Bienvenue sur ce blog entièrement consacré aux couvertures de magazines, livres, catalogues, la presse en général, sur Marilyn Monroe, depuis 1946 jusqu'à nos jours.
Welcome to this blog entirely devoted to magazine covers, books, catalogs, press in general, on Marilyn Monroe, from 1946 to the present day.
Screen Stories était un magazine américain de cinéma lancé en 1929 et publié par Dell Publishing. Destiné aux admirateurs de Hollywood, il se distinguait par ses adaptations de films sous forme de récits illustrés de photographies, permettant aux lecteurs de retrouver sur papier les histoires et les personnages découverts au cinéma.
Le magazine proposait également des portraits de vedettes, des photographies promotionnelles et des articles consacrés à leur carrière et à leur vie privée. Au fil des décennies, les sujets portant sur les célébrités prirent une place de plus en plus importante, au détriment des récits de films qui constituaient sa particularité initiale.
Marilyn Monroe V/S Elizabeth Taylor
09/1962
Entre 1952 et 1962, Elizabeth Taylor apparaît sur 24 couvertures de Screen Stories, contre seulement sept apparitions de Marilyn Monroe, dont une couverture partagée en 1953. Marilyn figure sur les couvertures de 1954, 1955, 1956 et 1957, puis à deux reprises en 1961. Elle est notamment absente des unes entre 1958 et 1960, période durant laquelle Elizabeth Taylor apparaît neuf fois...Malgré la notoriété de Marilyn.
En août et septembre 1962, Screen Stories consacre de nouveau ses couvertures à Elizabeth Taylor, sans publier de couverture commémorative de Marilyn à la suite de sa disparition. Marilyn réapparaîtra toutefois en couverture du magazine en 1971.
En 1963, année du premier anniversaire de la disparition de Marilyn Monroe, Screen Stories ne lui consacre toujours aucune couverture, tandis qu'Elizabeth Taylor apparaît à cinq reprises à la une du magazine, confirmant la place privilégiée que lui accordait la rédaction.
Avec cinq nouvelles couvertures consacrées à Elizabeth Taylor en 1963, on se demande si Screen Stories n'aurait pas mieux fait de s'intituler Elizabeth Taylor Stories !
Les couvertures de Screen Stories témoignent de la place considérable qu'occupait Elizabeth Taylor dans la presse hollywoodienne des années 1950 et 1960. Si Marilyn Monroe et Elizabeth Taylor sont toutes deux devenues des icônes du cinéma, leur célébrité s'est construite différemment. Marilyn a connu une période de gloire relativement courte, prolongée par une immense notoriété posthume, tandis que Taylor, vedette dès l'enfance, a bénéficié d'une carrière et d'une présence médiatique beaucoup plus longues. Cette différence rappelle que l'omniprésence actuelle de Marilyn dans l'imaginaire collectif ne reflète pas nécessairement la place respective des deux actrices dans les magazines de leur époque.
Screen Stories : United States (1929–1979)
Screen Stories was an American film magazine launched in 1929 and published by Dell Publishing.
Aimed at Hollywood fans, it was distinguished by its photo-illustrated story adaptations of films, allowing readers to revisit the stories and characters they had seen on screen in print form. The magazine also featured star profiles, promotional photos, and articles covering the stars' careers and private lives.Over the decades, celebrity-focused content took on an increasingly prominent role, overshadowing the film story adaptations that had originally set the magazine apart.
Marilyn Monroe and Elizabeth Taylor
08/1962
Between 1952 and 1962, Elizabeth Taylor appeared on 24 covers of Screen Stories, compared to just seven appearances by Marilyn Monroe, including one shared cover in 1953.
Marilyn graced the covers in 1954, 1955, 1956, and 1957, and twice in 1961. Notably, she was absent from the covers between 1958 and 1960, a period during which Elizabeth Taylor appeared nine times. In August and September 1962, Screen Stories once again featured Elizabeth Taylor on its covers, without publishing a commemorative cover for Marilyn following her death.However, Marilyn would reappear on the magazine's cover in 1971.
In 1963, the year marking the first anniversary of Marilyn Monroe’s death, Screen Stories still did not feature her on a single cover, whereas Elizabeth Taylor appeared on the magazine’s front page five times, confirming the privileged status the editorial team accorded her.
With five new covers dedicated to Elizabeth Taylor in 1963, one wonders if Screen Stories might have been better off calling itself Elizabeth Taylor Stories!
The covers of Screen Stories bear witness to the significant prominence Elizabeth Taylor held in the Hollywood press during the 1950s and 1960s.
While both Marilyn Monroe and Elizabeth Taylor became cinematic icons, their fame was built in different ways.Marilyn experienced a relatively brief period of glory,extended by immense posthumous renown, whereas Taylor, a star since childhood, enjoyed a much longer career and media presence.This distinction serves as a reminder that Marilyn’s current omnipresence in the collective imagination does not necessarily reflect the relative standing of the two actresses in the magazines of their day.
Couverture : Marilyn Monroe / Jane Russell, Gentlemen prefer blondes, 1953
Minium 12 pages consacrées à Marilyn Monroe.
Silhouette du désir : Marilyn Monroe
Plus que presque toute autre star hollywoodienne, Marilyn Monroe a incarné les fantasmes érotiques consolateurs et les espoirs d'ascension sociale propres à l'« usine à rêves ».Une tentative d'approche à l'occasion du centenaire d'une icône.
Couverture : Marilyn Monroe par Milton H.Greene (1954)
NB: l'article est incomplet, dernière page manquante.
Dans cet article publié trente ans après la mort de Marilyn Monroe, Corinne Schelbert s'interroge sur la manière dont l'actrice a été représentée, racontée et interprétée depuis sa disparition.
L'autrice constate que Marilyn est devenue bien davantage qu'une star de cinéma, elle est désormais un mythe, un symbole sexuel et une figure sur laquelle chacun projette ses propres fantasmes. Sa vie et sa mort ont donné naissance à une multitude de biographies, souvent contradictoires, qui prétendent toutes révéler sa véritable personnalité.
L'article s'intéresse particulièrement à la tendance à présenter Marilyn comme une victime : victime de son enfance, des hommes, de Hollywood, de la célébrité et de ses propres fragilités. Corinne Schelbert ne nie pas les souffrances de l'actrice, mais elle remet en question cette représentation systématique, qui finit par occulter son intelligence, sa volonté et sa capacité à prendre des décisions.
Elle évoque notamment les travaux de Gloria Steinem, qui a contribué à renouveler le regard porté sur Marilyn, ainsi que les nombreuses interprétations biographiques qui ont alimenté sa légende.
Elle reproche à certains biographes, dont Norman Mailer, d'avoir contribué à entretenir des récits sensationnalistes autour de Marilyn.
Une comparaison avec Madonna permet également d'examiner les différentes façons dont la société perçoit les femmes célèbres, selon elle Marilyn suscite la compassion et la tendresse, tandis que Madonna, qui revendique ouvertement son indépendance et sa sexualité, provoque davantage de réactions hostiles.
L'idée centrale de l'article est que Marilyn n'a peut-être pas besoin d'être constamment sauvée ou plainte, mais plutôt d'être reconnue comme une personne à part entière, au-delà des clichés de la blonde naïve, de la séductrice et de la victime tragique.
Ce texte constitue ainsi une réflexion critique sur la fabrication et l'exploitation du mythe Marilyn Monroe, mais aussi sur les regards que la société porte sur les femmes célèbres.
Sauver Marilyn
Par Corinne Schelbert
Qu'est-ce qui n'a pas encore été écrit depuis son suicide ? Pourtant, la plus belle reine du sexe du cinéma n'a pas besoin de pitié.
Kavalkad était un magazine suédois de charme et de divertissement, publié dans les années 1950 par Förlags AB Hansa, éditeur également associé aux revues Paris-Hollywood et Pin Up.
La publication accordait une place importante aux photographies de pin-up, aux actrices de cinéma et aux vedettes internationales. Marilyn Monroe figura à plusieurs reprises sur ses couvertures.
Kavalkad appartient à cette presse populaire illustrée suédoise des années 1950, dans laquelle les photographies de stars hollywoodiennes occupaient une place privilégiée.
Au début des années 1950, sa numérotation correspond à une périodicité bimensuelle, soit deux numéros par mois. Celle-ci semble avoir évolué au cours des années suivantes, comme le suggèrent les numéros recensés au début des années 1960.
Kavalkad : Sweden
Kavalkad was a Swedish glamour and entertainment magazine published in the 1950s by Förlags AB Hansa, a publisher also associated with the magazines Paris-Hollywood and Pin Up.
The publication prominently featured pin-up photography, film actresses, and international stars.Marilyn Monroe appeared on its covers on several occasions. Kavalkad belongs to the genre of popular illustrated Swedish magazines of the 1950s, in which photographs of Hollywood stars held a prominent place.
In the early 1950s, its numbering system corresponded to a bi-monthly schedule meaning two issues per month.This frequency appears to have changed in subsequent years, as suggested by issues recorded from the early 1960s.
Couverture crédit à l'intérieur du journal : Hal Berg (1955)
Maurice Zolotow et Marilyn Monroe
Journaliste et biographe américain, Maurice Zolotow (1913-1991) est notamment connu pour son ouvrage Marilyn Monroe, publié en 1961, du vivant de l'actrice. Contrairement à de nombreuses biographies parues après sa disparition, son travail s'appuie sur des entretiens avec Marilyn elle-même, des témoignages de personnes de son entourage et des recherches documentaires.
Dès septembre 1955, Zolotow consacre à Marilyn une enquête intitulée The Mystery of Marilyn Monroe, publiée en cinq parties dans le supplément dominical américain The American Weekly.
NB: La quatrième partie parle de son mariage avec Joe DiMaggio, et la cinquième de son divorce, ces parties là sont manquantes, car je ne possède pas ces articles.
Dans cette première partie parue le 25 septembre 1955, le journaliste cherche à comprendre la femme derrière la star. Il revient sur les origines familiales de Norma Jeane, son enfance difficile, l'absence de son père et la maladie de sa mère, Gladys Baker. Il reproduit notamment des documents officiels et rapporte plusieurs souvenirs attribués à Marilyn.
Son approche, fortement psychologique, tend à expliquer la personnalité et le succès de l'actrice par ses blessures affectives et sa quête d'amour. Si certaines de ses interprétations doivent être considérées avec prudence, cette enquête constitue un témoignage intéressant sur la manière dont l'histoire personnelle de Marilyn était déjà racontée et analysée de son vivant, bien avant la publication de la célèbre biographie de 1961.
Le mystère Marilyn Monroe
Partie I
par Maurice Zolotow
Résumé de l'article :
La présentation annonce un portrait de Marilyn allant de son enfance difficile à sa célébrité mondiale. Et dès les premières lignes, Zolotow commence par une recherche administrative sur l'identité de Marilyn Monroe,
Zolotow raconte une visite au bureau de l'état civil de Los Angeles.
"La jeune fille derrière le guichet m'a dit que cela coûtait un dollar. Je lui ai tendu le dollar. Elle a tamponné le reçu du sceau officiel du département de la Santé de Los Angeles, garantissant qu'il s'agissait d'une copie exacte du certificat de naissance de Norma Jeane Mortenson."
Le journaliste s'étonne que ce nom ne signifie rien à l'employée. Il explique qu'il a passé plusieurs mois à rechercher la véritable histoire de Marilyn Monroe.
Il la décrit alors comme une jeune femme aux yeux bleus et aux cheveux blond platine, dont l'apparence semble irrésistiblement séduisante. Il fournit ses mensurations et rapporte une plaisanterie de Marilyn sur ses jambes, qu'elle juge trop courtes par rapport au reste de son corps.
Puis il pose la question centrale de son enquête : comment expliquer sa popularité ?
Le secret de la popularité de Marilyn Monroe réside-t-il dans les eaux profondes de sa personnalité ?
"J'ai le sentiment que ce que Marilyn projette à l'écran est presque entièrement une incarnation accidentelle, mais réussie, de Norma Jeane Mortenson."
Zolotow retranscrit plusieurs propos attribués à Marilyn.
Elle explique que sa mère lui avait raconté que son père était mort dans un accident de moto au Mexique, alors qu'elle était âgée de quatorze ans. Mais elle ajoute que sa grand-mère lui avait donné une autre version selon laquelle son père aurait été un certain Martin Edward Mortenson, un boulanger.
Le journaliste cite également Marilyn disant qu'elle ne se souvenait pas de son père et qu'elle ne savait pas à quoi il ressemblait.
Il rapporte qu'elle avait entendu parler de lui, mais qu'elle n'avait jamais reçu de réponse claire à ses questions.
Il poursuit en enquêtant sur Gladys Baker, sa mère.
Il rapporte des témoignages d'anciens collègues des studios Consolidated Film Industries, où Gladys avait travaillé. L'un d'eux la décrit comme une femme blonde, plutôt petite, appréciée de ses collègues, mais réservée et peu bavarde sur sa vie personnelle. Zolotow raconte ensuite comment Gladys aurait découvert l'existence d'un homme qu'elle fréquentait déjà marié et père de famille. Il présente cet épisode comme l'une des difficultés de sa vie sentimentale.
Enfin, il évoque le mariage de Gladys avec Martin Edward Mortenson et les circonstances de la naissance de Norma Jeane.
Dans la suite de l'article Zolotow développe un aspect de la personnalité de Marilyn qu'il considère comme essentiel qui est son rapport aux hommes.
Il écrit notamment :
"Il y a un grand mystère dans Marilyn elle-même. Pour moi, elle n'a jamais cessé de chercher son père. Elle a été attirée par des hommes plus âgés, dont certains avaient dix à trente ans de plus qu'elle."
Il énumère plusieurs catégories d'hommes qu'elle aurait fréquentés allant des responsables de studios, des journalistes, des auteurs dramatiques ou des agents et des réalisateurs.
Il affirme ensuite que Marilyn jouait souvent au cinéma des personnages amoureux d'hommes plus âgés.
"Je crois que le genre de rôle qu'une actrice interprète de façon convaincante est lié au genre de personne qu'elle est."
Cette idée développée par Zolotow reste sa propre interprétation de la personnalité de Marilyn Monroe, tout en ajoutant une distinction intéressante.
"Si cela n'était pas vrai, n'importe quelle actrice intelligente, dotée d'un beau corps, pourrait imiter les lèvres entrouvertes et les mouvements séduisants de Marilyn et connaître le même succès. Mais Marilyn est unique. On peut imiter ses lèvres, mais on ne peut pas imiter sa solitude ni sa soif d'amour."
Zolotow explique que Norma Jeane, privée de père, perdit ensuite la présence quotidienne de sa mère lorsque Gladys connut de graves troubles psychiques.
Il raconte qu'elle se mit à parler et à rire de façon irrationnelle, puis à fixer le vide. Grace McKee, proche de Gladys, la conduisit chez un psychiatre puis Gladys fut finalement hospitalisée.
Il explique que Grace ne pouvant pas adopter Norma Jeane, celle-ci devint pupille du comté de Los Angeles en 1929. Il rapporte ensuite que Marilyn aurait connu onze foyers entre 1929 et 1935.
Zolotow cite des souvenirs particulièrement pénibles de son enfance.
Marilyn raconte qu'elle était parfois battue lorsqu'elle n'obéissait pas et qu'elle avait l'impression de n'être désirée par aucune famille.
Elle évoque aussi ses jouets :
"Je n'ai jamais eu de beaux vêtements ni de jouets avec lesquels jouer. Dans une maison, j'utilisais des bouteilles vides comme poupées."
Elle explique qu'elle utilisait des bouteilles de vin pour représenter des garçons et des bouteilles de whisky plus petites pour représenter des filles.
Puis elle parle des animaux :
"J'aimais les animaux, les chiens, les chats ou les oiseaux. Si vous parlez à un chien ou à un chat, il ne vous dit pas de vous taire.'
Elle évoque également un souvenir scolaire : vers six ou sept ans, elle avait été choisie pour participer à une cérémonie de Pâques au Hollywood Bowl. Elle devait porter une robe noire recouvrant une tunique blanche.
Au moment où les enfants devaient retirer leur robe noire, elle fut tellement fascinée par la cérémonie qu'elle oublia de le faire.
Enfin, elle raconte avoir été enfermée dans un placard pour être punie, et avoir vécu dans la peur d'être de nouveau frappée.
Information importante ; cette partie est incomplète car je ne possède pas la dernière page de l'article.
Deuxième partie de l'article consacré à Marilyn Monroe par le biographe Maurice Zolotow, bien avant la parution de sa biographie en 1961. Maurice Zolotow tente d'expliquer le comportement deMarilyn Monroe adulte par les expériences de son enfance. Il insiste sur les mécanismes de défense qu'il croit reconnaître chez elle comme sourire pour dissimuler ses émotions ou éviter les conflits et intérioriser sa colère. Ceci reste son analyse personnelle qui nous aide à comprendre son travail de biographe, mais elle reste subjective.
Zolotow ne se contente pas de répéter les souvenirs de Marilyn, il consulte les archives de l'orphelinat, rencontre une ancienne responsable et confronte les témoignages. C'est une véritable démarche d'enquête, même si ses conclusions sont parfois discutables.
Maurice Zolotow explique qu'il a personnellement observé Marilyn pendant ses entretiens. Il écrit qu'au cours de leurs longues conversations, Marilyn lui semblait intelligente, cultivée, d'une franchise désarmante et très à l'aise. Il précise également qu'il n'a constaté aucun problème d'élocution chez elle.
Il ajoute qu'elle était parfois traversée par l'anxiété, mais qu'elle paraissait détendue, presque comme un chat satisfait, devant une cheminée. Ce passage de l'article confirme qu'il ne travaille pas uniquement à partir de témoignages indirects car il décrit ses propres rencontres avec Marilyn Monroe.
Le mystère Marilyn Monroe
Partie II
Par Maurice Zolotow
L'incroyable histoire de la vie d'une petite fille maigre et bègue, placée dans onze familles d'accueil, qui allait devenir la star de cinéma la plus fascinante et féminine du monde.
Résumé des deux première pages :
Zolotow raconte qu'en 1935, Grace McKee épouse Erwin « Doc » Goddard et devient la tutrice légale de Norma Jeane. Pour la première fois,écrit-il, la fillette dispose d'un foyer stable et d'une femme qui prend soin d'elle.
Mais c'est à cette période qu'il situe l'apparition de son bégaiement.
Voici ce que Marilyn lui aurait déclaré :
"Je suppose qu'on pourrait dire que j'ai cessé de parler pendant longtemps. J'étais tellement embarrassée à l'école que je croyais mourir chaque fois qu'un professeur m'interrogeait. J'avais toujours l'impression de ne pas vouloir ouvrir la bouche, de peur que tout ce que je dirais soit faux ou stupide. "
Maurice Zolotow développe alors une explication psychanalytique du bégaiement. selon lui, il résulterait d'un conflit intérieur et d'une peur de communiquer. Bien sûr cette explication reflète les conceptions psychologiques de l'auteur en 1955.
Il ajoute que Marilyn lui aurait parlé pendant plusieurs heures sans difficulté d'élocution et qu'elle lui avait paru intelligente, franche et parfaitement à l'aise.
Le journaliste raconte que Norma Jeane fut placée au Los Angeles Orphans' Home le 9 septembre 1935.
Il visite lui-même l'établissement, qu'il décrit comme propre, bien entretenu et très différent de l'endroit sombre et sinistre dont Marilyn gardait le souvenir.
Il consulte également des archives et rencontre une ancienne responsable de l'institution, Margaret Ingram.
Selon les dossiers, Norma Jeane était une enfant sage, coopérative et bonne élève. Grace Goddard lui rendait régulièrement visite et lui apportait des vêtements et des cadeaux. Zolotow souligne alors une contradiction selon laquelle Grace semble avoir joué un rôle important et attentionné dans l'enfance de Norma Jeane, mais Marilyn en parle rarement avec reconnaissance.
Selon lui, le placement à l'orphelinat aurait été vécu par l'enfant comme une trahison, si douloureuse qu'elle n'aurait jamais véritablement pardonné à Grace.
Puis Maurice Zolotow évoque Ana Lower.
Au-delà de l'affection que Marilyn lui portait, elle explique à Maurice Zolotow qu'Anna lui avait appris à aspirer à des choses plus élevées et lui avait donné confiance en elle.
C'est peut-être le passage le plus émouvant de l'article dans lequel il rapporte ces paroles de Marilyn :
Quand j'avais douze ans, je suis allée vivre chez une femme qui a changé toute ma vie : tante Anna Lower. Elle était la seule personne au monde que j'aie jamais vraiment aimée, et elle m'aimait.
Marilyn explique avoir écrit un long poème après la mort d'Anna, intitulé I Miss Her (Elle me manque).
Elle poursuit :
Elle était la seule personne qui m'aimait et me comprenait. Être comprise, c'est cela, pour moi, être aimée. Tante Anna m'a appris à apprécier les choses les plus élevées de la vie et à y aspirer. Elle m'a donné confiance en moi et m'a encouragée à poursuivre de plus grands objectifs.
Zolotow précise qu'Anna Lower, apparentée à Grace Goddard, pratiquait la Science chrétienne et vivait modestement dans le quartier de Sawtelle, à Los Angeles.
Marilyn ajoute :
J'ai toujours eu le sentiment de pouvoir être moi-même avec tante Anna. Je pouvais rire si j'en avais envie et pleurer si j'avais envie de pleurer.
Maurice Zolotow dans cette troisième partie continue sur le même mode que dans ses précédents articles, comme uneconstante dans son enquête. Il reconnaît l'intelligence de Marilyn Monroe, sa volonté et sa capacité d'apprentissage, mais cherche presque toujours à les expliquer par ses blessures affectives.
Deux passages sont intéressants dans cette partie. Le premier est le témoignage de Jerry Wald, Il montre qu'en 1955, un producteur qui connaissait professionnellement Marilyn distinguait déjà sa personnalité privée de son image sensuelle à l'écran.
Le mystère Marilyn Monroe
Partie III
Par Maurice Zolotow
Pourquoi la femme la plus fascinante du cinéma n'a-t-elle pas réussi ses histoires d'amour dans sa vie privée ?
Légende à côté de la photo : citation attribuée à Jerry Wald : "Sa sexualité est simplement là, comme dans une bouteille… Elle en utilise une partie lorsqu’elle en a besoin pour une raison précise"
Rappel des épisodes précédents :
Dans les deux précédents épisodes, M. Zolotow a retracé la vie de Marilyn Monroe à la manière d'un roman policier, en interrogeant non seulement Marilyn, mais également les personnes qui l'ont connue au fil des années.
Elle est née Norma Jeane - le nom figurant sur son acte de naissance étant Mortenson -à Los Angeles, le 1er juin 1926. Beaucoup de gens se souviennent de sa mère, Gladys, mais M. Zolotow n'a trouvé personne -pas même Marilyn - qui possède des souvenirs clairs de son père.
Edward, qui aurait été tué dans un accident de moto alors qu'elle était bébé, serait le père de Marilyn selon une version. Marilyn a connu une enfance solitaire et malheureuse. Elle a vécu dans onze foyers d'accueil et un orphelinat.
La vie de la jeune fille a commencé à changer à l'âge de douze ans. Elle est allée vivre chez Grace McKee, qui avait été une amie de sa mère, et chez qui elle a trouvé une femme qu'elle pouvait aimer et comprendre, Anna Lower.
En 1941, Norma Jeane avait quinze ans. Chaque fois qu'elle se regardait dans un miroir, elle y voyait un avenir sans espoir.
Le fait que, dix ans plus tard, cette adolescente peu sûre d'elle soit devenue ce que beaucoup de ses admirateurs considèrent comme la femme la plus voluptueuse de sa génération prouve que l'Amérique demeure une terre de possibilités pour toute jeune fille possédant de l'intelligence, de la détermination et une capacité de travail acharné.
Une belle apparence ne fait pas de mal non plus.
Mais à quinze ans, Norma Jeane avait déjà un physique aussi voluptueux que celui d'une vedette de cinéma. Elle avait des bras et des jambes minces, une poitrine généreuse, des cheveux châtains et un visage plutôt quelconque.
Ses genoux étaient noueux, ses oreilles grandes et son front petit. Ses traits étaient maladroits et ses mouvements gauches. On ne retrouvait encore rien de la démarche de la célèbre Marilyn Monroe, avec ses longues jambes oscillantes, ses hanches et leur parfait contrepoids.
Quelqu'un a dit un jour qu'elle était la seule actrice capable de faire paraître une rue déserte aussi animée qu'une sortie de théâtre.
À quinze ans, Norma Jeane était nerveuse et timide, une petite créature effrayée et complexée qui osait à peine ouvrir la bouche. Elle ne se croyait pas jolie. Ses camarades et ses professeurs pensaient qu'elle était stupide.
Elle obtenait pourtant de bonnes notes en mathématiques, en histoire, en langues, en sciences sociales et même en biologie — une matière dans laquelle elle devait plus tard donner un exemple remarquable à ses camarades.
Sous l'influence d'un professeur d'anglais de son établissement secondaire, elle se mit à aimer la lecture et l'écriture. Elle reste aujourd'hui encore une lectrice passionnée et compose des poèmes en vers libres.
L'un de ses poèmes récents s'intitule
Crédit Photo Hal Berg (1955)
Ode to a Cabdriver (Ode à un chauffeur de taxi).
Le bruit monte jusqu'aux fenêtres.
Sa main sur le klaxon « pousse-toi-de-mon-chemin »,
Chauffeur de taxi impatient, cocher en enfer,
Roulant dans les rues brûlantes et poussiéreuses,
Pour qu'ils puissent manger et mettre aussi quelques sous de côté.
Les pièces de dix cents, de vingt-cinq cents, les grosses pièces,
Et tous les petits pourboires, le prix d'un sourire,
Les sourires et la portière qui claque,
Le klaxon furieux, les crissements et les freins qui grincent,
Économisant tous les mois, économisant pour ces
Vacances où il pourra s'asseoir
Et parcourir la campagne avec les enfants,
Avec sa femme et ses enfants, sacs et bagages,
Sa main sur le klaxon « pousse-toi-de-mon-chemin »,
Tout le trajet à travers la campagne, pour aller voir
La famille de sa femme, tandis que sa belle-famille passe du bon temps.
Bien que je ne prétende pas que le poète Robert Frostdevrait immédiatement sortir de sa retraite après avoir lu ces vers, je crois néanmoins que Marilyn Monroepossède un véritable don littéraire.
Mais elle a honte de ses écrits. Elle écrit en cachette. Je suis l'une des rares personnes à qui elle a montré ses poèmes. Elle n'a aucune raison d'en avoir honte. En 1941, n'importe quel conseiller d'orientation sensé lui aurait recommandé de se consacrer à l'écriture plutôt qu'au métier d'actrice.
Et puis, aussi soudainement qu'un orage d'été, l'adolescence, longtemps retardée, arriva chez Norma Jeane. Elle découvrit enfin le moyen d'agir sur le monde, et elle allait désormais s'y accrocher.
Des garçons qui, quelques semaines auparavant, n'avaient pas prêté attention à sa personnalité polie, douce et effacée la trouvèrent soudain fascinante.
Marilyn Monroen'a jamais réussi à considérer sa sexualité comme quelque chose d'acquis. C'était un miracle pour elle qu'on lui apporte enfin ce qu'elle avait recherché toute sa vie. Elle l'étudia. Elle la perfectionna. Elle en approfondit les subtilités avec autant de méthode qu'un chercheur dans un laboratoire à la recherche d'un remède contre une maladie. Elle souffrait elle aussi d'un mal : la solitude.
Le plus triste dans cette réussite, c'est que ce qu'elle perfectionnait était un produitquelque chose de distinct de sa personnalité. Son besoin d'amourparticulièrement de l'amour paternel qu'elle n'avait jamais connudemeure insatisfait.
Jerry Wald, aujourd'hui vice-président exécutif chargé de l'ensemble de la production chez Columbia Pictures, qui avait confié à Marilyn Monroe son premier rôle important dans Clash by Night(1951), m'a déclaré :
"Sa sexualité est simplement quelque chose qui existe, comme si elle était enfermée dans une bouteille. Ce n'est pas naturel je veux dire que cela ne découle pas de sa nature. On pourrait dire qu'elle est presque prude, puritaine même, une gentille fille. La sexualité est quelque chose qu'elle a acquis. Elle ouvre la bouteille et en utilise un peu lorsqu'elle en a besoin dans un but précis, puis elle remet le bouchon."
Zolotow poursuit en disant :
Vous trouverez à Hollywood des gens aux idées mal placées qui vous raconteront que Marilyn Monroe a suivi la voie du boudoir pour réussir. C'est absolument faux.
Une actrice célèbre et très belle, qui a travaillé avec elle dans plusieurs films, m'a déclaré :
"Marilyn n'a jamais eu de liaison avec un homme qui aurait pu favoriser sa carrière. Elle n'a jamais cherché à séduire les grands réalisateurs ou les grands producteurs. "
NB : A partir de cette phrase, je n'ai plus le scan complet de l'article. (voir photo ci-dessus, scan tronqué)
Un technicien du cinéma, qui l'a fréquentée pendant plusieurs mois, révèle :
"C'est la petite fille la plus réservée et la plus sage que j'aie jamais connue. Pour elle, l'idée d'une grande soirée amusante, c'est d'aller à Ocean Park faire un tour sur les montagnes russes."
Mais revenons à 1941. Madame Lower, en raison de son âge avancé et de sa mauvaise santé, n'était plus en mesure de s'occuper de la jeune fille. Norma Jeane retourna donc vivre chez Grace McKee, qui avait épousé un homme nommé “Doc” Goddard et habitait à Van Nuys, en Californie.
Elle fut inscrite à la Van Nuys High School en septembre 1941.
Il n'est pas vrai qu'elle ait obtenu son diplôme de cet établissement, ni qu'elle ait interprété les premiers rôles dans les spectacles scolaires. Elle ne termina pas sa deuxième année de lycée. Ce fut la fin de son instruction scolaire officielle. Elle quitta l'école pour se marier.
La suite qui parle de Jim Dougherty et de son premier mariage est incomplète...
Couverture : Marilyn Monroe par Richard Avedon (1957)
Exposition à la Bourse de Commerce,
du 7 octobre 2026 au 18 janvier 2027
68 pages - Broché - 22 × 28.5 cm -
Prix : 12,90 euros
EAN : 9791020411075
À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie
Présentation du magazine hors-série :
Beaux Arts Éditions accompagne l’événement d’une publication, dans laquelle voisineront les œuvres des grands photographes d’hier et d’aujourd’hui, retraçant deux siècles d’histoire de ce médium.
Informations complémentaires sur le contenu et les commandes : ICI
Couverture : Marilyn Monroe sur le tournage de Clash By nigth,Ernest Bachrach (1951/1952)
Le magazine autrichien Funk Und Film avait déjà publié des articles sur Marilyn Monroe avant de lui consacrer cette première couverture avec le choix de cette photo sublime et expressive sur laquelle elle maitrise parfaitement cette pose intime et séduisante. Cette superbe couverture contraste avec le contenu d'un article qui révèle tout à fait autre chose.
En effet, le journaliste, dont le nom n'est pas mentionné, nous explique de manière assez violente que Marilyn Monroen'est« ni un être humain ni une femme, mais un produit industriel américain » Sur un ton profondément condescendant dans sa manière de raconter son parcours. Marilyn ne semble jamais rien décider dans sa vie. Elle aurait été découverte puis façonnée et manipulée, instruite par le studio, puis contrariée par son mari Joe DiMaggio.
Même sa célèbre réponse sur Chanel n° 5 lui est retirée pour être attribuée à un publicitaire. Le journaliste reconnaît l'existence de son immense célébrité, mais refuse presque systématiquement d'y voir le résultat du talent ou de l'intelligence de Marilyn. Ceci me rappelle un thème abordé par Sarah Chruchweel dans son livre The many lives of Marilyn Monroe sur cette difficulté à reconnaître que Marilyn pouvait construire elle-même son personnage, maîtriser son image et jouer avec les codes de la féminité hollywoodienne.
Le journaliste critique aussi l'industrie américaine du spectacle et de la publicité. Son hostilité ne vise donc pas uniquement Marilyn. Mais c'est bien elle qui finit par être déshumanisée dans son raisonnement.
L'article contient des erreurs biographiques importantes.
Le monde entier parle de Marilyn Monroe
Nouvelle vague de scandales autour de la “femme la plus impossible d'Amérique”, Marilyn Monroe.M. M. n'est ni un être humain ni une femme, mais un produit industriel américain. Du mannequin photographique à la star mondiale.
Résumé de l'article :
Depuis que Marilyn Monroe s'est récemment mariée, les lettres de fans déçus affluent chez elle. Parmi ces âmes mortellement blessées, il y a un seul cri : « Nous ne voulons plus voir de film avec Marilyn ! »
Depuis son mariage, la villa de Monroe est assiégée par des adolescents et des hommes aux cheveux grisonnants. Ils portent des pancartes : « À bas Marilyn ! »
Les origines de Marilyn sont obscures. L'histoire selon laquelle elle aurait été abandonnée dans une corbeille à linge devant la porte d'un orphelinat est probablement une invention. Mais ce que l'on sait avec certitude est tout aussi bouleversant. Son père est mort dans un accident de voiture et sa mère l'a placée dans un orphelinat.
Elle est confiée à des parents nourriciers, auxquels l'État verse une allocation de 25 dollars. Marilyn doit travailler comme domestique. À seize ans, elle doit retourner à l'orphelinat, mais elle ne le veut pas. Elle épouse donc le mécanicien aéronautiqueJim Dougherty, qui exerce accessoirement le métier de fossoyeur.
Lorsque son mari est appelé sous les drapeaux, elle entre dans la même usine d'aviation que lui. Elle est finalement découverte par un photo reporter. Sa photographie paraît dans le journal. Marilyn est découverte. Elle devient mannequin photographique, gagne bientôt beaucoup d'argent et divorce, le 2 octobre 1946, de son mari parti à la guerre.
Marilyn part pour Hollywood. Mais elle avait imaginé la vie là-bas autrement. Il y avait des réalisateurs qui en avaient assez des femmes aux formes généreuses. Marilyn, pourtant bien rembourrée, ne trouvait pas grâce à leurs yeux, et ce sont les « louves » qui purent en profiter, elles qui savaient exploiter à des fins fort peu innocentes la naïveté d'une jeune fille.
Des aventures sentimentales, qui auraient dû devenir des relations durables, se révélèrent finalement n'être que des rencontres entre deux personnes, Marilyn et son partenaire. La chronique mondaine ne dit rien de ce qui se passait et de la manière dont ces « relations » étaient fabriquées pour sa carrière.
Marilyn travailla de nouveau comme mannequin photographique. En 1947, elle découvrit Johnny Hyde, un agent avisé et chercheur de talents, qui l'amena à la Fox.
La Fox lui versait 125 dollars par semaine, sans grands rôles, mais elle pouvait en vivre. La Fox l'envoya chez Natascha Lytess, une Russe de naissance, dont la mission était de former même les personnes les moins douées. Celle-ci déclara bientôt que Marilyn était un cas désespéré.
La Fox résilia son contrat, et « la blonde stupide » se retrouva à la rue, jusqu'à ce qu'en 1950 le réalisateur John Hustonlui confie un rôle dansQuand la ville dort, un petit rôle qui provoqua une avalanche de lettres de spectateurs.
Tout le monde voulait savoir qui était cette jeune fille d'une beauté renversante. Son nom n'avait même pas figuré au générique d'ouverture.
La Fox récupéra Marilyn, qui gagnait désormais déjà 600 dollars par semaine. Puis ce furent 1 500 dollars, lorsque Joe Schenck, le grand homme de la propagande publicitaire de la Fox, prit Marilyn sous son aile.
-« Que portez-vous la nuit au lit, Miss Monroe ? »
-« Chanel n° 5 », répondit Marilyn à l'intervieweur lors de sa première conférence de presse.
Schenckavait préparé pour elle des réponses originales à toutes les questions possibles et impossibles, qu'elle devait apprendre par cœur. Il organisait dans l'appartement de Marilyn des visites de journalistes « inattendues » et veillait à ce que des livres « fortuits » de Nietzsche et de Schopenhauer soient trouvés sur son bureau.
Mais lorsque Marilyn épousa enfin son grand amour, le joueur de baseball Joe DiMaggio, il se mit en colère. Il essaya néanmoins d'utiliser aussi cet événement à des fins publicitaires.
-« Avez-vous parlé baseball avec Joe ? », demanda un jour un reporter.
-« Nous n'en avons pas encore eu le temps », répondit Marilyn conformément aux instructions.
DiMaggio, 39 ans, mesurant 1,90 m, avec ses boucles noires et ses yeux légèrement bridés, est, comme le dit Marilyn, « mon idéal : grand, fort et viril. Il a du tempérament et de la force. Mais il sait aussi ce qu'il veut et comment l'obtenir. »
Un jour, il la prit à part et lui demanda si elle accepterait durablement d'être sa femme, à condition de ne plus jamais porter de sous-vêtements en nylon, « parce qu'aucun homme n'aime voir sa femme se promener en dessous de soie et de dentelle, avec sa jupe et son chemisier descendus si bas qu'aucun être humain ne puisse douter de la douceur de sa peau »
Marilyn, « l'enfant terrible » de la ville du cinéma, dont l'apparition dans une boîte de nuit de Hollywood, avec son décolleté profondément échancré et sa robe de tulle découpée, fascina les visiteurs masculins, est, comme on l'entend dire, profondément affectée par le changement de l'opinion publique.
Elle et son mari mènent une vie retirée, ne fréquentent aucune réception, et l'on ne peut rencontrer Marilyn qu'en allant au studio ou en la croisant sur le chemin du retour.
Cette femme, qui n'est « ni un être humain ni une star de cinéma, mais un produit industriel américain », une création des publicitaires, des fabricants de cosmétiques, de pull-overs et de bas, est malgré tout si typique du goût américain contemporain que l'on a déposé une photographie en couleurs d'elle dans les fondations du Pentagone souterrain à Washington, accompagnée d'une fermeture éclair, d'un ouvre-boîte, d'un masque à gaz, de pièces de monnaie, de disques et de comprimés d'aspirine, en souvenir pour les générations futures d'une époque folle…
Traduction complète du petit encadré sur le film de Fritz LangClash By Night
« Marilyn Monroe dans un nouveau film de Fritz Lang »
Un réalisateur dont la réputation repose sur des films monumentaux - nous parlons de Fritz Lang, le créateur des Nibelungen et de Metropolis- s'est aventuré, caméra en main, dans la tranquillité d'une petite ville de pêcheurs et a mis en scène un épisode de la vie de trois personnes ordinaires. L'intrigue se raconte en quelques mots.
Une jeune femme, qui a perdu pied dans la grande ville, revient dans sa maison familiale et y fait la connaissance d'un honnête pêcheur, associé de son frère. Elle le connaît suffisamment pour savoir que la vie auprès de cet homme ne lui apportera aucune satisfaction, et pourtant elle consent à l'épouser, simplement pour trouver sécurité et protection.
À la première tentation, qui se présente sous les traits d'un homme cynique et sans principes, elle succombe presque sans résistance. Seuls l'effondrement de son mari et le destin incertain de son enfant la ramènent à la raison, éveillant en elle une profonde frayeur et des remords tardifs.
Avec le sens aigu du cinéma qui le caractérise, Fritz Lang met ici à nu les ressorts les plus subtils de l'âme des personnages. Il montre des êtres humains grossiers et violents, impulsifs, tendres et amoureux. Des gens ordinaires de notre époque.
Une distribution de grands acteurs était à la disposition du réalisateur pour ce film de la RKO. Barbara Stanwyck, surtout, rend parfaitement crédible, grâce à la maturité de son art, le personnage d'une femme qui ne parvient plus à trouver sa place dans la vie. Paul Douglas interprète un pêcheur, massif et peu dégourdi. Son rival est Robert Ryan (en haut à gauche), tandis sa partenaire, interprétée par Marilyn Monroe, est une jeune fille sensuelle (lascive avec une connotation péjorative) et curieuse.
Les autres rôles sont tenus par J. Carrol Naish (en haut à droite), Silvio Minciotti et Keith Andes.
Couverture : Marilyn Monroe par Frank Powolny (1953)
Sur les traces de Marilyn Monroe
Fourni par le journal Yomiuri Shimbun
Le ou la journaliste se demande quel est le secret de la popularité de Marilyn Monroe au Japon alors que le public japonais n'a vu que deux de ses films dans lequel elle a le rôle principal dont Niagara ? " Ses magnifiques cheveux blonds et le charme de ses lignes sont captivants, mais plus que cela elle est ouverte et totalement dépourvue de tout égoïsme."
Légendes des photographies
Page de gauche : Marilyn Monroe arrive !
La légende de la photo évoque son arrivée et l'agitation provoquée par sa présence au Japon. La fin du passage semble indiquer que Marilyn a suscité un véritable enthousiasme dans le pays.
En haut à gauche : l'arrivée de Marilyn et Joe DiMaggio au Japon, accueillis par une foule.
Grande photographie à gauche : Marilyn entourée d'admirateurs et de journalistes, dans une véritable cohue.
En haut à droite : Joe DiMaggio et Marilyn lors d'une rencontre officielle avec des Japonaises.
Au centre à droite : Marilyn sur scène, devant un micro, lors d'une représentation destinée aux militaires américains en Corée.
En bas à droite : Marilyn photographiée près d'une branche de cerisier en fleurs.
Les deux premières pagessont consacrées à une Marilyn souriante, détendue et très expressive lors de son arrivée à Tokyo le 1er février (photos en haut à gauche, page de gauche) et lors de la conférence de presse donnée le 3 février à l'hôtel Impérial de Tokyo. Les photographies montrent ses échanges avec les admirateurs, les demandes d'autographes et ses déplacements en compagnie de Joe DiMaggio.
Le tourbillon Marilyn
La dernière page est consacrée à l'effervescence provoquée par l'arrivée de Marilyn au Japon. Les photographies montrent l'affluence des journalistes et photographes, l'accueil enthousiaste du public, lors de la conférence de presse du 3 février 1954 à l'hôtel Impérial de Tokyo.
José Bolanos (1935-1994) était un scénariste et cinéaste mexicain. Il fit la connaissance de Marilyn Monroe lors de son séjour au Mexique, en février 1962. Quelques semaines plus tard, le 5 mars, il l'accompagnait à la cérémonie des Golden Globes.
Dans cet article du journaliste Frank Wood, publié dans la presse brésilienne, José Bolanos est présenté comme le nouvel amoureux de Marilyn. Le journaliste affirme qu'ils se seraient rencontrés dans une boîte de nuit mexicaine et qu'ils se comportaient comme de véritables tourtereaux lors de la cérémonie.
Marilyn aurait pourtant démenti les rumeurs d'un quatrième mariage. Un démenti que les chroniqueurs interprétaient paradoxalement comme une confirmation de leur idylle.
Ce petit reportage nous montre la manière dont la presse sentimentale de l'époque transformait une apparition publique et quelques gestes affectueux en promesse de mariage. Si leur fréquentation est bien attestée, la véritable nature de leur relation demeure incertaine.
Les récits varient selon les biographies : selon Donald Spoto (Marilyn Monroe the biography)Bolanos était un admirateur mexicain qui aurait réussi à entrer en contact avec Marilyn et son entourage pendant son séjour au Mexique, en février 1962. Il se présentait comme écrivain et l'aurait accompagnée à plusieurs sorties. Donald Spoto décrit leur relation comme brève et ne lui attribue pas de grande importance sentimentale.
Par contre, selon Xavier Navaza (El ultimo amante de Marilyn) évoque une aventure plus romantique. Il situe leur rencontre au 22 février 1962, dans un magasin de meubles de Mexico, alors que Marilyn cherchait du mobilier colonial pour sa nouvelle maison. Ils auraient vécus une relation intense de quatorze jours, puis une séparation liée notamment au contexte politique et aux soupçons entourant les sympathies communistes de Bolanos.
Marilyn Monroe sort avec un autre homme
Marilyn Monroe aime à nouveau : l'heureux élu est un Mexicain
Reportage de Frank Wood
Marilyn s'est déjà empressée de démentir que le Mexicain José Bolanos, qui l'accompagnait à la cérémonie où MM fut consacrée star préférée du monde, serait son quatrième mari.
Et ce démenti a été considéré par les principaux esprits malicieux d'Hollywood comme la meilleure démonstration que la très célèbre et très courtisée Marilyn est, en réalité, amoureuse de Bolanos et qu'elle va l'épouser.
Elle l'a rencontré au Mexique, en février, dans une boîte de nuit, alors qu'elle se remettait de l'épuisement nerveux dont elle souffrait depuis la fin de son mariage avec Arthur Miller et des rumeurs insistantes selon lesquelles Yves Montand, dont elle aurait été amoureuse, l'aurait rejetée.
Marilyn aurait d'abord cherché refuge et tranquillité auprès de son ex-mari Joe DiMaggio, au Mexique. Mais après avoir rencontré Bolanos, elle l'aurait adopté comme compagnon permanent.
Il vit au Mexique, mais s'est rendu à Hollywood afin de l'accompagner à la cérémonie où elle fut désignée star préférée du monde.
Légendes des photographies
à gauche :
MM et Bolanos se sont comportés comme de véritables tourtereaux. Et ils sont restés tout le temps main dans la main, comme des amoureux.
à droite :
Marilyn s'est déjà empressée de démentir. Le journaliste reconnaît donc explicitement qu'elle a nié un projet de mariage.
Traduction : « Peter Lawford et Marilyn Monroe formaient un duo inattendu, aussi bien au Ready Room de Johnny Wilson qu'au Mocambo. »
La chronique signale Peter Lawford et Marilyn Monroe comme un « duo inattendu », vus ensemble au Ready Room de Johnny Wilson puis au Mocambo, deux établissements fréquentés par le milieu hollywoodien. Plusieurs récits ultérieurs, notamment celui de Lawford lui-même, évoqueront quelques rendez-vous entre eux au début des années 1950, tandis que Marilyn nia avoir eu une relation sentimentale avec lui. Ce petit article contemporain permet seulement d'établir qu'ils se fréquentaient socialement dès 1950, sans permettre de préciser la nature de leur relation.
Le Ready Room, tenu par Johnny Wilson, se trouvait au 365 North La Cienega Boulevard, sur la fameuse Restaurant Row de Los Angeles.
Contemporary reports describe Peter Lawford and Marilyn Monroe as an "unexpected duo," spotted together at Johnny Wilson’s Ready Room and later at the Mocambo two venues frequented by the Hollywood crowd.Several later accounts, notably Lawford’s own, mention a few dates between them in the early 1950s, whereas Marilyn denied having a romantic relationship with him.This contemporary little article merely establishes that they socialized as early as 1950, without clarifying the nature of their relationship.
The Ready Room, run by Johnny Wilson, was located at 365 North La Cienega Boulevard, on Los Angeles's famous Restaurant Row.
Dans cet article le photographe Philippe Halsman livre son témoignage et son analyse personnelle de ses souvenirs de Marilyn Monroe.
L'un des passages les plus révélateurs de l'article est peut-être celui où Halsman raconte que, pendant qu'il photographiait Marilyn, il eut le sentiment qu'elle était éprise de lui "et de lui seul". Or Harold Lloyd et Stanley Flink, présents dans la même pièce, lui confièrent ensuite avoir éprouvé exactement la même impression. Chacun s'était même imaginé que, si les deux autres avaient quitté la pièce, "des choses incroyables" auraient pu se produire. L'anecdote est assez drôle. Halsman décrit chez elle une attention intense portée à son interlocuteur, un besoin de plaire et d'être approuvée. Mais les trois hommes traduisent cette attention de la même manière, Marilyn serait personnellement attirée par eux. Chacun se croit l'objet privilégié d'un désir qui, précisément, ne peut être exclusif puisqu'ils sont trois à le ressentir simultanément. Il y a là un remarquable phénomène de projection.
Plus intéressant encore, Halsman identifie ensuite lui-même une partie du mécanisme. Selon lui, Marilyn regardait un homme de telle façon qu'il se sentait irrésistible à ses yeux, convaincu de lui plaire, il devenait à son tour séduit par elle. Autrement dit, Halsman analyse avec beaucoup de finesse un phénomène dont son propre témoignage montre qu'il avait lui-même été victime. Le fameux pouvoir de séduction de Marilyn apparaît alors moins comme quelque chose qu'elle imposerait délibérément aux hommes que comme le résultat d'une interaction, son comportement, mais aussi ce que les hommes désiraient y voir.
Finalement, Philippe Halsman prétend répondre à la question : Quel est le secret de l'attrait de Marilyn ?
Mais plus son texte avance, moins il parle réellement de Marilyn et plus il parle de ce que les hommes voient en elle, imaginent à son sujet et projettent sur elle.
Il serait cependant réducteur de ne voir dans ce phénomène qu'une projection masculine dont Marilyn aurait été l'objet passif. Après plusieurs années passées devant les objectifs et dans un univers professionnel presque entièrement dominé par les hommes, elle connaissait nécessairement de mieux en mieux l'effet qu'elle produisait. Halsman lui-même montre une femme devenue remarquablement consciente des mécanismes de la séduction. Sa vulnérabilité et son besoin d'être appréciée pouvaient être réels sans exclure une véritable maîtrise de son image et de son rapport aux hommes. L'intérêt de ce témoignage réside précisément dans cette ambiguïté : où finit la Marilyn spontanée et où commence celle qui sait parfaitement ce que son regard, sa voix ou son attention provoquent chez celui qui se trouve devant elle ?
Copyright: Bomerang_
Trois rencontres avec une déesse de l'amour
Comment une blonde timide à l'air désemparé a conquis tout l'univers masculin
Récit et photographies de Philippe Halsman
Philippe Halsman est un photographe de femmes belles mondialement célèbre. Marilyn Monroe, qui n'est pas belle selon les critères classiques, est devenue un phénomène au même titre que le sont les raz-de-marée et les tempêtes. Aujourd'hui, elle représente l'image idéale que l'homme américain se fait de la femme belle à un degré qu'aucune autre femme n'avait jamais atteint avant elle. Quel est donc le secret de son pouvoir d'attraction ?
Il y a seulement six ans, c'était une petite créature timide et gauche, qui vivotait pratiquement dans l'anonymat, dans une chambre au fond d'un hôtel bon marché d'Hollywood. Quand et comment est-elle devenue une "fille de rêve" plus vivante que n'importe quelle autre "reine du sexe" de l'histoire d'Hollywood ?
Avec l'autorité d'un connaisseur, M. Halsman qui a photographié davantage de beaux visages pour la couverture du magazine LIFE que n'importe quel autre photographe braque sur son sujet des rayons X plutôt pénétrants. Nous pensons qu'il a découvert la clé d'une Marilyn Monroe inconnue, sauf des hommes munis d'un appareil photo qui ont fait d'elle une célébrité. Sur ce, nous vous passons la parole à lui.
Légende des photos ci-dessus :
Page de gauche : L'expérience
Six actrices inconnues, venues de nombreux studios, furent amenées dans la chambre d'hôtel de Halsman à Beverly Hills et soumises à des tests devant sa caméra. A. Entendre une histoire drôle ; B. Boire une boisson délicieuse ; C. Faire face à un amant imaginaire et invisible ; D. Rencontrer un monstre effrayant.
Marilyn page de droite : La performance de Marilyn
Marilyn fut tellement absorbée par son jeu que Halsman, dit-il, dut la rappeler à la réalité en lui lançant un faux glaçon. Mais sa caméra enregistra à quel point elle pouvait être vraiment drôle et sensuelle. Halsman estima que sa réaction à son amant imaginaire était particulièrement remarquable.
En avril 1949, le magazine LIFE m'envoya à Hollywood pour photographier un sujet que j'avais proposé. La mission consistait à placer devant l'œil clinique de mon appareil les nouvelles recrues, ces starlettes inconnues, afin d'analyser leur jeu et leurs chances de devenir les vedettes de cinéma de demain.
Les studios d'Hollywood me fournirent huit starlettes. J'installai mon appareil fixe pour enregistrer et filmer. Mon scénario comprenait les situations suivantes :
1. boire une boisson imaginaire mais délicieuse ;
2. rencontrer un monstre invisible et extrêmement effrayant ;
3. entendre une plaisanterie très drôle mais inaudible ;
4. enfin, embrasser un amant inexistant mais irrésistible.
Je photographiai les jeunes filles l'une après l'autre dans ma chambre du Beverly Hills Hotel, en les plaçant chacune dans les mêmes situations.
Je venais de terminer de photographier une rousse pleine de vivacité appelée Lois Maxwell, qui, parmi tout le groupe, se révéla la plus prometteuse. Puis arriva une petite blonde nommée Marilyn Monroe. Elle était d'une timidité maladive et son jeu était emprunté. Son désir d'être aussi provocante que possible et sa crainte de trop se montrer semblaient se livrer en elle un combat permanent.
Dans mon test en quatre parties, elle ne fut pas affectée par ma plaisanterie inaudible ; elle ne manifesta pratiquement aucune peur devant le monstre invisible et elle exprima son plaisir devant la boisson la plus délicieuse simplement en l'avalant à grandes gorgées.
Ce ne fut que lorsqu'elle tenta d'enlacer et d'embrasser l'amant invisible que Marilyn devint une actrice inspirée. Elle donna une prestation d'une sincérité et d'une intensité telles que nous en sortîmes tous deux complètement épuisés.
Je retournai à New York et - à l'exception de cette photographie où elle faisait l'amour - j'oubliai Marilyn Monroe.
Bientôt, je commençai à voir d'autres photographies de cette jeune fille. Une avalanche de photos venues de Californie déferla sur tout le pays. Ses photos en maillot de bain et en robe décolletée apparaissaient dans tous les journaux, dans tous les magazines et dans toutes les petites revues de poche.
Puis, mois après mois, Marilyn sembla s'épanouir dans ces photographies. Elle s'anima. Son visage séduisait chaque marchand de journaux, avec ses lèvres entrouvertes et ses yeux à demi clos.
Que s'était-il passé ? Voilà une jeune fille capable de jouer si mal qu'elle n'avait jamais obtenu mieux que de petits rôles de figuration, mais qui, sur ces photographies qui inondaient le pays, apparaissait plus vivante et plus désirable que la plupart des vedettes de cinéma. Elle avait échoué comme mannequin professionnel. En tant que mannequin de mode, elle était un échec complet. Pour les publicités de cosmétiques, elle était trop terre-à-terre. Même les annonceurs de bière l'avaient refusée. Pourtant, elle était en train de devenir le visage et la silhouette les plus photographiés du monde.
Que s'était-il passé ?
Des rumeurs filtrèrent jusqu'à moi par l'intermédiaire de mes collègues de la Côte (Ouest). Pour se procurer de la nourriture et joindre les deux bouts, cette petite fille avait commencé à travailler pour des photographes les laissant prendre rouleau après rouleau de pellicule tandis qu'elle bondissait sur les plages californiennes avec un ballon et accomplissait d'autres facéties prétendument artistiques.
Les photographes avaient été séduits. Une sorte d'histoire d'amour s'était développée entre Marilyn et leurs objectifs, et sous leurs regards une nouvelle personnalité avait commencé à éclore.
Alors que les studios de cinéma avaient jusqu'alors refusé de faire de cette jeune fille leur star, les photographes avaient fait d'elle la leur.
Grâce à eux, elle était devenue plus connue que beaucoup d'actrices présentes à l'écran depuis dix ans ou davantage. Voilà une fille dont personne ne se souvenait avoir vue dans un film ; pourtant, les hommes, d'un bout à l'autre du pays, sifflaient lorsqu'on prononçait son nom. L'un de ces sifflements devait être suffisamment strident pour réveiller un dirigeant de studio.
Une société de cinéma lui accorda un contrat de sept ans pour 75 dollars par semaine.
En 1951, alors que j'étais de nouveau à Hollywood, je la proposai pour une éventuelle couverture de LIFE.
On me répondit :Faites-le, et réalisez aussi un petit reportage complémentaire pour accompagner la couverture. »
J'entrai en contact avec la société avec laquelle elle avait un contrat et l'on me répondit que Marilyn serait disponible pendant une journée et demie. Je précisai que je ne voulais pas la photographier au studio et qu'une rencontre dans son hôtel était organisée.
Je fus surpris de constater qu'il ne s'agissait même pas d'un véritable hôtel. C'était une sorte d'immeuble d'appartements de second ordre où vivaient beaucoup d'acteurs sans travail. Lorsque j'appelai à son appartement, Marilyn n'était pas là. Je dus attendre une demi-heure. Très peu de vedettes de cinéma en devenir feraient attendre un photographe de LIFE pendant une demi-heure.
Finalement, elle arriva au volant de son cabriolet Pontiac d'occasion. Elle était sortie prendre son petit déjeuner. J'entrai dans sa chambre et la première chose qui frappa mon regard fut une paire d'haltères posées sur le sol. - Et ça, lui demandai-je, qu'est-ce que vous en faites ?
Marilyn baissa les yeux et murmura, presque timidement :
-Philippe, je lutte contre la pesanteur. puis elle inspira profondément pour démontrer ce qu'elle voulait dire.
Lorsque je demandai à voir sa garde-robe, je ne trouvai presque rien, seulement une robe ou deux. C'était pathétique de constater à quel point cette jeune fille possédait peu de choses. En revanche, elle avait quelques livres de Tolstoï et de Dostoïevski, ainsi qu'une collection de disques symphoniques.
Elle avait beaucoup changé depuis les années où je l'avais vue pour la dernière fois. Il était remarquable de constater à quel point elle avait changé. Elle n'essayait plus d'être sexy -elle était sexy.
Elle était devenue une petite femme chaleureuse, sensuelle, quoique toujours timide, qui éprouvait presque douloureusement le besoin de plaire, de donner tout ce qu'elle avait à offrir à celui qui se trouvait avec elle à son photographe, à l'homme derrière l'appareil, ou à n'importe quel homme qui se trouvait face à elle. Harold Lloyd, autrefois idole du cinéma et désormais célèbre photographe amateur, était avec moi ce jour-là. Il avait demandé la permission de prendre quelques photos pendant que je travaillais. Stanley Flink, rédacteur à Life, était également présent.
Pendant que je photographiais la nouvelle Marilyn, j'eus le sentiment qu'elle était éprise de moi -et de moi seul. Plus tard, Lloyd et mon rédacteur m'avouèrent que chacun d'eux avait éprouvé exactement la même impression. Chacun de nous avait cru que, si les deux autres avaient simplement quitté la pièce, des choses incroyables se seraient produites.
D'abord, je devais trouver une idée pour mon reportage, un fil conducteur général. Je pensai à la façon dont j'avais essayé de saisir l'esprit d'autres femmes : Lauren Bacall, une tigresse aux yeux ensommeillés ; Anna Magnani, une tigresse tragique ; Cécile Aubrey, mi-enfant, mi-femme, provocante et inquiétante.
Comme d'habitude, l'analyse conduisit à l'inéluctable thème. Je devais montrer dans mes photographies que le charme de Monroe ne résidait pas seulement dans ses mensurations très évidentes, mais qu'il émanait de tout ce qu'elle faisait -parler, s'asseoir, manger, s'allonger.
Je décidai de commencer par essayer d'obtenir une photographie de couverture. Il me fallait d'abord trouver une robe. Je choisis une robe du soir - une robe blanche, soyeuse - et Marilyn l'enfila.
Elle avait un énorme nœud sur la hanche gauche. J'expliquai à Marilyn que ce nœud rendait la robe moins chère, qu'en règle générale les lignes simples étaient plus élégantes. Marilyn, après m'avoir écouté avec l'attention d'une élève écoutant l'explication d'un nouveau théorème de géométrie, prit ses ciseaux et coupa le nœud.
Le lendemain, en allant déjeuner, je photographiai la remarquable démarche de Marilyn, en essayant d'en saisir l'étonnante ondulation. Mais je sentais qu'il manquait quelque chose.
Avec une caméra de cinéma, j'aurais disposé d'une succession d'images, mais pour saisir l'essence de sa démarche sur une seule photographie, il me fallait l'amplifier, la quintessencier.
Après déjeuner, nous nous rendîmes dans un restaurant drive-in afin de montrer que Marilyn paraissait sexy même lorsqu'elle mangeait.
Quelques semaines plus tard, Marilyn était assise dans le Brown Derby, entourée d'un groupe de personnes, lorsque Stanley Flink de Life lui apporta un exemplaire en avant-première du magazine contenant notre reportage. Elle fut tellement bouleversée qu'elle se mit à pleurer. Pour lui témoigner sa gratitude, elle glissa une petite main chaude dans la main de Stanley sous la table et des larmes emplirent ses yeux.
Tous les hommes dans la rue connaissaient Marilyn comme une star mais ce n'est qu'après la publication de la couverture que je compris que Twentieth Century-Fox avait reçu le message. Immédiatement, tout changea pour Marilyn. Son salaire -dirons-nous- fut ajusté. Le lendemain, elle quitta son appartement bon marché pour s'installer dans un hôtel coûteux.
Dans le cas de Marilyn, je fus témoin de l'étonnant phénomène hollywoodien consistant à voir une jeune fille caractérisée comme une blonde idiote être déjouée par une jeune femme qui ne l'était pas.
Pendant des années, Hollywood avait obstinément ignoré Marilyn. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle était complètement désorientée par ce qui se produisit ensuite. Il y avait eu des vedettes et des reines du sexe avant elle, mais aucune comme celle-ci.
Le nom de Marilyn sur la façade d'un cinéma valait de l'or pour le box-office. Elle devint une image idéalisée, une créature séduisante et tentatrice pour pratiquement tous les hommes adultes du pays. Marilyn était désormais le phénomène historique le plus extraordinaire : une déesse de l'amour.
Pourquoi ?
La plupart des gens pensent que la raison principale va de soi, surtout quand Marilyn porte une robe moulante. Mais d'autres jeunes femmes possèdent des silhouettes tout aussi remarquables.
Paradoxalement, la principale raison se trouve à l'intérieur de Marilyn. Sa faiblesse même constitue sa principale force. Son complexe d'infériorité, son manque pathétique, presque enfantin, d'assurance sont précisément les choses qui rendent son pouvoir d'attraction irrésistible.
Un soir, je vis Marilyn entrer dans un cocktail au Beverly Hills Hotel. Je me souviens avoir ressenti la peur et la tension tremblante qui l'habitaient chaque fois qu'elle se retrouvait face à un homme dont elle ignorait si elle lui plaisait ou s'il l'approuvait. Elle avait une peur mortelle de ne pas être aimée ou approuvée.
Pour un instant, elle regardait fixement l'homme, le regardant simplement timidement et avec soumission. Il semblait que c'était lui qui implorait, qui faisait la cour, qui s'offrait.
Quant à l'homme devant elle, comment aurait-il pu ne pas aimer et désirer une jeune fille si belle, qui semblait le trouver irrésistible ? Et à la lumière de son regard, Marilyn savait qu'elle avait gagné et pouvait se sentir libre de se détendre et de respirer normalement à nouveau, se réchauffant à la chaleur de cette nouvelle admiration. Être désirée la rendait heureuse et rassurée.
Marilyn ressent qu'elle doit conquérir tous les gens présents dans une pièce. Si elle sent que quelqu'un dans un groupe la critique ou se montre hostile envers elle, cela la trouble tellement qu'elle fera presque n'importe quoi pour le gagner à sa cause.
C'est si difficile pour elle d'établir une relation intime qu'elle souhaite être amie avec tout le monde ; mais une fois cette relation établie, elle déteste la quitter. C'est peut-être la raison pour laquelle elle est toujours en retard à ses rendez-vous.
Mais pourquoi cette jeune fille est-elle plus irrésistible pour les hommes que n'importe quelle autre reine du sexe de l'histoire d'Hollywood ?
Un indice réside dans l'homme américain moyen et dans l'espèce particulière de créature qu'il est. Il éprouve, bien sûr, un immense intérêt pour le sexe ; mais puisqu'il grandit dans le pays le plus puritain du monde, il est inhibé et frustré, presque effrayé par ses désirs fondamentaux.
Il se trouve une jeune fille ou une épouse et place en elle toutes ses espérances -et elle est généralement très heureuse de le rester. L'homme se contente de cette relation empreinte de respect, mais quelque part en lui naît le désir d'une compagne de jeu aussi affamée et faillible que lui-même une fille qu'il ne faudrait pas révérer, mais simplement apprécier.
La plupart des hommes jouent avec l'idée d'avoir une liaison avec une fille une liaison qui n'existera jamais autrement que dans leurs rêves.
L'homme moyen d'aujourd'hui ne crée pas ses propres filles de rêve ; celles-ci sont fabriquées pour lui par les magazines, les bandes dessinées, la télévision et, surtout, par le cinéma. Les hommes trouvent leur déesse de l'amour toute faite sur un écran de cinéma, et il leur est plus facile de s'éclipser par procuration avec Marilyn qu'avec les reines du sexe du passé. Theda Bara, la sirène de l'écran des années vingt, avait des yeux dans lesquels couvaient des trous de cigarette dans une couverture, mais elle était une vamp et une femme fatale, inaccessible à l'homme moyen. Greta Garbo, malgré toute sa beauté, n'était pas le genre de personne que l'homme ordinaire pensait pouvoir toucher. Elle était trop mystérieuse et inaccessible ; ainsi, lorsqu'elle disait : « Je veux être seule », il la laissait tranquille.
Jean Harlow était unique. Le petit homme adorait la vive mèche de cheveux qui illuminait des lieux exotiques où il n'était jamais allé. Mais il savait qu'il ne risquait pas de rencontrer une Jean Harlow en allant chercher un collier Tiffany dans son sac de pop-corn. Marlene Dietrich, il pourrait peut-être la rencontrer entre deux trains à Vienne, mais jamais au magasin du coin ; et s'il la rencontrait, que pourrait-il bien dire d'assez sophistiqué ?
Mais Marilyn Monroe ?
L'homme moyen la regarde et sent qu'il y a là une fille qu'il pourrait connaître, une fille qu'il pourrait, en fait, rencontrer au prochain coin de rue.
Il saura quoi lui dire. Il n'y a rien chez cette petite " blonde idiote" qui puisse l'effrayer ou l'intimider, et son comportement même a pour but de lui donner le sentiment d'être grand, important et fort.
Mais même lorsque son imagination fonctionne à plein régime, l'homme américain se dérobe devant ses responsabilités. Marilyn, en revanche, ressemble à une fille qui non seulement est facile à trouver, mais également facile à quitter. Aucun risque d'enchevêtrements, imagine-t-il.
Une autre caractéristique de l'homme américain est sa peur d'être observé et jugé comme amant par l'objet même de sa passion. Mais ce danger n'existe pas avec Marilyn. Une légende flatteuse de stupidité l'entoure, car Hollywood aime entourer ses belles blondes de stupidité ensorcelante et d'une vulnérabilité qui, selon lui, ne peuvent qu'ajouter à l'attrait d'une enchanteresse lorsque les complications de l'intelligence sont totalement absentes.
Marilyn, rêvent beaucoup de spectateurs masculins, ne pourrait pas jouer le rôle qu'il a toujours voulu voir jouer par sa femme idéale, non pas celui d'une mère ou d'une épouse, mais celui d'une amante.
Et dans aucun film elle n'a joué un rôle de mère ou de jeune fille bien comme il faut. Au contraire, elle est la tentatrice blonde que les hommes préfèrent dans les films de ce genre.
Dans The Seven Year Itch, elle interprète dans tant d'imaginations masculines le rôle qu'elle joue la maîtresse simple et peu compliquée dans une aventure brève et en partie hallucinatoire. Elle constitue le parfait faire-valoir pour le petit homme qui rêve.
À mesure que les mois passaient, la stature de Monroe continuait de croître à chaque succès de ses films au box-office.
À la fin de l'été 1954, je lus que Marilyn allait tourner à New York. Finalement, je reçus un télégramme et une invitation de la Twentieth Century-Fox à un cocktail en l'honneur de Marilyn.
J'arrivai avec une heure de retard et trouvai la salle complètement pleine. J'avais rarement vu autant de célébrités réunies dans une même pièce : acteurs, compositeurs, écrivains, producteurs, réalisateurs, mêlés aux innombrables photographes et à leurs appareils à flash.
Dans le hall, un groupe de personnes munies de carnets d'autographes attendait impatiemment.
Marilyn était -bien entendu - en retard.
J'avais vu de nombreux grands artistes attendre qu'une personnalité importante arrive à une réception, mais je n'avais jamais observé une tension et une attente plus nerveuses.
Finalement, une heure plus tard, une sorte de décharge électrique parcourut la foule. La porte s'ouvrit. Les ampoules des flashes commencèrent à éclater sans interruption.
Au milieu de cette tempête électrique entra une blonde, l'air légèrement effrayé le corps enveloppé dans une robe serrée, de la tête aux pieds, les yeux à demi fermés, la bouche humide et entrouverte.
J'ai revu Marilyn depuis, mais c'est l'image d'elle que j'aimerais conserver : celle d'une jeune fille dont la faiblesse l'a conduite au sommet du succès.
Philippe Halsman
La façon dont MM aborde les hommes
Au début de sa carrière, Marilyn Monroe décida que son talent particulier et sa profession résidaient dans le fait d'être, comme le permettrait la nature, aussi femme que possible.
Lors de sa deuxième visite avec elle, le photographe Philippe Halsman pensa qu'il serait intéressant de mettre en scène un incident montrant comment Marilyn, la Reine du Sexe, aborderait un homme pour postuler à un emploi.
Comme le montrent ses yeux, l'approche de Marilyn est lente mais constante ; les yeux toujours fixés sur l'homme qu'elle cherche à conquérir. Pour renforcer les ondulations de son corps semblables à celles d'un lynx, elle utilise sa voix, non pas comme un klaxon surpuissant, mais comme un appel miaulé et faiblement murmuré.
Elle dit à Halsman :
« Ce n'est pas nécessaire d'utiliser votre voix d'une façon particulière. Si vous pensez quelque chose de sexy, la voix devient naturellement sexy. »
Marilyn était suffisamment intelligente. Il ne fallut pas longtemps avant qu'elle devienne une figure marquante dans le monde impitoyable du glamour. Les candidats à un emploi pourront trouver quelques conseils utiles dans cette parodie des qualités de Monroe.
Fugitive de The Seven Year Itch
À l'abri de la foule, Marilyn, pieds nus, exprime « toute sa personnalité »
Lorsque Marilyn rendit visite à Halsman dans son studio new-yorkais, il décida de réaliser une étude émotionnelle de la Marilyn modèle 1955.
Marilyn arriva avec seulement une blouse pour servir de costume pour les prises de vues de Halsman. - Philippe, lui dit Marilyn, j'ai économisé cette blouse spécialement pour vous. Personne ne m'a jamais photographiée avec.
Et Halsman, perplexe, fouilla dans la garde-robe de sa femme pour trouver une jupe qui irait avec la blouse.
La photographie "sans jambes" ci-dessous a une autre histoire. Juste avant son départ, Halsman lui demanda de sauter pour lui, puisqu'il aime sauter lui-même et photographier des gens en plein vol.
Marilyn accepta volontiers de sauter ; ses jambes n'apparaissaient pas et Halsman lui demanda de nouveau de sauter. De nouveau, elles n'apparurent pas. -Marilyn, se plaignit-il, ne peux-tu pas sauter et exprimer toute ta personnalité ?
Déconcertée, elle protesta : -Mais Philippe, je ne sais pas comment faire.
Il était compréhensible que le photographe Halsman soit frustré. Plus tôt dans la journée de midi à trois heures du matin, la fille n°1 du sexe en Amérique s'était tenue devant une grille de métro du centre de New York et avait laissé sa jupe être soulevée presque jusqu'à la taille par le courant d'air, tandis que des milliers de personnes acclamaient et lorgnaient ses jambes pendant le tournage d'une scène de The Seven Year Itch.
À présent, chaque fois qu'elle sautait pour lui, aucune jambe n'apparaissait dans son appareil.
Finalement, il décida que cette photo montrait que seul son torse exprimait réellement la personnalité de Marilyn.
N'était-elle pas la plus célèbre « Torso of the Century » ?
1953 marque un véritable changement d'échelle dans la carrière de Marilyn Monroe.
L'année commence avec la sortie de Niagara, film dans lequel la Fox exploite sa sensualité et la couleur, puis viennent Gentlemen Prefer Blondes qui la transforme en véritable star musicale et lui donne une image immédiatement reconnaissable, et How to Marry a Millionaire confirme qu'elle peut tenir sa place parmi des vedettes déjà établies.
Le 26 juin, quelques semaines avant la sortie de Gentlemen Prefer Blondes, Marilyn Monroe et Jane Russell inscrivent leurs empreintes dans le ciment du Grauman's Chinese Theatre. À 27 ans, Marilyn entre ainsi symboliquement dans le panthéon hollywoodien. Sa célébrité, elle, a déjà largement dépassé les frontières des États-Unis.
Ce n'est pas seulement l'année où Marilyn enchaîne trois films importants, c'est celle où son image change d'échelle géographique. Marilyn Monroe était déjà très présente dans la presse américaine, mais 1953 est l'année où cette célébrité devient véritablement internationale dont l'image est partout.
Marilyn fait la couverture de magazines européens de cinéma pour la première fois, comme Cine Mundo en Espagne, Cahiers du cinéma en France. La France qui dès le mois de février la présente dans le magazine populaire Noir et Blanc, comme la femme la plus photographiée du monde.
Aux États-Unis, les récompenses et distinctions décernées par des magazines tels que Photoplay, Look ou Redbook témoignent de sa popularité croissante auprès du public.
Son succès est également commercial : le 31 octobre 1953, The Independent Film Journal, publication professionnelle de l'industrie cinématographique américaine, la place en tête de son classement des « Ten Money Actresses », devant Rita Hayworth, Esther Williams et Ava Gardner.
Cinéma, box-office, photographie, presse et popularité auprès des lecteurs convergent ainsi au cours de la même année. Cette explosion médiatique se reflète directement dans le nombre de couvertures : plus de 460 couvertures et quatrièmes de couverture recensées pour 1953, contre 224 en 1952 soit une augmentation d'à peu près 100%.
Les couvertures sont réparties par mois de l'année compte tenu de l'importance du nombre de publications.
The issues are organized by month, given the large number of publications.