autonomie. 

Copyright:Boomerang_

 

Marilyn n'est pas si menaçante

Par Jock Carrol 

 

 

légende des photos : 

gauche, la grande photo :

« Pendant le tournage de Niagara, Marilyn observe un bateau sur le Maid of the Mist, mais elle n'a guère le temps de profiter de l'excursion. Les touristes découvrent qu'elle est à bord et l'assaillent pour obtenir des autographes. »

Sur la série avec la cigarette :

« Marilyn ne fumant pas, elle doit le faire dans son prochain film ; elle estime donc devoir s'entraîner à manipuler une cigarette avec sophistication. »

 

Traduction de l'article

 

l y a quelque temps, elle vint à Niagara Falls, en Ontario, pour jouer dans un film intitulé Niagara, produit par la Twentieth Century-Fox. Frank Neill, un attaché de presse rondouillard, eut la gentillesse de m'organiser une interview avec Miss Monroe au General Brock Hotel. Nous nous dirigeâmes vers la chambre 810 et M. Neill frappa à la porte.

- Qui est-ce ? demanda une voix féminine.

- C'est moi, chérie ! répondit M. Neill. Butterball ! Tu es présentable ?

-Une minute !

Il y eut une seconde de silence.

-C'est bon !

Miss Monroe était assise sur le lit, ses cheveux blonds enroulés dans des bigoudis. Elle portait un magnifique peignoir blanc en tissu éponge -et pas grand-chose d'autre.

À côté du lit était posé un grand écriteau grossièrement écrit à la main :  "Attention aux chiens".

Sur le lit se trouvaient plusieurs livres et un scénario. Je remarquai notamment Letters to a Young Poet  et The Thinking Body, de Mabel Elsworth Todd. L'idée que Miss Monroe puisse « penser avec son corps » était intrigante.

- Bonjour, Butterball, dit Miss Monroe.

M. Neill lui expliqua que je souhaitais prendre quelques photographies destinées à montrer pourquoi Miss Monroe plaisait tant aux hommes, mais beaucoup moins aux femmes.

Elle rit.

-D'accord, Butterball.

Butterball -je veux dire M. Neill -regarda sa montre.

- Il faut que je retourne sur le plateau.

Puis il me regarda.

-Cela vous dérangerait si je vous laissais seul avec Marilyn ?

Je répondis que cela ne me dérangeait pas.

M. Neill me fixa encore un instant.

- Je suppose que ça ira, finit-il par dire.

Je compris ce qui lui passait par la tête et j'en éprouvai une certaine fierté. Miss Monroe était un bien précieux pour le studio. On ne la confiait pas à n'importe qui.

À peine la porte s'était-elle refermée derrière Butterball qu'elle s'ouvrit de nouveau. Une petite femme d'âge moyen entra et commença à défaire et coiffer les cheveux de Miss Monroe.

-Voici Peanuts, dit Miss Monroe. Tout le monde sur le film reçoit un surnom. M. Neill, c'est Butterball.

- Et le vôtre ? demandai-je.

Peanuts éclata de rire.

-AC-DC.

Miss Monroe me regarda innocemment.

-Quoi que cela puisse vouloir dire. Je croyais que c'était un terme d'électricité.

Peanuts termina de coiffer Miss Monroe, qui se leva et se dirigea vers la salle de bains. Dans le dos de son peignoir étaient inscrits en grosses lettres les mots : Sherry-Netherland Hotel. C'était la publicité pour un hôtel la plus efficace que j'aie jamais vue car, lorsque Miss Monroe marche, elle retient toute votre attention. Je lui accordai donc toute la mienne jusqu'à ce que la porte de la salle de bains se referme derrière elle.

Peanuts soupira.

-Mon vieux, me dit-elle, ceux qui trouvent à redire à ça sont tout simplement jaloux.

Peanuts prit congé. Une fois de plus, je me retrouvai seul avec AC-DC.

On frappa à la porte.

Un jeune homme grand, brun et incroyablement beau entra. Miss Monroe me le présenta : Richard Allan, qui jouait le rôle de son amant dans Niagara.

-C'est drôle, cette histoire de cinéma, dit M. Allan en approchant une chaise très près de Miss Monroe.

-Que voulez-vous dire ? demanda-t-elle.

M. Allan rapprocha encore un peu sa chaise.

-Eh bien, prenez ce film. Nous sommes censés jouer deux personnes passionnément amoureuses l'une de l'autre. Et pourtant, nous nous sommes rencontrés pour la première fois hier seulement !

Miss Monroe acquiesça.

- Ce que je veux dire, poursuivit Allan… prenez par exemple cette scène au pied des chutes. Cette longue scène de baiser passionné que nous devons tourner. C'est tout de même typiquement hollywoodien : mettre deux parfaits inconnus devant une caméra et attendre d'eux qu'ils s'embrassent comme s'ils étaient amants !

M. Allan se pencha encore davantage vers Miss Monroe. Il semblait avoir complètement oublié mon existence.

Il poursuivit :

- Enfin, Marilyn, ne vous sentiriez-vous pas plus à l'aise pour cette scène si vous me connaissiez mieux ? Si nous la répétions une ou deux fois entre nous ? Si nous nous entraînions pour ce baiser ?

Miss Monroe se tourna et regarda M. Allan dans les yeux, qui n'étaient plus qu'à quelques centimètres des siens. Ses propres yeux bleus s'ouvrirent tout grands et elle battit des cils.

- Mais non, Dick, répondit-elle. Je ne sais pas quelle expérience vous avez en matière de baisers, mais moi, je n'ai pas besoin de m'entraîner.

On frappa de nouveau à la porte et Miss Monroe se leva pour aller ouvrir. Allan resta assis sur sa chaise, les yeux fixés sur l'endroit où Marilyn venait d'être assise. Il semblait quelque peu abasourdi.

Miss Monroe revint accompagnée d'un homme à l'allure robuste dont les muscles saillaient sous un tee-shirt blanc.

- Voici Whitey, dit-elle. Mon maquilleur.

Puis, en riant :

-Nous l'appelons Whitey parce qu'il porte une chemise blanche.

M. Allan marmonna qu'il devait se rendre quelque part et partit.

Whitey commença à disposer des pots de cold-cream et de poudre sur la coiffeuse de Miss Monroe. Elle entreprit d'appliquer un fond de teint en stick sur son visage, ses épaules et sa poitrine.

- Le secret d'un fond de teint, dit-elle, c'est d'en retirer presque tout. C'est là que la plupart des femmes se trompent.

Elle commença à se tamponner partout avec des morceaux de papier absorbant.

- Vous voyez ? Maintenant, j'en enlève presque tout.

Je fis remarquer que, même sans maquillage, Miss Monroe avait encore l'air d'une adolescente.

Elle rit.

-Je sais. On m'a retiré l'appendice il y a un mois et, pendant que j'étais à l'hôpital, les infirmières n'arrêtaient pas d'entrer en disant : "Mais elle ressemble à une gamine de quatorze ans ! " Je me souviens d'une grande infirmière costaude qui est entrée à grands pas. Quand elle m'a vue, elle a grogné : "Bon sang, qu'est-ce qu'il y a de si menaçant chez vous ?" 

Miss Monroe se mit à parler du maquillage des Canadiennes et des Américaines.

- Je ne remarque pas beaucoup de différence. Je pense que les New-Yorkaises font peut-être davantage d'efforts que les autres pour être élégantes. Je crois même qu'elles vont trop loin. Elles finissent par s'habiller pour les autres femmes. C'est une erreur -du moins, c'est ce que je pense. C'est pour cela qu'elles critiquent mes vêtements. Moi, je m'habille pour les hommes.

Puis elle ajouta :

-Je ne comprends pas certaines femmes. Elles se plaignent que le monde soit un monde d'hommes. Beaucoup de filles souhaiteraient être des hommes. Pas moi. Ça ne me dérange pas que ce soit un monde d'hommes, du moment que je peux y être une femme.

Fin 

 

 

légendes des photos : 

 


Avec la femme qui lui fait signer quelque chose, en haut à gauche :

Dans les restaurants, dans la rue, elle est entourée de chasseurs d'autographes. Marilyn a 24 ans ; elle a été élevée comme orpheline en Californie du Sud. Son père a été tué dans un accident de voiture ; sa mère était invalide. 

 en bas à gauche :

« Sur le plateau à 7 heures du matin avec Joseph Cotten, elle étouffe un bâillement. Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, elle a passé quelque temps à lire et à étudier. Elle explique : “Je suis toujours une écolière, je crois.” Elle poursuit ses études."


Avec Allan « Whitey » Snyder :

« “Whitey” (Allan Snyder), maquilleur, tient un miroir pendant qu'elle se coiffe. “C'est normalement blond”, dit Marilyn, “mais c'est teint d'une sorte de blond miel pour cette photo, afin de photographier mieux en Technicolor.” 
 

La photo où elle marche vers le photographe :

« Un jeune photographe estime qu'il a maintenant un sujet digne de ses talents. Marilyn mesure 1,66m. "Quand j'étais petite, se souvient-elle, on m'appelait String Bean. J'étais si grande dans mon école qu'à chaque fois que je devais me mettre en rang, je devais me placer derrière les garçons. Je détestais ça.” 

La photo en bas à droite :

« Elle aime les soupirs mélancoliques, les plaisanteries et les livres qui l'aident à se détendre. “Je suis allée voir Top Banana la semaine dernière. Ils enseignent la relaxation complète, mais je n'arrive pas à m'entendre avec leur théorie. Pour parvenir à un état de relaxation désirable : pas de nouvelles. Quand je serai vieille, peut-être.” 

 

6 septembre 2026

07/1948 : Daily Mirror (Australie)

 

 

Une photo de Marilyn Monroe en maillot de bain une pièce est publiée dans un petit encart du Daily Mirror en Australie le 7 Juillet 1948 avec cette description :

« De brillantes rayures rouges, vertes ou noires sont interrompues par un motif floral sur ce tout nouveau maillot de bain, présenté par la charmante Marilyn Monroe. »

 

 

Contexte de la photo : 

Si on compare cette photo avec celle prise par Margaret Kerry connue pour avoir été le modèle de la fée clochette au cinéma, on s’aperçoit que les éléments architecturaux sont identiques même grand bâtiment à fenêtres sur la gauche, même environnement de piscine, même muret et même type de végétation. La photographie de Marilyn avec le maillot blanc et celle avec le maillot imprimé paraissent très vraisemblablement avoir été prises au même endroit, et possiblement le même jour.

Souvenirs de Margaret kerry

« J'avais tout juste une vingtaine d'années lorsque j'ai reçu un appel me demandant de me rendre au Beverly Hills Hotel pour une séance publicitaire destinée à un magazine, et d'apporter quelques maillots de bain.

Ce jour-là, nous étions sept filles dans le bungalow de l'hôtel, en train d'enfiler nos maillots et de nous préparer, lorsqu'on frappa à la porte. Nous avons ouvert et une magnifique blonde se tenait là, avec un sourire rayonnant. Elle s'appelait Marilyn Monroe.

Elle s'est approchée timidement de nous et nous l'avons immédiatement accueillie chaleureusement. C'était assez inhabituel dans notre métier car, voyez-vous, Marilyn était une concurrente pour chacune d'entre nous… une concurrente redoutable. Mais elle était tellement adorable.

Plus tard, alors que nous attendions que le photographe termine ses préparatifs, Marilyn et moi étions assises sous un parasol au bord de la piscine, à l'abri du soleil. Marilyn était tellement gentille que je lui ai demandé si je pouvais la photographier.

“Seulement si je peux en prendre une de toi”, m'a-t-elle répondu.

Et voilà : mon appareil contenait bien une pellicule… pour une fois. »

 

à gauche : photographie de Marilyn prise par Margaret Kerry / à droite : photographie de Margaret Kerry prise par Marilyn.

 

Le témoignage de ces photos ci-dessus est confirmé et légèrement développé dans plusieurs autres interviews de Margaret Kerry (pour Fox News et dans une vidéo Youtube) lors de la parution de ses mémoires TinkerBell Talks parues en 2016,  dans laquelle elle raconte qu'un attaché de presse l'avait appelée pour cette séance au Beverly Hills Hotel, qu'elle avait apporté son petit sac de mannequin contenant son maillot deux-pièces et qu'elles devaient être sept modèles. Marilyn serait arrivée après les autres, vêtue d'un maillot deux-pièces blanc, parfaitement coiffée et maquillée, en s'excusant très doucement de son retard. Kerry raconte que toutes les filles auraient immédiatement compris que Marilyn allait attirer l'attention du photographe, et que serait elle qui serait retenue par le magazine, ce qui fut le cas, en précisant qu'il s'agissait bien d'un « bathing suit publicity layout » destiné à un magazine et confirme qu'en attendant le photographe, Marilyn et elle s'étaient mutuellement photographiées avec l'appareil de Kerry.

Kerry raconte également que Marilyn venait d'être engagée par Fox, " Marilyn had just been put under contract at Fox and wasn't well known" soit 1946 (date du premier contrat de Marilyn avec la Fox) mais si Kerry avait à peu près une vingtaine d'années lors de cette séance, cela ne cadre pas parfaitement avec 1946 puisqu'elle n'avait que 17 ans pendant une partie de cette année-là. Cela montre probablement que ses souvenirs, racontés plusieurs décennies plus tard, sont approximatifs sur la chronologie. Kerry est née en 1929 donc cela correspond davantage à 1948/1949. 

Le magazine pour lequel Marilyn a posé pour ces photos est non identifié, tout comme la marque du maillot de bains et le nom du photographe. 

 

 

Un autre journal intitulé So Tutto publié en Italie cette fois, dont la date reste à déterminer, probablement vers 1948/1949 selon les informations écrites sur la couverture. 

Sur chaque couverture de ce journal étaient publiées des photographies de mannequins posant en maillot de bains ou autre, parmi des informations plus sérieuses. 


So Tutto était un hebdomadaire d'actualité publié à Rome, sous-titré Il più informato settimanale dei fatti del giorno. Marilyn Monroe apparaît en couverture c'est la même photographie est attestée dans la presse australienne dès le 7 juillet 1948. 

 

4 septembre 2026

12/1962 : TV movie screen (Usa)

 

 

12/1962 : TV Movie Screen (Usa) 

Couverture : Marilyn Monroe, Golden Globes, 1962

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cet article paru en décembre 1962, la journaliste Jane Darby construit un récit extrêmement précis, dans lequel elle part du principe, dès le titre et avant même la première ligne, que Marilyn Monroe était suicidaire. La journaliste ne pose pas le question de savoir si elle s'est suicidée ou non, elle le considère comme acquis. 

Elle tente de démontrer que son entourage hollywoodien l'avais compris. Elle nomme cet entourage "Le clan" comprenant des personnalités telles que Sinatra, Lawford, Dean Martin, Eddie Fisher, Sammy Davis Jr et Janet Leigh, qui auraient essayé collectivement de la sauver, ils auraient échoué malgré tous leurs efforts.

La journaliste conclue que par conséquent, 'Hollywood n'est pas responsable de sa mort.  Le mot "clan" est trompeur, il permet à Jane Darby d’additionner des noms de personnalités, dont on ne sait pas pour certaines d'entre elles, si elles étaient réellement proches de Marilyn comme Eddie Fisher et Janet Leigh.

Janet Leigh est comme greffée dans ce "clan protecteur" alors que son intervention a consisté essentiellement à avoir défendu le talent de Marilyn malgré les plaintes de Tony Curtis sur le tournage de Some Like it Hot.

Ce qui est sympathique si l'anecdote est exacte, mais cela ne fait pas d'elle un membre d'un "clan" veillant sur Marilyn. Ce mot "Clan" donne l'impression d'un cercle cohérent autour de Marilyn alors que cet article ne le prouve absolument pas.

Pour prouver l'attachement de Sammy Davis Jr envers Marilyn, Jane Darby doit remonter à l'accident de Sammy en 1954 et raconter que Marilyn était venue l'encourager lors de son retour sur scène. Puis elle en déduit pratiquement qu'il se serait juré de lui rendre la pareille. 

Eddie Fisher était-il un ami intime de Marilyn Monroe ? Marilyn Monroe le connaissait-elle personnellement ? 

Darby affirme qu'Eddie Fisher aurait été le premier à attirer l'attention du "Clan" sur le mal-être de Marilyn et qu'à Las Vegas il aurait proposé à Sinatra de faire monter Marilyn sur scène. Mais cela ne nous démontre absolument pas une amitié Fisher–Monroe.  On sait qu'il y a eu un projet d'adaptation de film qui réunirait Liz Taylor et Marilyn Monroe en 1961, et qu'Eddie Fisher avait des raisons professionnelles d'être en contact avec Marilyn. Mais cela ne fait pas de lui un proche.  


Concernant Dean Martin il a fait un acte concret extrêmement important en faveur de Marilyn. Lorsqu'elle est renvoyée de Something's Got to Give, il refuse de poursuivre le film avec une autre actrice en invoquant son engagement à jouer avec Monroe. Pour cet exemple précis, , Jane Darby dispose de quelque chose de tangible. Mais cela ne prouve pas pour autant que Dean appartenait à une sorte de comité de soutien psychologique à Marilyn. Jane Darby transforme un geste professionnel et amical réel en élément de sa démonstration.

La relation Monroe-Sinatra me semble avoir été contradictoire parfois. Sinatra éprouvait une véritable affection pour Marilyn, pouvait rechercher sa compagnie et probablement lui apporter à certains moments une forme de soutien, tout en appartenant à un environnement qui pouvait lui être extrêmement difficile. Notamment pendant le dernier week-end de Marilyn à Cal Neva Lodge. Même sans accepter toutes les histoires et les versions différentes racontées sur Cal Neva, l'image d'un Sinatra exclusivement protecteur devient difficile à faire coïncider avec certaines descriptions de ce séjour et, plus généralement, avec l'environnement dans lequel Marilyn évoluait avec ce groupe.

Peter Lawford est un personnage incontournable pour les derniers mois et particulièrement les dernières heures de la vie de Marilyn Monroe, mais était-il un réel soutien pour elle ? Dans cet article la formulation de Lawford est étrange. La journaliste relate s es propos : "couldn't have been an accident", "Cela n'aurait pas pu être un accident" avant de lui faire décrire précisément ce qui ressemble à une surdose accidentelle.

La journaliste opère un glissement entre les personnes qui ont apprécié vraiment Marilyn et ceux qui l'ont aidé ponctuellement. Finalement l'article ne démontre rien, et ne fait que réinterpréter rétrospectivement des gestes d'amitié comme les éléments d'une opération de sauvetage.

C'est la fin de l'année 1962 et déjà on voit apparaitre dans la presse des articles qui reconstruisent les derniers mois de la vie de Marilyn Monroe. Jane Darby ne se contente pas de raconter ou d’interpréter, elle distribue les rôles afin d’acquitter Hollywood, et raconte des anecdotes variées en certitude morale. 

Marilyn devient celle qu'on n'a malheureusement pas réussi à sauver, et la dernière phrase lui attribue finalement la responsabilité de sa propre mort. 

Pour autant, derrière cette construction journalistique se trouve peut-être une réalité plus complexe. Marilyn était psychologiquement fragile, entretenait un rapport dangereux aux médicaments et avait déjà traversé de graves périodes de dépression. Le fait qu’elle ait eu des projets en 1962 et puisse se montrer joyeuse n’exclut pas qu’elle ait pu connaître des moments de désespoir aigu. Jane Darby ne prouve donc pas que Marilyn était suicidaire ni que le "Clan" tentait de la sauver, mais l’hypothèse qu’elle ait réellement été en danger ne peut pas être totalement exclue.

 

 

 Comment le “Clan” tenta d'empêcher Marilyn de se tuer.

Par Jane Darby 


L'histoire la plus émouvante jamais publiée

 

 


Une pluie fine tombait doucement sur les trente et un proches de Marilyn Monroe et sur quelque quatre cents curieux qui s'étaient rassemblés pour regarder son cercueil être transporté jusqu'à la crypte.
Marilyn semblait apaisée, comme elle l'avait rarement été de son vivant, vêtue d'un jersey vert et portant une frange effilée sur le front. Un petit bouquet de roses rose pâle reposait sur sa poitrine. Elles y avaient été déposées par son second mari, Joe DiMaggio, qui embrassa ses lèvres immobiles et lui déclara son amour une dernière fois.
Lorsque la foule commença à se disperser, Joe resta encore quelques minutes seul auprès de son ex-femme. Puis le cercueil couleur champagne fut scellé. Et Marilyn ne devait plus jamais être revue.
Elle avait cessé d'exister, et pourtant les spéculations sur sa mort se poursuivirent pendant des semaines. Ses amis furent blâmés. Mais Hollywood lui-même le fut plus encore.
Personne n'avait cru qu'elle était réellement malade. Dans son état dépressif et imprévisible, affirmaient les journaux, son psychiatre n'aurait jamais dû lui permettre d'avoir cinquante somnifères à sa disposition. Le studio aurait dû lui donner une nouvelle chance de terminer Something's Got to Give. Les articles décrivaient Marilyn comme une enfant abandonnée, une créatrice négligée, poussée à se supprimer à cause du rejet total de son entourage.

Cela était loin de la vérité.

DiMaggio avait été un ami dévoué et digne de confiance pendant les derniers mois de sa vie. Il avait toujours pensé à lui envoyer des fleurs ou un mot, où qu'il se trouvât. Il l'avait même encouragée sur le plateau lorsque le tournage de Something's Got to Give avait commencé.
Ses beaux-enfants adoraient Marilyn et étaient très proches d'elle. En fait, le dernier appel qu'elle reçut jamais venait du fils de Joe, qui était Marine, pour lui annoncer qu'il avait rompu ses fiançailles.
Ses admirateurs ne l'avaient jamais abandonnée. Même lorsque les critiques publiques à son égard avaient atteint leur paroxysme, leurs lettres d'approbation et d'encouragement avaient réchauffé son cœur meurtri.

 

 


Mais ce fut le « Clan », Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford, Eddie Fisher, Janet Leigh et Sammy Davis Jr., qui se battit le plus pour lui rendre l'envie de vivre.
Appelez cela « une seconde chance ». Appelez cela « une aventure folle ». Mais pendant des mois, ce fut le « Clan » -et lui seul -qui estima que Marilyn avait besoin de protection et d'encouragement si elle voulait survivre au phénoménal succès qui était le sien.

Plus d'un an auparavant, ce fut Eddie Fisher qui attira le premier l'attention du « Clan » sur le mal-être personnel de Marilyn. Eddie se produisait alors au Sahara de Las Vegas.
Sinatra, Peter Lawford et Sammy Davis Jr., alors occupé à travailler sur un film à des kilomètres de là, prenaient l'avion pour tenter de perturber le numéro d'Eddie - pour plaisanter, bien sûr. Le public appréciait cela et commença bientôt à attendre avec impatience de voir non seulement Eddie, mais tout le « Clan », se produire chaque soir.
Ce fut Eddie qui suggéra un soir que Sinatra fasse monter Marilyn sur scène avec eux.
Liz Taylor, également présente, enfila une perruque blonde et fit une imitation de Marilyn, et personne ne rit plus fort que Marilyn elle-même.
À ce moment-là, Marilyn était sans travail depuis longtemps. Son mariage avec le dramaturge Arthur Miller battait de l'aile et le « Clan » sentait, plus qu'il ne savait réellement, dit-on, qu'elle n'était pas une femme heureuse.


Janet Leigh fut la suivante à redonner confiance à Marilyn. Tony Curtis, son mari à l'époque, avait protesté longuement et bruyamment contre les difficultés rencontrées lorsqu'il travaillait avec Marilyn sur Some Like It Hot.
« Parfois, elle arrivait sur le plateau à onze heures du matin, si nous avions de la chance », se plaignait-il.

« Parfois, c'était après notre pause déjeuner ou aussi tard que trois heures de l'après-midi. Et quant à l'embrasser -eh bien, c'était comme embrasser Hitler. »

Janet, rapporte-t-on, n'aurait pas voulu entendre un mot contre Marilyn, qu'elle considérait comme un grand talent, et elle fit quelque chose d'inédit dans sa carrière : elle se glissa sur le plateau de Tony pour féliciter Marilyn de sa performance dans le film.

Sammy Davis Jr. avait de bonnes raisons de ne jamais oublier Marilyn -et peut-être était-ce également la raison pour laquelle il se fit une note mentale de ne jamais l'oublier.
Lorsque Sammy perdit un œil plusieurs années auparavant, Marilyn l'encouragea lors de sa première apparition en boîte de nuit après l'accident. Son soutien moral le réconforta tellement, dit-on, que Sammy se jura de lui rendre un jour la pareille.
Et ce fut Sammy qui poussa Sinatra et Dean Martin à envisager de faire jouer Marilyn dans l'une de leurs productions indépendantes plus tard dans l'année.


Sinatra, Peter Lawford et Dean Martin firent sans aucun doute tout leur possible pour empêcher Marilyn de se suicider. Ce faisant, ils risquèrent leur propre réputation, leurs intérêts financiers et la désapprobation du public afin de la soutenir.
Sinatra reconnut qu'il avait souvent emmené Marilyn avec lui « lorsqu'il apprenait qu'elle restait assise seule pendant des nuits entières ».
Après qu'elle eut été renvoyée par le studio, et pour l'aider à surmonter sa dépression, Sinatra préparait de nouveau un projet pour faire jouer Marilyn dans Born Yesterday, avec lui.
La mort intervint alors, et Frankie aurait accepté de réduire ses cachets à un niveau « très bas » en apprenant la triste nouvelle de sa disparition.
Dean Martin se battit ouvertement et avec acharnement pour sauver Marilyn. Après que Marilyn eut été écartée du film qu'il avait refusé de tourner sans elle, le studio poursuivit Dean en justice. Il riposta par une contre-action, et le différend fut finalement réglé.
Mais le « Clan » n'allait pas en rester là. Dean et Sinatra discutèrent sérieusement de la possibilité de tourner le film avec Marilyn plus tard dans l'année.
« Je n'arrive tout simplement pas à y croire », déclara Dean lorsqu'il apprit sa mort. « Je n'arrive tout simplement pas à croire qu'elle soit morte. C'était une personne merveilleuse et un talent merveilleux, et j'attendais avec impatience de terminer notre film plus tard cette année. »


Peter Lawford, lui aussi, aurait été un bon ami et aurait été aux côtés de Marilyn pendant tout ce temps.
« Ce qui est effrayant, c'est qu'il y avait toujours un risque avec elle », déclara-t-il aux journalistes après l'annonce de sa mort. « Elle était réellement physiquement malade, avec un virus, une fièvre et une angine, mais elle avait crié au loup si souvent que personne ne la croyait. Ce qu'il y a d'effrayant, c'est que ce sont des choses comme celle-là qui me mettent hors de moi. Beaucoup de gens sur le plateau étaient personnellement exaspérés contre elle et cela s'est retrouvé dans la manière dont ils la jugeaient. Si le studio avait seulement eu un peu de compassion... je lui aurais donné une nouvelle chance... »

Pete avait appelé pour inviter Marilyn à dîner quelques heures avant qu'elle ne soit retrouvée morte.
« Sa mort ne pouvait pas être un accident », maintint-il. « Je pense qu'elle a pris des somnifères, s'est réveillée, a oublié qu'elle en avait déjà pris, puis en a repris. »

Jusqu'à la fin, même lorsqu'il était trop tard, le « Clan » tenta de soutenir Marilyn.
DiMaggio avait organisé toutes les funérailles. Il était déterminé à ce qu'aucun de ses amis ne puisse transformer celles-ci en un spectacle de cirque.
Mais Lawford, en tant qu'ami qui avait aimé Marilyn, fut contrarié qu'ils ne puissent pas assister aux funérailles. Lawford suggéra alors d'organiser un service commémoratif spécial pour la star de cinéma, mais DiMaggio rejeta également cette proposition.
Finalement, il fut décidé que le « Clan », dont la prière pour elle avait été de la protéger, devait continuer sans elle.

Les dernières déclarations de Marilyn révèlent probablement à quel point elle avait toujours été malheureuse.


« Souvent, j'aimerais avoir un foyer comme les autres qui souhaiteraient avoir ce qu'ils n'ont pas », avait admis Marilyn.
« J'échangerais tout ce que je possède contre un véritable foyer, avec des arbres et de l'herbe, et quelques enfants que je pourrais appeler les miens. Personne ne sait combien j'ai essayé d'obtenir du respect. Juste après avoir tourné The Misfits avec feu Clark Gable, j'ai su plus que jamais que j'étais réellement une misfit (une inadaptée, une personne qui ne trouve pas sa place).


Oui, je suppose que j'ai toujours voulu la célébrité, mais la célébrité est capricieuse et la fortune est terriblement éloignée du bonheur. Au fil des années, tout et tout le monde changent, sauf moi. Je ne semble jamais pouvoir me rapprocher de ce que je désire le plus : le contentement, être libérée de mes soucis, être libre d'être moi-même à tout moment au lieu d'être ce que tout le monde attend de moi. »

Non, ce n'est pas Hollywood qui a tué Marilyn, mais Marilyn elle-même.
Et personne ne peut dire que le « Clan » n'a pas essayé, car aucun d'entre eux n'avait davantage à cœur de lui épargner son destin tragique.


FIN

 

 

2 septembre 2026

24/02/1953 : Pour tous (Suisse)

 

24/02/1953 : Pour tous (Suisse) 

Couverture : Gérard Philippe

 

 

 

 

Cet article n'est pas vraiment intéressant pour expliquer que la presse en Europe ne savait rien en 1953 de Marilyn Monroe, car ce n'était pas le cas. Ce qui est intéressant de noter, c'est que cet article est le premier sur Marilyn Monroe publié dans le magazine Pour tous, magazine populaire à cette époque en Suisse, et comment le journaliste choisit malgré tout de construire une contre-vérité. 

En effet, en février 1953, Marilyn Monroe n'est déjà plus une inconnue en Europe. Le magazine sait parfaitement qu'il parle d'une vedette. Il choisit plutôt de la rabaisser légèrement au moment même où sa célébrité explose.

C'est donc avec une certaine surprise que l'on découvre cet article intitulé :

« La Vérité sur Marilyn Monroe »

 

Cet article qui prétend rectifier sa biographie tout en accumulant des approximations, des affirmations fausses le tout avec un ton très sarcastique, voire méprisant.

En réalité ce journaliste (dont le nom n'est pas cité dans l'article) ne démontre rien. Il affirme que son enfance malheureuse aurait été imaginée par un impresario, (lequel ?) et va jusqu'à nier la réalité de son enfance en affirmant qu'elle « n'avait absolument rien eu de dramatique »,

qu'elle avait vécu « le plus normalement du monde »...

sans jamais citer aucune source.... "On" prétend, "On" dit, "On raconte"...

De plus, ce journaliste qui prétend révéler la véritable Marilyn ne donne même pas correctement son nom puisqu'il explique qu'elle s'appelle Mary Jean Baker. Il nous parle d'une enfant qui « n'avait plus ni père, ni mère ».  Malgré cette biographie qui aurait été inventée par un impresario ce journaliste conclue que Marilyn aurait trompé le public, avant d'être rapidement pardonnée parce qu'« on pardonne beaucoup aux jolies filles ».
La boucle se referme sur la « femme la plus solitaire d'Hollywood », dont le journaliste demande quand elle trouvera enfin son « prince charmant ».

En conclusion, ce qui est surprenant dans cet article c'est qu'il ressemble davantage à ceux publiés après son décès dans les décennies qui ont suivies, qui ont la prétention à nous révéler enfin « la vraie Marilyn ». En réalité, en février 1953, certains journaux dasn certains pays avaient déjà commencé.

 

 

 

1 septembre 2026

09/1960 : Yves Montand nous parle de Marilyn

 

Yves Montand vous parle de new-York, de Hollywood et de Marilyn Monroe

 

 

Du 8 septembre 1960 au 22 septembre 1960, le magazine Suisse L'Illustré publie sur trois numéros consécutifs, le témoignage d'Yves Montand qui évoque son séjour en Amérique, sa rencontre avec Marilyn Monroe et le tournage de Let's Make love. 

 

NB : Ne sont retranscrits que les passages qui parlent de Marilyn. 

 

08/09/1960

 

Dans le premier article de trois pages, du 8 septembre 1960 Yves Montand raconte par écrit « dans un style qui n’appartient qu’à lui » les circonstances de son voyage en Amérique, sa conquête de Broadway et évoque brièvement le soir où Marilyn Monroe se trouvait dans la salle pendant son "one man Show," Ces souvenirs ont été rédigés dans l'avion pendant les treize heures de vol Los Angeles -Paris quand Montand regagna la France après la fin du tournage. 

 

 

 

La Monroe tout ce que je pouvais rêver

 

Pendant de longs moments, je contemplais dans la pénombre l’immense salle pleine de fauteuils vides. Je pensais à tous les gens qui, ce soir, viendraient s’assoir pour m’entendre dans mon « One man Show ».

Dans l’après-midi, pendant la pause des musiciens, tandis que je réglais pour la dernière fois les micros et les éclairages, Norman Granz vint annoncer une nouvelle formidable : Marilyn Monroe avait décidé d’assister à la générale !

Marilyn Monroe ! Eh bien Oui ! Marilyn « soi-même » ! Je ne vais pas vous faire de baratin, mais je vous demande de me croire, quand je vous jure que, sur le moment, ça m’a coupé les jambes. La Monroe viendrait donc ce soir poser sa ravissante personne dans un des fauteuils vides que je contemplais toute à l’heure ! Quel travail ! Car la Marilyn, ça m’impressionnait. C’était tout ce que je pouvais rêver de mieux ! C’était la réincarnation de la merveilleuse Clara Bow, dont j’avais, du temps que j’étais môme, épinglé la photo sur le mur de ma chambre de la Coburcelle, à Marseille.

J’étais fou de joie !

Montand explique son angoisse avant de monter sur scène, et regarde par le trou du souffleur la salle qui se remplit peu à peu :

- Je fouille la salle pour essayer de découvrir Marilyn. Tiens, tiens, tiens, mais c’est Montgomery Clift qui entre...Dis donc ! Quelle salle ! Et ce diable de trac qui me tort le ventre.

Montand raconte son concert, son ovation lorsqu’il se termine, les félicitations de Simone et son retour dans sa loge :

-Dans ma loge, ce fut aussitôt la ruée. Une ouvreuse réussit à se frayer un chemin à travers la cohue pour m’apporter un petit papier sur lequel étaient griffonnés ces quelques mots «  Bravo ! C’était sensationnel ! Je suis obligée de me sauver parce qu’Arthur est malade, mais à bientôt ! Love, Marilyn »

 

 

 

16/09/1960

Second article du 16 septembre 1960 

 

 

 

 

 

 

Elle me fait des spaghetti

 

 

Un soir de ma première semaine au Henry Miller Theater, une surprise merveilleuse m’attendait dans ma loge. Ce qu’était cette surprise ? Je vous le donne en mille...C’était Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller, qui venaient d’assister au spectacle et qui voulaient à tout prix nous emmener, Simone et moi, souper chez eux !

Vous parlez d’un truc ! Je ne vais pas vous faire un dessin, mais vous n’imaginerez jamais ce que ca m’a fait de me trouver soudain en face de Marilyn Monroe. Quelle femme ! Un charme, une beauté, une allure...Hou là  là ! Et le « père » Miller, quelle gentillesse, quelle simplicité ! Je bichais comme un collégien de seize ans !

Croyez-le ou non, eh bien, c’est Marilyn elle-même qui mit le couvert, qui fit la cuisine et qui nous servit à table. En trois coups de cuiller à pot, la plus fabuleuse des stars s’était transformée en une exquise petite femme d’intérieur, toute simple et tout attentionnée.

-Yves, do you like spaghetti ?

Dites-donc, quand vous entendez Marilyn Monroe vous demander si vous aimez les spaghetti, vous avez envie de vous pincer pour vous assurer que vous n’êtes pas en plein rêve ! Bravo, Marilyn, tes spaghetti, je les ai trouvés formidables et je crois ...que je n’étais pas le seul. Pas vrai Simone ? Pas vrai, Arthur ?

Après le dîner on a mis quelques disques. Puis, grâce à Simone dont les talents d’interprète faisaient merveille, nous sommes restés de longs moments à bavarder avec l’un des couples les plus charmants que nous ayons jamais rencontrés. Devant nous, au-delà des immenses baies vitrées, s’étalait l’un des plus beaux spectacles du monde : Les gratte-ciel de New-York dont les millions de lumière créaient dans le ciel un formidable halo rouge.

En se quittant, on se fit tous les quatre une grosse bise et on jura de se revoir à Hollywood où Marilyn partait le surlendemain pour tourner « Let’s make Love » avec Gregory Peck.

…..

A l’hôtel le téléphone n’arrêtait pas de sonner. Comme je ne parlais toujours pas un mot d’anglais, c’était Simone qui répondait chaque fois…

-Sinatra nous invite à souper ! Gary Cooper aimerait nous avoir dimanche dans son ranch ! Le metteur en scène Billy Wilder donne une party pour nous !

C’était merveilleux ! C’était Incroyable ! Parfois aussi, on entendait soudain frapper à la porte.

-Je peux entrer ?

Et c’était Marilyn Monroe, dont le bungalow était situé en face du nôtre, qui venait demander à Simone un peu de beurre.. Comme ça...Timidement.

Un jour, que le téléphone sonnait, encore, je vis le visage de Simone s’animer d’une telle façon que je compris qu’il s’agissait de quelque chose de très important.

-Yves, Dinah Shore te propose de faire une télé …

.....

 

Re-dernière soirée avec les Miller. Le film de Marilyn était toujours en panne et le « père » Arthur s’arrachait les cheveux. Tous les impresarii d’Amérique «étaient sur les dents» pour découvrir un partenaire pour la belle Marilyn, mais sans succès. .. En toute circonstance, je me serais peut-être mis sur les rangs. Mais là, je vous assure que je n’ai pas pensé à moi une seconde. Cela me semblait tellement gros de jouer avec Marilyn, et puis j’étais tellement sûr de prendre l’avion pour Paris le jeudi suivant que le rôle pour lequel on cherchait désespérément une vedette masculine..;je ne songeais même pas à la solliciter. Non, tous les contrats de la terre, au paradis du cinéma, ne valaient pas à mes yeux les deux billets pour Paname que je tripotais des doigts au fond de ma poche !

C’est alors que ce sacré téléphone se mit à sonner…

 

Je deviens le milliardaire

 

La chambre du bungalow N°18 du Beverly Hills Hotel n’avait sûrement jamais connu pareil champ, de bataille.

« Les montand » faisaient leurs valoches. Car après demain, c’était le départ, l’avion pour Paname.

C’était chouette de rentrer et j’étais ravi d’arriver à temps pour passer les fêtes de fin d’année dans notre maison d’Auteuil, en Normandie, où tout nous attendait sous le sapin de Noël, la dinde dans la cheminée et tout et tout, quoi…

….

Mais voilà que « drelin, drelin... » le téléphone s’est mis à sonner. Je laissai à Simone le soin de répondre.

-Allo ? Ne quittez pas, je vous passe Mr Budly Adler, directeur de la 20th century Fox, lui dit au bout du fil une voix féminine.

-Allo ! Madame Montand ?

-Oui !

-Dites-donc, nous avons une proposition à faire à votre mari…

-Une proposition ? Mais ...Nous partons dans deux jours, dit Simone.

 

Un truc duquel tout comédien rêve

 

-C’est très important, très, très important ...Nous avons vu Yves dans son show d’Hollywood et à la télévision et nous aimerions lui demander s’il accepterait d’être le partenaire de Marilyn dans « Let’s make love ».

-Le partenaire de Marilyn Monroe ! S’étrangla Simone, le partenaire de Marilyn Monroe...Évidemment...mais….c’est embêtant, nous partons dans …

-Écoutez, mon mari n’est pas là pour l’instant ; il peut vous rappeler ?

Le visage de Simone était écarlate : « Tu as entendu ! Cria -t-elle. Dis, tu as entendu ! « On te propose de tourner le Milliardaire avec Marilyn ! ».

Nous partîmes tous les deux d’un fantastique éclat de rire !

Tourner avec Marilyn ! Non, c’est pas vrai ! C’était pas possible ! Je vous jure sur la tête de ma mère que sur le moment, je ne réalisais pas. J’étais comme assommé, hébété. Je ne savais pas si j’avais envie de rire, de râler ou de sauter au plafond. Car, vous devez comprendre que ce que cela peut vouloir dire pour un artiste de se voir tout à coup donner la possibilité de tourner un film avec la plus grande vedette de cinéma mondial. C’est un truc auquel tout comédien, tout acteur, tout mec qui a un peu d’ambition rêve, rêve toute sa vie. Quand j’ai fini par croire que tout ça était sérieux, que vraiment un gars venait de téléphoner pour faire cette proposition, qu’en somme ce n’était pas un rêve, sous savez quelle a été ma toute première réaction : Eh Bien ! Je me suis dit : « Zut !...Notre Noël à Auteuil est fichu ! » Croyez-moi, c’est vrai !

Et puis, tout à coup j’ai explosé de joie ! Une joie à en crever ! Vous ne pouvez pas savoir ! Non ; c’était pas possible...C’était trop beau. J’en avais les larmes aux yeux. Toute ma vie, je me souviendrai de cet extraordinaire moment. Je serrais dans mes bras Simone, Simone qui ne pouvait que répéter ces mots : Formidable ! C’est Formidable !. Je hurlai de joie, de quoi ameuter tout le quartier.

Une dégelée de coups de poing ébranla alors la porte du bungalow. A peine Simone avait-elle ouvert que les Miller débouchèrent en trombe dans la chambre.

-Fantastique, c’est une idée fantastique ! Criait Marilyn.

Oui, fantastique, renchérissait Miller. Nous sommes de vrais imbéciles de ne pas y avoir pensé plus tôt !

Et hop ! En moins de deux, Marilyn avait couvert la table de caviar et de champagne pour célébrer l’évènement comme il convenait !

 

Adieu notre petit Noël normand ! Adieu la tournée au Japon (à qui la Fox versa sans hésiter soixante briques de dédommagement). Nous voilà lancés dans une nouvelle aventure qui risquait de durer un bon bout de temps. Une aventure grand style qui démarra à l’école.

Car vous devez vous en douter, ce n’était pas avec les quatre mots d’anglais que je baragouinais que j’allais pouvoir donner la réplique à Marilyn. Donc, ici Berlitz s’il vous plaît : douze heures par jour, je deviens un forçat de l’anglais : « Papa ouvre la porte....maman ferme la porte... » Enfin, vous voyez le travail.

Par chance-pardon Marilyn- ma partenaire tomba malade pour trois semaines, ce qui arrangeait bien mes oignons : c’était trois semaines de répit pour potasser mon anglais.

Puis un beau matin, une voiture de la production vint me chercher pour me conduire au studio. Ce studio ! Une ville dans la ville !

A l’entrée, un policier examina d’abord soigneusement le laisser-passer du chauffeur et de la voiture. Précaution indispensable pour se protéger des « fans » qui, à tout moment, envahiraient les plateaux.

Je passai ensuite au milieu d’un gigantesque parc automobile où se trouvent les échantillons de tous les véhicules possibles et imaginables, depuis la « trèfle » Citroën jusqu’aux autobus londoniens à impériales. Puis, tout à coupe je longeai un village français avec son église, son lavoir, sa mairie, son petit pont qui enjambe une rivière. C’était, m ‘indiqua le chauffeur, la réplique exacte du village où vécu Bernadette Soubirous. Il avait servi au film qui avait été tourné sur sa vie. Plus loin, je dépassai une gigantesque chaudière qui brûlait sans arrêt des tonnes de vieux décors et j’arrivai au pied des murailles d’un énorme château-fort, le décor du film « Les vikings »….

…. Nous abordâmes ensuite une colline et dans la descente, j’aperçus devant moi un village du far-West. Toute y était : la maison du shérif, la prison, le petit temple, le salon. C’était incroyable. Et puis, Hop ! La voiture s’arrêta. Plateau N°14 : c’était là qu’on tournait Let’s make love.

Silence. Marilyn Monroe est là.

 

 

Troisième article du 22 septembre 1960

 

 

 

 

Ma première scène d'amour avec Marilyn 

 

 

 

Finis les cocktails, les dîners, les parties. Finie, la dolce vita, californienne. Pour tourner Let’s make love avec Marilyn Monroe, je suis devenu un forçat de l’anglais qui se lève à six heures du matin et se couche souvent tard après minuit…..

Dans le passage qui suit, Yves Montand raconte l’histoire du film.

Notre première séance de travail fut la répétition d’une scène dont je me souviendrai toute ma vie. Car ce genre de souvenir, croyez-moi se plante à jamais dans votre crane ! Elle avait pour cadre le plateau 14 dont les décors représentaient la scène d’un music-hall. Allongés côte à côte sur un praticable, Marilyn dans sa tenue de girl et moi dans mon sévère costume de « milliardaire » nous bavardions.

 

Marilyn était aussi intimidée que moi

 

A un certain moment, le metteur en scène ordonna à Marilyn de passer son bras autour de mon cou et de se blottir contre moi. Je devrais, moi, prendre un air extrêmement gêné.

-Oui, précisa le metteur en scène, vous devez avoir l’air très gêné parce qu’à ce point du scénario vous êtes follement amoureux de Marilyn, vous avez une envie terrible de l’embrasser, mais vous voulez que ces étreintes aient lieu dans l’intimité et non pas dans ce décor...comme ça se passerait réellement dans la vie.

« question gêne, pensais-je en moi-même, inutile de vous faire de la bile ! Je n’aurai pas besoin d’être un grand acteur pour avoir l’air gêné ! »

Car, je l’avoue, cette première étreinte de cinéma m’avait fait rougir. Pourquoi, parce que Marilyn, jusqu’à ce moment, ce n’était pour moi qu’une copine ! Et voilà que tout à coup, c’était devenu une partenaire dans un film d’amour ! Et quelle partenaire ! Donc, pour « l’air gêné » du scénario ; on ne pouvait pas faire mieux. Et pourtant, sans vouloir jouer les caïds, parce que ce n’est pas mon genre, je vous assure que j’ai déjà tenu dans mes bras pas mal de jolies filles !

Je sentis donc le bras de Marilyn Monroe glisser lentement derrière ma nuque et se refermer autour de mon cou. Puis, tout son corps se rapprocha du mien. Dans un coin du plateau, Arthur Miller regardait la scène avec attendrissement. Jamais je n’avais vu d’aussi près le merveilleux visage de la star la plus célèbre du monde. Eh bien, savez-vous ce que je découvris au cours de cette première scène d’amour inscrite au scénario du film ? Je découvris avec ravissement que Marilyn Monroe rougissait, elle aussi, comme une petite fille.

Vous n’imaginerez jamais l’extraordinaire impression que me fit cette découverte. Ainsi donc, la plus grande pin-up de l’écran, cette femme qui fait rêver des dizaines et des dizaines de millions d’hommes, sans chercher à rien cacher, qu’elle était aussi intimidée que moi…

 

C’était formidable !

 

 

C’était aussi très émouvant. C’était en tout cas, la preuve que tous les mythes qui font de la Monroe le « monstre » que vous savez sont des mythes absurdes. Marilyn , je venais de l’apprendre, est une femme, une vraie femme. Une femme qui peut rougir devant un homme.

Encore une fois, cette expérience confirmait ce que j’avais toujours pensé : les gars qui jouent les gangsters à l’écran sont dans la vie les plus paisibles des pères de famille. De même que les femmes qui incarnent les plus terribles vamps sont, en général, dans la vie des êtres « fleur bleue »des êtres tout ce qu’il y a de plus simple et d’humain.

 

 

Les retards de Marilyn

 

Chaque matin, à huit heures précises, une Cadillac de la production venait me cueillir devant notre bungalow et m’emmenait par le Sunset Boulevard, le boulevard du crépuscule, au studio de la fox.

Confortablement installé au fond de cette luxueuse voiture, les jambes allongées jusqu’au strapontins, heureux et détendu, j’apercevais chaque jour au fond de leur parcs les somptueuses demeures des caïds d’Hollywood.

J’arrivais toujours au studio longtemps avant Marilyn, car Marilyn, c’est de notoriété publique, arrive toujours et partout en retard. Chez elle, c’est pathologique. C’était déjà comme ça du temps où elle n’était qu’une petite figurante quasi famélique qui gagnait dix dollars par jour.

Cette « manie » lui a valu des histoires célèbres.

« Un jour, me raconte-elle, pour que je sois à l’heure au moment où je devais être présentée à la reine d’Angleterre, Laurence Olivier alla jusqu’à m’envoyer deux motards à mon hôtel pour m’ouvrir la route jusqu’au palais. Eh Bien ! Il s’en fallu de peu d’une seule minute que je n’arrive en retard : à l’instant où la reine faisait son entrée, j’arrivais pas une autre porte ! »

 

Ce qui m’a frappé chez Marilyn

 

Personnellement, les retards de Marilyn Monroe au studio arrangeaient bien mes oignons ! Car ils me donnaient un répit supplémentaire pour répéter dix fois, vingt fois, cent fois mon texte. Ce n’était pas de la tarte, je vous assure, de jouer la comédie dans une langue dont, voici quelques semaines encore, je ne baragouinais pas un traître mot.

Je vous ai dit quel effet extraordinaire elle m’a fait. C’est normal, n’est-ce-pas ? Quel homme normalement constitué n’eût pas ressenti devant la ,plus grande star de cinéma mondial, devant la pin-up N°1 du monde entier, ce que j’ai moi-même ressenti ? Hein, je vous le demande ? Mais ce que je voudrais que vous compreniez aussi, c’est ceci : » ce n’est pas seulement son extraordinaire côté « anatomique » qui m’a frappé chez Marilyn Monroe, c’est toute sa personnalité. Je ne vais pas vous faire un cours, mais quand mes amis de « Paris-Jour » m’ont demandé ce qui m ’avait spécialement frappé chez Marilyn, je leur ai répondu :

« un tas de choses ». Ce « tas de choses », le voilà en vrac :

- « Anatomiquement », ce sont d’abord ses mains qui m’ont le plus impressionné. Des mains très longues, très fines, très expressives. Des mains qui me rappelaient celles de Piaf. Puis, ce sont ses yeux. Des yeux d’un bleu très pur, des yeux qui vous regardent avec une extraordinaire intensité, une extraordinaire profondeur quand vous racontez quelque chose qui l’intéresse.

Ensuite, ce qui m’a frappé, c’est le côté paysan de Marilyn, un coté sain et naturel. A l’exception d’un petit collier d’ambre, je ne l’ai jamais vu de bijoux. Elle ne fume pas et ne boit pas. Mais elle mange énormément. Elle a l’appétit des gens qui ont eu faim. Je lui ai vu s’envoyer des pantagruéliques petits déjeuners avec des œufs, du jambon, du Haddock, des toasts, etc.. ;

-Professionnellement, Marilyn est une bosseuse comme j’en ai rarement rencontré. Elle n’est pratiquement jamais satisfaite de ce qu’elle a fait et demande toujours au metteur en scène une prise supplémentaire pour chaque plan tourné. Comme dit Simone, Marilyn c’est aussi le genre de chic fille, le genre « partageuse » « tu veux l’adresse d’un coiffeur ? Tu veux ce chapeau ? Tu veux cette recette de ci ou de ça ? « Ce qui m’a aussi beaucoup impressionné chez Marilyn, c’est cette impression de bonheur, de sérénité qui se dégage d’elle. Avec son Arthur, elle est merveilleuse. C’est l’amour. Pas une bavure. On en fait de l’œil à personne. On s’aime. C’est très joli, je vous assure, de les voir ensemble. Lui n’en revient pas d’être avec elle et elle n’en revient pas d’être avec lui. Ils s’épatent à longueur de journée. »

Sacré Marilyn ! Oui c’était vraiment formidable toutes ces semaines de travail ensemble ! C’était trop beau ! Car voilà qu’au bout de deux mois de tournage, un événement vint tout interrompre. La grève !

 

Je pleure comme un môme

 

Dans cette partie Yves Montand raconte l’Oscar de Simone, la mort du réalisateur Jean Becker, et son retour sur Paris.

.....

A la question : 

-La fille que j’ai préféré ? Yves Montand répond

-Marilyn ! Je crois vous l’avoir assez dit.

Le gars qui m’a le plus impressionné ? Arthur Miller. Il se dégage de cet homme une profondeur, une sérénité, une simplicité extraordinaires ! Il m’a vraiment épaté le « père » Miller !

....

Parfois, peut-être, j’ai pu vous paraître un tantinet prétentieux ou ...faussement modeste. Eh bien, j’en suis navré. Car pour moi ces confidences, c’était simplement quelque chose que j’avais envie de vous donner, de vous offrir. Pourquoi ? Pour une raison bien simple : parce que si j’ai pu réussir en Amérique, c’est dans une grande mesure parce que j’ai d’abord pu franchir le difficile cap du français, le difficile cap qui porte le nom le plus prestigieux du monde qui s’appelle « Paris » !

Aie Aie Aie ! En relisant cette dernière phrase, je me dis : » Ca y est, tu remets ça ! » Alors, bonsoir, j’arrête.

Yves Montand

 

 

1 septembre 2026

02/1960 : Screenland (Usa)

 

02/1960 : Screenland (Usa) 

Couverture : Elizabeth Taylor

 

 

 

 

En février 1960 le magazine Screenland consacre un article de deux pages sur les raisons qui ont poussé Gregory Peck à abandonner le film Let's Make Love pour lequel il avait été engagé aux côtés de Marilyn Monroe. Les répétitions de danse avaient déjà commencé et la publicité l'annonçait comme la vedette masculine principale du film. (Photo ci-contre)

La tonalité de l'article est à la fois moqueuse et révèle une vraie contradiction. Marilyn est "une sacrée chipie" parce qu'elle veut modifier son rôle alors que Gregory Peck est exigeant parce qu'il veut contrôler ses scénarios. L'article, à première vue est défavorable envers Marilyn puis étonnamment équilibré à la fin car ne donnant pas entièrement raison à Peck. Après avoir longuement expliqué que Marilyn veut modifier son personnage, Screenland reconnaît que Peck fait exactement la même chose lorsqu'il estime qu'un scénario ne lui convient pas. 

En 1960, l'ancien récit médiatique sur Marilyn commence à ne plus suffire à expliquer son comportement professionnel. Elle reste « le problème Marilyn », mais le journaliste est obligé de reconnaître que derrière ce problème, Marilyn est devenue une actrice suffisamment puissante pour défendre la conception qu'elle a de ses rôles et de son travail. 

L'auteur finit par donner au lecteur suffisamment d'éléments pour constater lui-même que la frontière entre « capricieuse » et « perfectionniste » dépend beaucoup de la personne dont on parle.

 

In February 1960, Screenland magazine published a two-page article detailing the reasons why Gregory Peck dropped out of the film Let's Make Love, for which he had been cast alongside Marilyn Monroe.

Dance rehearsals had already begun, and publicity had already billed him as the film's male lead. (Photo opposite)

The tone of the article is mocking while also revealing a genuine contradiction. Marilyn is labeled "quite a handful" for wanting to alter her role, whereas Gregory Peck is seen as demanding for wanting control over his scripts.

While the article initially appears critical of Marilyn, it proves surprisingly balanced by the end, as it does not entirely side with Peck. After explaining at length that Marilyn wants to change her character, Screenland acknowledges that Peck does exactly the same thing whenever he feels a script does not suit him.

By 1960, the old media narrative surrounding Marilyn was no longer sufficient to explain her professional behavior. She remained "the Marilyn problem," yet the journalist was compelled to admit that, behind this issue, Marilyn had become a powerful enough actress to stand up for her own vision of her roles and her work. Ultimately, the author provides the reader with enough information to realize that the line between being "capricious" and a "perfectionist" depends largely on the person being discussed.

 

Copyright :Boomerang_

 

Pourquoi Gregory Peck a quitté Marilyn Monroe

Par Mark Dayton

 

 

Traduction 


S'ils avaient été attentifs en septembre, ils n'auraient peut-être pas été aussi stupéfaits en novembre. Ce n'est pas que la glamour Marilyn Monroe n'ait pas donné son avertissement. En septembre, alors qu'il était jugé trop risqué de laisser Khrouchtchev visiter Disneyland, mais sans danger de laisser le dirigeant soviétique assister à une scène de « Can-Can » avec Frank Sinatra et Shirley MacLaine aux studios de la 20th Century Fox, Marilyn avait déjà lancé un premier signal d'alarme, resté lettre morte. Le problème, c'est que tout le monde prêtait trop d'attention à la visite de Nikita et pas assez à celle de Marilyn.

S'ils avaient gardé un œil sur Marilyn plutôt que sur Nikita lors du déjeuner donné en l'honneur du chef d'État russe, la surprise aurait été bien moindre. Tandis que Nikita se trouvait incapable, du moins rétrospectivement, de supporter la vue d'une pléiade de danseuses de « Can-Can » souriantes et apprêtées, Marilyn, quant à elle, accumulait discrètement les points en coulisses. Elle avait accepté de partager l'affiche avec Gregory Peck dans « Let's Make Love », et lors de la visite de Khrouchtchev, elle s'est entretenue en toute discrétion avec son réalisateur préféré, George Cukor, le patron du studio, Buddy Adler, le producteur Jerry Wald et Norman Krasna, scénariste de son dernier film en tant qu'actrice sous contrat avec la 20th Century Fox, malgré ses réticences.

L'un des points essentiels qu'elle a réussi à faire passer lors de cette réunion avec les pontes de la production était qu'elle estimait que son rôle nécessitait d'être étoffé. Ce fut un véritable tour de force. À cet instant précis, si les pontes d'Hollywood n'avaient pas été de vieux voyants, ils auraient pressenti les troubles à venir. Mais tous étaient tellement occupés à connaître l'avis de Nikita qu'ils ont oublié de demander à Gregory Peck ce qu'il pensait de l'évolution du personnage de Marilyn.

Avant même que Marilyn ne s'impose plus ou moins comme actrice principale, les employés du studio, même les plus modestes, se préparaient à un véritable tollé.

« On se demandait », confia un vétéran du studio, « s'ils finiraient un jour le film. L'idée qu'ils ne le commenceraient même pas ne nous avait jamais effleurés. »

Ce pressentiment était dû à la conscience des attitudes fondamentalement différentes que Greg et Marilyn avaient cultivées envers leur art.

« Peck est très précis », fit-on remarquer. « Il est ponctuel. Il prend son travail au sérieux et attend la même chose des autres. Marilyn, bien sûr, peut décider en cours de tournage de ne pas venir. Avec elle, il est toujours possible qu'elle ne se présente pas à un rendez-vous. »

« Greg s'inquiète beaucoup », observa mon informateur VJT. « Il a beaucoup changé, et Marilyn aussi, comme chacun sait. Peck répète énormément maintenant. Il ne veut pas que quiconque sur le plateau le voie répéter. Il n'était pas comme ça avant. »

Marilyn, bien sûr, est comme ça depuis un bon moment. 
Elle est célèbre pour ses crises de trac pendant le tournage d'un film. C'était la crainte de deux personnes hypersensibles, trop impliquées dans leurs propres phobies. En bref, la crainte était qu'une bombe à retardement soit sur le point d'exploser au milieu du tournage. Personne ne se doutait qu'il s'agissait en réalité d'un ananas à mèche courte, qui brûlait déjà joyeusement vers le point de détonation. Quand Marilyn arrivait au travail, elle était bien protégée. 
D'un côté, sa professeure d'art dramatique, Paula Strasberg. De l'autre, son mari, le dramaturge Arthur Miller, la protégeait farouchement. Il semblait aussi obsédé par le bien-être de Marilyn que par les malheurs du monde. Arthur et Marilyn jetèrent un coup d'œil au scénario de travail – le « script bleu », comme on l'appelle au studio – et confirmèrent aussitôt le diagnostic de Marilyn. Son rôle, sinon son anatomie, nécessitait d'être étoffé. Miller, lauréat du prix Pulitzer, s'y attela, et plus Marilyn était satisfaite des modifications, plus Peck, curieusement, s'assombrissait. 
Non pas que Peck, justement réputé pour sa magnanimité, n'en ait pas fait preuve au début. Il concéda que le rôle de Marilyn, dans le scénario original, pouvait être étoffé sans que cela nuise à son prestige. Et ce, malgré le fait que ce soit lui, et non Marilyn, qui avait le droit de regard sur le scénario. 

Cependant, même lorsque la campagne menée pour plaire à Marilyn lui sembla prendre des proportions démesurées, Peck ne fit pas d'esclandre. Il expliqua son départ précipité par le fait que le début du tournage retardé – retardé, soit dit en passant, par des modifications du scénario en faveur de Marilyn – repousserait d'une semaine la date de fin de tournage initialement prévue. 
Dans ces circonstances… Greg affirmait, comme si rien d'autre ne le préoccupait, qu'il ne pourrait pas terminer à temps pour rencontrer son prochain collègue.
Le film « Les Canons de Navarone », qui devait être tourné en Grèce, était déjà engagé. Peck était certes lié par un contrat solide, mais il ne faisait aucun doute qu'un arrangement concernant les dates de tournage aurait pu être trouvé si Greg avait souhaité poursuivre le projet. 


C'était à peu près au moment où le titre du film fut changé en « Let's make love ». 


La réplique cinglante de Peck fut : « Non, pas du tout. »

Personne, au fait des querelles en coulisses, n'était assez naïf pour se demander ce qui avait réellement provoqué son départ. 
Rapidement après, Hollywood se remit à son joyeux jeu posthume : prendre parti. 
Curieusement, Marilyn trouva plus de soutien qu'on aurait pu l'imaginer au sein même du studio – un studio dont elle avait maintes fois décliné les faveurs et dont la main bienveillante avait plus d'une fois subi les foudres de son ingratitude. 


« Arthur Miller a travaillé sur certaines scènes », m'a confié une source objective du studio. « Le studio estimait qu'il ne s'agissait pas de changements importants. Peck, lui, les jugeait essentiels et a donc préféré se retirer. »

 

L'avis général des observateurs impartiaux du studio ayant pris connaissance des modifications du scénario était qu'elles n'altéraient pas substantiellement le film ni ne dévalorisaient le rôle de Peck. Cela laissait inévitablement place à l'hypothèse que Greg, ayant un droit de regard sur le scénario, aurait pu estimer qu'il aurait dû être consulté et/ou que, comme tout être humain, il ait mal vécu le fait d'être négligé alors que Marilyn était encensée. Rien ne permettait de supposer l'existence d'une querelle ou d'un différend personnel. 
La seule fois où Greg et Marilyn se sont rencontrés, c'était lors d'une réunion.


Lors des répétitions de danse, ils étaient parfaitement cordiaux. Même s'ils auraient pu finir par s'agacer mutuellement, ils n'en ont pas eu l'occasion. Aux yeux du public, Marilyn est plus sujette aux crises que l'apparemment imperturbable Peck. 
Sa violente altercation avec Sir Laurence Olivier pendant le tournage du « Prince et la Danseuse » a fait la une des journaux internationaux, donnant un aperçu de ce à quoi on pouvait s'attendre de la nouvelle Marilyn, plus affirmée, mais apparemment toujours fragile.

On a murmuré que le scénario du « Prince et la Danseuse » avait été adapté pour Marilyn, et elle n'a pas été lésée par le scénariste dans « Certains l'aiment chaud ». 
Marilyn, aussi attachante et câline soit-elle, peut être un problème. Il est vrai que Peck est fondamentalement toujours aussi fiable. À bien des égards, il ne semble pas avoir une once d'instabilité dans son physique athlétique. Mais ce qui est généralement moins connu, c'est que Greg est devenu plus exigeant dans l'exercice de son métier – même si ce n'est pas désagréable. 
C'est lui qui a insisté pour réviser le scénario de « Beloved Infidel » avec Deborah Kerr. Il n'a eu aucun scrupule à déformer l'image du dernier F. Scott Fitzgerald pour l'adapter à sa propre personnalité et à son registre d'acteur.

« Non monsieur », acquiesça l'homme de la 20e rue, « ce n'est pas nouveau avec Peck. Il a fait énormément de changements sur "Belove Infidel" et il est très pointilleux sur ses scénarios depuis un certain temps. En fait, c'est le sujet de conversation du milieu ces dernières années. Lui et Willie Wyler ont eu une sacrée altercation sur "Big Country". Apparemment, il a l'impression de savoir ce qu'il veut faire au cinéma. Je suppose que tant qu'il peut le faire fonctionner, pourquoi pas ? Bien sûr, Marilyn est une sacrée chipie, elle aussi. »

Quels que soient les mérites de la tempête, les volontaires pour remplacer Peck ne manquaient pas. La perspective de jouer face à Marilyn, même en tant que partenaires moins prestigieux, ne semblait pas dissuader certains des acteurs les plus en vue d'Hollywood de se proposer comme remplaçants. En moins de 24 heures, une liste impressionnante de possibilités était publiquement envisagée, parmi lesquelles Cary Grant, Charlton Heston, David Niven et Rock Hudson.

Si certains se sentaient offensés par la suggestion de reprendre le rôle que Peck avait refusé de jouer dans « The Storm » avec Marilyn, ils omettaient d'en informer leurs attachés de presse. Au moment où ces lignes étaient écrites, Rock Hudson était courtisé avec le plus grand ardeur et, selon les informations, était si désireux de tenter sa chance avec un scénario centré sur Marilyn qu'il suppliait son studio de lui accorder un prêt. Pendant ce temps, une fois sorti de cette situation, Peck s'efforçait de conserver une jovialité détachée. Il était même philosophe quant aux ardues répétitions de danse qui avaient eu lieu.

« Au moins, » dit-il en souriant, « j'ai appris à faire le buck and wing, le double wing, le time step, off to Buffalo et le fly away. »

Et, malgré son mécontentement, il exécuta le fly away avec une grâce remarquable. 

 

Fin 

31 août 2026

Marilyn mémoire locale de Kobé

 

 Marilyn mémoire locale de Kobé 

 

Le soir du 20 février 1954, Marilyn Monroe et Joe Di Maggio (Le couple séjourne deux jours à l'Oriental Hôtel de Kobé) se rendent au restaurant traditionnel Isami, aujourd'hui disparu, dans le quartier de Hanakuma, qui était alors un quartier de divertissement particulièrement animé. Leur présence provoque une véritable effervescence : selon un article du Kobe Shimbun publié à l'époque, 40 à 50 personnes parmi lesquels des clients étrangers, des soldats américains et des employés de l'hôtel, les attendent dans le hall avant leur départ. Le journal publie alors également une photographie de Marilyn dégustant des tempuras à l'Isami.

 

Marilyn : A Local Memory of Kobe

 

On the evening of February 20, 1954, Marilyn Monroe and Joe DiMaggio (who were staying for two days at the Oriental Hotel in Kobe) visited the traditional Isami restaurant in the Hanakuma district, an area that was particularly lively with nightlife at the time. Their presence caused quite a stir: according to a Kobe Shimbun article published at the time, 40 to 50 people, including foreign guests, American soldiers, and hotel staff, were waiting for them in the lobby before they left. The newspaper also published a photograph of Marilyn enjoying tempura at Isami.

 

La soirée à l'Isami

 

 « Un régal de sukiyaki -Réception de remerciement de la Central League en l'honneur d'O'Doul et de ses compagnons -Mais Marilyn Monroe est au centre de toutes les attentions »

 

 
The Evening at Isami
 
"A sukiyaki feast-Central League appreciation reception honoring O'Doul and his companions-but Marilyn Monroe is the center of attention."

 

Sports Nippon du 21 février 1954, édition d'Osaka

 

 

Marilyn accompagne Joe DiMaggio et Leftie O'Doul ainsi que les personnalités liées à la délégation américaine et au baseball japonais, mais comme le souligne le titre de l'article, c'est elle qui accapare l'attention durant la soirée qui se déroule dans le restaurant traditionnel Isami, à Hanakuma. 

La photo ci-dessus :

« Monroe participe elle aussi un petit peu à la conversation sur le baseball. À l'extrême gauche : Seizo Noda, président de Hanshin. »

Seizo Noda était à l'époque le président de la compagnie ferroviaire Hanshin Electric Railway.

Plusieurs photographies privées prises au cours de cette soirée ont survécu. Elles montrent Marilyn partageant le repas avec des geiko et différentes personnalités japonaises, puis Marilyn recevant des cadeaux, un bouquet de fleurs ainsi qu'une étoffe aux motifs floraux. 

 

Marilyn accompanied Joe DiMaggio and Lefty O'Doul, along with figures associated with the American delegation and Japanese baseball; however, as the article's title suggests, she was the one who commanded the spotlight during the evening held at the traditional Isami restaurant in Hanakuma.

 

Photo above : "Monroe also joins in the conversation about baseball a little. Far left: Seizo Noda, president of Hanshin."

 

Several private photographs taken during the evening have survived. They show Marilyn sharing a meal with *geiko* and various Japanese dignitaries, and later receiving gifts—a bouquet of flowers and a piece of floral-patterned fabric.

 

 Marilyn mémoire locale de Kobé
 Marilyn mémoire locale de Kobé
 Marilyn mémoire locale de Kobé
 Marilyn mémoire locale de Kobé
 Marilyn mémoire locale de Kobé
25/11/2016 Kobe Shimboun

 

Article du journal Kobé Shimboun daté du 25 novembre 2016

Ces photographies ont ensuite été conservées pendant plus de soixante ans dans la famille de Shime Fukushima, la geisha figurant à l'extrême gauche de l'image. Sa nièce, Junko Fukushima, qui tient un restaurant dans l'arrondissement de Tarumi à Kobe et est la nièce de Shime Fukushima (aujourd'hui décédée), est devenue propriétaire des clichés, les a prêtés en novembre 2016 pour une exposition consacrée à l'histoire et à la culture de Hanakuma, organisée dans le cadre du Hanakuma Modern Town Festival.

D'après le Kobe Shimbun, c'était la première fois que ces photographies étaient présentées publiquement. 

 

« C'est une photographie qui reflète l'atmosphère de Hanakuma à son apogée, une époque empreinte de glamour », se souvient Junko Fukushima.

 

« Ma tante évoquait souvent Monroe en ces termes : "C'était une femme vraiment adorable, avec un fin duvet blond qui semblait scintiller." »

 

Cette photographie est devenue un document de l'histoire locale de Hanakuma.

Marilyn n'y est pas seulement considérée comme une vedette de passage : sa présence à l'Isami en 1954 sert à illustrer l'époque où Hanakuma était encore un quartier très animé et prestigieux.

En 2017 le festival semble avoir continué à utiliser le passage de Marilyn comme élément de mémoire locale.

« À travers cet événement, nous voulons mettre en valeur les meilleurs atouts de Hanakuma et faire revivre l'animation qui caractérisait autrefois ce quartier, véritable lieu de rencontre et de vie -bien plus qu'une simple zone résidentielle proche de Sannomiya. Marilyn Monroe elle-même s'est rendue à Hanakuma en 1954. »

 

 

Photographie exposée en 2016

 

Article from the Kobe Shimbun dated November 25 These photographs were subsequently kept for over sixty years by the family of Shime Fukushima, the geisha appearing on the far left of the image.

Her niece, Junko Fukushima, who runs a restaurant in Kobe's Tarumi Ward and is the niece of the late Shime Fukushima, came into possession of the photos and lent them in November 2016 for an exhibition on the history and culture of Hanakuma, held as part of the Hanakuma Modern Town Festival.

According to the Kobe Shimbun, this was the first time these photographs had been shown to the public.

"This photograph captures the atmosphere of Hanakuma in its heyday-an era steeped in glamour," recalls Junko Fukushima.

"My aunt often spoke of Monroe, saying, 'She was a truly lovely woman, with fine blonde down that seemed to shimmer. "

This photograph has become a record of Hanakuma’s local history.

Marilyn is viewed not merely as a visiting celebrity; her presence at the Isami establishment in 1954 serves to illustrate the era when Hanakuma was still a bustling, prestigious district.

It appears that the festival continued to highlight Marilyn’s visit as a key element of local memory in 2017 : ""Through this event, we aim to showcase Hanakuma’s finest qualities and revive the vibrant atmosphere that once defined the neighborhood-a true hub of social life and activity, and far more than just a residential area near Sannomiya. Marilyn Monroe herself visited Hanakuma in 1954."

 
 

 

« Une inscription manuscrite au verso de l'un des tirages montrant Marilyn Monroe et Joe DiMaggio lors de cette soirée mentionne également M. Noda et attribue la photographie à un certain M. Kinoshita, une personne qui reste à identifier. 

 

A handwritten inscription on the back of one of the prints showing Marilyn Monroe and Joe DiMaggio during that evening also mentions Mr. Noda and attribute the photograph to a certain Mr. Kinoshita-an man who remains to be identified.

Joe et Marilyn photographiés par M. Kinoshita.

 

sources : 

article Article original du Kobe Shimbun, 25 novembre 2016 ICI

article Kobe Keizai  histoire locale de Kobé

 

30 août 2026

08/1962 : Contre-champ (France)

 

08/1962 : Contre-champ (France) Dossier N°4

Couverture : M.Clift et Marilyn Monroe, The misfits, 1960 Photographiés par Frank Worth

 

Il ne s'agit pas d'un magazine au sens traditionnel du terme, mais bien d'un véritable dossier -comme le mentionne la couverture- qui se présente sous forme de pochette agrafée contenant les articles du sommaire.  Celui sur Marilyn Monroe est un feuillet de quatre pages. 

This is not a magazine in the traditional sense, but rather a genuine dossier-as the cover indicates-presented as a stapled folder containing the articles listed in the table of contents.  

The one about Marilyn Monroe is a four-page leaflet.

 

 

Les photos sont issues de ma collection personnelle. 

 

The photos are from my personal collection.

 

 

 

 

 

 

 

Mort d'une femme de génie

Marilyn

Par Jean-Pierre Leonardini

 

Extraits

 

"Si j"écris le mort chagrin, vous m’accuserez d’idolâtrie. J'écris "douleur". Vous n'en pensez pas moins. Les reproches ne changent rien. Plaignons ceux qui ne savent pas aimer, même cette image mouvante sur la toile". 

Marilyn était la reine de nos loisirs, crucifiés que nous sommes entre la course au salaire et le gout du bonheur, un phare de la chair, notre femme collective. Nous lui devons des rêves violents ou l'attendrissement le disputait au désir. Elle fut l'éveilleuse, à l'age de seize ans, quand nous menions la double vie : les mille amours éventuelles de la rue et les amour de cinéma. Trop jeunes pour avoir connu Louise Brooks, dont nos ainés étaient si fiers, nous connaissions une Marlène un peu effrayante, miracle d'énergie, vivante, affiche pour la méthodse Gaylord Hauser, et de Greta Garbo nous ignorions tout, sinon qu'elle se cachait derrière des lunettes noires. Rita Hayworth ne fut qu'une passade. Cyd Charisse et Ava Gardner ne nous appartiennent pas totalement, mais nous savons notre Marilyn par cœur,  de "Love Happy" à "Misfits", en passant par "Clash by night" et "Niagara", nous ne pouvons oublier le corps au ventre large, les cheveux de platine, la bouche rouge humide et les moindres nuances de sa voix, comme un feulement très doux. 

Créatrice d'une nouvelle manière de susciter l'amour et le désir, beaucoup plus souple que le vampirisme" cravacheur, elle était comme un chat qui se frotte à vos jambes, s'éloigne, revient"....

" Son génie par la force des choses, un type de femme bouleversante, socialement proche des élèves de nos cours Pigier ou des serveuses de drogstore, des danseuses débutantes et des chanteuses de boui-boui. Elle faisait preuve dans le choix de ses rôles d'un sentiment voisin de la conscience de classe, du moins d'une fidélité à la communauté des gens de la rue. Marilyn détruisit au cinéma la femme de caste, elle semblait être d'un abord facile, à cause de cela plus excitante que les impératrices d'antan". ...

" C'est l'histoire d'un crime, Marilyn exploitée, tourmentée, pouliche qu'on bichonne pour le saut final. Souvenez-vous cette photo, l'une des dernières,  on y voit la fille disloquée qu'un masseur pétrit à pleine mains, elle, sur l'écran, nous, témoins de cette existence vécue au rythme de l'incendie ? Exigeante,, dévorée par le gout de l'absolu, elle voulait de toutes ses forces être la meilleure et la plus belle : elle le fût.  Femme libre, elle eût une attitude courageuse lors de l'affaire des "activités anti-américaines", elle n'hésita pas à changer de religion pour l'amour d'un homme".

"Nous n'aurons pas l'aigre plaisir de guetter une à une les rides sur son visage, ainsi attentifs à notre propre vieillissement. Il faut voir et revoir les films qu'elle a tourné sous la direction de Mankiewicz, Huston, Lang, Hawks, Wilder, Preminger, Cukor, Négulesco, Logan, les autres aussi, de l'indéfrisable des débuts au mal de vivre de "Misfits" et même "The prince and the showgirl" où elle écrasait un Laurence Olivier plus pontifiant et couperosé que jamais. Il nous reste la brève résurrection du film, mais sa mort recommence, au bout d'une heure trente. Marilyn c'est une icône de moins dans nos chapelles sombres, elle était la plus lumineuse."

 

 

Death of a Woman of Genius

Marilyn

By Jean-Pierre Leonardini

 

excerpts

 

"If I write of 'deadly sorrow,' you will accuse me of idolatry. I write 'pain.' You think it anyway. Reproaches change nothing. Let us pity those who do not know how to love, even this moving image on the screen."

Marilyn was the queen of our leisure hours, rucified as we were between the race for a paycheck and the longing for happiness, a beacon of the flesh, our collective woman. We owe her intense dreams where tenderness vied with desire. She was the one who awakened us at sixteen, when we led a double life : the thousand potential loves of the street and the loves of the cinema. Too young to have known Louise Brooks, of whom our elders were so proud, we knew a slightly frightening Marlene, a miracle of energy, alive, a living advertisement for the Gaylord Hauser method ; and of Greta Garbo, we knew nothing other than that she hid behind dark glasses. Rita Hayworth was merely a passing fancy. Cyd Charisse and Ava Gardner do not belong to us entirely, but we know our Marilyn by heart, from *Love Happy* to *The Misfits*, via *Clash by Night* and *Niagara*; we cannot forget that full-bellied body, the platinum hair, the moist red mouth, and the slightest nuances of her voice, like a very soft purr.

Creator of a new way to inspire love and desire, far more supple than the whip-cracking 'vamp' style, she was like a cat that rubs against your legs, wanders off, then returns...

"Her genius lay in the very nature of her being: a deeply moving type of woman, socially akin to the students at our Pigier business schools or drugstore waitresses, novice dancers, and singers in dive bars."

In her choice of roles, she displayed a sentiment akin to class consciousness-or at least a loyalty to the community of ordinary people. On screen, Marilyn shattered the image of the aloof, high-born woman; she seemed approachable, and for that very reason, more exciting than the empresses of old. It is the story of a crime: Marilyn exploited, tormented, a young filly groomed and pampered for the final leap. Remember that photograph, one of the last ones, showing her body, seemingly unhinged, being kneaded by a masseur’s firm hands?

There she was on screen, while we bore witness to a life lived at the feverish pace of a blazing fire. Demanding, consumed by a hunger for the absolute, she strove with all her might to be the best and the most beautiful, and she succeeded. A free spirit, she showed great courage during the "un-American activities" investigations, and she did not hesitate to change her religion for the love of a man. We are spared the bitter pleasure of watching the wrinkles appear one by one on her face, a process that would have made us acutely aware of our own aging. We must watch, and watch again, the films she made under directors like Mankiewicz, Huston, Lang, Hawks, Wilder, Preminger, Cukor, Negulesco, and Logan, as well as the others, ranging from the unmanageable curls of her early days to the existential anguish of *The Misfits*, and even *The Prince and the Showgirl*, where she completely overshadowed a Laurence Olivier who was more pompous and ruddy-faced than ever.

We still have the brief resurrection provided by film, yet her death begins anew after ninety minutes. Marilyn is one less icon in our dim shrines; she was the most luminous of them all." 

 
 
27 août 2026

Abécédaire des magazines (1963-2026)

 

 

Ci-dessous la liste des titres de magazines et certains programmes avec des couvertures multiples de 1963 à 2026. Les magazines sont classés par ordre alphabétique.

Les magazines qui n'ont qu'une seule couverture ne sont pas répertoriés.

Cette page est en construction. 

 

Below is a list of magazine titles including some  program guides featuring multiple covers from 1963 to 2026.

The magazines are listed in alphabetical order.

Magazines with only a single cover are not included.

This page is under construction.

 

 

 

Magazines commençant par des chiffres

 

 

7 à Paris (France)

20 th century legends Idols (Uk) 

 

 

Lettre A

 

 

American movie classics (Usa)

American heritage (Usa)

Angora (tygodnyk angora / Pologne)

Art actuel (France)

Arte magazine (France et Allemagne)

Arte mensile d'arte, cultura, informazione (Italie) 

 

 

 

Lettre B

 

 

BFI Southbank guide (Uk) 

BHMAgazino (Grèce)

Black+White photography (Uk)

 

 

Lettre C

 

 

Cartelera turia (Espagne)

Champs-Élysées film festival (programmes /France)

CIAK (Italie)

Cinemazero notizie (Italie)

Closer weekly (Usa)

CTM Student meridian (Russie) 

 

 

 

Lettre D

 

 

Das neue blatt (Retro / Allemagne))

Den, the gentleman's magazine (Corée) 

DH Dernière heure (Canada)

Diavazo (Grèce)

DN Dagens Nyheter (journal/ Newspaper)( Suède)  

 

 

 

Lettre E

 

 

El cine enciclopedia Salvat del 7°arte (France et Espagne)

El pais semenal (Espagne)

El temps (Espagne)

Encyclopédie Alpha du cinéma (France)

Entertainement weekly (Usa)

Epocha (République Tchèque)

Expressen (Suède) 

 

 

 

 

Lettre F

 

 

Films collector's world (Usa)

Films for the collector / Film collector (Uk)

Film Index (Australie)

Film podium( Suisse)

Filmihulu (Finlande)

Flash art (Italie)

Flix Movie (Japon)

Fotografia (Italie)

Fotopratica(Italie)

Formula AS (Roumanie)

Freizeit Kurier (Autriche)

 

 

Lettre G

 

 

Good Weekend (Australie)

 

 

Lettre H

 

 

Hollywood studio magazine(Usa) 

Hospodářské noviny, supplément Vikend (République Tchèque)

 

 

Lettre I

 

 

Il fotografo (Italie)

I kathimeri (+suppléments) (Grèce)

Il venerdi di repubblica (Italie)

Ilta-Sanomat (Finlande)

Inland empire (Usa)

Instinkt (République Tchèque)

Interviù (Espagne)

 

 

 

Lettre J 

 

 

-Jeux (Magazines de jeux en Grèce)

 

 

Lettre L

 

 

 

La gran historia del cine (Espagne)

La Vanguardia + suppléments (Espagne)

Latkép (Hongrie) 

Lee +(Mexique) 

L'illustré (+suppléments TV) (Suisse)

L'Obs + Télé ciné Obs (France)

Le cinéma (fascicules / France)

Le figaro + Le figaro magazine (France)

Le lundi (Canada)

Les légendes de Hollywood-(Fascicules) (France)

 

 

 

 

Lettre M

 

Magazine 2001 (Japon)

Mikro Gids (Pays-Bas

Mono (Japon)

Mystères de l'histoire (Russie) 

 

 

Lettre N

 

 

 

Neue kronen zeitung (Autriche) 

New Idea + new idea retro (Australie)

Newsweek (Usa)

News of the world (Sunday magazine) Uk

Night and day (Uk)

Nok Lapja (Hongrie)

 

 

 

Lettre O

 

Observer magazine (Uk)

 

 

 

Lettre P 

 

 

Palm spring life (Usa) 

Panorama (pays-bas + Italie)

People weekly (Usa)

Photo (France)

Politikin Zabavnik (Serbie) 

Przekrój (Pologne)

Professional photo (Uk)

Pronto +Asi Vivio (Espagne)

Publica (Portugal)

Publishers weekly(Usa) 

 

 

Lettre Q

 

Quid, revista de cultura urbana (Argentine)

Quick (Allemagne) 

 

 

 

Lettre R

 

Radio TV je vois tout / TV8 (Suisse)

Rakéta Regényújság (Hongrie)

Reader's digest (tous les pays/ All the countries)

Remind ( Usa)

Replica (Usa)

Revue magazine (Luxembourg)

Rivista del cinematografo (Italie)

Revista Foto (Espagne)

Rock&Roll best magazine Up Beat (Japon)

 

 

 

 

Lettre S

 

 

 

Saturday Night (Canada)

Screen greats (Usa)

Shûkan Taishu (Japon)

Speak Up (Tous les pays/ All the counties) 

Stop (Italie) 

Studio (Ex-Yougoslavie)

Studio magazine (France)

Süddeutsche Zeitung magazin (Allemagne)

Sunday express magazine (Uk)

Super Télé (France)

Svenka dagbladet (SvD) (Suède)  

 

 

 

 

Lettre T

 

 

Télé 7 jours (France) 

Télé câble Sat (France)

Télé Ciné Vidéo (France)

Télé guide (France)

Télé K7 (France)

Télé loisirs (France)

Télé magazine (France)

Télé poche (France)

Télérama (France)

Télé Star (France)

Teleradio (Espagne

Tendencias del mercato del arte (Espagne)

The movie, Cine, il cinema, le cinéma (Espagne, France, Uk, Italie)

The Irish mail on sunday (+ suppléments) (Irlande)

The sunday times magazine (Uk)

The telegraph  (Review the daily telegraph,/ Seven /the sunday telegraph/ UK)

The times + suppléments (Uk)

The weekly news (Uk)

The Weekly Sun (Népal)

TP teleprograma (Espagne)

TV câble hebdo (France)

TV Couleur (France)

TV film (Italie) 

TV Hebdo (France)

TV Magazine (France)

TV DVD Vidéo Jaquettes (France) 

 

 

 

 

Lettre V

 

V de Volskrant (Pays-bas) 

Vanity fair (Tous les pays/ All the countries)

VARAgids (Pays-bas)

Veronica magazine (Pays-bas)

Víkend DNES (République Tchèque)

Viva ! (Pologne) 

Vocable (France)

VSD (France)

 

 

Lettre Y

 

 

Yeni Aktüel (Turquie) 

You (Uk)

Yours retro (Uk)

 

 

Lettre Z

 

 

Zoom (Italie-France-Pays-bas)

 

 

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